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06/17
Chroniques CD du mois Interview: MAGIC BUCK Livres & Publications
  Portrait: ROBERT NIGHTHAWK Interview: PAUL MCMANNUS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

FEVRIER 2013

Buzztown
Wherever you hide

Genre musical: Blues chamarré
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Le souffle du jazz anime toujours le blues de Buzztown qui navigue aux confluences des genres en brassant funk, soul et rock pour imposer une teinte originale et très personnelle. Avec ce deuxième CD, le trio s’est mué en quatuor. Hugues Renault est à la guitare et signe tous les titres mais il laisse à présent le micro à Mike Chailloux, voix profonde légèrement éraillée aux accents cockeriens, Benjamin Jouet garde sa place à la batterie et Anthony Billaud tient toujours la basse. Citons deux invités de marque, Vincent Bucher (harmonica) et David Carion (orgue Hammond) dont les interventions rendent encore meilleure une prestation qui ne manque pourtant pas de panache. Quant à la section de cuivres, quand elle intervient c’est vraiment épatant. On a droit à un enregistrement haut de gamme sous haute tension. On sent toujours qu’une vive passion irradie les musiciens. Le style est flamboyant, les inspirations viennent de plusieurs sources et les atmosphères qui changent au gré des plages transporetnt l’auditeur vers les sommets. Avec des solos de guitares aériens soutenus par une rythmique inventive et puissante et un chant qui accroche, le résultat est bouillonnant et raffiné à la fois. Tout feu tout flamme, ce disque est pétillant et très excitant.
Gilles Blampain

David Philips
December wine

Genre musical: Folk
Label : BLACK & TAN
Distributeur :
WWW.BLACKANDTAN-SHOP.COM

Le son de la guitare est très pur, la voix est douce et prenante. Il y a comme un air de nostalgie qui plane tout au long de cet enregistrement. David Philips révèle que pour avoir ce son d’antan il s’est servi d’un vieux Tascam Portastudio Cassette Recorder 4 pistes et que, très agréablement surpris par le résultat il n’en a rien changé. Il a simplement souligné avec discrétion certains titres avec une ligne d’harmonica, un trait de percussions ou une batterie. La sonorité intemporelle qui se dégage de cet enregistrement lui donne un côté élégant, empreint de finesse et de délicatesse. Très folk dans l’ensemble, on entend parfois ça et là des échos atténués de gospel ou de musique orientale et l’ensemble est assez bien rythmé. Les arpèges limpides et légers accompagnent un chant plein de passion qui fait passer en douceur des histoires de voyages, d’amours perdues, de temps qui passe. Comme dans son précédent album, David Philips a effectué un vrai travail d'artisan exécuté avec soin et talent puisqu'il est le seul maître d’œuvre des textes, des musiques et de la production. Un superbe CD dont l’écoute procure un indéniable bien-être.
Gilles Blampain

Erja Lyytinen
Forbidden fruit

Genre musical: Pop-Rock, Blues
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Très pop-rock d’entrée de jeu le nouveau CD d’Erja Lyytinen distille des mélodies bien tissées qui s’habillent subtilement de funk ou de belles trames de blues pour soutenir des harmonies vocales plutôt agréables. A la guitare comme au chant, la fille d’Helsinki ne manque pas d’atouts et fait passer un bon feeling. Son jeu nerveux ne manque pas de subtilité et accroche l’oreille tout comme sa voix bien posée qui ne manque ni de puissance ni de couleur. Si elle se laisse aller parfois à certains élans lyriques avec des envolées un peu emphatiques, elle revient à d’autres moments à des solos plus mordants dessinant des contours hard-rock. Elle signe 6 titres sur 9 pour plonger dans le ‘real’ blues à trois reprises en interprétant à sa façon et de très belle manière ‘Death Letter’ de Son House, ‘Press My Button’ de Lil Johnson et le traditionnel ‘Things About Coming My Way’, et on sent à ce moment qu’elle maîtrise parfaitement le sujet. Solos vifs et robustes avec de très beaux slides soulignés par l’orgue, et une voix chaude et sensuelle ; c’est bien dommage qu’il n’y en ait pas plus.
Gilles Blampain

Gwyn Ashton
Radiogram

Genre musical: Hard-Blues-Rock
Label : FAB TONE
Distributeur : PROPER

Le guitar hero australien commence à être connu maintenant. Il a joué avec tout ce qui solote et boit de la Bud. Côté discographie, il doit friser la demi-douzaine avec ce Radiogram. Sûr qu’il joue très bien, chante encore mieux, hargne et emphase, et met bien en scène les chansons. L’album contient sa dose fatale d’héroïsme vocal et instrumental, ses accalmies balladoïdes... et aussi des excès beaucoup moins épiques, comme sa reprise d’ ‘I Just Wanna Make Love’, trop tout, trop frénétique, trop bavarde, trop carrée, déplacée de tous les côtés. Un bel album de genre, qui respecte le cahier des charges jusque dans ses défauts. A noter parmi les guests: Kim Wilson.
Christian Casoni

French Blues All Stars
Live in Paris

Genre musical: Blues de chez Blues
Label : AHEAD
Distributeur : SOCADISC

Voici venue la vindicte des ombres, la revanche de ceux qui ont payé de leur nom l’honneur de servir... Voici les sidemen ! Sa majesté Simon Shuffle Boyer, batteur de son état, rameute cinq porte-flingue pour incendier le club de l’hôtel Méridien, dans ce gros mot qui s’appelle Paris. La mise à sac dure cinq nuits. Quand on pose six cadors ensemble, sur la même scène, lâchés dans un répertoire dont ils font leur hygiène depuis qu’ils sont loupiots, on crée un accident de criticité immédiat, le grand bleu dans toute sa splendeur. « On se connaît tellement bien qu’on n’a pas besoin de répéter. » Youssef Remadna, chef chanteur, harmoniciste de la mort, Julien Brunetaud, chien fou de l’orgue et du piano, Stan Noubard-Pacha et Anthony Stelmaszack, manches croisés, sidemen militants, vingt doigts d’amour intense, et Thibaut Chopin, le slap des princes. Dix souvenirs oblitérés jadis, pour l’essentiel, à Chicago, la ville de leurs fantasmes. ‘Look Like Twins’ (Muddy Waters), ‘Can’t Hold Out Much Longer’ (Little Walter), ‘Who’s Been Talking’ (Howlin’ Wolf – mention spéciale), ‘Aladdin Boogie’ (Amos Milburn). Une boîte à gifles pareille, ouverte dans d’aussi bonnes conditions, sûr que l’occasion ne se représentera pas de si tôt. Simon deale avec un technicien pour qu’il retienne la nuit des nuits, on l’apporte chez Black & Blue qui les signe sur sa marque Ahead. Reste à trouver un nom à cet agrégat miraculeux. « Je pensais à tous ces groupes américains qui se proclament ‘all stars’. Pourquoi pas un ‘French all stars’ ? » Une vraie parole de maquisard. De la chiourme de gig, certes, mais du bestiau de premier choix.
Christian Casoni

Jake Lear
Diamonds and Stones

Genre musical: Blues-Rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CD BABY - WWW.JAKELEAR.COM

On voit parfois, chez ce natif du Vermont, un hybride de Bob Dylan et de Stevie Ray Vaughan. Pour Vaughan, le raccourci est un peu fumeux mais Dylan, ça peut le faire : le chant, l’élasticité des rythmiques, la sècheresse des riffs, les paradoxes de Highway 61. On s’enfonce dans un cambouis blues-rock mid-tempo assez juvénile et garage par moments. Le swamp du bassiste (Carlos Arias) serpente, nonchalant et puissant, le batteur tape devant (Roy Cunningham), et les cordes laissent volontiers grincer le métal dont elles sont faites. Les titres, assez longs, sont simples et très bien composés, la chanson ne cède jamais le terrain à cette guitare claquante, toujours pilotée avec maestria. Un troisième album excitant.
Christian Casoni

Junior Wells
Paint the town blues

Genre musical: Blues Blues
Label : MUSIC AVENUE
Distributeur : BLUES BOULEVARD

Après James Cotton et Otis Spann, Music Avenue revisite dans un double album l’œuvre de l’illustre ventilateur à gaufrette. Ici, les enregistrements studio de Wells, à l’aube de sa carrière discographique quelques années avant Hoodoo Man et de son association avec Buddy Guy. Le premier CD court de 1953 à 1954. Le second, de 1957 à 1961. 33 plages merveilleuses, et les sidemen de l’insoumis ne doivent pas être tenus pour quantités négligeables : Elmore James, Muddy Waters, Willie Dixon, Fred Below, les deux Myers, Syl Johnson, Earl Hooker, Otis Spann, Johnny Big Moose Walker, même Mel London sur deux backing-vocals. La première partie se tient vaguement dans les limites du South Side, la seconde reflète un air du temps un peu plus pop, un peu plus rock, un peu plus soul parfois. Une surprise : sur les premiers titres, Junior Wells chante avec les gimmicks rigolos de John Lee Sonny Boy Williamson !
Christian Casoni

Kathy Boyé & Vocal Colors
Do all you want to do

Genre musical: Gospel Spiritual
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.VOCALCOLORS.COM

Alleluia ! Notre Père qui êtes ossieux, rejouisez-vous ! Voilà un chorale qui chante vos louanges de divine manière. Laissez-la encore longtemps près de nous, mais Cathy Boyé fera à coup sûr swinguer les anges du Paradis quand vous l’aurez rappelée là-haut. Fondatrice et meneuse de Vocal Colors elle ne se met pas pour autant en avant et, selon les titres, le chant soliste est exécuté par de superbes interprètes : Deedee Daniel, Céline Ramos, Jimmy Jean Marie, Christelle Guérédrat, Morgane Dilangu, Carine Nancy, Christelle Loial, Pegguy Petitot, Stephan Adjété. Cela offre une palette de voix chaudes, puissantes, légères ou profondes et bien sûr très colorées. Ajoutons à cela que l’orchestre est à la hauteur des chanteurs qu’il accompagne, c’est dire si cela vole très haut. Gospel et spirituals composent l’ensemble des 14 titres du CD avec des tradionnels comme ‘Amazing Grace’, ‘Glory, Gory’, ‘When The Saints’, ou le tubesque ‘Oh Happy Days’ (Edwin Hawkins). Il se dégage de cet enregistrement une joie et une ardeur communicative, sans parler de la puissance du chœur qui emporte tout dans son sillage. Emotion, rythme et harmonies, ce chant sacré est sacrément beau.
Gilles Blampain

Mathis Haug
Distance

Genre musical: Folk Blues et plus
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

On est happé dès le premier titre par la voix chaude et grave qui semble être en équilibre entre joie et tristesse. Guitare acoustique très pure, ligne d’harmonica lègére, volutes de guitare électrique et cette voix pénétrante. Le titre suivant part dans une autre dimension avec une rythmique plus marquée. Le troisième aborde un style encore différent où le saxophone a la part belle quand plus loin ce sera l’orgue. Echos, réverbération, envolées de guitares, les ambiances varient, folk-blues ou soul vue à travers le prisme du rock, il y a aussi parfois des reminiscences de mélopées nées dans la verte Erin ou dans la Cité du croissant. Romantique ou nostalgique à certains moments, enjoué voire espiègle à d’autres, Mathis Haug, entouré d’un casting de musiciens très brillants, nous entraîne dans son univers avec une expression personnelle originale et une prestation vocale des plus séduisantes. Il signe 7 titres seul, 2 en compagnie de Seamus Taylor, 2 avec Sal Bernardi et reprend ‘Sign Of Times’ de Prince. Jean Jacques Milteau a joué le rôle de producteur et a posé ça et là des parties d’harmonicas dont il a le secret. Un disque avec lequel il ne faut absolument pas prendre ses distances.
Gilles Blampain

Mc Mannus BBB
Mother road

Genre musical: Boogie and blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.MCMANNUSBOOGIEBLUESBAND.OVER-BLOG.COM

Mc Mannus BBB, sûrement trois B pour signifier Boogie Blues Band, il ne peut en être autrement. A moins que ce ne soit Boogie Blues Briscards. Quoi qu’il en soit, c’est le second album de ce quintet de vieux routards de la musique qui s’éclatent sur celle qu’ils préfèrent : Le boogie et le blues. D’ailleurs Mother Road  démarre sur deux titres endiablés. Riffs de guitare imparables, duo basse batterie mariés que pour le meilleur, un clavier qui vous emballe tout ça et l’harmonica, superbe qui virevolte au dessus de cette énergie. Un vrai bonheur qui se calme avec le troisième morceau ‘I’m So Lazy’ où le chanteur bassiste surnommé Mc Mannus  hurle à la lune qu’il est si paresseux sans qu’il sache pourquoi. Le blues dans toute sa splendeur. Gros blues également sur le quatrième titre ‘In The Maze Of Love’, avec orgue Hammond et  harmo plaintif. De ce groupe se dégage un sentiment de liberté musicale. Ils ne sont pas cantonnés dans un style particulier, ‘Got A Date With The Mother Road’ flirte avec le country blues alors que le titre ‘Crazy Celtic Boogie’ intègre à merveille des lignes mélodiques à tendance irlandaise. Ce second CD confirme la bonne impression que l’on avait en écoutant Call Me Back leur premier album.
César 

Michigan Curve
Bluesmen don't use umbrellas

Genre musical: Tom Waits en blues rock !
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CD BABY - WWW.MICHIGANCURVE.COM

Encore des Canadiens. Ceux-là sont de Vancouver, sauf leur leader guitaro-chanteur Mike Nicolson, qui vient, lui, d’Ecosse. Et encore une girouette stylistique aux bons vents du blues-rock : solides shuffles et solos juteux (André Kaufmann). La voix ressemble à celle de Tom Waits comme deux postillons de salive, mais pas que. Le ton général de l’album louche aussi vers les premiers disques de Tom Waits, avec une bonne base de blues et des extensions plus jazzies, sur un fleurage de walking basses, un filet de saxo (encore Kaufmann) et parfois un funk discret (‘Drivin’ In My Car’). Même la couve semble faire référence au premier couplet de ‘29 Dollars And An Alligator Purse’, sur Blue Valentine. Un premier album très réussi, jusqu’à ce titre rigolo qui revendique leur appartenance au blues. Les autres membres du groupe sont Mr. Clements à la basse et Ken Doskotch à la batterie.
Christian Casoni

Mike Wheeler
Self made man

Genre musical: Blues, blues-rock qui taquinent le funk !
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

Voilà une bonne dose d'énergie bluesy ! Mike Wheeler, après avoir voyagé partout dans le monde et joué avec quelques pointures (B.B. King, Buddy Guy, Koko Taylor, Son Seals, etc...) au cours de ces 30 dernières années, s'est (enfin?) décidé à composer et écrire quelques chansons, bien inspirées il faut le reconnaître. La galette démarre par le funky-blues 'Here I Am' où l'ensemble de son groupe se retrouve sur la même longueur d'onde. On retrouve Brian James au clavier, Larry Williams, ami d'enfance de Mike, à la basse, Cleo Cole à la batterie et Omar Coleman à l'harmonica qui joue sur trois autres titres de l'album. 'Big Mistake' envoie des riffs de guitare qui feront se bouger les hanches les plus récalcitrantes! Le titre éponyme, où Mike résume comment il s'est construit dans le monde du blues, rappelle à certains moments les slides d'Albert King. En termes d'hommages, Mike Wheeler reprend un titre de Willie Dixon, 'Let Me Love You Baby’. Rythme jazzy et légèrement « twisté » pour une version enlevée. Sur 'On Get Your Mind Right', le batteur Cleo Cole imprime sa marque de fabrique et Mike Wheeler arrive à le suivre tant au chant qu'à la guitare. Quelle énergie! Au fur et à mesure du disque, on pense à quelques-uns de ses contemporains écoutés dernièrement: Quintus McCormick ou Toronzo Canon.
Tristan Sicard

Old Kerry McKee
Wooden songs

Genre musical: Trash Folk
Label : THE GREATEST RECORDS
Distributeur : NORMANDEEP BLUES

Il y a du bottleneck et une sèche dont les basses explosent comme des mines, un chant agile, éperdu, taillé pour la mélodie mais déchiqueté par d’irrépressibles accès de folie. Le son a l’air trafiqué pour un gros bonus de brutalité, ou est-ce le débraillé de l’enregistrement qui donne, à ses chansons, cette rancune hystérique ? Né Joakim Malmborg en Suède, le pseudo-McKee est un jeune death-metaleux qui s’est défroqué dans le songwriting. Il boque comme un cochon malade et tranche, dans un gros pain de souffrance, cette superbe tranche de folk enragé.
Christian Casoni

Ray Cashman
Rough and tumble south

Genre musical: Americana
Label : D BOMB RECORDS
Distributeur : NORMANDEEP BLUES

Le titre du CD Rough And Tumble South pourrait se traduire par le sud jovial ou le sud débridé, et cela reflète assez bien ce qu’on entend. En effet si Ray Cashman est texan il ne se limite pas aux ritournelles qui flottent dans l’air du côté de Houston ou de Dallas, mais il s’inspire largement du riche répertoire du grand sud qui va des Appalaches à la Louisiane en passant par le Tennessee le Mississippi ou l’Alabama. Il signe donc de remarquable façon 11 titres qui naviguent du blues, au folk, en abordant les rivages du bluegrass, du rock, du cajun et de la country. Le résultat est une vraie plongée dans ce que l’Amérique a de meilleur au niveau de son patrimoine musical. Interprète de haut niveau, il est tout à fait surprenant d’entendre comment le bonhomme excelle dans chacun des styles dont il s’empare. Seul à la guitare (avec de superbes slides), au banjo ou accompagné par une mandoline ou un fiddle ou encore par un trombone, Ray Cashman sait varier les genres et les tonalités d’une chanson à l’autre avec une égale maestria. Chanteur à la voix chaude et mâle, Cashman a gravé cette gourmandise sonore à Nashville. C’est tellement bon que le disque paraît vraiment trop court avec seulement 36 minutes.
Gilles Blampain

Robben Ford
Bringing it back home

Genre musical: Blues matiné de Jazz
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Cet enregistrement s’est imposé comme un challenge. Robben Ford l’a rêvé, il l’a fait et il en est content. Avec cet album, il revient aux racines de sa culture musicale, le blues,  accompagné d’une brochette d’artistes triés sur le volet. Déjà, lui-même considéré comme l’un des 100 meilleurs guitaristes du 20ème siècle et à ses côtés le batteur Harvey Mason (Herbie Hancock – Georges Benson), le bassiste David Piltch (Solomon Burke), au clavier Larry Goldings et un sacré tromboniste en la personne de Steve Baxter (Johnny Guitar Watson). Avec ces virtuoses, ce n’est pas un déluge de notes pour épater la galerie, mais c’est la bonne note au bon moment en communion avec le groupe. Un petit côté nonchalant avec une coloration jazzy s’impose à l’écoute de ce CD. Essayez ‘On That Morning’ ou ‘Fool’s Paradise’ pour illustrer ce que je viens de dire, un morceau à écouter assis sur un nuage pour se laisser emporter. Même dans les titres à coloration funky, il y a de la délicatesse (‘Everything I Do Gonna Be Funky’ ou ‘Fair Child’) mais sans oublier le beat. Très bonne production avec un son bien actuel, ce disque ravira les gens tranquilles qui donnent autant dans le blues que dans le jazz.
César  

Shaolin Temple Defenders
From the inside

Genre musical: Soul
Label : SOULBEATS RECORDS
Distributeur : HARMONIA MUNDI

De la soul 70’s classieuse mais pas bégueule, avec son funk courtois obligé et son galbe modelé pour les bacs (si on en trouve encore). Car le message des petits scarabées bordelais est transparent : notre soul est super bien gaulée, intelligente, confortable, achetez-la, c’est exactement votre pointure. De fait, les musiciens sont pointus mais jamais excessifs, les cuivres, les chœurs, les chicken-scratches de la rythmique sont pesés au trébuchet, les chansons, mélodieuses et bien orchestrées, les parties chantées, voluptueusement vintage, portées par les voix intérieures de la basse... Et ils reprennent ‘Kung Fu Fighting’ sur ce qui semble être leur troisième ou quatrième album. Des noms ? Brother Of Lion, Pierre Petit, Cédric Lacaze, Jérémy Ortal, Mickey Fourcade, Laure Fréjacques et Vincent Le Fort.
Christian Casoni

Slawek
Papillon

Genre musical: Jazz, World jazz bluesy
Label : BLUE WEST
Distributeur : BLUE WEST, WWW.SLAWEK-SITE.COM

Avec Papillon, cinquième création de Slawek sous son propre nom, le guitariste franco polonais achève avec brio sa métamorphose musicale. Depuis Paris Melesse (live paru en 2005), l'artiste en constante quête d'espace, a multiplié les expériences musicales et surtout a beaucoup voyagé, glanant ici ou là de nouvelles sonorités lui permettant de repousser plus loin encore les frontières de sa musique bleue. Envouté par un souffle jazzy, Papillon déploie avec légèreté et densité ses ailes éclatantes, révélant comme jamais dans la carrière du guitariste un sens méticuleux du détail sonore, une écriture musicale riche et des ambiances multiples. L'insecte parcourt le monde et vous emmène au gré des titres sur les rives du Gange, dans une rizière chinoise, sur les pentes des monts Atlas, en Pologne (superbe adaptation de Daremne żale-próżny trud du poète Adam Aznyk) ou aux USA, mêlant parfois ces destinations avec une délicieuse ubiquité. Les connaisseurs de longue date, habitués de cieux blues-rock ou world-blues, ne seront toutefois pas déroutés, Slawek ayant glissé avec gourmandise et délicatesse quelques reprises de ses compositions, imprégnées par le nouveau nectar récolté (‘Fainéant’, ‘One Day’, ‘Annabelle’...). L'esprit tantôt espiègle, tantôt romantique ou nostalgique, qui a  fait la marque du guitariste, demeure. Quelques blues aussi, dont le magnifique ‘Father's Voice’ et l'étonnante prière ‘Ange Bleu’. Solidement soutenu par le fidèle Gilles Riaux, très investi dans cet album, et un groupe composé des plus vaillants instrumentistes de Bretagne, ce nouvel opus devrait logiquement toucher un très large auditoire.
Grégory Hulin

Steve DuPree & The Delta Flyers
Dr. DuPree's love shop

Genre musical: Blues- Rock
Label : SOULBILLY MUSIC GROUP
Distributeur : CD BABY -WWW.THEDELTAFLYERS.COM

Quatrième album studio pour les Texans du Delta Flyers, qui montent en pression, pétrolés par le bottleneck de Steve DuPree, une motte de beurre géante à moustaches avec un regard de mouche (à cause des verres fumés), et dont le chant rappelle parfois celui de John Lennon. A part Marcia Ball qui taquine l’ivoire, pas de grandes surprises : les fragmentations habituelles du blues-rock, un gros paquet de nerfs qui rue dans les brancards, mais toujours en mariant la grâce au tranchant. Ils sont parfaits et parfaitement orthodoxes. A part DuPree, ‘ils’ ce sont Nick Connolly, autre prestataire de clavier, Quentin Calva à la basse et Steve Bundrick à la batterie.
Christian Casoni

Steve Strongman
Natural Fact

Genre musical: Blues Rock acoustique !
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ZEB@VL.VIDEOTRON.CA - WWW.STEVESTRONGMAN.COM

« Vingt ans de carrière », prévient la feuille de présentation. Steve Strongman vient de l’Ontario, chant clair et souple, guitare d’acier emboutie par des slides pointus, joueur d’harmonica émérite et, pour parfaire le panégyrique, probablement un excellent pâtissier et un merveilleux soudeur. Natural Fact semble être son troisième album. Blues-rock acoustique, disions-nous à défaut de mieux car, comment étiqueter autrement ce rock’n’roll à résonateur, ces jumps campagnards, ce rag old-time et ce jazz-folk, toujours servis avec la flamme du rock ? A signaler cette superbe ballade, à la fois insouciante et terriblement mélancolique, ‘Leaving’. Dans le line up (batterie, basse, piano) : Dave King, Alec Fraser et Jesse O’Brien.
Christian Casoni



Taj Mahal - coffret de 15 CD
The complete Columbia albums collection

Edition limitée

Genre musical: Vaste répertoire
Label : LEGACY JAZZ
Distributeur :
SONY

Taj Mahal : doit-on encore présenter un artiste de sa dimension ? Multi-instrumentiste, auteur-compositeur, chanteur, figure incontournable de la scène musicale américaine, Taj Mahal a abordé avec talent divers styles musicaux, blues, rock, jazz, world music. Et il est un fait indéniable que s’il a exploré tout le spectre du blues il a su également apporter sa pierre à l’édifice. Legacy Jazz offre avec ce coffret la possibilité de réécouter l’ensemble des enregistrements que l’artiste a fait pour Columbia entre 1965 et 1976 ce qui représente 13 CD dont 2 doubles. Le coffret commence donc avec Rising Sons, fruit d’une remarquable collaboration avec Ry Cooder, enregistré entre 1965 et 1966 mais qui n’a été disponible qu’en 1992. On trouve également Sounder bande originale illustrant le film (du même nom) de Martin Ritt (1972). Chaque  CD se présente sous une pochette cartonnée, copie en réduction du LP d’origine, et un livret conséquent, apportant toutes les informations discographiques nécessaires et des photos souvent rares, agrémente l’ensemble. Le dernier double CD The Hidden Treasures Of Taj Mahal/Live At The Royal Albert Hall propose effectivement sur un premier disque des trésors cachés avec des prises inédites enregistrées entre 1969 et 1973, tandis que le deuxième est la captation d’un concert londonien d’avril 1970. Certains disques étant devenus difficiles à trouver, c’est peut-être l’occasion à ne pas louper. Avec ses 15 CD, ce gros pavé recèle en tout 170 titres. Avis aux amateurs, il falloir casser vos tirelires !
Gilles Blampain



The Delta Saints
Death letter jubilee

Genre musical: Gospel Grunge
Label : DIXIEFROG
Distributeur :
HARMONIA MUNDI

Les cinq étudiants de Nashville polissent leur deuxième miroir et sonnent l’heure du gospel voyou, à l’exemple du vieux Doctor John du haut de son dernier échafaud, ou les premières éjaculations de John The Conqueror. Quand le gospel prend le rock’n’roll, non comme une réminiscence génétique parasitaire, mais comme un agent pollinisateur dynamique… Après le blunk et la pounktry, voilà donc le rockspel. Pas de spiritualité grégorienne chez les Saints, bien sûr. Plutôt un gros défouloir vocal dans un garage boogie, irisé de country et de blues. Ce rock à tiroirs n’est plus un sujet d’expérimentation aujourd’hui. Depuis Violent Femmes, les hybrides fermiers, rockspel, blunk, pounktry, auront mis le temps pour remonter de la cave. Ils colonisent, lentement mais sûrement, les niches écologiques du champ de ruines discographique, d’autant plus vivaces qu’ils sont nés clandestins et qu’ils ont mûri dans la frugalité. Ici, le rock est paré : grosses éclaboussures d’électricité, jets de foudre, flèches de son, tambours de guerre dans le néant métallique des résonateurs et les gigues d’harmonica. Mais le fouet, c’est la voix. C’est elle qui dompte toute cette agitation, qui la contient dans une résille serrée de nerfs et qui la conduit vers des élévations profanes fracassantes. Une voix longue, aux crises extensibles, et quelques chœurs venus pour la surboum, plus que pour l’affliction, même si ça se gâte à la fin. Une fois la dragée sucée, reste une amande amère : ‘Old Man’, ‘Jericho’, un écorché d’ampli pour faire tomber les murailles de la citadelle. Peut-être pas si profanes que ça, les Saints.
Christian Casoni

Willie Buck
Cell Phone Man

Genre musical: West et South side soul
Label : DELMARK
Distributeur : SOCADISC

On a présenté ce rescapé du Chicago de la grande époque comme un plagiaire de Muddy Waters. Le nombre de covers figurant sur ce nouvel album trahit au moins un soupçon de fanatisme ! Toutefois, pour peu que ces distinguos aient un sens, cet album sonne volontiers West Side, en tout cas par ses solos de guitare. Le livret donne un bon apercu du style: « Just good time music with a strong groove, a tight band that knows the meaning of ‘50s-style ensemble playing, and a lot of soul ». Cell Phone Man, titre curieux, démarre timidement, s’accorde un tour de chauffe (Willie Buck prend son temps, l’album aligne 17 titres) et se gonfle peu à peu, jusqu’à devenir franchement incandescent, sans jamais contrevenir au droit canon du Chicago blues : rigueur et tension. Derrière Willie Buck, le Rockin’ Johnny Band. En invités, Bharath Rajakular et Martin Lang aux harmos, Barrelhouse Chuck au piano.
Christian Casoni