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été 17
Chroniques CD du mois Interview: JUJU CHILD Livres & Publications
  Dossier: AMERICAN EPIC Interview: DOM FERRER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JANVIER 2015

Alain Messier Blues Band
Raisin' blues

Genre musical: Blues chic, swing elegant
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
alain-messier.com

Cet harmoniciste virtuose louche, à l’évidence, davantage vers Toots Thielemans que Rice Miller. Virtuosité, certes, mais non-dénuée de grâce. C’est même la vertu cardinale de son jeu élancé, souple, fluide et assez doux. Et son chant a les mêmes qualités, la même élégance. Ex-Blues Station Trio, moitié du duo Messier-Savarit (qu’on retrouve ici, à la guitare, sur un titre), le Normand et son nouveau band enregistrent sans doute leur premier album. Alain Messier sort de sa besace dix reprises de titres signés Julius Dixon, Pat Ramsey, Rick Danko, Freddie King, Little Walter ou T-Bone Walker. Il referme l’album sur ‘The Moon Will Wink Again’ exceptionnellement chanté en français. Raisin Blues ne craint pas d’être mélodieux et verse dans une mélancolie légère, alignant avec une certaine volubilité du rock un peu honky-tonk (‘Early In The Morning’), des titres plus jazzy (‘Jammin In The Jungle’), quelques ballades pluvieuses d’une grande beauté (‘Small Town Talk’, ‘Guard Your Heart’), un jump cool (‘I Know Your Wig Is Gone’), un blues-blues au drive lancinant (‘Last Night’), un standard de swing acoustique traité façon manouche (‘Sweet Georgia Brown’), et une sorte de défouloir funky-rock (‘Woman Across The River’) qui contredit tout ce qui vient d’être professé… Les musiciens et les invités méritent tous un éloge, à commencer par les plus exposés : Stéphane Rousseau (guitare) et Stéphane Maillot (orgue et piano). Cyrille Clet prend un bon petit solo de contrebasse sur ‘The Moon Will Wink Again’. Christophe Sulujat (batterie) brille lui aussi partout, en particulier sur ‘Woman Across The River’. Deux invités s’illustrent avec brio sur ‘Sweet Georgia Brown’ : Jennifer Milligan (chant) et Eric Savarit (guitare). Michel Herblin et Koei Tanaka apportent un renfort d’harmo et Pascal Fouquet, un renfort de guitare. Tout le monde a droit à sa minute. Eh bien, ça vaut le coup de se casser une jambe pour un album comme celui-là.
Christian Casoni

Another Day Another Time

Genre musical: Folk et country
Label : NONSUCH
Distributeur :
LA MISSION

Pour une fois, définir le style de l’objet fut du gâteau. Mais, quand même, quel drôle d’album que ce double live enregistré, en septembre 2013, au Town Hall de New York. Plus qu’un concert, il semble s’agir d’un festival de folk et de country « célébrant la musique de ‘Inside Llewyn Davis’ », le film des frères Coen. On parle ici de country dure et de folk terreux, sans compromis ou presque, mieux vaut donc être initié car on attaque deux disques réunissant 34 titres lardés de guitares acoustiques, de fiddles, de banjos et de mandolines. Ce n’est jamais sirupeux, et presque toujours chargé d’une rage ou d’une joie rentrée. Des 21 artistes et groupes figurant au programme, quelques noms sautent aux yeux : Joan Baez, Patti Smith, Elvis Costello, Keb’ Mo, Jack White. Quelques autres ont un air de déjà entendu : Bob Neuwirth ou Gillian Welch. Mais les Milk Carton Kids, les Lake Street Dive ou les Secret Sisters, désolé, connais pas. C’est comme si le compilateur avait voulu mélanger les vedettes aux soutiers, refusant d’identifier les titres par le nom de leurs interprètes, de sorte que les seuls gagnants soient le folk et la country, avec une préoccupation égalitaire qui reverrait à l’esprit du folk originel, avant que Dylan n’en fasse son merveilleux char d’assaut. En effet, bien malin qui décèlera la minute d’Elvis Costello ou de Jack White. Pour Joan Baez, c’est plus facile : ‘Joe Hill’. Parmi les ballades (‘Hang Me, Oh Hang Me’), les chansons désuètes et traînantes (‘Tumbling Tumbleweeds’), les transes de gigues (‘Rye Whiskey’), les titres enlevés et ceux dont le folk promène on ne sait quelle subtile harmonie pop (‘New York’ ou ‘Man Named Truth’), l’album propose quelques moments incroyables, à commencer par le titre ! (‘ ‘S Iomadh Rud Tah Dhith Orm/Ciamar A Ni Mi ‘n Dannsa Direach’). Plus deux ou trois classiques qui rappellent un certain revival : ‘House Of The Risin’ Sun’, ‘Midnight Special’ ou ‘Will The Circle Be Unbroken’.
Christian Casoni

A Singer Must Die
Venus parade & more songs beyond love

Genre musical: Brit pop
Label : MODULOR
Distributeur :
asingermustdie.weebly.com

'La nuit est épaisse et ma défense se cache dans les vêtements d'une femme à qui j'aimerais pardonner dans ses boucles de soie, dans l'angle de ses cuisses, où j'ai dû aller sous le déguisement de la beauté' (Léonard Cohen/A Singer Must Die-1974)
Lancé en 2005, ce groupe Nanto-Angevin, s'est consolidé en sextet après un premier disque en 2007, autour du duo Manuel Ferrer et Manuel Bichon. Déjà remarqué outre-Manche, leur pop flamboyante a retenue l'attention de l'ingénieur du son Ian Caple. Ce dernier a mixé les Tindersticks, Suede, Divine Comedy, et par conséquent, c'est un peu dans cet univers là que baigne la musique inspirée d'A Singer Must Die. On pense aussi aux Smiths, Psychedelic Furs et autres Blur pour le romantisme et le raffinement de ces compositions, au Scott Walker de Scott 4, au Tim Buckley de Goodbye And Hello (67) également pour toutes ces mini symphonies luxuriantes. La volonté de tisser leurs chansons au maximum des couleurs de l'amour, de la vie ; ici, le rouge dominant en maître de la passion amoureuse. Vibraphone, cordes, cors anglais, mellotron, participent de l'esthétisme sophistiquée et épanouie de cette mélancolie so british.
Juan Marquez Léon

Blues Caravan 2014 Live
CD + DVD
Laurence Jones, Christina Skjolberg, Albert Castiglia

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Laurence Jones est Britannique (désigné ‘Young Artist Of The Year 2014’ par les British Blues Awards), c’est un fin guitariste qui dégage une force remarquable avec des riffs incisifs, Christina Skjolberg est Norvégienne et possède un style personnel assez flamboyant, Albert Castiglia est Américain, a un jeu de guitare incendiaire et une voix qui en impose. Si les deux premiers sont de jeunes pousses très prometteuses, Castiglia qui est l’aîné des trois, a fait ses débuts en 1990 et a roulé sa bosse sur pas mal de scènes. Ce concert enregistré à Bonn en février 2014 démarre très vite et très fort avec ‘Join Me On The Blues Caravan’. Le tempo d’enfer est donné et il va falloir suivre sur la distance, pari que vont réussir les musiciens. Les titres vont s’enchaîner à un rythme très soutenu. Nous n’avons pas affaire à un trio, chacun prenant le devant de la scène pour sa propre performance, mais l’ensemble ne manque aucunement de cohérence. Hormis leurs propres compositions les 3 guitaristes et chanteurs reprennent sur le CD qui alignent 11 titres en 54 minutes, ‘All Along The Watchtower’ (Bob Dylan), ‘Sway’ (Jagger/Richards) et ‘Sweet Home Chicago’ (Robert Johnson) pour un final où ils se donnent ensemble tous trois au maximum. Pour le DVD qui est plus généreux avec 14 titres en 86 minutes, ‘Sway’ disparaît et si Dylan et Johnson sont toujours de la fête, Freddie King est honoré à travers ‘Freddie’s Boogie’ et les autres reprises ont pour titres ‘Bad Avenue’ (Walter Williams), ‘Going Down Slow’ (James B. Oden), ‘Cocaine’ (JJ Cale). Au final un vrai festival, bien excitant et qui déborde d’une énergie positive.
Gilles Blampain

Girls With Guitars
Eliana Cargnelutti, Sadie Johnson, Heather Crosse

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

A l’instar de François Truffaut qui a filmé L’Homme Qui Aimait Les Femmes, on peut dire que Thomas Ruf est l’homme qui aime les femmes qui jouent de la guitare. Depuis 2011, ce pygmalion, patron de label, nous en a déjà fait découvrir un bon nombre, et des musiciennes de talent. Ce coup-ci, il épingle trois nouvelles diablesses dans son catalogue. Cette dernière livraison de Girls With Guitars nous dévoile un trio une fois encore étonnant. Elles sont toutes trois très jeunes, et ne manquent ni d’adresse ni de feeling. Eliana Cargnelutti vient de Udine dans le nord de l’Italie, Sadie Johnson est native de Bloomington dans l’Indiana et Heather Crosse, la bassiste de la bande, a vu le jour à Clarksdale, Mississippi. Produit par Jim Gaines, cet enregistrement est plein de punch. Ces young ladies qui chantent plutôt bien, allient le charme et la puissance dans une déferlante de décibels blues-rock et d’exaltation soul. Elles signent 9 compositions originales et font 3 reprises dont ‘Tush’ de ZZ Top. Les 11 titres défilent en 45 trop courtes minutes. Ces trois grâces du blues sont à leur manière comme les déesses romaines représentant l’Allégresse, l’Abondance et la Splendeur. Voilà des jouvencelles pleines de fougue qui laissent à penser qu’il n’est plus nécessaire de prendre des poses de machos pour affoler les potentiomètres et que la femme peut être l’avenir du blues.
Gilles Blampain

Gov’t Mule feat. John Scofield
Sco. Mule

Genre musical: Jazz-rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Ce disque s’inscrit dans une série d’archives marquant les 20 ans de Gov’t Mule. Ça s’est passé à Atlanta en Georgie fin septembre 1999, John Scofield fait équipe avec Gov't Mule pour deux shows exceptionnels. Le gang de Warren Haynes comprend alors Allen Woody à la basse, Matt Abts à la batterie et pour ces soirées Dan Matrazzo est aux claviers. Les amateurs vont être comblés puisqu’il n’existait à ce jour, ni enregistrement officiel ni pirate. Ce sera donc la première fois qu’on pourra être en mesure de revivre ces performances aux accents jazz-rock, soul et funk qui empruntent au répertoire de Scofield et de Gov’t Mule plus des reprises signées James Brown (‘Doing It To Death’) et John Coltrane (‘Afro Blue’). Le blues-rock de Haynes et le jazz de Scofield soutenus par de belles lignes de basse, une batterie subtile et des envolées d’orgue à la fois solides et aériennes, fusionnent à merveille pour donner un alliage de la plus belle teneur. Guitaristes de haut vol, les deux musiciens nous entraînent dans de longues jams instrumentales qui font crépiter un feu d’artifices de notes. Re-mixé et masterisé, Sco.Mule se présente en 2 CD, le premier diffuse 6 titres en 77 minutes, le deuxième affiche 5 pistes et dure 76 minutes.
Gilles Blampain

Guy Belanger
Blues turn

Genre musical: Harmonica blues
Label : BROS
Distributeur : SELECT

Guy Bélanger doit en être, à vue nez, à son sixième album, sans compter ses innombrables prestations pour une pléiade d’artistes et ce disque prouve que ce maître du ruine babines sait s’entourer des gens qu’il faut. André Lachance son fidèle comparse (guitares–voix), Marc André Drouin mais aussi Alex Fraser (basse) Michel Roy et Adam Warner (batterie). Je n’oublierai pas l’aide de Steve Strongman, son compatriote Canadien et sa guitare sur deux titres ‘Queen City Storm’ et la reprise du classique ‘Corina, Corina’ qui balance, balance. A noter le titre ‘Last Night’ chanté par Jimmy Johnson enregistré à Chicago avec de grosses pointures locales et internationales (Kenny ‘beedy eyes’ Smith, Felton Crew). L’album se partage entre compos et reprises comme ‘Death Don’t Have No Mercy’,Great Change’ toutes deux du Révérend  Gary Davis, ‘Highway Song’ de Mike Robertson et une belle ballade ‘The Dark End Of The Street ’chantée à l’origine par James Carr. Pour cette production, Guy Bélanger s'est fait plaisir en visitant plusieurs facettes du blues, ses premières amours, qu'il soit rural ou urbain, country ou rock, gospel ou Chicago. Ce CD est une « valeur sure » l'harmoniciste canadien ayant par quatre fois été nominé aux Maple Blues Awards et gagnant d'un nombre innombrable de trophées. En tout 12 titres enregistrés avec le top des musiciens de Montréal, Toronto et Chicago. Plongez-y les oreilles en avant.
César

Le Mississippi
Le chant des fleuves 

Genre musical: Blues
Label : ACCORDS CROISES
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Le Mississippi… Quel fleuve ! Le Old Man River comme il était appelé par les premiers esclaves débarqués, est un fleuve qui a vu naître et s’épanouir bon nombre de musiques. Le blues, bien sûr, mais aussi le gospel, le jazz, le zydeco, la musique Cajun, le bluegrass et quelques autres styles sont nés dans la dizaine d’états qui bordent ou sont traversés par le Mississippi. Un double CD en format long box nous fait visiter ce fleuve mythique à travers 28 titres nés d’artistes provenant de certains de ces états. Ce coffret fait partie d’une série baptisée Le chant des fleuves. Un livret d’une quinzaine de pages (anglais/français) vient donner les explications nécessaires sur les artistes qu’on entend sur ces deux CDs. Voyage musical assuré, surtout axé sur des formations du Sud avec un choix délibéré de faire découvrir des artistes peu connus. Blues du Delta (Big Jack Johnson), big bands (Rebirth Brass Band - The hot 8 brass band), Mardi Gras Indian (Bo Dollis & the Wild Magnolias - Les Getrex), Cajun (Cedric Watson - Magnolia Sisters), gospel (Zion Harmonizers – The Jones Sisters) et bien d’autres artistes qui marchent au feeling, en tout vingt huit titres qui vous donneront envie de descendre le Mississippi et rencontrer d’autres cultures en claquant des doigts.
César

Swamp Dogg
The white man made me do it

Genre musical: Funk 70’s
Label : ALIVE
Distributeur : DIFFER-ANT

Qui est Swamp Dogg, Dee-O-Double-G ? Un suiveur tardif de Snoop, Nate, etc. ? Et bien non, c’est lui l’Original Doggfather. 72 ans. Un artiste culte. Une façon polie de dire fauché. Anti-business man, il a été semble-t-il floué toute sa carrière par un milieu sans pitié pour les décalés. Sa carrière débute à 12 ans, sous le nom de Little Jerry Williams. Il compose, chante, arrange, amasse le blé pour les autres. En 1970, il se réinvente en Swamp Dogg. Sans chercher bien loin, on peut diagnostiquer une blessure narcissique, et un problème de construction identitaire. Son Gainsbarre est un croisement entre Screamin’ Jay Hawkins et George Clinton, qui dénonce les nombreux maux de son beau pays par la dérision. Gonzo Soul, il appelle ça. Sur ce nouvel album, il oublie la plupart du temps de faire le clown, et c’est tant mieux. Pourquoi l’écouter aujourd’hui ? Tout d’abord parce qu’il a une voix étonnement jeune, versatile, puissante. Des arrangements généreux, des styles variés : du blues, gospel, funk, soul, rock, reggae. ‘Lying Lying Lying Woman’ est un chagrin d’amour dansant, étonnement joyeux. ‘That’s What Lonesome Is’ est assez auto-explicatif, surtout si l’on tend l’oreille : il est réellement tout seul, au chant et aux chœurs. ‘Can Anyone Tell Me Where Is Sly ?’ porté par une basse à la Larry Graham, est un titre funk épais comme une tartine de Corned Beef Cha Cha Cha (il est aussi cuisinier). Bon, Little Jerry, puisque tu veux savoir : Sly Stone, à 72 ans, vit dans un van à Los Angeles.
Cranberry Gordy

The Bloodhounds
Let Loose !

Genre musical: 60's garage rock, rhythm'n'blues and jug band
Label : ALIVE NATURALSOUND
Distributeur :
DIFFER-ANT

'Highway 61 Revisited'. Arrivés à la Nouvelle Orléans, on prolonge jusqu'à East Los Angeles. Priedraita, Santos et Santana, ces blazes-là ne trompent pas, nous sommes bien en territoire Chicano. Le quatrième larron se nomme Schafler. Ce que jouent ces gars et leur producteur Arthur Alexander (ex Sorrows) est tout bonnement excellent! 1965, entre San Francisco et L.A., les titres 'Indian Highway' et 'They Call'm The LSC' pourraient être des inédits du Dylan, période Bloomfield le slideur ; ici c'est Branden Santos qui s'y colle. Ailleurs ce sont les Cailloux nous conseillant la fumée végétarienne, 'Try A Little Reefer'. 'Wild Little Rider' débute à la sauce Tacos et dévale rapidos à 200km/h sur un rhytm'n'blues arrosé d'harmonica survitaminé. Comme des Stones de 64, reprise du 'Crackin Up' de Bo Diddley, ici couleur ska. Ensuite, à l'horizon, sur 'The Wolf', hurle un loup ; un genre de 'Smokestack Lightnin' d' Howlin Wolf avec en son centre un pont punky. Aaron 'Little Rock' Priedraita s'attaque au 'Security' d'Otis Redding, et c'est à se damner, tandis que pour vous achever, 'Bottle Cap Blues' va crever vos enceintes à coups de basse (Johnny Santana) et d'harmonica! Rajoutez quelques titres dans le plus pur style jug band, avec washtub bass et toute la vaisselle, et là, je vous le dis : Il vous le faut ce disque. Classe et jouissif !
Juan Marquez Léon

The HUB
Providence

Genre musical: Blues fantasmé
Label : ZRP
Distributeur :
LA BALEINE

Le numéro 6 était prisonnier mais The HUB, alias Hubert ZéroSix, est un homme libre, il ne reste pas enfermé et Providence est une échappée vers de nouveaux horizons. Avec ce nouvel enregistrement, il s’évade en s’affranchissant des contraintes. Déjà la langue, essentiellement anglophone par le passé, le voilà à présent faisant jongler les mots en français.  Musicalement, il s’aventure sur des chemins où folk et pop viennent dessiner de nouveaux contours à son blues. Il sort donc des sentiers battus en renouvelant son style par une fusion des genres qu’il a abordés à différentes époques de son parcours. La set list aligne 12 compositions originales (9 en français, 3 en anglais). Et si toutes les musiques sont signées The HUB, 5 textes sortent de la plume de Boris Bergman. La danse des mots sautille sur des rythmes où langueur et vitalité mènent le bal à tour de rôle, où la sauvagerie et la tendresse se succèdent ou s’entremêlent. De belles parties de guitares, picking et slide, harmonica soyeux et chœurs veloutés. Il y a des sonorités venues du bayou, des échos de gospel, des riffs rock ou des ritournelles folk. Empreinte lumineuse ou demi-teinte automnale ce voyage musical fait défiler différents panoramas derrière la vitre. Le réel devient-il imaginaire ou la réalité se transforme-elle en rêve ? Quoi qu’il en soit, ce périple musical imagé nous emmène ailleurs et The HUB est le grand maître de cette nouvelle dimension.
Gilles Blampain

The Kinks
The Anthology 1964-1971

Genre musical: Rock
Label : BMG
Distributeur : SONY

Il a manqué peu de choses aux Kinks… Un grand producteur, ou un manager visionnaire. Du coup, ils n’ont jamais pu mettre en boîte leur White Album ou leur  Beggar’s Banquet. Et pourtant… Nous sommes quelques-uns à penser qu’ils étaient définitivement les meilleurs, et Ray Davies le plus grand des auteurs. Alors, quand ils annoncent une Kinks Anthology, même si on pense à priori que la plupart de ces morceaux, eh bien on doit les posséder en triple exemplaire et dans tous les formats, on n’hésite pas bien longtemps. Que ça s’arrête en 71 est une bonne chose en soi, les puristes vous diront qu’après, cela n’est plus pareil (De fait… Même s’il subsiste quelques beaux restes sur les albums des seventies… Ne parlons pas du virage Hard FM, des stades US, ces Kinks-là ne sont plus les Kinks). Mais dans les sixties ! Ce coffret les présente à leur sommet, avec quantité de merveilles inouïes. Tout y est : les débuts rhytm’n’blues, voire blues tout court, les classiques, les pépites moins connues (Réécoutez ‘Two Sisters’, ‘Lazy Old Sun’, ‘Johnny Thunder’…). Affecté peut-être, précieux sûrement, mais alors dans les deux sens du terme. La période la plus créative fut jonchée d’échecs commerciaux, celle où, en plein British Blues et Rock Psychédélique, Ray Davies l’inadapté nous entretient d’‘Afternoon Tea’ et de jardins anglais. Donc ce coffret c’est 5 CD gorgés de splendeurs – des versions originales, des inédits, du mono, du live, un copieux livret, et même un 45 T comprenant le dantesque ‘You Really Got Me’ et le redoutable ‘Milk Cow Blues’. Seule réserve, quelques versions alternatives tout à fait dispensables : quel est l’intérêt de soumettre une mauvaise répétition instrumentale de ‘Waterloo Sunset’, si ce n’est pour souligner la magnificence du résultat final? Mais bon, ne faisons pas la fine bouche, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
Marc Jansen