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12/18
Chroniques CD du mois Interview: LITTLE MOUSE & THE HUNGRY CATS Livres & Publications
Portrait: CHARLES BROWN   Dossier: SPECIALTY RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

Janvier 2017

Awek
Long distance

Genre musical: Blues lumineux
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ABSILONE

Autant le visuel du boitier est aseptisé, autant son contenu est riche et haut en couleurs. Depuis longtemps, Awek est au top et ce dixième album vient le confirmer grâce à la chaleur communicative de leur musique. Production impeccable et feeling à tous les étages, on reconnaît tout de suite le son Awek, bien que les titres aient été enregistrés dans trois studios différents. ‘Hound Dog’ et un ‘Jammin' With Fred & Derek’datent de 2009 à l'époque où ils sont allés enregistrer au Texas avec la complicité de Derek O'Brien à la guitare et Fred Kaplan au piano... et du piano, on en trouve presque sur tous les titres de cet album. Pour ce faire, ce sont deux claviéristes de grande sensibilité qui sont venus prêter main forte au quatuor, Damien Daigneau et Julien Bruneteau tous deux originaires du sud-ouest. (Je rappelle qu’Awek est une formation toulousaine). On trouve aussi, en invitée sur ‘Think’, Cathy Boyer  qui vient poser sa voix. Quant aux saxos (ténor et baryton), ils sont présents sur ‘She Moves Me’ grâce au souffle de Drew Davis et J.M. Labbé pour apporter une couleur feutrée. Ce CD comporte quatorze titres dont la moitié de compositions avec une base rythmique toujours aussi précises. Le tandem Ferron / Trebel (basse – batterie) propose l'assise nécessaire aux envolées guitaristiques de Bernard Sellam ainsi qu'aux phrases du meilleur cru de l'harmonica de Stéphane Bertolino. Ce Long Distance nous prouve, qu'après avoir galéré de par les chemins de traverse, emprunté toutes sortes de voies plus ou moins carrossables, Awek est toujours sur la voie royale. Imparable et nécessaire est cet album.
César

Billy T Band
Reckoning

Genre musical: Blues-soul
Label : BIGH RECORDS
Distributeur :
BARE BRA MUSIKK

Quatrième album pour ce groupe Norvégien qui a reçu pas mal d'honneurs dans les pays nordiques ces dernières années et qui a accompagné Louisiana Red sur son album Back To The Black Bayou. Pour cette sortie, on navigue entre blues et soul. Le noyau dur de cette formation est formé de William Bill Troiani à la basse et au chant, Hakon Hoye à la guitare (ces deux-là se partageant les arrangements et le mixage et Hakon l'enregistrement), Ian F Johannessen  à la guitare et à la slide, Robert Alexander Pettersen aux fûts. Pour les titres soul, le quatuor a fait appel à un bel ensemble de cordes (cinq musiciens) ce qui fait que l'on se croirait revenu à l'époque de la Tamla Motown, mais sans guimauve et avec des percussions, sur trois des titres ‘Reckoning’, ‘Sad Man’ et ‘Gone’. Pour ‘Shame, Shame’ de T.O. George, seule reprise de cet album, et ‘Love Is Gonna Get You’, ce sont des cuivres et des chœurs qui viennent donner du corps aux chansons. Le dernier titre ‘I've Been A Fool’ est celui qui est fait pour  être le slow de l'année avec ses nappes d'orgue et ses chœurs féminins. L'ambiance de ce disque se situe à la fin des 60's et début des 70's. Pour les nostalgiques de cette époque.
César

Daddy MT & the Matches
Lightnin' Up

Genre musical: Chicago blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
daddymt.wix.com/home

Vos finances ne vous permettent pas d’aller à Chicago, alors offrez-vous cet album ! Vous aurez les clubs du West side à domicile. C’est musclé, le band nous sert un blues rugueux avec de belles envolées sans négliger quelques touches funk du meilleur goût sur quelques titres. En évitant le piège de la simple et banale copie, cet enregistrement déroule une heure de Chicago blues en 12 compositions originales. Doté d’un bon feeling, Daddy MT est à la guitare et au chant, secondé brillamment par Christophe Olivères à l’autre guitare, tandis que Nicolas Ammollo est à la batterie et Olivier Lombardi à la basse. En conjuguant savoir-faire et passion, la finesse des solos s’appuie sur une rythmique infaillible. La prestation est brillante, tempo lent ou rapide, tous les quatre ont du mordant et le son qu’ils envoient bouscule les tympans. Dès le premier titre le band passe en overdrive et ne laisse retomber la pression à aucun moment. La mécanique est bien rôdée, il y a toujours cette belle vivacité et cette énergie qui apparaissait sur leur précédent CD, les bonnes vibrations sont encore au rendez-vous. Enregistré au studio Magneto à Lyon la production est impeccable, et l’emballage révèle une petite surprise.
Gilles Blampain  

Derrick Procell
Why I choose to sing the blues

 

Genre musical: Blues robuste
Label : HEAR AND NOW MUSIC
Distributeur :
http://www.derrickanamericain.com/home

Du lourd ! En tous cas dans les capacités de ce garçon. Chanteur, harmoniciste, il joue aussi des claviers et programme ses parties de basse et de batterie, et il a arrangé et mixé cet album. Il en est aussi le producteur. Derrick Procell possède une voix mâle et puissante qu'il a peaufiné depuis son adolescence à travers plusieurs groupes où le blues avait la part belle (il donne  d'ailleurs, des concerts tribute to Joe Cocker). Armé de toutes ces étiquettes et fort d'un carnet d'adresses bien rempli, il a invité quelques personnages de talent pour l'aider à remplir les plages de cet album au gros son. En voici quelques-uns. Dans le titre d'ouverture ‘The Wolf Will Howl Again’ c'est Eddie Shaw (qui était le saxophoniste de Howlin’ Wolf) qui tient le micro et Derrick Procell qui lui répond. Quand on écoute ‘The Eye Of Mississippi’, c'est Bob Margolin qui tient la guitare et le bottleneck. Quant à Billy Branch, c'est sur ‘Back In The Game’ que son harmonica se fait entendre avec bonheur. Terry Abrahamson a écrit les paroles de huit des douze titres de ce CD dont certains ont déjà été joués par d'autres et le morceau de clôture ‘Too Much’ a été enregistré live en studio en 1990 et déjà le type était bon à cette époque. 
César

Jeff Chaz
This silence is killing me

Genre musical: Blues funky
Label : JCP RECORDS
Distributeur : SELECT-O-HITS

Sacré personnage que ce Jeff Chaz. Un type avec une gueule, le feutre toujours vissé sur la tête. En plus, c'est un personnage  incontournable de Bourbon street à New Orleans et ce depuis des années. Il a commencé la musique en jouant du trombone, puis de la trompette. Mais c'est la guitare qui est l'élue de son cœur, et il sait s'en servir le bougre. C'est son second album pour cette année. Il a joué avec des gens comme Albert King, Jerry Lee Lewis, Cab Calloway... et possède une sacré voix, vibrante, passée légèrement au papier de verre mais aussi capable de monter dans les aigus, séquelles du souvenir de sa pratique du gospel. Quand il chante et joue, on peut parler de possession ‘The Blues Is My Drug’ en est un exemple avec son tempo lent. Deux autres titres lents et de plus de six minutes ont retenu mon attention. ‘This Silence Is Killing Me’ et ‘Fried Chicken Store’. Une belle section  de cuivres sans agressivité, avec juste ce qu'il faut de feeling est invitée à partager le CD pour mettre en valeur les chorus de Jeff Chaz. Les arrangements sont de A.J. Pittman et on trouve pas mal de titres avec  Michael Skinkus (percussionniste très demandé à New Orleans), dont le funky imparable ‘Oncoming Train’. Ce CD gorgé de feeling se termine avec une discussion guitaritmique baptisée ‘Creole Mustard Swing’, un régal.
César

John Latini
The blues just makes me feel
so good

Genre musical: Blues intense
Label : SMOKIN' SLEDDOG RECORDS
Distributeur : www.johnlatini.com

Que voilà une évidence ! The blues makes me feel good. Pour John Latini, guitariste chanteur, l'écouter, c'est bien, le jouer c'est mieux. C'est ce qui l'a amené à remporter plusieurs awards lors des Detroit Blues Challenge. Sa voix est profonde et plutôt grave, son jeu de guitare est précis, presque économe, loin de la démonstration la priorité étant au feeling. Pour l'accompagner, le second guitariste est Brian Roscoe White et pour soutenir ces gens, à la batterie Todd Glass et Nolan Medenhall à la basse plus une section cuivre présente sur cinq des treize titres de ce CD. On ajoutera à tout ce monde deux claviers (qui alternent dans sept morceaux) ainsi que deux choristes. En ce qui concerne le style, on est entre New York, Chicago avec une touche de folk, une pincée de gospel, le tout interprété avec une conviction rock. Detroit  n'est-elle pas la ville de Mitch Ryder et de  Bob Seger ?
César

John Mayall
Talk about that

Genre musical: Blues mayallien
Label : FORTY BELOW RECORDS
Distributeur : BERTUS

John Mayall qui vient de fêter ses 83 ans en novembre dernier semble avoir encore, selon la formule consacrée, bon pied, bon œil. C’est du moins ce que laisse entendre ce nouvel enregistrement et quand on apprend qu’il a également été producteur des sessions aux côtés d’Eric Corne et qu’il s’est occupé de la pochette on n’a plus de doute. Le disque s’ouvre sur le titre qui donne son nom à l’album ‘Talk About That’, un blues un peu funky pour lequel orgue et guitare soutiennent un chant vigoureux qui donne le ton pour la suite. Cet enregistrement envoie une vraie décharge électrique, une énergie survoltée. Mayall (chant, claviers, harmonica et guitare) est entouré de Greg Rzab (basse), Jay Davenport (batterie) et Rocky Athas (guitare) et accueille comme invité spécial le légendaire guitariste Joe Walsh sur deux titres ‘The Devil Must Be Laughing’ et ‘Cards On The Table’. Une section de cuivres est également venue dans le studio pour donner encore plus de punch sur plusieurs morceaux, comme ‘Gimme Some Of That Gumbo’ qui nous transporte à New Orleans. L’album présente 11 titres dont 8 compositions originales écrites pour l’occasion par Mr. Mayall.
Gilles Blampain

Martha Fields 
Southern White Lies

Genre musical: Folk noir, Bluegrass amer
Label : MARTHA TEXAS
Distributeur : www.texasmartha.com, CD Baby, iTunes, Amazon

Americana lancinant, folk noir, bluegrass pas plus festif que ça, des mélodies capiteuses aux harmonies léchées, quelques titres enlevés mais un grand nombre de ballades… Ce genre de disque peut devenir fastidieux très vite. D’autant que douze plages, c’est largement suffisant pour exténuer le chronomètre et le système nerveux. Mais Martha Fields glisse dans sa voix une sorte d’agressivité revancharde qui maintient constamment l’oreille en alerte. Si l’album ne respire pas vraiment la félicité, il ne chloroforme pas non plus l’auditeur. Sous une bonhomie campagnarde acoustique, on entend se construire une longue menace soigneusement fignolée, et pas mal de détresse. Martha Fields, appalacho-texane, a enregistré ce deuxième album en France, avec des musiciens d’ici, et l’a mixé au Texas. Ce sophomore comprend une majorité de compos, deux traditionnels et un solde de reprises plutôt démarquées des originaux : Janis Joplin (l’obscur ‘What Good Can Drinkin’ Do’), Jimmie Rodgers (‘California Blues’) et Mickey Newbury (‘Tell Me Baby’). Particulièrement poignant : l’hymne méthodiste ‘What Are They Doing In Heaven’, écrit en 1901 par Charles Albert Tindley. La plus personnelle : ‘American Hologram’, folk de caractère au beat latino. On indique deux titres, mais les douze mériteraient une flèche. Derrière Martha Fields, Manu Bertrand fait sonner guitare, dobro, banjo et mandoline, Olivier Leclerc : le violon (il donne parfois aux chansons cette consolation que versait l’archet de Scarlet Rivera sur Desire, l’album de Dylan), Serge Samyn : la contrebasse, Denis Biesla : la batterie, Travis Fite et Monica Taylor faisant les chœurs.
Christian Casoni

Mojo Bruno & Mannish Boys
Bois d'ébène blues

Genre musical: Blues cool
Label : SWEET HOME PRODUCTION
Distributeur : WILLING PRODUCTION, AMAZON

Avant, il y avait les CD's de Mojo Bruno et les CD's des Mannish Boys (Mojo Bruno étant le guitariste fondateur de cette formation). Maintenant, il y a un CD de Mojo Bruno & Mannish Boys. Mojo Bruno, guitariste chanteur originaire de la Guadeloupe est tombé, tout petit, dans la musique, mais pas que le blues. Biguine et jazz ont bercé sa jeunesse et bien entendu, ces influences se retrouvent avec bonheur dans ses compositions. Cet album en comporte douze, plus une reprise de Blind Lemon Jefferson qui ouvre le bal ‘One Kind Favor’. Cet enregistrement est vraiment à l'image de son  créateur, calme, reposant, décontracté... Bon temps rouler. Son ‘Kryol Mama Blues’ donne envie de rester vissé sur le rocking chair, surtout qu'arrive pour suivre son ‘Bois d'Ebène Blues’, instrumental où toutes ses qualités guitaristiques sont  mises en évidence. Le garçon est entouré par les percussions de Christian Seminor, la basse de Tcharly Guillou et la batterie de Luc Benoffi. Fréderic Teysseyre est venu prêter ses connaissances des claviers sur trois titres et, sur trois titres également, on trouve la voix d’Aïcha Ouro Agouda pour des chœurs ou des duos. Mojo a sorti la slide sur plusieurs titres ‘Underground Railroad’, ‘How Many Morning’. Du funk cool avec ‘Like Honey’, du reggae/blues avec ‘Tomorrow’ et quelques autres morceaux où le blues se colore de teintes jazzy. Tiens, je crois que je vais laisser tomber le rocking chair pour le hamac. Je vous l'ai dit avec Mojo Bruno, c'est bon temps rouler.
César

Only Cigar Box
Back to the roots

Genre musical: Blues, rock, d'hier et aujourd'hui
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.ocb.fr

Si l’album s’intitule Back To The Roots on pourrait compléter par Sprouting Up Now. En effet OCB, band au concept rétro-moderne ou actu-nostalgique, mêle habilement le passé pour l’inspiration et la modernité pour l’expression et la réalisation. Orville Grant (cigar box guitar, guitare acoustique, Dobro et ukedobro, mandoline et basse) et Teddy Costa (harmonica) et leurs compagnons d’aventure musicale reviennent avec des reprises de Tampa Red ‘It Hurts Me Too’, Howlin’ Wolf ‘I’m Leaving You’, Little Walter ‘Just Your Fool’, John Lee Hooker ‘Whisky And Women’ et Paul Kennerley ‘Got Me A Woman’, le reste étant des compositions de ceux qui se partagent le chant tout au long des 11 titres: Orville Grant, Teddy Costa, Erika Sail et Stéphane Barincourt qui joue aussi de la guitare. Ajoutons Pascal Guisti au piano et à l’orgue (Hammond B3 et Fender Rhodes), Charlie Glorieux qui joue de la cbg basse et Denis Bielsa au gigpig drum et autres percus, et la liste des présents dans le studio sera complète. Blues et country sont les marqueurs essentiels mais les inspirations venues du rock et de la soul ne sont pas négligeables. La qualité de la production est excellente et ce qui met le curseur encore plus haut vient de l’interprétation de titres anciens réinventés dans la forme et l’expression. Garder l’esprit mais ne pas négliger la technologie.
Gilles Blampain

Randy McAllister and the scrappiest band in the motherland
Fistful of gumption

Genre musical: Blues roots
Label : REACTION RECORDS
Distributeur : CdBaby, iTunes

Randy Mc Allister est Texan avec au moins une douzaine d'albums à son actif. Il a commencé sa carrière comme batteur et à enchaîné avec l'harmonica ce qui fait que sur cet album, comme sur les précédents, c'est lui qui tient ces parties plus le chant. Sa formation est composée de Matt Higgins à la basse, de Rob Dewan à la guitare et de Maya Van Nuys au violon électrique plus quelques invités au rayon desquels on trouve, sur quelques titres, une choriste à la voix puissante, nécessaire pour accompagner le chef. Compositeur et mélodiste hors pair, Randy McAllister a sûrement pas mal écouté de rhythm and blues, et cela additionné au côté Texan, donc sudiste, donne un mélange vitaminé au possible. Des breaks, des changements de rythmes avec toujours une belle musicalité. Rien de bourrin,  mais du nerf et de l'entrain. Le CD attaque avec un morceau de hard blues ‘C'mon Brothers And Sisters’. L'intro du second titre ‘Time For The Sun To Rise’ fait penser au blues du désert, ce thème accompagne le titre du début à la fin et viennent se greffer violon guitares et toujours cette voix magistrale. ‘Ride To Get Free’ dans une course folle, rend hommage à Earl King et Otis Redding et la violoniste s'en donne à cœur joie. ‘Roll With The Flow’ balance en diable avec un p'tit coup de main du claviériste Carson Wagner. On le retrouve d'ailleurs dans deux autres titres dont ‘Background Singer’ inspiré du gospel. En tout dix titres qui se démarquent de la production actuelle.
César

Stevie J. Blues
Back 2 Blues

Genre musical: Funk soul blues
Label : MISSISSIPPI DELTA RECORDS/PK MUSIC
Distributeur :
THE BLUES FOUNDATION

Stevie J. Blues (Stephen Johnson) sort son 3ème album. Ce fils de pasteur de Jackson (MS) a été formé comme le veut la tradition, devant Dieu. Gospel, puis southern soul. D'abord batteur, passé à la guitare, il intégrera The Five Blind Boys Of Alabama, puis la formation de Bobby Rush qui parie fort sur l'avenir de son poulain. Martin Scorcese le retient pour sa série 'The Blues'. Avec de telles expériences, comment échapper à son destin ? Celui d'un nouveau talent dans la musique qui nous anime tous : le blues. Je ne vais pas énumérer tous les musiciens employés ici, sinon les différentes rythmiques, qui marquent à elles seules ce disque, tant elles sont mises en avant dans une production très R&B actuel. Drums: Taye Vargas, Antwan Gray, Nick Merisaul, John (Lanky) Blackmon Junior. Bass : Kendrick Hart. Titre d'ouverture, 'Lil Mo Love', et Johnny Guitar Watson apparaît. Funk, délices diverses, joie de se lever vers la piste de danse. Tout de suite on est mis dans le bain de ce que qui va suivre : Un funk blues des plus clinquant. Le funk de 'I Ain't Getting That' nous ramène à Prince, avec la guitare de Stevie J. qui fait des merveilles. Ah! Ce moment où il dit 'Guitar...' pour laisser parler ensuite son instrument : jouissif ! 'Cradle Robber' envoie ses cuivres du côté de chez BB King. Puis vient un splendide gospel blues 'Come See Me' et l'harmonica feu follet de Scott Albert Johnson. Encore une fois la production est ici singulière. Basse et batterie très en avant, style ancien dans une sonorité très actuelle. 'Another Jody Song' et surtout  'Lights Out', sont des slow blues au solo de guitare velouté. Ce dernier coule comme du miel. Sinon, quand même... le gros morceau de l'album c'est quand il raconte comment il est arrivé au blues ; un rap sur un boogie à la John Lee Hooker qui débouche sur cette guitare tranchante, bavarde ! Afin de déployer tout l'expressionnisme du jeu de guitare de notre homme, cet album de blues chromé comme les jantes d'une Buick Riviera du 21ème siècle, se termine sur un instrumental plutôt jazzy 'Blues By The Bay'.
Juan Marquez Léon

Teresa James & the Rhythm Tramps
Bonafide

Genre musical: Blues groovy
Label : JESI LU RECORDS
Distributeur :
SELECT-O-HITS

Neuvième album pour cette artiste originaire de Houston. Bien implantée dans le paysage musical contemporain avec des participations à des albums de Randy Newman, Eric Burdon, Walter Trout et d'autres, c'est dire si sa voix est recherchée. Basée maintenant à L.A, c'est là qu'elle a réuni les membres de son groupe The Rhythm Tramps. Avec, entre autres Terry Wilson à la basse ainsi qu'à la guitare, qui écrit la plupart des titres de cet album, on trouve aussi Billy Watts à la guitare et au bottleneck. Question batterie, c'est Tony Braunagel que l'on entend le plus souvent car d'autres batteurs viennent  taper la baguette. Teresa James, outre le chant, tient les partitions de piano, ce qui n'empêche que Mike Finingan, claviériste réputé a été invité sur quelques titres.  D'entrée, le CD attaque sur un titre traité façon rock’n' roll ‘I like It Like That’, reprise d'un morceau de 1954 où l'on voit que Teresa n'y va pas à l'économie, que ce soit au chant ou au piano. Au niveau voix, on pourrait d'ailleurs la comparer à Beverly Jo Scott, avec autant de générosité. Après cette entrée fracassante, on entre dans un registre blues, avec souvent, des accompagnements de cuivres ou un saxophone qui viennent se greffer sur  les titres. A noter, un duo avec Gregg Sutton et sa voix rauque ‘My God Is Better Than Yours’. Peut-être est-ce le meilleur album de cette grande voix du blues, grâce aussi à ses accompagnateurs de talent ?
César

The Marcus King Band

Genre musical: Soul, bluesjazz,etc
Label : FANTASY RECORDS/CONCORD
Distributeur : SOCADISC

Marcus King a la voix d’un soul man dans la plénitude de sa maturité et pourtant il a tout juste 20 ans. Et comme si cela ne suffisait pas, c’est un guitariste accompli et un auteur compositeur de talent. Au fil de cet album qui aligne 13 titres originaux, il nous entraine durant 58 minutes dans un univers musical assez varié, puisant dans la soul, le blues, le jazz, le funk ou le r’n’b et même dans la country et le rock psychédélique. L’inventaire peut paraître un peu fourre-tout mais le bonhomme survole tous les styles avec un égal bonheur. Et s’il signe toutes les compositions, Marcus King ne tire pas pour autant la couverture à lui, déclarant : « Cet album est un grand melting pot où se mêlent toutes sortes de styles musicaux. On peut y entendre les influences respectives de chaque membre du groupe qui se mélangent pour donner naissance à un son à part entière ». C’est un fait, cet enregistrement débridé est d’une redoutable efficacité. Marcus King est entouré de Matt Jenkins aux claviers, Dean Mitchell au saxophone, Justin Johnson à la trompette, Jack Ryan à la batterie et Stephen Campbell à la basse. Warren Haynes qui est le producteur des sessions joue sur un titre, ‘Virginia’ et Derek Trucks apparaît sur un autre, ‘Self-Hatred’. Ce disque d’une belle originalité dégage indéniablement une réelle chaleur et il est assez surprenant. 
Gilles Blampain