Éric Ter
La chance est un courant d'air

J’ai toujours roulé ma bosse en tant que frontman, mais je suis d’un naturel peu expansif qui m’a surtout porté à imprimer de la bande magnétique dans mon coin. J’ai, de cette façon, produit sept ou huit albums de titres originaux, sans label ni diffusion à ce jour. Avec Chance, j'ai l'impression de boucler une phase. Maintenant j’ai besoin de jouer live.

 

 

Ter
Mon vrai nom est Ter-Sarkissian. Je le trouvais un peu compliqué, j’ai donc signé mes premiers albums Sirkel. Mauvaise idée. Ter c'est mieux, mais je n’y avais même pas pensé à l'époque. Bref, mon nom d'artiste était Éric Sirkel de 1976 à 1986. Chance est mon quatrième album labellisé (1). Les deux premiers, ceux sous le nom d’Éric Sirkel, s'intitulaient : Sirkel & Co (1976) et Vertige deux ans plus tard.
Sirkel & Co c'était chez Charly Records, produit par Robin Millar, enregistré aux studios de Rockfield (Pays de Galles) et Olympic (Londres). J’avais des musiciens prestigieux, les batteurs Colin Allen et Marc Frentzel, Ronnie Leahy aux claviers, Gordon Raitt à la basse… et Mick Taylor qui venait de quitter les Stones et qui participe à quatre titres. Quant à Vertige, il avait été commercialisé sous le label Tréma. Au générique : Daniel Cambier (basse), Gérald Moniez (batterie), Marc Moniez (guitare), Fred Junior Desplan (percussions) et Claude Arini (claviers). Barocco, le troisième album, est sorti en 2003 sous le nom d’Éric Ter. Basse : Daniel Cambier et, pour les batteries : Jean-Bernard Le Pape et Patrick Imbert. Enfin, voici Chance, chez Bluesiac, avec Cambier et, aux batteries, Fred Sénéjoux, Merlin et Patrick Imbert.

Bluesiac
J’ai connu Mile Lécuyer, il y a quelques années. Je lui avais envoyé quelques titres qu’il avait bien appréciés. On a fini par devenir potes. Il créait son label Bluesiac, une coïncidence qui m’a dispensé de repartir frapper aux portes et faire sonner des téléphones… pour qu’on me réponde des choses qui m’indisposent. Ça tombait impec !

Musiciens
Je connais Cambier depuis l’album Vertige, ça fait plus de trente ans. Je l’ai retrouvé en 1994, après quinze ans d’exil. Daniel, le bassiste, a joué un rôle important dans presque tous mes enregistrements, inédits compris. Les autres, Imbert, Sénéjoux et Merlin, sont des batteurs. Patrick Imbert assure également le mastering de Chance. Ah oui, et puis Paul Neto. On entend sa guitare sur le titre ‘Chance’… du côté droit sur le champ stéréophonique. Il joue peu, mais ses notes sont intéressantes et délicates. Neto faisait partie du ET Band (groupe éphémère !) avec Cambier, Le Pape et Imbert. En 1998, on avait réalisé un album resté inédit, un de plus, Grandeur Et Mystères.

Chance
C’est un sujet qui revient sur plusieurs titres du disque, et un mot qui s'entend en français et en anglais, qui peut revêtir des significations différentes, toutes aussi valables les unes que les autres. Chance est une sorte d'achèvement. Le miroir qui reflète toute une vie en aquarium… Il agence différentes périodes intéressantes de mes enregistrements. Je suis fier de ce disque ! Je le trouve créatif et bien abouti malgré toutes ses couleurs qui, au final, ne se neutralisent pas… et qui projettent une sorte de film homogène et personnel.

Christian Casoni

... la suite dans Blues Again ! N°17