Qui ?
Chant : Joanna Kirk, d’origine anglaise, ayant grandi à Montpellier. Violon et mille autres instruments : Guillaume Cousin, un Normand. Basse : Gaël Danyach, de Montpellier. Saxo et clarinette : Julien Behar, un Breton. Guitares : Hervé Duret, un Francilien. Batterie : Sam Fisher, un Toulousain. La moyenne d'âge oscille entre 30 et 36 ans.
Genèse
Guillaume joue de la trompette, de la guitare, un peu de banjo, du clavier, il pilote les samplers et les expanders, mais son instrument c’est le violon. Je vivais en Angleterre, j'ai joué beaucoup de jazz, de pop et toutes sortes d’expériences technoïdes. A partir de 2002 j'ai commencé à faire du home-studio, des maquettes. Je composais des musiques pour des petits films qui étaient diffusés sur Paris. Une styliste a tilté sur les bandes-son et nous a demandé de créer la musique de ses défilés. C’étaient des arrangements plutôt trip-hop, planants, qui collaient à l'univers de la haute-couture et passaient sur des scènes magnifiques comme la Bourse de commerce de Paris, rue de Viarmes. Un jour cette styliste nous fait : J’ai un super plan à l'espace Toyota, sur les Champs Elysées. Là, je veux vous entendre en live ! On avait un mois et demi pour mettre un groupe sur pieds. A13 est né comme ça, en 2004, pour ce défilé. On avait ce côté inconscient du débutant. On a réalisé qu'on pouvait être un groupe et on s’est mis à sélectionner des titres pour refaire de la scène.
Pop-rock ?
Pop-rock sur scène, où l’angle rock est beaucoup plus saillant, mais 'home-sweet-pop' pour l'album, un album cool pour l’évasion. Direction : bout du monde ! On a mis des cordes, des cuivres, des marimbas. Par rapport à un groupe pop-rock classique, on ne voulait limiter ni l'orchestration ni la texture sonore. On essaie de restituer cette richesse sur scène, sans recourir aux samples. Le groupe est un melting-pot rigolo, on a des goûts très différents : punk-rock chez Gaël, soul-funk chez Sam, jazz chez Hervé et Julien, chacun tire naturellement vers le style dans lequel il se sent à l'aise. Hervé, c'est de la pop, on veut juste la fondamentale et la tierce, c'est ça qui sonne. Ou Sam qui va partir en funk, avec des frisettes sur la charlé ! Le fil conducteur est pop mais, autour, on devine la parenté de chacun, c'est ce que je trouve intéressant dans le son d’A13. Sur scène tu le sens bien : c'est toujours pop mais la tonalité vire parfois au trip-hop, ou prend parfois une sonorité jazz, revient sur une couleur rock ou tzigane. C’est le son de six musiciens. On n’a aucun problème d'ego, il faut juste parfois négocier… le partage des territoires !
Gambergé
On préparait l'album, on avait écrit les orchestrations, on les a reproduites sur scène. On ne s’est pas engagé dans un genre propice aux impros. On est six, ça fait beaucoup de sons et d’instruments, cet assemblage doit respirer, pouvoir s’emballer par moment, c'est une question de dosage. On fait un travail d’adaptation de l’album sur scène, pour le rendre vivant et le charger d’émotions. On alterne des moments très doux et d’autres pleins d’énergie. On adore la notion de surprise sonore. Encore une fois, notre objectif ultime c'est l’évasion, tâcher d'emmener le public ailleurs. Au final, on espère que les gens découvrent une autre facette d’A13, complémentaire de l’album.
Christian Casoni
... la suite dans Blues Again ! N°16