blues again en-tete
01/22
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Interview
ZACHARIE DEFAUT


KING KONG BLUES
blues blind lemon pledge
king kong blues
BLUES LUCKY WILL





Entre blues-rock et pop avec une guitare aérienne il envoie avec force un son plein de bonnes vibrations et il a des projets plein la tête.     

Blues Again : Faisons les présentations...
Zacharie Defaut :
Je m’appelle Zacharie Defaut, j’ai grandi entre Paris et Bordeaux. Je suis un amoureux de la musique avec un grand M.

Parle-nous de ton éveil à la musique, ton parcours...
J’ai commencé le violoncelle très tôt, à l’âge de 5 ans, j’ai donc eu une formation classique jusqu’à mes 16 ans (Orchestre, Solfège, Différents ensembles).
J’ai débuté la guitare électrique à 14 ans, puis je suis entré à 17 ans au Conservatoire de Bordeaux, dans lequel je suis resté en formation jusqu’à mes 23 ans, jusqu’à l’obtention de mon DEM Jazz/Musiques Actuelles.

Te souviens-tu du premier blues ou rock entendu ?
Je crois que mon amour pour le rock est né le jour où, en voiture, j’ai écouté avec mon père From Here To Eternity, un album live des Clash. Mais mon coup de foudre pour la guitare lui, c’était en écoutant pour la première fois le solo de Al Anderson sur ‘No Woman No Cry’ sur l’album Legend de Bob Marley.

Quelles ont été tes principales influences ?
J’ai de nombreuses influences. J’ai notamment écouté Pink Floyd pendant très longtemps. Mon jeu a donc été bercé par celui de David Gilmour. Mais j’ai toujours été un fan incontestable des Beatles, car j’adore leurs chansons, qui me font toujours autant vibrer. Ce n’est qu’un peu plus tard que j’ai été happé par la folie des guitar heroes. Je suis tombé sous le charme de Jimi Hendrix, Mark Knopfler, Stevie Ray Vaughan, BB King, Santana, jusqu’à découvrir mon héros : John Mayer, qui, je le pense toujours, est une parfaite synthèse de tous ces artistes que j’aime tant.

Sur quels genres de guitares joues-tu ?
J’ai tout de suite été attiré par les Stratocasters, sur lesquelles j’ai joué pendant des années, jusqu’à découvrir PRS (Studio 22) avec laquelle j’ai découvert les micro doubles. Aujourd’hui, je ne me satisfais plus d’un seul modèle de guitare, je me suis donc confectionné ma palette de guitares avec lesquelles je peux désormais avoir tous les types de sons que je recherche. Une Stratocaster MVGuitars, une Télécaster MVGuitars, une LesPaul Black Beauty 92 Epiphone, une SG Maybach et pour les sons plus modernes une PRS Private Stock.

Où et quand as-tu fait ton premier concert ?
J’ai fait mon premier concert à 5 ans, après ma première semaine de violoncelle.

Maintenant, combien de concerts par an ?
Aujourd’hui, je fais en moyenne une cinquantaine de concerts par an.

En quoi la scène est-elle indispensable ?
La scène est indispensable car elle rend la musique vivante. La musique a besoin de son vivier pour émerger et prendre une forme nouvelle à chacune de ses apparitions. La musique blues-rock, que je joue aujourd’hui, est une expérience complètement différente quand elle est vécue en LIVE. Il faut la vivre, la transpirer, la transcender !

Présente-nous tes compagnons de scène...
Je suis accompagné par des musiciens hors-pairs avec lesquels je suis toujours aussi fier de pouvoir partager mes scènes et mes projets. Tout d’abord, mon éternel Kevin Lika à la batterie, qui est, et restera, la plus grande rencontre musicale de ma vie. C’est bien simple, je ne peux plus jouer avec d’autres batteurs, Kevin est incroyable. Puis nous avons tous les deux demandé à Flavien You, bassiste hors-pair que nous avions rencontré au Conservatoire, si l’envie ne lui viendrait pas de venir monter un trio avec nous. Flavien étant un extraordinaire bassiste, pouvait à lui seul servir toute la construction harmonique de notre musique tandis que je prenais le lead. Ça n’est qu’un peu plus tard, avec l’évolution des mes compositions musicales, que je demandais à Edward Rogers de venir rejoindre le projet pour monter mon band. Ed et ses couleurs magiques (avec lequel j’avais joué dans d’autres groupes depuis bien longtemps), sont venus nous rejoindre pour le plus grand bonheur de notre musique.

Un bon souvenir de scène... Un mauvais souvenir de scène...
Un bon souvenir de scène : Il est si simple. C’était un minuscule concert (peut-on même appeler ça un concert ?) il y a bien des années, dans la rue. Après une prestation sans grande envergure, mais juste du plaisir, un bonhomme qui était resté devant moi tout le concert est venu me voir, et, d’une voix non-expressive, m’a simplement dit : « Monsieur, vous faites le job ». Je crois qu’encore aujourd’hui, je n’ai jamais été aussi fier qu’après avoir entendu
ces quelques petits mots...
Un mauvais souvenir de scène : Avec du recul, même les très mauvais souvenirs de scène deviennent des souvenirs hilarants. Ils sont tout aussi drôles à se remémorer qu’ils ont été mauvais sur le moment.
Je pense que mon pire souvenir de scène restera celui où (avec mon ancien groupe) nous avions joué pour une salle entièrement vide. Après avoir passé 3 jours dans un festival lycéen régional à écouter les autres groupes se produire devant des milliers de personnes, nous étions le dernier groupe à jouer en clôture de ce dernier. Malheureusement pour nous, les transports scolaires rapatriant tous les lycéens vers leurs établissements respectifs partaient tous avant notre prestation. Nous avions répété en résidence des semaines durant pour préparer ce concert qui allait être le plus gros de notre vie. Hélas, en arrivant dans la salle, nous nous
sommes décomposés en voyant nos ombres se découper dans la fosse vide à nos
pieds... Quelle déception !

Comment est né ton album Little Boy ?
Little Boy est né pendant le confinement. Après avoir longtemps été guitariste de
mon ancien groupe Hanuman, je me suis enfin décidé à écrire mon propre album.
Un album qui me ressemblerait, avec une place importante donnée à mon
instrument de prédilection, la guitare électrique. Il a été totalement autoproduit et
enregistré dans notre studio Hook Sound Records.

Quelles sont tes sources d’inspiration pour écrire et composer ?
Mes sources d’inspirations ont bien évolué depuis que je compose. Je pense
m’être longtemps abreuvé de ma colère, de mes frustrations et de mes échecs pour
composer. J’y ai puisé mon blues, mon son. Aujourd’hui c’est bien différent. Je trouve mon inspiration dans l’amour en majeure partie. L’amour de ma muse, qui m’inspire tant ; l’amour de ma famille, l’amour de l’espoir et l’amour de la vie.

Comment définirais-tu ton style ?
Je pense qu’il serait honnête pour moi de différencier mon style de jeu, de mon
style de composition. Mon jeu de guitare est très blues, rock vintage, avec les codes
« strat » que j’ai puisé dans la musique des années 70. Mais mon style de
composition, de musique, est bien plus pop dans la forme et l’écriture. J’aime la
chanson, la simplicité d’une mélodie bien écrite.
Je dirais que mon premier album était blues-rock, bien qu’aujourd’hui je tende
plus vers un style pop-rock.

Qu’est-ce qui t’a poussé à créer ton label Hook Sound Records ?
C’est l’envie d’avoir la main mise sur nos projets d’un bout à l’autre, qui nous a
poussé (avec mon batteur Kevin) à monter notre propre Label. Pouvoir être maîtres
de nos choix, de nos mixs, de nos créations et de leurs sorties était pour nous
crucial.

En dehors de tes engagements personnels, travailles-tu sur d'autres projets en collaboration ?
Effectivement, en dehors de mon groupe personnel, je travaille sur énormément de
projets divers et variés dans lesquels je suis producteur, guitariste, bassiste,
compositeur, arrangeur, directeur artistique ou autre.
Quels sont tes projets pour les mois à venir ?
Mes projets sont simples : Je m’apprête à sortir mon deuxième album au
printemps 2022. Waiting For A Sign sera l’aboutissement de plus d’un an et demi
de travail, et, mes musiciens et moi-même, en sommes très fiers. Nous avons
tellement hâte de vous le dévoiler.
Pour parler d’autre chose, quels sont tes hobbies en dehors de la musique ?
Je suis passionné d’art ! Je suis un fan de cinéma, je dévore les films de tout
type. Je peins, de l’art abstrait, je me défoule sur la toile. Mais j’avoue être très
attiré par la photographie; dès que je le peux, je shoote. J’ai la chance de pouvoir
partager cette passion avec la femme que j’aime, qui est donc mon modèle favori !
Quel est ton lieu de prédilection ?
Mon lieu de prédilection, je ne suis pas certain d’en avoir. Mais j’avoue me ressourcer énormément dans les Cévennes (Massif Central), et y trouver inspiration et réconfort.
Quel serait ton rêve le plus fou ?
Quand j’ai débuté la guitare, il était celui de jouer aux côtés du King Of Pop. Jouer pour Michael Jackson. Mais quand il est mort, mon rêve est devenu difficilement réalisable. Aujourd’hui, mon rêve serait simplement celui de pouvoir continuer à vivre de ma musique, et qu’elle puisse procurer autant d’émotions qu’elle ne m’en produit à moi-même.
De rendre fiers tous ceux qui ont cru en moi.
Quoi qu’un petit duo avec John Mayer, je ne dirais pas non.
La question que je n’ai pas posée...
Et pourquoi ne pas vous glisser mon album préféré ? LOVE, des Beatles. Mon éternelle inspiration.

Gilles Blampain – décembre 2021

www.facebook.com/zacharie.defaut

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