blues again en-tete
été 22
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Interview
ADY & THE HOP PICKERS


KING KONG BLUES
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Un trio explosif à qui rien de ce qui bouge n’est étranger joue avec fougue et feeling, rock’n’roll, blues et swing.    

Blues Again : Faisons les présentations…
Ady : Je suis Ady et je suis la chanteuse, guitariste, auteure et compositrice du groupe pour la partie visible. Je m’occupe aussi du dADY & THE HOP PICKERSéveloppement en général et du booking. Je suis également la chanteuse de The Jake Walkers, groupe de blues. Je traine mes basques sur la scène rockabilly et swing française depuis 2012 en tant que musicienne. Et comme mon amour premier est le blues j’y reviens de plus en plus. Pour Ady & The Hop Pickers, je suis entourée de Bastien Flori à la contrebasse et de Sébastien Brossillon à la batterie.
Chacun a un parcours tout à fait différent mais tous deux ont baigné dans la musique festive, et tous deux sont multi-instrumentistes. Bastien est d’ailleurs mon acolyte dans The Jake Walkers, à la guitare.

Comment le groupe est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Ce groupe est un projet très personnel à vrai dire. J’ai fait partie de différents groupes pour lesquels j’ai toujours écris et composé. Mais j’avais des histoires bien plus personnelles à partager. J’ai eu envie de le faire à travers un projet qui me ressemble dans lequel je pourrais être libre aussi bien dans mes mots que musicalement. Alors en 2018, j’ai commencé à monter un trio de rock’n’roll qui est devenu Ady & The Hop Pickers.

Quel est votre port d’attache ?
On dit qu’on est de Tours car c’est la métropole la plus proche. J’habite près du château de Chenonceau pour situer, Bastien à Tours et Seb à Blois, mais bon c’est le Loir et Cher pour les Tourangeaux ça ne compte pas… Ahah !

Pourquoi le choix de ce nom Hop Pickers ? 
Je suis devenue musicienne en Angleterre, dans une petite ville du sud qui s’appelle Rye, où vivent des amis et musiciens qui me sont chers. Ils m’ont toujours soutenue et poussée sur scène dès qu’ils en avaient l’occasion. C’est ma deuxième maison. Alors je voulais faire un clin d’œil à cet endroit qui est une terre de houblon. Au XIXe siècle, on y cueillait le houblon à la main, perché sur des échasses, c’était les hop pickers. Et le « hop » c’est aussi ce rebond dans le swing qu’on retrouve dans le mot « lindy hop ».

Comment s’est fait la rencontre entre vous ?
Sur l’internet mondial pour Bastien et moi. Il cherchait une chanteuse, je cherchais un musicien, ça a matché ! Seb nous a rejoint sur un concours de circonstance. L’ancien batteur venait de nous lâcher, une copine m’a filé son numéro pour un remplacement de dernière minute. Il est resté ! C’est un peu la troisième roue du tricycle qu’il nous manquait.

Quelles ont été vos influences ?
Mes influences viennent du blues principalement, du rockabilly moderne comme les Stray Cats, du rhythm & blues avec des chanteuses comme LaVern Baker ou Ruth Brown pour ne citer qu’elles et du swing. J’ai grandi près de Fontainebleau et là-bas l’empreinte de Django était partout.

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel ?
Bessie Smith, Janis Joplin, Brian Setzer, LaVern Baker, Louis Armstrong, Django Reinhardt, Billie Holiday, Robert Johnson, Jacques Brel, Annie Cordy (c’était pour voir si tu suis !), Ella Fitzgerald, Duke Ellington, Sydney Bechet, JB Lenoir, etc. La liste pourrait être très longue…
ADY & THE HOP PICKERS
Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Comme je te le disais plus tôt, il s’agit d’un projet qui me représente. J’écris les textes, je compose un squelette et je travaille certains arrangements avec Bastien. Chacun y met ensuite sa petite touche perso. Comme on vient tous d’univers musicaux différents, je pense que c’est vraiment ça qui crée cette identité un peu singulière.

Tu chantes soit en anglais soit français, qu’est-ce qui détermine le choix de la langue pour une chanson ?
Ça dépend de l’inspiration. En réalité ce n’est pas moi qui choisis mais la chanson. J’écris de plus en plus en français mais j’aime l’anglais, c’est ma deuxième langue, donc je continuerai aussi de le faire.

Comment définirais-tu votre style ?
C’est une bonne question ça ! On nous range dans la case « groupe de rockabilly », (probablement à cause de mon look), mais nous n’en sommes pas un. Il y a bien sûr une influence musicale qui vient du rockabilly moderne comme les Stray Cats mais je dirais plutôt que nous sommes un groupe de rock’n’roll. D’abord parce que nous en avons l’énergie, ensuite parce que notre musique est assez hybride, quelques par entre le blues, le rock, le swing et le néo-rockabilly.

Où et quand avez-vous fait votre premier concert ?
Le tout premier concert de Ady & The Hop Pickers c’était le 15 juin 2018 pour la fête de la musique de Montbazon au sud de Tours. Il y encore des vidéos qui circulent sur YouTube, c’est rigolo. On voit que le projet était loin d’être abouti. Ahah !

Maintenant, combien de concerts par an ?
Environ une trentaine de concerts par an. On vient d’ailleurs de faire notre centième concert le 13 mai dernier au Crossroad Café à La Rochelle !

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Le public ! En fin de concert on vient souvent nous parler de l’énergie qu’on dégage sur scène mais ça c’est grâce à eux ! On peut tout mettre sur un disque, et on l’a fait, mais l’interaction entre des musiciens et un public c’est quelque chose d’unique et de magique ! Et ça il n’y a que sur scène qu’on peut le trouver.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Un bon souvenir de scène… être appelé en dernière minute pour un remplacement au Béthune Rétro Festival en 2019 et se retrouver parachuté devant plusieurs milliers de personnes.
Un mauvais… avoir joué ‘Bebop A Lula’ pendant 45 minutes pour faire musique d’ambiance pendant un défilé de bagnoles. Ahah !

Comment est né votre album Are You Ready Guys ? paru fin 2020 ?
Ça faisait 2 ans qu’on tournait avec une dizaine de compos, on s’est dit qu’il était temps de passer en studio. Alors on a presque fait ça ! J’ai éADY & THE  HOP PICKERScrit 3 morceaux supplémentaires, on a tout maquetté à la maison et on a tout enregistré dans un endroit extra qui s’appelle La Charpente à Amboise. C’est un lieu de résidence, en réalité, un lieu très inspirant. On s’est enfermé dans La Charpente pendant une semaine avec Alain du Garage Hermétique qui a ramené tout son matos pour l’occasion et on a mis 13 morceaux en boîte plus une intro et un outro : 15 pistes.
On est sorti de notre bulle et paf ! Confinement ! Vraiment, on est rentré chez nous le mercredi soir et on a appris que nos concerts du week-end étaient annulés, le samedi le monde s’arrêtait de tourner.
Ça a donc été un album difficile à accoucher car on n’a pas pu faire le mix comme on le voulait et on a dû repousser la sortie à l’automne. Et là bim ! Couvre-feu ! On n’a jamais pu faire notre release party.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Ma vie et la vie en générale. Je parle souvent de ce que je ressens, de mon point de vue sur la société. J’ai été victime de violence sexuelle quand je n’étais encore qu’une gamine. C’est une blessure qui laisse des traces, donc j’ai besoin de l’exprimer de temps en temps aussi. Et puis parfois ça parle simplement d’une jolie fille ou d’une bonne soirée !

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
La scène ! On adore ça ! D’ailleurs, il faut que tu viennes nous voir en concert. Mais oui, notre place est avant tout sur scène avec le public.  Et avec un album sorti en pleine crise sanitaire, maintenant il faut le faire tourner un peu. Je continue d’écrire aussi en prévision d’un prochain disque… Mais on en reparle plus tard ?

Pour parler d’autre chose. Quels sont vos hobbies en dehors de la musique ?
Seb fait de la natation synchronisée au club de Blois. Il a commencé quand il avait 8 ans. Il a même raté les JO de Pékin en 2008 à cause d’une blessure. Il a un gros niveau, un vrai poisson dans l’eau.
Bastien fait du crochet avec son comité de quartier. A Gap, d’où il vient, tout le monde fait du crochet, c’est une tradition. D’autres jouent à la pétanque mais les boules étaient trop lourdes pour lui il a dû arrêter avec une luxation du premier métacarpien. 
Et moi je suis collectionneuse. Je passe mon temps sur Leboncoin et sur eBay pour étoffer ma collection d’objets ayant appartenus à des stars des années 80. L’autre jour j’ai acquis la lampe tempête de Jean-Pierre Mader c’était hyper émouvant. Et le reste du temps… je crois qu’on aime surtout raconter des conneries !

Un lieu de prédilection ?
Autour d’une bonne petite bière fraîche à la fin d’un concert…

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Oh… Un Olympia ? Une jolie scène comme ça. Ça voudrait dire qu’on a bien travaillé, que notre musique parle aux gens et les fait danser et qu’on a été signé dans une chouette maison de disque.

La question que je n’ai pas posée...
Comment ça va ? Parce que moi ça ne va pas trop mal avec ce beau soleil. Un peu fatiguée mais faut relativiser ce sera pire après l’été !

Gilles Blampain – juin 2022

adyhoppickers.wixsite.com/adyandthehoppickers

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