Le groupe tourne pas mal en Europe : Espagne, Italie, Grande-Bretagne, Pays-Bas, la France bien sûr et d'autres pays peut-être. Combien de dates chaque année ?
On fait environ 100 à 150 concerts chaque année. C'est en France qu'on tourne le plus, mais les conditions sont meilleures pour jouer en Allemagne et en Espagne.
En fait, nous aimons jouer dans tous les pays. Un petit plus cependant pour la France, l'Allemagne et l'Espagne : la France pour les cachets des festivals, la nourriture et le pinard bien sûr ! L'Allemagne pour l'organisation et la ponctualité et l'Espagne pour l'accueil, la beauté des sites et l'enthousiasme du public.
Y a-t-il des lieux en France, où le band a joué, que tu affectionnes particulièrement?
En France. Les premiers lieux qui nous viennent à l'esprit (ce n'est pas une liste exhaustive) : l'hôtel du Lac à Villegusien, le Mulinacciu en Corse, près de Porto Vecchio, les Festivals de Cahors et Cognac, le Jack's Blues à Cagnes-sur-Mer. Tous ces lieux pour la qualité de l'accueil, la chaleur humaine, bref, le feeling des propriétaires et organisateurs.
Est-ce facile ou non actuellement de décrocher des contrats ?
Non, la concurrence est rude. Les budgets sont aussi de plus en plus légers. Il faut aussi beaucoup de ténacité au niveau des contacts. Surtout si tu n'as pas d'argent.
Un bilan sur les CD précédents. L'accueil du public, les ventes, la diffusion en France, à l'étranger...
Malgré le succès de nos albums dans la presse, les ventes ne suivent hélas pas réellement. Grâce à Rémi Parisse, les distributions chez Virgin de Sail On Blues, puis chez EMI de Night After Night nous ont quand même permis d'être présents dans tous les bacs de l'hexagone. Le lancement a été bon, mais le suivi plus difficile. Les ventes en concert restent plus bénéfiques puisqu'on prend 100% de la vente. A l'étranger, malgré de très bonnes critiques (USA, Hollande, Belgique, Angleterre) le miracle n'a pas eu lieu ! Nous sommes toujours pauvres !
Vu que le groupe enregistre outre-Atlantique, en dehors des jams avec d'autres musiciens, vous êtes-vous déjà produits là-bas en tant que Big Dez ?
En dehors des nombreuses jams effectuées à Chicago, Saint Louis et Austin, nous avons donné un seul concert sous le nom de Big Dez au Joe's Generic sur 6th street à Austin, lors de l'enregistrement de Sail On Blues. Très bon accueil. Le public était heureusement surpris de voir des frenchies envoyer la sauce ! Les musiciens locaux sont toujours prêts à jouer avec toi et à te faire monter sur scène à la moindre occasion. Aucun malaise !
Le groupe existe depuis 1996. Après plus d'une décennie d'aventures, sans parler de bilan, quel constat peux-tu faire à propos de Big Dez ?
Il y a eu beaucoup de musiciens de qualité aux influences multiples qui se sont succédés au sein du groupe. Seuls Bala et moi étions dans le band originel. Notre musique est devenue plus riche en compositions et reste un condensé de beaucoup d'influences afro-américaines. La qualité de notre jeu et de nos albums s'améliore progressivement. Le rock'n'roll y a pris une bonne place, mais nous restons fidèles au blues avant tout. Nous avons aussi traîné nos instruments dans une grande partie de l'Europe occidentale et nous y avons tissé un bon réseau d'amis et de musiciens ainsi qu'aux USA. C'est difficile d'être musicien de blues mais on y croit à fond et on donne le maximum quand on est sur scène. Le public nous aime et on aime le public.
Au fil des ans, on imagine qu'il y a de bons et de moins bons souvenirs...
Dans les bons souvenirs, il y a les premiers concerts à l'étranger, aux Pays-Bas où les clubs étaient pleins, où personne ne nous connaissait et où on ne connaissait personne. On a fait un tabac, ce qui nous a vraiment éclaté.
Côté galères. En Suisse, à la Chaux-de-Fonds. En jouant, on regardait par les fenêtres du Club. La neige tombait à gros flocons. Le lendemain matin, 30 cm. Le camion recouvert. Pas de chaînes. On jouait au Méridien à Paris le soir même. On a dégagé les roues et on est parti à 40 km/h, direction la capitale. Les routes étaient bordées de véhicules accidentés. On est arrivé pile pour la balance, après 9 heures de route et on s'est enquillé les 2 sets d'1h1/2 : totalement explosés. Ça a quand même marché.
Y a-t-il une tournée de promo prévue pour la sortie de 'You Can Smile' ?
Pas vraiment. La promotion de You Can Smile aura lieu quasiment à chaque concert ou tournée puisque nous tâcherons d'y jouer un maximum de morceaux de l'album.
Pourquoi avoir signé avec Why Note ?
Nous connaissions Stéphane Jumelle depuis un moment. Nous avons un bon feeling avec lui. Il est un des responsables du jeune label « Why Note ». Nous avons signé un contrat de collaboration « sèche », c'est-à-dire sans promotion.
Quels sont les projets immédiats du groupe ?
Gigs, festivals et l'enregistrement d'un album live. Tout devrait se décanter d'ici peu. Le rêve serait quand même d'avoir du travail à gogo.
www.bigdez.com
www.myspace.com/bigdezbluesband
Gilles Blampain