Nantais
Je m’appelle Olivier Le Ray. Je suis né à Nantes à la fin des années 70, attaché pour toujours à l’Ile Beaulieu, un ancien site industriel transformé en simili-port de plaisance, où le chic policé a expulsé l’ouvrier. Mon blason est Grigri Blue. Pas tellement explicite, mais il sonne bien. J’ai poussé entre deux artistes amateurs passionnés : ma mère peignait, mon père chantait et sortait la guitare après les repas du dimanche, quoiqu’il arrive et quel que soit son état. Une sacrée base pour le minot admiratif que j’étais…
Noir, rouge, blanc
Vers 15-16 ans, ni bagarreur ni sportif, j’ai cherché à m’exprimer par les mots. Un saut à Seattle en plein boom grunge, la découverte de Dylan et mes débuts à la gratouille m’ont conduit directement aux plaintes de JL Hooker, Son House, à tous les Grands qui me taraudent encore l’esprit. Une fois le nez dans les Etats-Unis, j’ai creusé le sillon des Amérindiens, des Sioux en particulier. En commençant à apprendre la langue Lakota, en défendant la cause de Leonard Peltier, j’ai pris conscience des points communs qui rapprochent les ramasseurs de coton et les Peaux-Rouges, tant sur le plan musical, historique que sociologique. Je pense que mon identité artistique intègre ces passions de jeunesse, scellées par deux découvertes majeures : Coco Robicheaux et John Trudell. Sans prétendre quoi que ce soit, je me suis dit alors que mon chemin s’orienterait par là, vers la fusion des genres… Mon delta-blues franco-ligérien est donc sorti de ce brassage, pimenté par le rock, voire le flamenco.
Spécialité guitare
Je joue d’abord de la guitare pour accompagner mon chant. Mes fétiches sont un Dobro usiné en Corée du Sud, et une Martin acoustique. Je manie aussi l’électricité en quelques occasions. Sur scène, je me lance avec l’harmonica, le kazoo. J’aime me relier la patte à un caisson pour imposer l’impact primitif à certains morceaux, pour faire groover. Rien ne m’interdit non plus de sortir un jerrican amplifié. Sur le plan technique, après quelques cours de base, j’ai bricolé tout seul la théorie et la pratique, avec dans la tête le conseil fondamental d’un ami musicien : « interdit de pupitre ». Risqué mais sauveur… Quant à mes modèles sur l’instrument, je n’invente rien en me tournant vers Johnson, Patton, Hopkins, ces types qui arrivaient à exprimer autant de sentiments en épurant leur jeu et en chantant comme personne. Et puis il y a Slash, l’ancien guns&roses, rock jusqu’au fond du corps, qui m’éclate avec ses solos meurtriers et son inventivité dans le riff, hallucinant !
Max Mercier
…la suite dans Blues Again N°17