Les débuts avec le blues...
Je suis venu à la musique par Brassens, c'est la musique que je connais le mieux et que j'écoute depuis mon enfance. J'ai découvert le blues plus tard, vers quatorze ans, lorsque je me suis retrouvé à un concert de B.B.King où j'ai pleuré pendant deux heures tellement sa musique me parlait. Mais j'ai pourtant refusé de m'intéresser à cette musique à l'époque, j'ai préféré attendre. J'y suis revenu il y a très peu de temps, après la naissance de mon fils, il y a cinq ans. Mes influences viennent plutôt des bluesmen du Delta : Skip James, Son House, Mississippi Fred McDowell, Charley Patton mais j'écoute aussi quelques bluesmen électriques, mes préférés sont R.L Burnside, Muddy Waters et B.B King. Mais le champion des champions reste pour moi Elmore James. Je peux réécouter 'Dust My Broom' cinq cents fois, ça me fait toujours le même effet.
L'instrument et la scène...
J'ai d'abord commencé par la chanson française, et puis j'ai fait un ou deux concerts dans des bars, mais sans essayer vraiment de persister. Il y a juste deux ans que je me suis dit en écoutant du blues, qu'il fallait que je joue cette musique pour la partager avec les gens qui viennent te voir lors des concerts.
La guitare, j'ai appris tout seul en essayant de jouer du Brassens... J'habite dans les montagnes, dans l'Isère, et là-bas la musique commence plutôt avec la chanson française qu'avec le blues. Ensuite, j'ai assisté à un concert de Barefoot Iano, un harmoniciste hallucinant, dans un petit bar près de chez moi. Il a demandé si quelqu'un voulait monter sur scène pour l'accompagner, je me suis présenté et on a joué deux heures ensemble. On a senti que quelque chose se passait et un mois après, sans avoir rejoué ensemble entre-temps, on est entré en studio pour enregistrer l'album Mountain Men . C'est un disque autoproduit en duo sorti en 2005. De là, on a commencé à tourner dans toutes les salles de la région et on s'est rendu aussi au tremplin du festival de Blues-sur-Seine où on a remporté le prix acoustique et le prix Bougy blues festival. Depuis Iano s'est fait remarquer, il a fait d'autres choses, pour l'instant je continue en solo.
Les tournées...
Cette année, ça a commencé assez fort, j'ai fait énormément de festivals et j'en ai encore plusieurs de prévus d'ici la fin de l'année : une première partie d'Higelin au festival de Blues-sur-Seine, le festival de Grésiblues, le Vaulx jazz festival, Cognac, le Festiblues de Montréal, le Bougy blues festival, et puis j'ai fait la première partie de Jean-Jacques Milteau au festival de jazz de Versailles. J'ai plein de plus petits concerts de prévus aussi, au festival de la guitare de Thiais, à Issy-Les-Moulineaux, et aussi à Bourgoing en première partie de Pura Fé.
Avant Blues-sur-Seine, je jouais juste un peu avec Barefoot Iano qui est plus connu que moi, maintenant ça commence à prendre. Plein de gens me contactent, mais je me sens encore un peu novice. C'est comme ça qu'on apprend. Ces derniers temps, j'ai reçu au moins une quinzaine de contacts pour des festivals l'année prochaine, en Bretagne, dans le nord, dans toute la France en fait. On peut dire que tout se passe bien.
Anglais ou français...
Chanter le blues en français j'y pense même pas, c'est pas une langue faite pour cette musique. Enfin, peut-être que je dis ça parce que je parle et comprends l'anglais, mais quand j'entends du blues en français je trouve ça pathétique.
Un nouveau disque...
Je prépare un disque sous mon nom, mais je manque de temps pour le faire avec tous ces concerts. Je ne m'en plains pas, mais ça fait effectivement une bonne actualité. Cette fois je voudrais faire quelque chose d'un peu différent du premier CD enregistré après une rencontre furtive avec Iano et sur lequel il n'y avait que des reprises, à deux exceptions près, qui étaient des compositions personnelles.
Sur le prochain album il devrait y avoir douze chansons dont huit compositions et ça sera sans doute encore une autoproduction, à moins qu'on me contacte d'ici là. Sur scène je joue en solo, mais sur mon CD il y aura sûrement deux titres que j'interpréterai avec une contrebasse et un piano. En concert, je préfère développer la formule solo, c'est moins figé, je peux m'arrêter quand j'en ai envie pendant les chansons. Monter seul sur scène c'est l'exercice le plus difficile, mais je m'y retrouve, et je n'ai pas le trac.
J'aime bien jouer en trio aussi, mais je me sens moins libre, même si, quand ça m'arrive, j'ai la chance de jouer avec des musiciens qui me connaissent bien et qui peuvent donc se caler sur moi. Je suis un peu imprévisible au cours d'un concert, si je veux parler entre les morceaux ou même pendant le morceau, j'aime bien prendre le temps dont j'ai besoin. D'un soir sur l'autre une chanson peut durer de cinq à quinze minutes de plus.
Laure-Lou Schwach et Vincent Mehl
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