Blues Again : Que deviens-tu Lionel?
The Reverend: Alive, well and blue! Depuis 2 ans…
Après trop d’abus, trop d’excès, ceux qui m’ont vu avec un genou à terre ont eu tendance à m'y mettre le deuxième. La mémoire pour certains est volontairement volatile et d’autres ont mordu la main qui les a nourri. Fuck ! The Reverend est debout et en pleine forme.
En 30 ans d’aventures musicales, quel est ton meilleur souvenir ?
Ma rencontre avec Billy Gibbons au Festival de Montereau Confluences quand j’ai fait sa première partie. Seuls en tête à tête. Magic man, et so Blues ! Le contenu de la discussion est personnel.
Après tant d’années, as-tu malgré tout un regret ?
Aucun, je ne joue que ce que je sais faire avec tout mon cœur et ma passion. Contrairement à d’autres. C’est marrant je ne connais pas le syndrome de la salle vide ! Je n’apprends pas, je ne suis pas un 'technique', je m’en fous, je joue le blues à ma manière et avec mon style. Celles et ceux qui me sont fidèles à travers le pays le savent bien et c’est ma plus belle récompense. Mes concerts ne sont pas une collection d’exploits techniques destinés aux musiciens, mais de l’émotion et le partage avec le public. Et tant mieux s'il y a des musicos qui m’apprécient dans la salle.
Ton dernier CD s’intitulait I Have A Dream. Quel est-il et as-tu toujours le même rêve ?
Freedom still mourning, minorities struggled for life… over 40 years later, nothing has changed ! Voila, c’est toujours la même chose, comme la première phrase de 'I Have A Dream' que j’ai écrite : les minorités souffrent toujours, la liberté individuelle et les droits civiques sont toujours bafoués, les esclaves d’hier sont celles et ceux d’aujourd’hui. Mon rêve est que nos enfants et les générations futures détruisent tout ça pour bâtir une nouvelle société d'humanité, de partage et de tolérance.
Fini le Blues Gang, bienvenue aux Saints. Qui sont-ils ?
À la basse, il y a Ian Laguide, comme Saint Pierre le pêcheur, c'est celui qui a ramené avec son filet le Révérend à la surface des eaux. A l’occasion, Ian accompagne Philippe Grancher et joue avec Chicago Line. J’associe, de même, dans l’opération de sauvetage mon ami Vincent Gélinet.
Guitare maestro, Rudy Bousquet. Ex-guitariste de KOB, il s’est repenti du métal et est revenu au blues. A voir, à écouter, sans modération. Un mélange de Gary Moore et de Joe Bonamassa.
Aux drums, Olivier Bertin, le 'chti' nouveau qui s’intègre et qui brille par sa technique, son envie et sa capacité à supporter un caractériel comme moi.
Un nouveau CD va bientôt paraître. C’est pour quand ?
Et bien ma maison de disques ayant fait faillite (Why Note/Nocturne), c’est difficile mais on enregistre en ce moment les prémices d’un album qui sortira durant 2010. Les morceaux, les idées sont là et celui-ci est baptisé provisoirement Phénix. Il est dans la lignée d’I Have A Dream. Tel l’oiseau de la légende qui renaît de ses cendres, il est bourré de blues, de légendes, d’énergie et de modernité. Plus blues ! Boogie oui, avec un zeste de rock… royal au bar !
Enregistré en studio ou en live ?
En studio live, le plus près du réel, one shot, one record !
Quelques détails sur la production et le lieu d’enregistrement…
La prod c’est The Reverend & Saints pour l’instant et le lieu en cours de négociations.
La gestation de cette nouvelle création s’est-elle faite en collaboration ?
Les paroles, The Reverend. La musique c’est l’histoire de tout le monde. Une sorte de recette de cuisine ou chacun apporte ses ingrédients. Blues con carne.
En dehors du blues et du rock quels genres de musique apprécies-tu ?
Paganini, Mozart, Fréhel, Ferré… en général, tout ce qui me remue les coronaires.
Deux ou trois musiciens qui sont dans ton panthéon personnel ?
Rev. F. Billy Gibbons, Howlin' Wolf et John Dawson Winter III.
Tu as été un temps chargé de la culture dans la ville où tu vis, est-ce toujours d’actualité ?
Un titre, une carte bleu blanc rouge, peu de moyens. Quelques concerts organisés. Des réunions stériles politiciennes qui ne mènent à rien et des projets qui ne voient pas le jour. Mais une expérience quand même.
En dehors de la musique, quel est ton passe-temps favori ?
Educateur dans l’insertion et ce n’est pas mon passe temps favori. C’est une autre partie de ma vie, là tu relativises vite tes problèmes quand tu es responsable d’une dizaine de personnes dans une situation de grande précarité. La journée au milieu des champs, je suis à leur écoute et je reste The Reverend.
Quel serait ton rêve le plus fou ?
Que le discours de Martin Luther King devienne réalité.
Es-tu heureux ?
Oui, avec peu mais avec ma musique, l’amour des miens et du public. C’est tout et c’est déjà beaucoup.
Gilles Blampain
http://www.myspace.com/thereverendlr
