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12/17
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Portrait
BIG JOE DUSKIN
Alabama : 10 Février 1921 - Ohio : 6 Mai 2007


blues fred mc dowell
blues fred mc dowell







big joe duskin
Joseph Louis Duskin voit le jour à Birmingham (Alabama), troisième d’une famille de onze enfants, mais il grandit dans l’Ohio. Il débute l’apprentissage du piano à l’âge de 7 ans. Durant ses jeunes années il exerce son talent à l’église dont son père, le Révérend Perry Duskin, à la charge. Adolescent, Joe Duskin ne jure que par Fats Waller et adore également Pete Johnson.
Héritier des grands pianistes des années 30 et 40, maître du piano blues et boogie, Duskin qu’on désigne comme le King de Cincinnati a un style vigoureux, exubérant, énergique, mais il sait aussi jouer dans la retenue et se faire mélodieux. Il mêle aisément blues, jazz, ragtime et stride. La main est sûre et véloce, la voix est grave et bien placée.

 

Au début des années 40 il se produit dans les clubs de Cincinnati, et durant la deuxième guerre mondiale il égaye les troupes US. Après le conflit armé, une fois démobilisé il a le plaisir de rencontrer ses maîtres Pete Johnson, Meade Lux Lewis et Albert Ammons. A l’aube des années cinquante Joe Duskin joue dans les clubs où il est apprécié. Malheureusement, son père, un peu coincée dans la religion, lui fait jurer de ne plus jouer cette musique du diable tant qu’il sera en vie. Il a 89 ans. Joe Duskin se plie aux désirs paternels et respecte sa parole. Plus de blues, plus de boogie. Son père vit jusqu’au bel âge de 105 ans. Joe délaisse donc le piano pendant environ 16 ans et gagne sa vie comme postier puis comme agent de police. En 1963 le voilà enfin libéré de sa promesse mais il a le sentiment de tout avoir oublié du blues et du boogie. Il lui faut attendre le début des années 70, avec l’appui de l’historien du blues Steven C. Tracy, pour se remettre vraiment au clavier. Il se produit alors dans différents festivals aux Etats-Unis et en Europe.


big joe duskin

En 1977 il enregistre pour Arhoolie quelques classiques du genre sous le titre Cincinnati Stomp. Vers la fin des années 70, il est au New Orleans Blues and Jazz Heritage Festival, et tourne fréquemment en Europe. En 1982, un enregistrement live fait à Vienne (Autriche) paraît sur le label Wolf sous le titre Down The Road A Piece. En 1985, nouveau live : At Dollar Bill’s Saloon. Au fil des ans, il enregistre sur différents labels aux Etats Unis et en Europe. Les tournées le mènent en Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Belgique, France.

big joe duskin


Est-ce un pied de nez posthume à son géniteur ? Mais il affirme dans le titre du CD qui sort chez Back To Blues en 1995 : Boogie Is My Religion.
En 2003, Don’t Mess With The Boogie Man paraît sur le label Castle. En 2004: Big Joe Jumps Again sort chez Yellow Dog. En France, le label Viper édite un Live At Quai Du Blues.

En 2005 Big Joe Duskin reçoit le National Heritage Fellowship du Conseil des Arts de l’Ohio. Souffrant depuis de nombreuses années d’un sévère diabète, le 6 mai 2007, le pianiste meurt à son domicile. Il repose au cimetière de Dayton, Ohio.


Gilles Blampain