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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Interview



blues deraime
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Il FAUT QUE CA BOUGE

Une chose est sûre, Greg Zlap a l’air en forme et ne manque pas d’air. Pour lui le mot ‘inspiration’ prend tout son sens et mine de rien, avec sa nouvelle production le voilà de plain pied dans le souffle de la vie. Pour cela, il fallait des instruments qui respirent, harmonica, accordéon, trombone, clarinette, didgeridoo, kazoo…et savoir les faire vibrer avec finesse et sensibilité.

Blues Again : Air : ce disque est un concept…
 

Zone de Texte:Greg Zlap : Oui, tout à fait, parce que Air c’est tout d’abord l’harmonica, mon instrument principal, mais c’est aussi la voix car c’est vraiment le premier album dans lequel je chante tous les titres, mais aussi le thème de l’air et du souffle. Si on regarde l’origine du mot souffle on va arriver sur l’âme, c’est la soul et la soul c’est le blues. Pour moi la définition du blues, c’est une musique qui vient du cœur et des tripes, une musique qui vient du fond de l’âme et c’est ce souffle là que je défends dans mon album.

Tu signes les 12 titres…
Avec la collaboration de Johann Dalgaard qui a réalisé l’album. Johann est un excellent claviériste qui a déjà travaillé avec moi sur les projets précédents. Ce qui est amusant sur ce CD c’est qu’on a viré tous les claviers pour les remplacer par des instruments à souffle : l’accordéon, l’harmonium indien, le mélodica, des choses comme ça.

Et tu as des invités de marque pour jouer de ces instruments…
Il y a déjà le groupe principal des musiciens avec qui je joue sur scène, Toma Milteau à la batterie et Christian Bresse à la basse, et puis donc Régis Gizavo et Daniel Mille à l’accordéon, beaucoup de guitares sont tenues par Patrick Sauviat notamment au Dobro et également Eric Starczan aux guitares électriques et Ian Siegal qui est venu d’Angleterre pour faire un duo avec moi. Invités de marque, il y a Glenn Ferris un grand tromboniste qui a joué avec Frank Zappa, également Stéphane Guillaume qui joue d’un instrument qui me fascine, la clarinette basse qui a un souffle extraordinaire et une sonorité géniale. Il y a aussi Didier Marty au saxophone et qui est venu avec son brass band. Une vingtaine de musiciens sont venus pour cet enregistrement.

Ce projet est né comment ?
Zone de Texte:Le thème du souffle me trotte dans la tête depuis très longtemps et le déclic est venu lors de la dernière tournée de Johnny Hallyday qui a été une période très intense pour moi. C’était une découverte car je n’avais jamais tourné qu’avec mon groupe et là je me retrouvais sur des scènes énormes avec des publics gigantesques tandis qu’après dans la chambre d’hôtel j’étais seul, il y avait donc des contrastes immenses et j’avais une énergie extraordinaire à dépenser.  Comme le claviériste de Johnny était mon complice Johann Dalgaard, j’ai commencé à en parler avec lui et très vite je lui ai proposé de réaliser l’album. Tout ça a pris un peu plus d’un an avec l’enregistrement.
On a vraiment réfléchi à l’idée de l’air et du souffle et comment la rendre. D’une part on parlait de l’âme, du souffle, il fallait donc qu’il y ait une respiration, on a donc fait un petit inventaire d’instruments à vent tous aussi insolites les uns que les autres comme le didgeridoo, le kazoo, l’harmonium indien, le mélodica, les cuivres, et plein de sortes d’harmonica évidemment. Il y a d’ailleurs un titre qui est joué uniquement avec des harmonicas différents. Après on a essayé de trouver une place à chacun de ces instruments. Du coup, on entre dans plusieurs mondes, comme avec le brass band qui rappelle la Nouvelle Orléans. L’accordéon, instrument à souffle, est très présent. Le didgeridoo australien, branche d’eucalyptus rongée par les termites et dont on joue en souffle continu, utilisé par les aborigènes à une vraie âme, c’était l’occasion pour moi d’en jouer, car ça fait très longtemps que je m’entraîne. Le souffle se manifeste également par le fait d’utiliser la voix de manières très variées. Il y a donc la voix en avant et celle des chœurs et le traitement qu’on impose à cette voix, parfois elle va être naturelle, parfois saturée, parfois on lui applique des effets spéciaux.

Il y eu un gros travail de studio ?
En fait on a enregistré pas mal de sessions sur ordinateur dans les chambres d’hôtel pendant la tournée de Johnny Hallyday. Après bien sûr on s’est retrouvé en studio avec mes invités. Enfin, plus tard il y a eu un grand travail de mixage effectué par Philippe Balzé.

Le CD va être distribué internationalement…
Le disque est paru au Chant Du Monde et distribué par Harmonia Mundi, il va donc être distribué à l’étranger, notamment en Pologne, mon pays d’origine où je vais être présent sur deux festivals, ce qui est pour moi une grande fierté. En dehors de l’Europe, le CD va être disponible au Canada et en Australie. A ce propos, le hasard faisant bien les choses, étant allé il y a quelques temps en vacances en Australie pour visiter de la famille qui vit là bas, sur place je passe un coup de fil à un musicien australien que j’avais rencontré à Paris et avec qui le courant était bien passé. On se retrouve, on échange, je lui parle de mon disque, le gars me répond : « j’anime une émission de radio, je t’invite à l’antenne ». En fait c’était l’une des plus grosses stations de la région de Melbourne. Ça s’est super bien passé, les auditeurs on apprécié les titres diffusés, ils ont appelé la radio et il paraît même que le lendemain il y a eu des demandes auprès des disquaires du coin.

Il y a le disque mais il y a aussi un spectacle très élaboré…
On a fait une résidence à Nancy en juin pour préparer le nouveau spectacle et la tournée. On a intégré une nouvelle personne dans l’équipe, Sophie Besse qui a fait une vraie création lumières et on a adapté les titres de l’album pour la scène. Il y a aussi des morceaux inédits spécialement adaptés pour le spectacle. Je suis très enthousiaste, c’est un vrai plaisir de présenter ce show au public.

Chose amusante, dans ta tournée il y a beaucoup de casinos…
Oui, ils nous aiment bien. C’est un réseau très intéressant, les casinos sont des endroits on n’irait pas forcément mais qui sont dotés de très belles salles. En plus, ça permet de rencontrer un public qu’on n’a peut-être pas encore croisé.

Il y a aussi des vidéos…
Zone de Texte:La fameuse vidéo de ‘Free Soul’ tournée sur le pont des Arts à paris. Ça a été fait avec une équipe pleine de bonne volonté et avec des bouts de ficelle. On a été sur le pont des Arts le jour de la saint Valentin et on a tourné en un plan séquence (donc sans coupure et sans montage). On a imaginé un scénario dans lequel la maquette d’un avion biplan joue un rôle important. C’est un petit voyage le temps de la chanson. Cela a été assez compliqué à mettre en place, mais le résultat est très joyeux et très sympa et on peu voir le résultat sur le net. Mais il n’y a pas que celle-ci. Il y a également une édition spéciale CD/DVD bonus de 90 minutes qui sort.

Il y a le biplan et toi avec le costume de l’aviateur du temps passé, casque de cuir, grosses lunettes et grand foulard blanc…
Oui, l’aviateur, c’est l’aventure, le voyage, c’est un peu Saint Exupéry. Les premiers aviateurs étaient des mecs qui osaient tout, qui allaient à la découverte de l’inconnu. C’est ce côté-là qui m’attire. Il faut que ça bouge. Avec Road Movie(s), mon précédent CD, l’invitation au voyage était déjà là.

Combien d’harmonicas as-tu à ta disposition sur scène ?
Il m’en faut une quarantaine. Il faut un harmonica par note et comme il y a 12 tonalités, il faut donc déjà 12 harmonicas différents. En plus il y a des modèles spéciaux, comme les super graves de la gamme Thunderbird de chez Hohner. Il faut savoir que l’harmonica est un instrument fragile qui s’use vite et qui est donc jetable. Un instrument me dure deux ou trois concerts après je suis obligé de changer. Je dois dire que je ne me ménage pas, je souffle assez fort, ce qui les abîme peut-être plus vite.
L’auditeur ne s’en aperçoit peut-être pas à la première écoute, mais le titre ‘Sit Down And Breathe’ n’est joué qu’avec des harmonicas, j’en utilise 36. Un harmonica grave, un très aigu, un trémolo, un harmonica blues, un classique et ainsi de suite, plus la voix bien entendu. Ce qui est un problème pour la scène car je ne peux pas faire ce morceaux seul, alors pour le spectacle j’ai demandé aux autres musiciens de se mettre à l’harmo.

Tu joues sur des instruments Hohner… 
Oui, il ya plusieurs marques d’harmonicas qui sont de qualité mais la plus réputée est Hohner qui est mon partenaire. Je suis tellement habitué aux harmonicas Hohner que je ne pourrais pas jouer sur les autres.

Pour faire ce que tu fais, as-tu une hygiène de vie particulière : ne pas fumer, courir… ?
Pour jouer de l’harmonica, il suffit de respirer, c’est tout.

Et Gregtime existe toujours ?
Oui. Gregtime c’est une session que je fais à l’Utopia (à Paris) depuis une bonne dizaine d’années. C’est en général le premier mardi du mois. En une soirée on fait une création autour d’un thème lié au blues. On se retrouve autour de Robert Johnson, de Muddy Waters ou d’un autre artiste mais pas forcément un harmoniciste et pas non plus obligatoirement un bluesman, l’idée étant de former un groupe temporaire, sans répétition ni sound check. Les musiciens qui viennent là sont bien entendu des pros, il faut connaître le répertoire du musicien retenu pour le thème ou pouvoir s’adapter en improvisant. C’est une vraie rencontre musicale. Le blues est un langage qui permet ce genre d’échange, on peut créer des variantes imprévues et ça donne des moments très forts. 

Gilles Blampain

www.myspace.com/gregzlap  /  www.gregzlap.com

 

 

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