Râh, enfin, du bruit ! Cet album est long, mais pas trop pour le scénario que lui a écrit Alvin Jett, bluesman d'East Saint Louis, sur la route depuis 25 ans. Les Phat noiZ démarrent sur un boogie furieux, enquillent sans décélérer sur un rock vaguement pub et, l'apéritif avalé, abordent une zone de blues lents ou mid-tempo, mélodiquement sensibles, l'étape la plus convenue du programme, que la voix mâle d'Alvin nous fait franchir sans ennui. Attention, le batteur Corey Woodruff est un cogneur, il taille les blues au carré. L'emphase du chant commence alors à se bosseler de cocasses ponctuations rhythm'n'blues. Les solos de guitare, somme toute assez chantants, se fondent soudain dans une infernale rythmique soul-contre-chant, qui entre en incandescence et se déploie dans un jazz-funk fourmillant de sprints. Le saxophoniste Frank Bauer prend le pouvoir, le tempérament explosif des Phat noiZ vitrifie les enceintes, les compositions partent en accélérations chromatiques jazz-rockantes, ricochent sur un rock'n'roll brian-setzérien, et terminent en diddley-beat, pour une descente de sept minutes au fond du Delta. Pauvreté, racisme, impôts, drogue, les textes sont filetés de préoccupations sociales, comme l'atteste la photo de couve. Ah, il reste un Phat noiZ à présenter : Matt Davis, le bassiste. C'est fait. Vite, encore du bruit !

Christian Casoni

 

- 1 : 7-47 Central Time

 

- 2 : How Long

 

- 3 : Boogie To The Blues

 

- 4 : Borrowed Time

 

- 5 : Down In The Delta