blues again en-tete
05/21
Chroniques CD du mois Interview: LUCKY WILL Livres & Publications
Portrait: BLIND WILLIE JOHNSON Interview: THE HOWLIN' BLUES TRIO Dossier: SAXOPHONE
 


Interview
LUCKY WILL


KING KONG BLUES
king kong blues
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BLUES LUCKY WILL





Son truc c’est le rock’n’roll, le boogie, le swing, et quand on sait que sa musique est appréciée par Jerry Lee lui-même… alors il n’y a rien à ajouter.    

Blues Again : Faisons les présentations…
Lucky Will :  On m’appelle Lucky Will, j’ai 26 ans et je suis né dans le sud de la France.
J’ai véculucky will toute mon enfance et adolescence dans une petite ville frontalière de la Belgique qui s’appelle Rocroy. Je vis maintenant à Reims où je travaille également. J’aime beaucoup la musique roots, le rock’n’roll, le blues, ou même le swing et la soul. C’est la musique qui me caractérise et que j’aime le plus jouer sur scène.

Parle-nous de ton éveil à la musique, ton parcours...
J’ai tout d’abord commencé à écouter du hard rock avec mon groupe favori AC/DC grâce à qui j’ai commencé la guitare et du coup la musique. Après avoir dévoré des centaines d’albums de hard rock, j’ai commencé à m’intéresser à des sons plus vintage et aux débuts du rock’n’roll avec les grands classiques que sont Chuck Berry, Jerry Lee Lewis, Elvis et plein d’autres. Et grâce à Brian Setzer et son Orchestra, j’ai découvert également les cuivres et les big bands, Glenn Miller, Louis Prima etc.

Te souviens-tu du premier blues ou rock entendu ?
Bien sûr, l’un des avantages d’avoir 26 ans c’est que ce ne sont pas des souvenirs très lointains (haha). Le premier rock qui a attiré mon attention à l’époque est ‘Back In Black’ de AC/DC et de leur Live At Donington. A partir de là, ça a été la réaction en chaîne. J’ai commencé à jouer de la raquette de tennis devant la glace en imitant le pas d’Angus. Je leur dois vraiment tout haha !
AC/DC a été ma principale influence. J’aime beaucoup l’efficacité et la puissance de leurs riffs. Chaque album est monstrueux et il n’y a absolument rien à jeter. J’ai pu commencer à apprendre la guitare et surtout le rythme. Le batteur étant connu pour être un métronome, eh bien quand on passe beaucoup de temps à jouer du AC/DC, ça finit par se ressentir au niveau de notre jeu. Après AC/DC, j’ai découvert Brian Setzer Orchestra. J’ai été bien plus fasciné par ça que par le groupe qui a fait sa renommée The Stray Cats. La virtuosité de ce gars m’a toujours impressionné. Il reprenait en version rock’n’roll bien pêchu des morceaux que j’ai toujours adorés et c’est aussi grâce à cela que j’ai commencé à vraiment apprécier les cuivres, les big bands etc.

Comment t’es venu cet engouement pour les fifties, une époque bien loin de ta génération ?
Mon engouement pour les fifties est dû au fait que j’aime tout simplement beaucoup de choses qui se rapportent à ses années-là. Les débuts du rock’n’roll avec tous ces artistes que nous connaissons bien, les voitures, l’ambiance, les fringues… Mais j’ai eu la maladresse de dire un jour à Mr Big Pete Pearson, un bluesman américain d’un certain âge maintenant et qui a vraiment vécu ces années-là, que j’aurais aimé vivre pendant cette période. Ce à quoi il m’a rétorqué avec humour : « Tu ne sais pas de quoi tu parles gamin » ha ha ! Il m’a raconté que hormis les choses que j’ai citées auparavant, la vie à cette époque était loin d’être simple. Donc du haut de mes 22 ans (à l’époque), je suis rapidement revenu sur terre. C’était assez cool et à la fois super enrichissant de pouvoir parler à un type avec un vécu comme celui-là. Il savait de quoi il parlait et ça se voyait.

Sur quels genres de guitares joues-tu ?
Je suis endorsé par la marque Gretsch depuis quelques années. Je trouve que ce sont des guitares capricieuses avec un son atypique sans oublier le design qui est selon moi comparable à aucune autre. J’ai également des guitares de marque Gibson, Fender ou Martin que j’aime également utiliser. Elles restent des valeurs sûres, quoi qu’on en dise.

Où as-tu fait ton premier concert ?
Comme beaucoup de musiciens, mon premier concert c’est fait dans un bar au fin fond des Ardennes. Si je me souviens bien, le bar s’appelait le Tipi Bar. On avait repris que des standards de rock. C’est un super souvenirs.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Je dois vraiment répondre à cette question ? Je blague haha … Non, plus sérieusement, en ce moment, comme tout artiste, c’est la galère car avec la pandémie de Covid 19, toutes les dates de concerts ont été annulées. Donc on ne joue tout simplement pas. Mais avant cela, je pouvais tourner peut peut-être cinquante fois dans l’année. Je joue également pour d’autres groupes quand on me le demande, car j’aime énormément le fait de ne jouer que de la guitare sans avoir besoin de chanter.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
Et bien c’est tout simplement un endroit de partage et de communion entre plusieurs musiciens. C’est fascinant de voir comment l’alchimie peut fonctionner entre plusieurs musiciens sur scène et étant moi-même un musicien, je peux deviner, en les observant jouer, énormément de choses sur eux. Il se passe clairement un truc sur scène qu’il ne se passe pas sur un CD ou quand on le voit à la télé.
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Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène…
Je n’ai pas vraiment de mauvais souvenirs de scène à part des trucs basiques comme un mauvais son ou le fait de se faire arnaquer par un organisateur. Ce sont des choses qui arrivent à tous les musiciens au début de leur carrière et parfois même après.
J’ai peut-être une anecdote qui n’était pas drôle sur le coup mais qui, au final, me fait marrer aujourd’hui. On était en Belgique pour donner un concert, c’était mon tout premier groupe et je devais avoir 17 ans. Nous sommes allés manger à la friterie du coin et j’ai commandé une Chimay Bleue. C’est une bière bien connue mais qui est surtout réputée pour être assez forte. Pendant le repas, je n’ai pas bu ma Chimay Bleue, car je pensais pouvoir la garder pour la boire sur scène. Sauf qu’au moment de sortir de la friterie, le patron m’a crié que la bière était consignée et qu’il fallait donc que je la boive ici. Sauf que le concert devait commencer dans les 3 minutes. Alors j’ai eu la brillante idée de la boire cul sec et juste au moment de monter sur les marches qui menaient à la scène, j’ai vomi toutes mes tripes… Pour faire simple, j’étais plein comme un cartable et je l’ai regretté pendant toute l’heure qui a suivi puisque pendant le concert, je ressemblais plus à un mort vivant casté pour un rôle dans Walking Dead qu’à un gamin de 17 ans faisant ces premiers concerts avec son groupe. Pour ce qui est des meilleurs souvenirs, j’en ai beaucoup trop mais si je devais en choisir un, je choisirais sans doute la tournée en Irlande avec les Jive Aces qui était assez forte en émotions et qui m’a fait vivre pour la première fois le plaisir d’une vraie tournée à l’étranger.

Présente-nous tes compagnons de scène…
Nous sommes 5 dans le groupe : Il y a Stephane Barral à la contrebasse, Simon Boyer à la batterie, Mat Le Rouge au saxophone, Nirek Mokar au piano et moi-même à la guitare et au chant. Ce sont des musiciens exceptionnels et très professionnels. J’apprends énormément à chaque concert que je fais avec eux.

Parle-nous de ta rencontre avec les Jive Aces…
Eh bien, ils m’ont proposé de venir jouer avec eux pendant leur passage en France. Le courant est tout de suite passé et ils m’ont proposé de tourner également en Angleterre et en Irlande avec eux. C’est un groupe super et j’adore le style dans lequel ils excellent. J’ai vraiment hâte de rejouer avec eux et de repartir en tournée.

Fin 2019 sortait le CD We Are The Roadmen, un autre est-il en projet ?
Qui dit fin 2019 dit début CBlues lucky willovid 19. Nous n’avons pas encore pu faire une promotion convenable pour ce CD. Alors nous attendons déjà de pouvoir recommencer les concerts avant de penser à un nouvel enregistrement. Cependant, je ne me suis pas arrêté de composer et donc, même si je ne pense pas rentrer en studio pour le moment, je sais tout de même ce qu’on pourra enregistrer le jour où on décidera de recommencer.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Humm j’avoue que c’est plus du feeling qu’autre chose. Quand une idée me vient, je la mets en musique et écris des paroles à mettre dessus. Je ne suis pas bilingue à 100 % et disons que j’arrive toujours à me faire comprendre c’est pourquoi ce n’est jamais facile d’écrire les paroles. Pour être sûr de ne pas faire n’importe quoi, je me fais corriger par des amis anglais ou américains.

Comment ton album est-il arrivé dans les mains de Jerry Lee Lewis ?
Eh bien je suis ami avec sa femme aux USA et elle m’a demandé de lui envoyer des spécialités de Reims (la ville où j’habite) pour Noël. Je l’ai donc fait et j’en ai profité pour glisser mon CD à l’intérieur du colis. Quelques jours plus tard, j’ai reçu cette photo en guise de remerciements et je dois dire que j’ai trouvé ça complètement fou qu’une légende tel que Jerry Lee Lewis tienne mon album dans ses mains.

Quels sont tes projets pour les mois avenir ?
Pour l’instant, j’ai pas mal de projets personnels qui n’ont rien à voir avec la musique.
Musicalement parlant, c’est difficile aujourd’hui d’avoir des projets, donc on attend que les choses se décoincent. En attendant, je fais un peu comme tout le monde, mais je suis très actif sur ma chaîne YouTube. Pendant le confinement j’ai appris à m’enregistrer moi-même et faire des montages vidéos. Donc ça occupe en attendant de pouvoir reprendre les concerts et ça permet surtout au gens de se mettre quelque chose sous la dent en attendant de pouvoir revenir sur les concerts.

Quels sont tes hobbies ?
En dehors de la musique, j’aime beaucoup faire de la vidéo, voyager et faire de la moto.
Je fais également partie d’un club de collectionneur de vieilles voitures pré-64 (Le Roadmen CC Club). Cela rappelle d’ailleurs le nom de l’album, he, he !
Je m’intéresse fort aux courses de voiture depuis quelque temps et j’adore me prendre pour un pilote de F1 le temps d’une course de karting (hahaha).
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Quels sont tes derniers coups de cœur musicaux ?
Alors dernièrement, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le groupe californien Vintage Trouble ou alors Tyler Bryant. J’ai découvert ces deux groupes alors qu’ils jouaient en première partie de AC/DC à Werchter ou au Stade de France. J’ai trouvé ça excellent et j’ai donc écouté tous leurs albums. Gros coup de cœur également pour le groupe Blackberry Smoke que je dévore à longueur de journée.

Quel est ton lieu de prédilection ?
Je dirais les USA, pour tout ce qu’ils représentent. C’est inexplicable mais pour y avoir été plusieurs fois, je trouve que c’est un endroit magnifique et j’aime beaucoup l’ambiance. Mon rêve le plus fou serait de pouvoir y vivre un jour si l’occasion se présente.

Un dernier mot…
En tout cas merci beaucoup de vous être intéressé à moi et à mes projets en musique et j’espère vous revoir rapidement sur les routes d’ici ou d’ailleurs.

Gilles Blampain –février 2021

www.facebook.com/Lucky1Will1

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