Le troisième album ne sera pas 100 % blues, mais mélangera chanson française, rock, funk, et ballades, un peu pop, un peu bluesy, ET des samples. On a réalisé quelques essais en studio et on en joue déjà plusieurs morceaux sur scène. Les puristes vont le détester. Libre à eux. Moi, j'avance. Il y aura les musiciens qui m'accompagnent actuellement, Antoine Escalier à la basse, Hervé Herry à la batterie, et sans doute un pianiste-organiste.
Depuis S'en Sortir , on a enregistré un CD avec JM Meyer, on a beaucoup joué, et sous différentes formules. Il y a quelques années, je te disais vouloir amener mon blues vers davantage de rock, avec des guitares plus dures, un son plus massif, des samples et de la programmation. C'est plus que jamais d'actu. Il a fallu du temps pour que l'envie fasse corps et convaincre mes musiciens. D'ailleurs mon batteur a laissé tomber. Depuis deux ans je joue avec Hervé, bien branché par la technologie et les samples.
Style. Je reste quand même ancré dans le blues, mais j'aimerais rompre avec ce profil de bluesman. Pour être bluesman, il faut avoir la vie qui va avec. Les véritables bluesmen étaient Robert Johnson, Muddy Waters, John Lee Hooker. On peut être, aujourd'hui, guitariste et chanteur de blues, mais pas bluesman. Quand j'annonce un concert, j'évite de spécifier que c'est du blues. Le mot fait peur ! Les gens imaginent un mec seul à la guitare acoustique, jouant des morceaux tristes et lents. Comme ils se plantent ! Qu'ils écoutent Freddie King, c'est énergique, funky, ça groove.
Trio. Notre batteur s'est donc tiré, et j'ai prié notre sax de partir ! Il n'aime pas la pêche que nous avons donnée au répertoire. On s'est retrouvé en trio. Aujourd'hui, on tourne principalement sous cette forme par choix. J e m'éloigne du blues traditionnel, je me tourne vers ce mélange rock-funk-pop et, pour ça, le trio reste la bonne formule : je peux caler les choses sans trop les figer. De temps en temps j'appelle Bruno Texier pour le sax. J'essaie encore de tourner avec des cuivres, mais c'est dur. On a fait quelques dates cet été, avec sax et trombone. Aux ' 24 heures du swing de Monségur ', on ouvrait pour Liz McComb. Très, très sympa. Trio pur ou trio-cuivres, on joue à peu près les mêmes titres. La manière de les aborder est différente. Le trio laisse plus de place à l'impro. Avec une section de cuivres, tu as intérêt à caler tout ça et à limiter les imprévus .
Organes. Côté guitare, je ne suis pas un grand bosseur, je campe sur mes acquis. C'est surtout faute de temps. Je dois faire tourner un groupe, téléphoner, démarcher, discuter des contrats, envoyer des CD, des affiches, plus les répétitions, les concerts et la vie perso. Par contre, j'ai travaillé sur le son. (J'aime les pédales d'effet.) Pour le chant, j'essaie de brailler moins qu'avant ! J'ai pris quelques cours pour m'économiser un peu et tâcher de ne pas abîmer ma voix. Quant à l'harmo, j'y vais au feeling, sans me poser de questions, mais je ne me considère pas comme harmoniciste. C'est marrant, je viens de participer au dernier album de Meyer , un artiste avec qui je joue depuis plusieurs années. Il m'a demandé de poser juste un harmo sur quelques morceaux...
Christian Casoni
... la suite dans Blues Again ! N°13