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09/17
Chroniques CD du mois Portrait: WILLIE MABON Livres & Publications
  Dossier: EXCELLO RECORDS  
 


Interview
DOM FERRER


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Au fil des errances il y a le plaisir des rencontres et le partage de la musique. Seul ou accompagné, folk, rock, blues, country, ce qui compte c’est de jouer. 

Blues Again : Faisons les présentations…
Dom Ferrer : Je m'appelle Dom Ferrer depuis ma naissance, mais je l'accepte depuis peu de temps, c'est pour ça que jeblues dom ferrer joue sous mon nom depuis seulement cet album.
Une espèce de naissance. Je suis né à Grenoble, Et j'y suis resté jusqu’à l’âge de 20 ans. Ensuite j'ai beaucoup bougé, US, Suisse, Grèce, J'ai vécu dans l'est de la France pendant 25 ans, et je viens de m’installer en Normandie depuis peu. Je suis un rural avant tout. J'aime la nature, les animaux, les copains. Les bars... musicaux... si possible.

Parle-nous de ton éveil à la musique, ton parcours musical…
Je viens d'une famille où je n’ai aucun souvenir musical enfant. Mon frère aîné a ramené les premiers disques à la maison mais je n'avais pas le droit d'y toucher, Ensuite j’ai demandé à apprendre à jouer de la guitare, mais je me suis retrouvé je crois avec le prof le plus chiant de la planète. 15 élèves à jouer en boucle les 3 mêmes notes pendant une heure. J'ai vite arrêté !
Je me suis mis alors à chanter tout seul et dans le noir... jusqu'au lycée où j'ai rencontré enfin un copain qui jouait de la basse. Moi je grattais un peu et j'avais déjà écrit des chansons, en français. Ensuite on a joué mes morceaux, quelques reprises. Et puis plus grand chose jusqu'en 1999. J'étais toujours parti donc difficile de construire quoi que soit. En 2000 on a créé un groupe de rock, Mista Pawa. Split en 2005. Ensuite j'ai décidé d’avoir mon projet solo. Carol's cousin. 2 albums. Et enfin comme une évidence je me produis sous mon nom, et un album s'en suit We Ride Free.

Premier choc musical ?
Ce fut avant tout un choc visuel, Diamond Dogs de Bowie. Cette pochette me subjuguait et me foutait la trouille. J'avais 11 ans, et quand j'ai écouté ça, c'était comme découvrir un nouveau monde. J'avais entendu que du Claude François et ce genre de truc jusque-là à la radio à la télé. A partir de ce moment j'ai su qu’il allait falloir chercher la musique, qu'elle ne viendrait pas vers moi toute seule.

Quelle ont été tes principales influences ?
Je vais essayer de les mettre dans l'ordre chronologique de découverte. Eric Clapton avec l'album Backless. Bruce Springsteen Born To Run, The River, Nebraska. JJ Cale Naturally. Ry Cooder, John Mellencamp.

Quels musiciens entrent dans ton panthéon personnel?
JJ Cale pour sa simplicité géniale. Johnny Winter pour sa voix ! Marc Knopfler, Joe Cocker, Leonard Cohen, Tom Petty, Prince.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
C'était au Club Med en Suisse en 1982, J'étais moniteur de ski.
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Maintenant, combien de concerts par an ?
30, 40. Pas assez ! Faites-moi jouer !

Parle-nous un peu de tes belles rencontres depuis que tu te produis sur  scène?
Oh, j’ai croisé pas mal de gens mais de vraies rencontres c'est rare. J'ai ouvert pour Bjorn Berge. On ne s'est pas dit un mot. John Mayall idem. Par contre j'ai ouvert aussi pour Arno au mois de décembre et on a passé un très bon moment après les concerts.
Ma plus belle rencontre pour le moment est celle avec Don White. Guitariste pour JJ cale et Clapton entre autres. On avait joué au Colony à Tulsa Oklahoma. Et Don White arrive dans le bar, il était tard. On nous présente, Et on se raconte nos vies, on boit pas mal et le courant passe super bien, mais je croyais vraiment qu'il se foutait un peu de ma gueule. Ce mec devait avoir cent ans, tellement de choses faites dans une vie ! Et pas un cheveu blanc. Alors je lui demande comment il fait et là : It's a secret, Just for men. J’étais saoul faut le dire et je ne comprenais pas. Et tout le monde était mort de rire. C'est là qu'on m'a expliqué que c'était une pub pour les colorations pour homme. It's a secret. JUST FOR MEN ! C’est pour ça qu’il n’a pas un cheveu blanc. Depuis on est devenu plus intimes. On a partagé la même chambre au Folk Alliance International cet hiver à Kansas city. On passait nos journées à se jouer nos futures chansons et à se donner nos avis. J'adore ce type.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Je commence par le mauvais. L'été dernier je jouais avant un groupe de covers de ZZ Top sur un festival. Ils avaient fini leurs balances et l'ingé son demande à notre batteur d'utiliser la même batterie qu'eux. Ce qui se fait fréquemment mais là c'est juste pas possible, notre batteur a un set de batterie très différent, pas de fût, grosse caisse fermée et peau très détendue. Pas du tout le même son. L'ingé son le prend très mal et donc il est obligé de faire une balance complète avec nous. Qu'il saccage et expédie... Son de merde sur scène, presque injouable. A chaque fois qu'on demande quelque chose dans les retours, on a le contraire. On se résigne et on fait avec. En fin de concert je vais le remercier pour son incompétence. Je lui aurais bien mis ma main dans la gueule ! Enfin très mauvais souvenir. Un vrai con !
Un bon souvenir. Le dernier en date, je jouais avec Damien Chopard à l'Echo System en set guitares acoustiques. Après nous, jouait Dirty Deep. En fin de concert j'aperçois Geo le batteur des Dirty derrière le rideau et je lui fais signe de venir. Ni une, ni deux il saute derrière sa batterie et on a fini le concert ensemble. L'ingé son ce coup-là a tout de suite compris ce qui se passait. Plutôt cool et rock’n’roll. 

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Pour moi la scène, mais encore plus jouer live, est primordiale. C'est ma raison de jouer et de faire de la musique. Seul, en duo, en formation complète, peu importe, ce qui compte c'est de jouer. C'est ma façon d'exister vraiment musicalement. Quand je n'ai pas de concert à venir, ça m'angoisse profondément.

Sur quels genres de guitares joues-tu ?
Je joue principalement des électro acoustiques. Big Mama. Une Trameleuc Gibson b 25 natural de 63 réservée pour open de la. Une Simon réservée open de sol Gretsch Electromatic de 54.

Parle-nous du dernier CD ‘We Ride Free’…
Cet album est le premier sous mon nom. Il y a 12 morceaux dessus, Il a été enregistré au Fellowship Hall Sound à Little Rock Arkansas. Je l'ai enregistré avec des musiciens de Tulsa Oklahoma, ceux avec lesquels je joue quand je suis aux US.blues dom ferrer Jesse Aycock, Paddy Ryan, Shawn Stroope.
Ça a été une très belle aventure. Les musiciens ont découvert les morceaux au studio en arrivant. Je leur ai présenté les morceaux en les jouant comme ça... en acoustique, et puis on s'est mis à jouer et on a fait des prises au bout de 15/ 20 mn et c'était vite dans la boite, très spontané, on a enregistré en analogique et one shot.
Sur le morceau ‘All Fake’, on a Paul Benjaman en invité. On était sorti dans un club voir jouer des gars de Tulsa à Little Rock, après le concert on les invite à passer au studio boire des verres et finir la soirée. Donc on écoute quelques prises et je demande à Paul Benjaman s’il ne veut pas jouer et on a enregistré ‘All Fake’ à 2 heures du mat’ dans le plus pur esprit de Tulsa. Bonnie Montgomery est venue aussi poser sa toute douce voix sur 3 morceaux.
Je voulais avec cet album retourner aux origines de mes influences et enregistrer un album très sincère sans fioritures.

Comment définirais-tu ton style ?
Folk, rock, blues, country ! Quelque chose comme ça.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
J'écris souvent sur de choses très concrètes, de choses vécues, d'histoires qu'on m'a racontées, de gens que je rencontre.

Tu as séjourné à plusieurs reprises et durant de longues périodes aux USA. Qu’y faisais-tu et que retiens-tu de ces épisodes américains?
Quand je suis arrivé aux US en 85 j'étais moniteur de ski, ensuite j'ai fait des petits boulots, bûcheron, chauffeur, j'ai aussi bossé dans des ranches mais surtout la route. Je vivais dans une voiture, je voyageais et rencontrais des gens. L'idéal de vie pour moi. J'aime la liberté, l'espace, l'incertitude et la surprise de la prochaine rencontre. On se sent vivant. C'est pour ça que j'y retourne dès que je peux, j'aimerai pouvoir vivre aux US une partie de l'année.

Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Tourner, C’est dur de beaucoup jouer en France. D'être un artisan de la musique. C'est triste tout est tellement stéréotypé, les petits caf’ conc’ disparaissent les uns après les autres. On a perdu beaucoup.

Quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?blues dom ferrer
Je me balade à cheval. Je roule en voiture sans but précis. J'aime la nature, je lis, j'écris et j'adore les émissions débiles sur les voitures américaines...Vraiment con.

Quel est ton lieu de prédilection dans ta région ou dans le vaste monde ?
The Colony à Tulsa. Un minuscule Café-concert où des concerts exceptionnels se passent. J'aime les bars vrais et un peu crasseux. J’aime ressentir la nature dans ce qu'elle a de beau et de sauvage

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ?
Good Time Travellers. Doolin. High Plains Jamboree. Greyhounds

Quels genres de musique écoutes-tu quand tu es seul ?
J’ai pas vraiment de règle. En ce moment de plus en plus de soul, de folk. Je suis sur un nouvel album et je travaille sur le mix des deux.

Quel serait ton rêve le plus fou ?
Avoir un projet commun avec Marc Knopfler, T.Bone Burnett, Mavis Staple et Eddy Vedder. L'album de rêve !

Un dernier mot…
J’aimerais que la musique live réinvestisse les lieux publics, bars, restaurants, et que disparaissent les télévisions de tous ces endroits.

Gilles Blampain – mai 2017

https://www.domferrer.fr/

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