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12/21
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Interview
FUEL JUNKIE


KING KONG BLUES
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BLUES LUCKY WILL





Le band qui déborde d’énergie met les saxophones en avant pour jouer un blues trempé dans le funk et la soul music.    

Blues Again : Comment le groupe est-il né ? Depuis quand existe-t-il ?
Mark LeClerc : Né en automne 2014, le groupe vient d'un désir de jouer le blues à ma façon, libre des standards etBLUES fuel junkie attentes typiques du style. Mon cercle de connaissances étant principalement des musiciens ayant étudié au CÉGEP et à l’université en musique, c’est avec des amis d’études que j’ai formé le groupe.

Quel est votre port d’attache ?
Tous les membres du groupe habitent la grande région de Montréal, Québec, bien que trois des membres soient originaires de Victoriaville, QC.

Qui sont les membres du groupe ?
Mark LeClerc : voix, saxophone ténor, auteur, compositeur, arrangeur. Philippe Brochu-Pelletier : saxophone ténor. Patrice Luneau : saxophone baryton. Antoine Loiselle : guitare. Jean-François Charest : basse. Philippe Fleury : batterie.

Comment s’est fait la rencontre entre vous ?
J’ai rencontré Philippe Brochu-Pelletier et Jean-François lors de mes études en musique au CÉGEP Saint-Laurent et j’ai même eu un autre groupe de blues avec Jean-François pendant quelques années. Lors de la formation de Fuel Junkie, j’ai demandé à Philippe s’il connaissait un saxophoniste baryton, et il m’a immédiatement suggéré Patrice. Nous avions initialement une section rythmique différente, mais après un spectacle nous avons demandé à Philippe Fleury, qui connaissait les deux autres saxophonistes de sa ville natale et de leurs études, de se joindre au groupe. Un autre spectacle plus tard, je demandais à Jean-François de rejoindre le groupe, sachant que son jeu serait ce que je recherchais. Après le passage de plusieurs guitaristes différents, les membres du groupe m’ont suggéré Antoine, avec qui ils avaient étudié. Il est rapidement devenu une partie intégrante du son du groupe.

Quelles ont été vos influences ?
La musique de « big band » est une des influences principales du groupe (Count Basie, Thad Jones, Buddy Rich, Brian Setzer, etc.). Sans oublier d’autres artistes/groupes avec des sections de cuivres importantes, comme Tower of Power, Steely Dan, B.B. King, Colin James (Little Big Band), etc. Du côté du blues, je nommerais Tab Benoit, Freddie King, Ray Charles, Keb’ Mo’, Etta James, Eddie ‘Cleanhead’ Vinson et plusieurs autres bien sûr. Étant saxophoniste, il y aura toujours une partie de jazz dans mes influences, notamment Stanley Turrentine, Sonny Rollins, Nina Simone et Joshua Redman.

3 ou 4 musiciens ou chanteurs de référence, qui font l’unanimité dans le groupe ?
Étant six musiciens avec des goûts et provenances assez vastes, il est difficile d’en nommer avec certitude, mais je peux bien tenter le coup ! Je dirais Tower of Power, Ray Charles, Derek Trucks/Warren Haynes.

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Qui imprime la couleur musicale du groupe ?
Étant l’auteur/compositeur/arrangeur du groupe, ce sont mes chansons donc nécessairement il y a une grande partie de ma vision dans le son du groupe. Par contre, j’aime laisser beaucoup de liberté à mes musiciens autant lors de la confection de leurs parties spécifiques (surtout la section rythmique) que pour le partage de leurs opinions sur les arrangements et l’interprétation. Le groupe n’est pas sous mon nom pour une bonne raison, je veux que la personnalité de chacun des musiciens soit mise en avant autant que possible. L’aspect collectif de la musique est très important pour moi.

Comment définirais-tu votre style ?
Blues, sans limites ni retenue. Bien qu’il est possible de déceler plusieurs influences stylistiques différentes dans notre musique, l’intention est ancrée dans le blues. L’improvisation est une composante essentielle de notre son.

Pourquoi uniquement des saxophones, pas de trompettes ni de trombones (sauf invités) ?
Essentiellement, pour que des cuivres sonnent comme un accompagnement solide et définitif, il en faut au moins deux. Puisque je chante les chansons, il me fallait donc deux autres cuivres. Je voulais jouer avec Philippe et je voulais absolument un saxophone baryton. Le choix s’est un peu fait par lui-même. À partir de ce moment-là, c’est un mélange de « trip » de saxophoniste et de garder le groupe à six membres. Il est déjà assez difficile d’avoir six musiciens au même endroit au même moment.

Si le band avait une devise, quelle serait-elle ?
« All Out ». On met la pédale au fond et on laisse les choses se passer.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
C’est sur scène que les meilleurs moments musicaux se vivent. C’est l’ultime endroit de partage entre musiciens et auditoire. La réaction du public est essentielle pour nous.

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Il est difficile de choisir dans les bons moments et potentiellement encore plus difficile dans les mauvais. La camaraderie est très forte dans le groupe alors même les pires moments se transforment en bonnes histoires. Mais la fois ou notre spectacle du samedi soir au Festival International du Blues de Tremblant a dû être annulé pour un orage qui aura duré exactement de l’heure du test de son à la fin du spectacle fut une déception particulièrement douloureuse.

Vous vous produisez essentiellement au Canada et aux USA, peut-on espérer vous voir un jour en Europe ?
Juste avant la pandémie,BLUES fuel junkie nous étions en négociations pour une petite tournée en France, donc nous y sommes presque ! Nous sommes très enthousiastes à l’idée d’aller jouer en Europe le moment venu. Nous n’avons que de bons commentaires d’autres musiciens qui s’y sont produits.

Comment est né votre album, All Out récemment paru ?
All Out est une combinaison de onze chansons écrites durant les trois à quatre années précédentes. C’était un désir de produire un album qui mettait en valeur les forces du groupe, donc il a été enregistré en studio avec tous les musiciens en même temps, de façon à garder le naturel de la musique. Les solos que vous entendez sont ceux qui ont été enregistrés lors de la prise initiale. Il n'y a que très peu de retouches ou d’ajouts. Seule la voix est enregistrée séparément, pour des questions sonores. Le mixage et le matriçage sont aussi dans la même direction, visant à optimiser le son tout en gardant le son original du band intact.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
C’est un mélange des sujets typiques dans le blues (amour, argent, alcool, etc.) et le monde automobile, qui est une passion pour moi depuis un très jeune âge. La voiture sur la pochette est celle de mon père, qu’il a bâti lui-même et sur laquelle j’ai pu travailler lors de sa conception. Jouer sur scène et voir d’autres artistes sont aussi essentiels dans mon processus créatif.

Penses-tu un jour écrire et chanter des textes en français ou est-ce incompatible avec votre style musical ?
Je ne suis pas contre, mais ce n’est pas quelque chose de naturel pour moi. Je parle anglais depuis un très jeune âge et pratiquement toute la musique que j’ai écouté dans le passé est en anglais alors c’est ce qui me vient plus facilement. Qui sait, peut-être dans le futur.

Quels sont les projets du groupe pour les mois à venir ?
Nous avons eu quelques concerts cet été qui m’ont remis dans un état d’esprit propice, donc j’ai l’intention de finir l’écriture du prochain album.

Pour parler d’autre chose, quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Comme mentionné précédemment, je suis un grand passionné de l’automobile, des motos et de la mécanique en général.

Un lieu de prédilection où vous aimez vous retrouver ? BLUES fuel juunkie
Depuis quelques années, nous avons la chance de jouer au Upstairs Jazz Bar & Grill, établi il y a 25 ans au centre-ville de Montréal, environ une fois par mois. Cet endroit est devenu notre lieu de prédilection pour essayer des nouvelles chansons, expérimenter avec le spectacle et fêter ensemble.

Pour le groupe, quel serait le rêve le plus fou ?
Participer aux multiples festivals de blues autour du monde et potentiellement vivre de notre musique. Ce n’est pas particulièrement original, mais je crois que c’est sur quoi tous les membres du groupe pourraient s’entendre. De mon côté, fournir et arranger une section de cuivres pour un artiste que j’admire serait l’ultime accomplissement.

Un dernier mot…
Merci beaucoup pour l’entrevue ! J'espère qu’on pourra un jour se rencontrer en personne pour discuter.

Gilles Blampain – octobre 2021

https://www.fueljunkieband.com/

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