Mardi Brass Band
La Nouvelle-Orléans à portée de main

Cette machine-là rutile de mille cuivres. Ça jacasse et trépigne façon swing et staccatos. On est vite happé par un souffle puissant. Cette formation au sang chaud pulse entre rhythm’n’blues, musique funky, soul et blues louisianais. Un banjo vient alors ponctuer ce band bien cuivré, et la machine déborde d’inspiration. De quoi perdre le contrôle de ses claquements de doigts et de ses propres pieds ! Entretien avec Didier Marty, band-leader.

 

Naissance
Le groupe est né en janvier 2002. J’étais allé à New Orleans en avril de l’année précédente, lors du French Quarter Festival. J’avais écouté des brass-bands locaux et, quelques mois plus tard, l’envie de monter mon propre band m’a tenté à l'occasion du Mardi Gras. Cette fête très populaire en Louisiane est constituée de parades musicales jazzy, de chars fleuris, de danses et de liesses, le point d’orgue des festivités ayant lieu le jour du Mardi Gras, fête légendaire, avec son énorme gâteau, le King Cake.
Au départ c'était juste pour une soirée. Pourtant le Mardi Brass Band était né ! C’est avant tout une vraie histoire de gens, de musiciens, d’échange. Notre moteur est l'enthousiasme. On souhaite partager ce plaisir avec un public large, que vous aimiez le blues, le jazz, le R&B, le rock'n'roll, le swing, rejoignez-nous pour laisser le bon temps rouler !

Un répertoire foisonnant
Le répertoire s'est enrichi au fil des inspirations. Il est constitué d'adaptations de titres de rhythm'n'blues, de dixieland, de blues, de rock'n'roll, de swing... L'inspiration, au niveau des arrangements, vient largement de La Nouvelle-Orléans. Le plaisir est de faire cohabiter dans un même programme Ray Charles, James Brown, Sydney Bechet, Professor Longhair, les Stones et John Fogerty… et notre dernier album est, à la base, un album ambitieux : réunir trente musiciens motivés sur une scène relativement petite, et enregistrer un live, Brass Extravaganza Live ! (1). À cette occasion, je peux vous dire que ça n’a pas été du gâteau. En écoutant ce disque aujourd’hui, je me dis : Mission accomplie. Ça sonne. Une grosse énergie, un son chaud et cuivré, de l'enthousiasme... Et Martha High, notre invitée, qui nous envoie une version de ‘Cold Sweat’ de première.

Des instruments à foison
Le groupe est constitué de percussions (grosse caisse, caisses claires, petites percus) et d'instruments à vent (sousaphones, trompettes, trombones et saxophones). Il y aussi un banjo, et la plupart des morceaux sont chantés magistralement pour donner un sens à vos claquements de doigts et aux battements de vos pieds.

Entre brass-band et big-band?
Pas de risque de confusion. Le terme big-band n'est pas approprié. Dans la réalité, il y a des nuances entre big-band et brass-band. Notre batterie est répartie entre plusieurs musiciens, notre basse est à vent, nous n'utilisons pas de piano (du moins pour le moment), ce qui nous permet d'être mobiles, et c'est là que réside la différence fondamentale. J'en profite pour préciser que, dans la forme et la composition, nous sommes apparentés aux brass-bands de New Orleans. Rien à voir avec les brass-bands anglais qui, par exemple, n'utilisent pas de saxophones. Nous ne nous produisons pas toujours en grande formation, ça limiterait nos possibilités, notre taille est donc à géométrie variable.

 

Alain Hermanstadt                                  

 

 

 

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