Raw & Spicy Covers. Le ' mazack man ' (Anthony Stelmaszack), cofondateur du groupe, est parti se frotter à d'autres répertoires, répondre à des propositions plus qu'intéressantes. On a vécu quelques péripéties avec d'hypothétiques remplaçants, on est finalement tombés sur Fabrice Joussot. Il fallait annoncer rapidement qu'on était de retour, car de sales bruits couraient sur la dissolution du groupe. Problème : on n'avait pas de matériel à proposer. On a donc puisé dans notre stock de reprises, l'occasion de rendre hommage à nos inspirateurs. Fabrice n'avait que trois concerts dans les pattes. Le résultat est là malgré le manque de préparation, malgré des conditions d'enregistrement particulières...
Le studio était installé dans une cave, et des travaux avaient lieu dans le pâté d'immeubles : on démolissait un cinéma, on en faisait un auditorium plus un immense parking souterrain. Nous devions aménager nos horaires en fonction des marteaux-piqueurs le jour, et respecter le sommeil du voisinage la nuit. Et voilà le responsable du studio qui nous appelle. Vous êtes satisfaits du mix et du mastering ? Il avait une voix bizarre. Il nous annonce qu'on ne peut plus modifier quoi que ce soit de toute façon, les vibrations du chantier ont éventré l'une des voûtes de la cave, quinze tonnes de boue ont inondé le sous-sol, détruit le matériel et les bandes ! Heureusement, nous en avions fait une copie pour terminer les bidouillages à la maison.
Distribution. Qu'est ce qu'une distribution aujourd'hui, pour un groupe français qui joue ce style de musique ? Un dépôt-vente. Si on veut faire référencer son CD chez les disquaires, oui, ça vaut le coup, à condition de bénéficier ensuite d'un minimum de promo. Nous ne faisons pas ce métier pour vendre des CD, mais pour faire de la scène. Nous vendons suffisamment sur les concerts pour rentabiliser nos enregistrements. Donc on se débrouille très bien par nous-mêmes. Raw & Spicy Covers fut rentabilisé en quatre jours à Cognac, pendant le festival. Lis les chroniques de l'album, vois l'accueil du public, c'est clair qu'on peut réaliser des disques qui ont un peu de gueule avec un minimum de moyens, et qui soient vite rentabilisés. Le reste, c'est tout bonus. Ceci dit, si on nous faisait une proposition digne de ce nom, faudra voir. On a déjà accordé des droits de pressage à un label punk, pour un 45-tours quatre-titres tirés de Raw . Après ça, ça va être difficile d'intéresser un distributeur traditionnel ! De toute manière, soit il y a trop de compositions, soit il y a trop de reprises, soit c'est trop français, soit c'est trop anglais, ou pas assez rock'n'roll, ou pas assez blues !
Paroles. Le choix de la langue s'impose de lui-même en général. Les textes humoristiques ressortent plus volontiers en français. Avec Anthony, on est des adorateurs de Benoît Blue Boy, ça doit jouer sur notre travail d'écriture. Cédric Le Goff, lui, se sent plus à l'aise avec des textes en anglais. L'arrivée de Fabrice va encore élargir notre palette : il compose en français, mais dans un autre style. Plutôt Couture, Thiéfaine et Personne au niveau des paroles ...
Christian Casoni
... la suite dans Blues Again ! N°13