Johnny Max
Ontario Blues

Toronto

Sur les bords du lac Ontario, la métropole canadienne s'étale au pied des 553 mètres de haut de la tour du Canadien National. Avec une population qui vient de tous les coins du monde, c'est une des villes les plus vivantes du Canada.   50% de ses habitants sont nés à l'étranger et plus de 150 langues différentes y sont parlées. La ville sert souvent de décor à de nombreux films américains et accueille d'ailleurs un festival de cinéma de renom. Ville en mouvement, Toronto possède une des scènes musicales les plus riches d'Amérique du nord. Clubs, bars et festivals résonnent au son du blues et de la soul ou encore du jazz et du rock. C'est là que vit et joue Johnny Max, à la tête d'un band à géométrie variable.

Glad Max

Avec un savoureux mélange de soul façon Stax et de Chicago blues, sans oublier un trait de rock et une pointe de funk, Johnny Max a déjà aligné quelques CDs : Long Gone Train (2000), In The Doghouse...Again (2002), Ride And Roll (2005), A Lesson I've Learned (2007). Le bonhomme a une voix dotée d'un gros feeling et une pêche d'enfer qui convainc dès la première écoute. Il a été candidat au Juno Awards, récompense suprême pour les bluesmen au pays de la feuille d'érable. Son rêve serait de venir jouer en Europe et particulièrement en France, alors il serait temps de faire connaissance.

Interview 

Blues Again : Qui es-tu Johnny Max ?

Johnny Max : Je suis né à Glasgow en Ecosse et je suis arrivé au Canada quand j'avais 5 ans...l'école, le hockey, le football à Toronto. Aujourd'hui je vis à Mississauga dans la banlieue de Toronto. Je me suis longtemps occupé de jeunes enfants comme entraîneur de hockey (autant en bénévole que coach d'un grand nombre d'équipes durant 25 ans). J'ai aussi été entraîneur de foot pendant 10 ans environ (j'ai joué durant 30 ans). J'ai bien sûr toujours porté un intérêt à la musique. Dès les débuts des Beatles, je pense.

Dans ma famille on écoutait beaucoup de jazz et de musique traditionnelle Irlandaise, mais personne ne pratiquait d'instrument. J'ai bien essayé de m'y mettre mais j'ai toujours trouvé la contrainte de l'apprentissage décourageante. En d'autres termes, je suis trop paresseux. De tout temps, j'ai aimé être le centre d'attention, bien qu'un peu timide. J'ai toujours essayé de chanter et j'essaye encore.

Mais sur tes CDs tu joues des percussions, joues-tu d'autres instruments?

Je joue des percussions, c'est exact, mais rien d'autre. Peut-être des « os » ou des « cuillères »...c'est l'influence Irlandaise.

Y a-t-il un musicien qui t'ait particulièrement marqué?

Comme je le disais j'ai toujours aimé les Beatles. Mais je dois dire que j'adore la voix de Sam Cooke. Pour moi, il n'y a personne au-dessus de Sam! J'aime tous les genres de musique, j'ai une collection de plus de 5000 albums vinyles. J'écoute à peu près tout et j'apprécie la musique, du jazz au blues en passant par la country, la soul et le rock'n'roll.

Si tu devais citer 3 ou 4 musiciens dans tes principales références, qui seraient-ils?

Sam Cooke, Freddie King, Sonny Terry & Brownie McGhee, John Lennon & Paul McCartney, Louis Armstrong, Artie Shaw, Downchild Blues Band (du Canada)

Quel genre de musique écoutais-tu quand tu étais jeune et te rappelles-tu le premier blues entendu?

J'ai grandi en écoutant du jazz à la maison, de la pop à l'école et du rock des années 50, durant les étés où 'Wolfman' Jack venait à Toronto pour animer des émissions de radio. Pendant de nombreuses années on l'écoutait tous. C'est comme ça que j'ai découvert des gars comme Johnny Ray, Jackie Wilson, Fats Domino. On se couchait tard pour regarder 'The Midnight Special'. C'était une époque où la musique représentait quelque chose de spécial ou semblait être spéciale.

Je crois que le premier blues que j'ai entendu c'était 'Back O' Town Blues' par Louis Armstrong durant une fête que mes parents donnaient à la maison. Mais si on parle de blues vrai de vrai, c'est probablement 'Walk On' par Sonny Terry & Brownie McGhee sur un album Greatest Hits. Je crois que je l'avais acheté par curiosité quand j'avais 10 ou 11 ans.

Quels genres de musiques écoutes-tu quand tu es tout seul?

J'écoute tout...pour garder une certaine fraîcheur.

Quand as-tu décidé de devenir musicien professionnel?

Je suis devenu musicien professionnel à plein temps il y a 8 ou 9 ans. Avant je jouais pratiquement toutes les fins de semaine du jeudi au dimanche, mais ça se ressentait dans mon travail. Alors, j'ai quitté mon emploi pour la musique. Je fais environ 125 à 170 concerts par an. Mais les bars et les clubs par ici, c'est de plus en plus difficile d'y jouer, ça devient inaccessible. C'est pour ça qu'on a différentes formules, trio ou duo. Cependant, il y a une super petite scène dans l'ouest de Toronto/Mississauga   et on a beaucoup de bons souvenirs. J'essaie de ne pas me rappeler des mauvais. Pourquoi s'embêter?   Tiens, par exemple, à Brantford, une petite ville au sud-ouest de Toronto, c'était il y a 11 ans. Nous jouions devant une petite assemblée, et tout ce que nous faisions recevait une standing ovation. C'était vraiment étonnant et mortifiant à la fois. Je dois dire que partout où nous jouons devant un public qui apprécie, c'est super.

Pour quelqu'un qui arrive à Toronto, quels sont les bons endroits pour écouter de la bonne musique?

Comme je le disais dans le West End de Toronto/Mississauga on peut trouver des endroits où on joue du jazz, du blues, du r&b ou du pop/rock. Il y a beaucoup de spectacles à l'affiche au Massey Hall, au Living Arts Centre et au Roy Thompson Hall. Il y a aussi plus de 120 festivals de musique durant l'été, dont beaucoup de festivals de rue partout tout autour de Toronto, à moins de 2 heures de voiture. L'été c'est extra pour la musique.

Tournes-tu souvent au Canada ou aux USA?

Nous avons joué dans quelques festivals au Québec et dans le sud de l'Ontario. On a été nommé pour un Juno Award (l'équivalent du Grammy US) pour l'Album Blues de l'année. Ça peut aider pour avoir un peu plus de concerts vers l'ouest. Mais le pays est vaste et ce n'est pas évident d'aller d'un bord à l'autre sans perdre de l'argent.

Peux-tu nous présenter les membres du band?

Il y a Martin Alex Aucoin aux claviers et au B3. Il est co-compositeur et co-producteur, il est dans le band depuis 4 ans. Un musicien fantastique, très expressif.

Ted Leonard aux guitares. Il nous a rejoint après avoir quitté "Fathead", un autre groupe lauréat des Juno Awards. Il a aussi joué avec Paul Reddick. C'est un fantastique auteur; j'ajouterai aussi que Teddy est l'un des meilleurs guitaristes que j'aie jamais vu.

Bruce Longman est notre bassiste (Garth Vogan sur le CD est un super musicien de session et un de nos amis que nous prenons en studio).

Duncan McBain à la batterie. Duncan a joué avec tous les groupes qui ont émergé à Toronto durant de nombreuses années (pas mal de Juno Awards aussi pour lui).

Y a-t-il un but que tu aimerais atteindre avec le band?

J'aimerais que le band puisse jouer plus souvent en concert et dans les festivals. Principalement au Canada et en Europe. Il semble qu'il y a un authentique amour du blues, et de la musique en général, dans toute l'Europe. Et je pense que le blues est très apprécié en France. On adorerait venir jouer en Europe.

Tu es DJ dans 'Sunday Night Soul'. Pourrais-tu nous en dire plus à propos de cette émission?

L'émission a été lancé par moi et mon ami Chuck Jackson (chanteur de Downchild Blues Band, www.downchild.com). On voulait passer des vieux titres de soul music . Chuck a dû partir à cause d'autres engagements et j'ai orienté le show vers le blues et le r'n'b avec du moderne et de l'ancien. Pour j ouer la musique que la radio a oublié.

Je suis à l'antenne tous les dimanches soirs à 10 heures ( www.sundaynightsoul.com ). Nous sommes une des rares stations commerciales du pays à diffuser   de la musique New Roots. La plupart des émissions qui diffusent du Roots sont des radio d'Universités ou de Collèges....J'adore passer de la musique à la radio. J'ai grandi en écoutant la radio et ça me rend heureux de pouvoir faire pareil. Diffuser la musique qu'on a plaisir à écouter...

En dehors de la musique quels sont tes passe-temps?

Musique et sports....mais mes deux enfants (qui sont adultes maintenant) et ma tendre épouse sont ce qu'il y a de plus important

Quelque chose à ajouter?

J'aimerais que les gens apprécient la musique plus que ça. Pour ce qu'elle est et non pas chercher ce qu'il y a derrière. Parfois, la musique c'est juste...de la musique

Essayer de découvrir de nouveaux trucs. J'aime Muddy Waters, Jimmy Rogers, Mississippi John Hurt, BB King, John Lee Hooker, mais il y a beaucoup de bonnes nouveautés...Essayez pour voir...

Gilles Blampain

www.johnnymaxband.com

Johnny Max Band : A lesson I've learned

GENRE MUSICAL  : Soul Blues

COMPOSITIONS  : 11 sur 13

LIVRET  : Digipack Sympa

LABEL  : Pour Soul

DISTRIBUTEUR  : www.johnnymaxband.com

L'AVIS DE LA REDACTION  : Applaudissements

Chronique :

Max attacks ! Laissez-vous envahir. Le band est bien rôdé et l'osmose entre les musiciens est parfaite Ça démarre très fort dès le premier titre pour attraper l'auditeur et ne plus le lâcher. Rock trépidant, boogie turbulent, soul grisante, blues émouvant et shuffle chavirant sans oublier une pointe de funk piquant. Pas question de rester enfermé dans un carcan stéréotypé. Mais si le registre est varié, tout s'enchaîne agréablement avec souplesse et harmonie. Avec feeling et créativité, le groupe impose sa marque à travers 11 titres originaux pour seulement 2 reprises ' Have Mercy ' (Covay, Miller) et ' Why I Sing The Blues ' (King, Clark). La voix grave et prenante de Johnny Max est mise en valeur par les subtiles interventions de Martin Alex Aucoin aux claviers (piano, B3, Wurlitzer) et de Teddy Leonard aux guitares, eux-mêmes soutenus par la rythmique très carrée de Garth Vogan à la basse et Duncan McBain à la batterie. L'enthousiasme est évident, et si tout au long du CD on entend ça et là des riffs qui ont fait leurs preuves et des ambiances qui ne semblent pas étrangères, on a plaisir à les retrouver. Les bonnes vibrations sont là. Johnny Max Band est habité par l'esprit soul blues et ce CD laisse deviner une prestation scénique convaincante.

Gilles Blampain