blues again en-tete
12/21
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Interview
SOPHIE MALBEC


KING KONG BLUES
king kong blues
king kong blues
BLUES benoit blue boy





Avec un jeu de guitare incisif, à la tête d’un band dynamique, elle interprète un blues teinté de rock et de folk.
    

Blues Again : Faisons les présentations… 
Sophie Malbec : Je suis Auvergnate, avec des origines espagnoles du côté de ma mère. J'ai grandi à Clermont-Ferrand puis suis parSOPHIE MALBECtie faire mes études à Lyon où je suis installée depuis. J'y ai fait mes premières armes en tant que musicienne et guitariste.
Mon port d'attache c'est Lyon, c'est là où les choses les plus importantes dans ma vie se sont passées : mes débuts dans la musique, la rencontre avec les musiciens de mon groupe, la rencontre avec mon compagnon, la naissance de notre fils...
Mais j'ai également un lien très fort avec un tout petit village du Cantal...
Les choses que j'aime ? La vie, tout simplement !

Parle-nous de ton éveil à la musique, ton parcours… 
La musique m'accompagne depuis l'enfance : à l'âge de 3 ans, ma mère m'a inscrite à un cours de danse contemporaine, principalement basé sur l'expression de la musique par la danse. Ça a forgé mon rapport à la musique en même temps que l'oreille, le rythme... Ma professeure nous faisait même dessiner la musique !
À la maison, mes parents écoutaient aussi bien de la chanson française (Barbara, Brel, Reggiani, Ferrat...) que du rock et de la folk (Beatles, Rolling Stones, Joan Baez...).
Ma mère, qui est artiste peintre, a toujours été consciente de l'importance de la place de l'art dans la vie, dans l'éducation, en terme d'expression, de liberté, de sensibilité, que ce soit la littérature, la peinture, la musique, le cinéma... C'est une sacrée chance pour un enfant !
Au collège, un professeur de musique remplaçant a écrit à mes parents pour leur dire qu'il pensait que j'avais des prédispositions pour la musique, je ne le remercierai jamais assez !

Te souviens-tu du premier blues ou rock entendu ? 
Des premiers blues qui m'ont marquée oui : ‘Hound Dog’ par Big Mama Thornton, avec Buddy Guy à la guitare, une version sur une compil de blues, et ‘If I Get Lucky’ de JB Lenoir, dont je fais d'ailleurs une reprise sur l'album.

Quelles ont été tes principales influences ? 
Au départ, Stevie Ray Vaughan et Jimi Hendrix. Mon premier groupe Electric Lady Band était d'ailleurs un power trio guitare-chant, basse, batterie, avec lequel j'ai remporté à mes débuts le tremplin Nouveaux Talents du Blues au Chesterfield Café de Paris, ce qui m'a permis à l'époque de commencer à me faire connaître.
Par la suite, j'ai bien sûr découvert tous les grand(e)s du Chicago blues, du Texas, du Mississippi... Qui n'a pas travaillé les instrumentaux de Freddy King ?
Mais j'ai aussi toujours écouté beaucoup de styles de musiques différents. L'un des morceaux de l'album est d'ailleurs la reprise de ‘Don't Think Twice It's Alright’ de Bob Dylan, sur une musique de l'artiste brésilien Chico Cesar.

Sur quels genres de guitares joues-tu ? 
Je joue principalement sur une Fender Stratocaster Customshop en électrique et sur une Martin 00-15 en acoustique. Je joue ces 2 guitares depuis de nombreuses années. Il m'arrive également de jouer sur une Epiphone Sheraton, pour avoir un son plus épais en électrique.
Côté ampli, j'ai un Fender Pro Junior et un Twin Reverb de 67. Pour les pédales d'effets, j'ai une tube screamer, un boost, une delay et une wahwah. Classique en somme.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ? 
De mémoire, hormis les jams, j'ai fait ma première scène dans une salle, lors d'une soirée organisée par une association stéphanoise. L'association avait produit un album compilation des artistes qui répétaient dans leurs locaux, dont Electric Lady Band. Nous avions été invités à composer un titre pour l'occasion : ‘By The Way’, l'une de mes premières compos, un blues lent. Notre premier concert : dans un petit bar, place Delille à Clermont-Ferrand. De très bons souvenirs !

Maintenant, combien de concerts par an ? 
Cela dépend des années mais en moyenne une trentaine. Les autres musiciens du groupe vivent exclusivement de la musique. Personnellement, après des années comme musicienne intermittente du spectacle, j'ai choisi d'avoir un autre travail en parallèle, ce qui me permet d'avoir moins de pression dans la recherche de concerts, ce qui n'a jamais été mon fort !
SOPHIE MALBEC
Présente-nous tes compagnons de scène…
Ils sont 3 : Pierre Gibbe à la basse, c'est un jeune musicien très talentueux, avec déjà un parcours riche en collaborations (Uptake, Barry Moore...). Pierre Capony à l'harmonica, un musicien aussi bien virtuose de son instrument que sensible et très musical. Cela fait 10 ans que nous jouons ensemble tous les trois, avec toujours autant de plaisir à le faire ! Enfin, Yannick Urbani à la batterie, qui nous a rejoint au moment de l'enregistrement de l'album et qui est resté depuis ! C'est un grand monsieur de la batterie, il a, entre autres, accompagné de nombreux(ses) artistes américain(e)s de blues, comme l'immense Donald Ray Johnson avec lequel il collabore également en studio. Il a apporté énormément au groupe depuis son arrivée. Si on ajoute l'amitié qui nous lie tous les quatre, cela donne apparemment une belle complicité sur scène, si l'on en croit ce que nous dit le public !

En quoi la scène est-elle indispensable ? 
Pour moi c'est l'aboutissement de toute ma démarche de composition, d'enregistrement : présenter notre musique au public sur scène et tout faire pour partager le meilleur moment possible ensemble ! C'est le sentiment d'être là où l'on doit être, à faire ce qu'on est censé faire. Une sensation incomparable, à laquelle on est forcément addict !
Et c'est aussi l'occasion de belles rencontres musicales : avoir été invitée à jammer avec Ana Popovic, Larry Garner, Tom Principato ou Otis Grand, c'est inoubliable !

Un bon souvenir de scène… Un mauvais souvenir de scène… 
Difficile, des bons moments il y en a eu tellement ! Mais pour n'en citer qu'un : le concert de sortie de notre album, au Fil à Saint-Étienne, avec Neal Black en guest et en première partie du Chicago Blues Festival, une soirée très chaleureuse, de fête, pleine de joie ! J'ai eu la chance de rencontrer ce soir-là Diunna Greenleaf, qui discutait backstage, en chantant, une grande dame pour un grand moment !
Un mauvais : un concert où je me suis sentie "à côté de la plaque", avec l'envie de quitter la scène, horrible ! Heureusement que les musiciens étaient là ! En fait, il y avait beaucoup de stress et de fatigue, je fais un peu plus attention à moi depuis.

Parle-nous de ta rencontre avec Neal Black…
Nous nous sommes rencontrés en 2014 lors d'un festival où nous partagions la scène. À l'issue du show, la communication a été spontanée, on a "accroché" naturellement. J'ai été surprise qu'il me dise qu'il connaissait déjà ma musique et qu'il désirait participer au projet de mon premier album. Le genre de proposition qui ne se refuse pas ! Nous avons donc commencé à travailler ensemble fin 2015. Neal, en plus d'être un excellent guitariste et songwriter, est quelqu'un d'adorable, très à l'écoute, qui sait vous guider sans rien imposer, ça a donc été très agréable et enrichissant de collaborer avec lui sur l'écriture des morceaux et en studio.

En 2017 tu as publié le CD Road Of Blue Memories, un autre est-il en projet ?
Oui, je travaille actuellement sur le prochain album du Sophie Malbec Blues Band ! Avec les mêmes musiciens et une nouvelle fois en collaboration avec Neal Black.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ? 
SOPHIE MALBECQuand je suis dans une période où je travaille mes compos, j'écoute beaucoup de musique, ça crée forcément une sorte d'émulation. Les trajets, seule en voiture, sont aussi sources d'inspiration musicale, j'enregistre mes idées comme je peux sur mon téléphone ! Pour l'écriture, je m'inspire de mes états d'âme, de ce qui me fait réagir dans l'actualité, de certaines conversations, de mon imagination...

Comment définirais-tu ton style ? 
Principalement blues, avec des touches de rock et de folk.

En dehors de tes engagements personnels, travailles-tu sur d'autres projets en collaboration ? 
J'ai eu la chance, par l'intermédiaire de Neal Black, de faire partie de 2015 à 2018, d'un tribute à Joe Cocker : We Remember Joe Cocker, en tant que choriste et guitariste. Le show était produit par Blues and Soul Events, qu'on ne présente plus. Cela m'a énormément apporté musicalement, professionnellement et donné l'occasion de travailler avec une équipe et des musicien(ne)s extraordinaires, comme le chanteur anglais Paul Cox, pour ne citer que lui.
En 2017, suite à notre co-production sur l'album, Ti and Bo Productions m'ont proposé de figurer parmi les 10 portraits de leur série documentaire Born To Be A Bluesman, aux côtés, entre autres, de Kyla Brox, Jersey Julie, Joyce Tape, Neal Black, Lindsey Alexander, Lil' Ed Williams... Un moment très agréable, en plus d'être un honneur.
Depuis 2018, j'ai le plaisir d'accompagner Liz Mandeville, guitariste-chanteuse de Chicago, lors de ses tournées en France. Nous avons d'ailleurs une série de concerts en prévision cet été, dont le festival Grésiblues, si la situation évolue dans le bon sens...
Et j'ai récemment été contactée par le Conservatoire de musique de Roanne (42) pour travailler sur un projet autour du Blues avec des interventions au Conservatoire, au Musée, à la Médiathèque et en milieu scolaire, à partir de la rentrée prochaine. Ça risque d'être passionnant !

Quels sont tes projets pour les mois à venir compte tenu de la situation ?
Durant le premier confinement, j'ai eu la chance d'être contactée par un manager qui m'a proposé de faire partie des artistes de son catalogue et qui s'occupera aussi de notre booking. Donc dans les mois qui viennent, je vais continuer à travailler sur notre prochain album, sa sortie et bien sûr les concerts à venir, que nous espérons nombreux, en plus de ceux reportés. Imaginez l'impatience des musiciens, des artistes du spectacle vivant en général, de retrouver le public. Et réciproquement !

Pour parler d’autre chose, quels sont tes hobbies en dehors de la musique ? 
J'aime beaucoup lire, surtout la littérature française du XIXème siècle, la philosophie... Je chéris les moments de solitude, autant que ceux en famille, entre amis. Et si ça peut être dans un petit coin de nature, c'est le top !

Quel est ton lieu de prédilection ?
Mon lit ! Et le parc de Lacroix Laval, tout près de chez moi.

Quels ont été tes derniers coups de cœur musicaux ? 
Ruthie Foster, Larkin Poe, et Tracy Chapman, que je redécouvre.

Quel serait ton rêve le plus fou ? 
Musical : jammer avec Buddy Guy, Eric Clapton et Bonnie Raitt ! Social : que le modèle économique dominant dans le monde change enfin, au profit du respect de la vie sous toutes ses formes.

La question que je n’ai pas posée…
Ce que je pense de la crise sanitaire ? Et bien... Non, je rigole ! Prenez soin de vous ! À bientôt !

Gilles Blampain – février 2021

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SOPHIE MALBEC