Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/14
Chroniques CD du mois Interview: BAD MULES Livres & Publications
Portrait: BLIND WILLIE MCTELL Interview: TABOO  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

AVRIL 2013

Billy Jones Bluez
I’m A Bluesman

Genre musical: Songwriting blues
Label : AMERICAN BLUES RECORDING COMPAGNIE
Distributeur : CD BABY, myspace.com/billyjonesbluez

Billy Jones porte un nom tellement anodin qu’on ne le retient jamais et ce serait vraiment dommage de passer à côté. Billy Jones a toutes les grâces ! Une ampleur vocale et instrumentale (guitare) enveloppante, un sens de la mélodie sans surcharge, juste l’inflexion essentielle qui rend l’invitation tentante. Bref, il chante et joue comme une bête. Le blues classique, il sait faire (‘The Iceman’), mais ce n’est pas vraiment son propos. Notre homme est plutôt positionné sur le message. Sa voix athlétique circule avec aisance dans les larges clairevoies de la rythmique. C’est du Billy Jones pour Billy Jones. Côté style, on pourrait tenter « blues-rock suave », faute de mieux, une tentative d’étiquetage ne reflétant pas toute l’énergie qui est contractée dans ce quatrième ou cinquième album. La grâce de Billy Jones, c’est ce perpétuel glissement des genres auquel il s’adonne avec pudeur, et qui le rend si difficile à définir de façon suffisante. Les rythmiques ont parfois la complexité savante du reggae (‘Love Nobody Else’) sur une base discrètement funk, émaillée d’effets plus modernes, des gimmicks hip-hop, voire arenbi (l’orgue emphatique d’ ‘I’m A Bluesman’, mixé comme une section de cordes). La guitare peut jouer, elle aussi, l’épisode symphonique, presque comme un mouvement d’orchestre, en montant ses ponts. Le reste de la distribution donne : Corey Bray pour les claviers, Derrick Kendricks et Palmalee Byrd pour les basses, Rickey Martin (!) et Reginald Hammeth pour les batteries.
Christian Casoni

The Duke Robillard Band
Independently Blue

Genre musical: Bluesy Boxon !
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Rob, stratège de la cible mouvante, est aussi le roi du wok. Il cuit ses albums tellement vite qu’on n’a même plus le temps de les compter. Et peu lui chaut de leur donner un sens ou une destinée. Les lots sont de plus en plus dépareillés, ils le sont parfois d’un couplet sur l’autre. ‘Below Zero’ : ouverture crunch, riff Delta mais solos blues-rock. ‘Patrol Wagon Blues’ : chanson de vaudeville, habillage dixieland et un piano qui détale quinze ans plus loin, dans un jazz anachronique. ‘Laurene’ : le son de Chuck Berry et le solo vrombissant qui va avec. ‘Don’t Do That’ : Chicago blues, mais ‘Moongate’ : americana ? ‘You Won’t Ever’ : pompe western spaghetti à la trompette, pour introduire une variété jazz bien vulgaire dont le capitaine Merrill Stubing trouverait certainement avantage ! On pourrait autopsier, comme ça, les douze titres d’un album qui ne s’appelle pas Independently Blue par hasard, et qui ferait un sacré quiz (spécial références). Mais le plus déroutant, ce n’est pas tant ce désordre que le juste milieu permanent avec lequel l’album se désorganise, épicurien, pas tout-à-fait orthodoxe, gentiment iconoclaste, pas digne d’une académie ni d’un culte. Alors quoi ? Les solos. Bruce Bears au piano, Rob et Monster Mike Welch aux guitares : décollages narratifs et chantants, jamais prétentieux, de vrais déliés de chair sans l’obscénité gymnique des héros. Sans doute le genre de distinguo dont on pourrait convenir entre érotisme et pornographie. Ici, ce sont les solos qui racontent l’histoire. Rob, ce n’est pas son meilleur album, mais pour son Epiphone, peut-être bien que oui.
Christian Casoni

Emmylou Harris & Rodney Crowell
Old Yellow Moon

Genre musical: Country de chez Country
Label : NONESUCH
Distributeur : WARNER

Le plus souvent, ce genre de country sert d’hospice aux vieilles étoiles de la chanson américaine, mais Emmylou n’a pas attendu le troisième âge pour pousser sa clientèle vers les pharmacies. Dans cette demi-sieste, longue comme un suicide à la verveine, elle est secondée par deux anesthésistes qui savent s’y prendre : son ancien guitariste du Hot Band, Rodney Crowell, et son ancien mari et producteur de longue date, Brian Ahern. Dans la perfusion : quatre titres signés Rodney, beaucoup de reprises et quelques chansons d’avant, qu’Emmylou et son pote avaient interprétées chacun de leur côté, et qu’ils ont réenregistrées ensemble, à Los Angeles, mezza voce, pianissimo et surtout mollo-mollo. Cette vieille lune est bien composée, bien exécutée, bien chantée, mélodies bien tournées (‘Spanish Dancer’), steel-guitar subtile et frémissante dans les mains d’Hank DeVito (‘Chase The Feeling’). Hank et les autres viennent d’ailleurs du Hot Band, plus une paire d’invités, le violoniste Stuart Duncan ou le clavier Billy Payne, ex-Little Feat. Rien que de la bonne came donc, mais le genre commande cette pantoufle et veut cet effet : le batteur tape avec deux harengs, le bassiste n’a qu’une corde et deux cases sur le manche, le steel-guitariste tire des rames de caramel, le pianiste marque les quarts d’heure, etc. On peut toujours prétendre que cette juxtaposition d’ectoplasmes languides perpétue l’esprit de Gram Parsons et des Everly Brothers… Tintin Emmylou ! On a quand même souvent l’impression d’écouter un disque de Nicole Croisille. Seul un cowboy peut apprécier la beauté d’un accélérateur qui freine.
Christian Casoni

Guy Davis featuring Fabrizio Poggi
Juba Dance

Genre musical: Blues accoustique des profondeurs
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Devant cette nouvelle livraison du bluesman new-yorkais Guy Davis, Monsieur de la Fontaine aurait tort de se poser la question qui le taraude habituellement, et nous venons ici le rassurer en fanfare et douze mesures standard : oui, Jeannot, le ramage de l’oiseau rare se rapporte bel et bien à son étincelant plumage. Les 13 morceaux enregistrés pour cet album quasi-primitif sont charpentés à grandes fritées d’expérience. Le son porte beau et le choix des armes fera se prosterner à genoux, sous la flamme vacillante d’une bougie, les aficionados du blues des racines : des guitares acoustiques à 6 ou 12 cordes, dont la mythique Gibson J45 aux basses dantesques, un banjo, une mandoline, l’harmonica de Fabrizio Poggi, le stomp élémentaire pour frapper la cadence, des invités de marque, The Blind Boys of Alabama et Lea Gilmore. Et puis c’est tout. Du refrain des cotonnades introductif à la douce complainte finale, crypto-picking clôturé sur un bouquet d’harmoniques, on est projeté au fond d’un juke joint du Vieux Sud, entre les deux guerres, avec une enfilade de pièces à l’ancienne gavées de lancinances, de martellements surclassiques, en boucles obsessionnelles, où les êtres sortent des rails pour plonger tête nue dans une mare de mauvais whisky. En contrepoint, il y a l’interprétation embrasée de Guy. Il y a du shuffle à danser, de l’humour, des aboiements incontrôlés, les envolées de Hohner signées Fabrizio, des phrasés mélodieux, parfois même les soubassements du rock’n’roll qui affleurent de cet humus fumant. Rudimentaire. Epais. Juba Dance, ou l’âme saphir de l’homme debout.
Max Mercier

JJ Grey & Mofro
This river

Genre musical: Soul funky
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

De la soul funky avec des riffs de rock sudiste, JJ Grey revient avec ce son si particulier qui lui est propre. Et c’est sans retenue qu’on se laisse entraîner au fil de cette rivière, univers musical où la mélodie a autant d’importance que le rythme. Il y a un certain lyrisme dans l’expression, une voix agréable chargée d’émotion et légèrement rocailleuse, des arrangements de cuivres percutants, et toujours cette énergie et cette passion débordante qu’on retrouve d’un disque à l’autre. Offensif ou réservé dans son expression, JJ Grey est un chanteur plein de fougue et de subtilité qui passe du flow du rap au phrasé de la soul. Accompagné par les 6 musiciens du super band Mofro, il ne se contente pas pour autant de chanter puisqu’il joue tour à tour de la guitare électrique, de la guitare acoustique 6 ou 12 cordes, de la basse, de l’harmonica et du tambourin. Les 9 titres qu’il signe sur les 10 sont un mélange de brutalité et de tendresse qui racontent des tranches de vie et des voyages intérieurs où l’ardeur le dispute à la mélancolie. Le disque se clôt sur la superbe ballade ‘This River’ qui donne son titre à l’ensemble et qui vaudrait presque pour elle seule l’acquisition de ce CD. Un enregistrement très dynamique plein d’excitation et d’émois.
Gilles Blampain

Joe Bonamassa
An Acoustic Evening at the Vienna Opera House.

Genre musical: Blues intimiste
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

S’il y avait des évènements musicaux de haute teneur, celui-ci en ferait bien partie. Dans la famille unplugged, je demande Joe Bonamassa en pleine invasion de l’Opera House de Vienne. D’emblée, nous voici plongés dans une atmosphère chaude et intimiste, comme si on se retrouvait autour d’un feu de camp. Une guitare sèche, des instruments du temps jadis qui créent une ambiance dépaysante et légèrement country grâce à l’introduction du violon, et c’est parti. De plus, Joe réarrange ses tubes comme ‘Dust Bowl’ pour l’occasion de sa soirée acoustique. Ce qui est bon c’est qu’il passe en revue des titres des anciens albums comme ‘The Ballad Of John Henry’ mais aussi ‘Black Rock’ autant dire qu’il ne reste pas bloqué sur ses nouveautés. Le gaillard n’est pas seul en piste. Il est accompagné de Gerry O’Connor, Mats Wester, Arlan Schierbaum et Lenny Castro, une flopée de guests qui rendent cette soirée inoubliable. Quid du visuel ? Un climat feutré, des lumières tamisées, un étalage de guitares encerclant Joe, un public attentif, autant d’ingrédients qui permettent de tirer le meilleur des musiciens. En effet, Joe Bonamassa ne fait pas les choses à moitié puisqu’il nous offre des bonus dans un DVD (making of et prise de voix). Pratiquement deux heures de bonheur où il démontre, une fois de plus, que son talent est inépuisable. Enfin, c’est agréable de le voir sortir des contrées électriques. C’est vraiment un délice !
Alicia Fiorucci 

Nina Van Horn
Seven deadly sins

Genre musical: Blues rock, boogie
Label : CRISTAL RECORDS
Distributeur : RUE STENDHAL

On peut affirmer qu’avec ce disque Nina Van Horn nous en met plein les oreilles comme on le dit d’un plasticien dont l’œuvre aboutie nous en met plein la vue. On a un sentiment de plénitude. Le ton et l’ambiance changent par rapport aux enregistrements précédents, le son est plus travaillé, l’espression est plus rock, on ressent une puissance contenue avec de prodigieux envols. Côté filiation, on peut évoquer les barbus du Texas ou le schoolboy d’Australie. Bien sûr, il y a d’abord la présence de Nina Van Horn à la fois inspiratrice et meneuse du projet qui insuffle son punch, mais le talent et la parfaite osmose des musicens du band ne sont pas étrangers à l’affaire ; Marten Ingle tient la basse, Antonio Martin est assis derrière les fûts, Masahiro Todani est en charge de la lead guitar et Cédric Christophe est aux claviers. Le travail du producteur John H. Schiessler qui apparaît avec brio dans quelques passages de guitare acoustique, de dobro ou qui se positionne en choriste est indéniablement une valeur ajoutée qui concourt également à cette réussite. Et n’omettons pas la fulgurance des harmos tenus par Ben Hewlett ou David Gage. Il y a 7 péchés mortels mais 12 titres en tout, car NVH nous fait part comme entre parenthèse, avec allégresse tout autant que gravité, de ses commentaires ou de ses vœux par rappport à la façon dont va le monde. Tout en puisssance maîtrisée cet enregistrement décoiffe à chaque titre. Normal, pour parler de péchés il fallait un souffle d’enfer !
Gilles Blampain

Red Beans and Pepper Sauce
Who Made The Sauce?

Genre musical: Blues-funky et funky-blues avec une once de rock!
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.redbeansandpeppersauce.com

Un bon plat en sauce à partager entre copains que ce deuxième album des Haricots Rouges ! Jeune groupe biterrois de seulement trois ans, les Red Beans et leur sauce au poivre distillent un blues funky des plus divertissants et énergiques. L’entrée en matière avec ‘Alone’ annonce un blues cajun, vite délaissé par la guitare rock et le dobro de Laurent Galichon, auteur-compositeur du groupe, la voix rocailleuse et profonde de Jessyka Aké enrobant le tout. Les titres ‘Sweet Song’ et ‘Who Do You Think U Are ?’ relaxent un peu tout le monde après cette débauche d’énergie et avant… ‘The Squire’, titre funky endiablé où la trompette de Jean-Paul Capodanno nous rappelle ces bons vieux titres des années 70 qui faisaient la part belle aux films de la Blaxploitation. Arrêtez-vous également sur ‘We’re Gonna Funk U’ qui démarre sur un rythme couinant et saccadé pour, tranquillement, glisser sur un tempo nerveux, beaucoup plus nerveux où Galichon et Thierry Imperato à la batterie s’en donnent à cœur joie pour envoyer la « sauce au poivre » ! Le saxophone de Marc Averous viendra alors calmer tout cela dans un enrobage jazzy et bluesy. Vous reprendrez bien un peu de rab, non ?
Tristan Sicard

Rock Candy Funk Party
We want grooove  

Genre musical: Jazz / Funk
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

‘tain ça pulse ! C’est ce que je me suis dit en découvrant ce CD au visuel flashy. Et puis, grooove avec trois O, ça interpelle. Les rythmes sont souvent très secs, nerveux avec la batterie un peu en avant ce qui est peut-être dû au producteur, Tal Bergman qui est le batteur de cette formation. Les types se sont enfermés quelques jours et ils ont joué pour se faire plaisir. Au sortir du studio, le son était en boîte. Fastoche ! Certes, les gars sont des pointures et ils se comprennent d’un regard. Renato Neto, claviériste a tourné avec Dianne Reeves, Scott Henderson ainsi que Prince. Le bassiste,  Mike Merritt est tombé dedans quand il était petit, son papa, Jamie était le bassiste des Jazz Messengers d’Art Blakey et il a lui-même accompagné SRV, Bruce Springsteen, Chuck Berry… Ne reste plus qu’à évoquer les deux guitaristes. Ron DeJesus lui, a tourné avec Tito Puente, The Emotions et son propre groupe, Planet Funk. Et enfin, Joe Bonamassa, 13 albums, cité 5 années de suite meilleur guitariste dans le magazine Guitar Player. Une réunion comme celle-ci, fait des étincelles. Je disais, qu’ils se comprenaient juste par le regard, c’est que le CD est accompagné d’un DVD sur lequel on trouve quelques prises de vue réalisées pendant les sessions d’enregistrement. On peut se faire une idée de l’apparente facilité d’exécution des musiciens pour une avalanche de notes et de rythmes colorés de rock et de funk. A noter que ce CD est un instrumental et qu’il y a une  ghost song à la fin de l’album, juste après le très doux ‘New York Song’.
César 

The Relatives
The electric word

Genre musical: Psychedelic gospel funk
Label : YEPROC
Distributeur : YEPROC

Etonnant mélange de sacré et de profane rarement exploité, cet enregistrement sent autant la sueur que l’encens. On trouve dans The Electric Word la ferveur du gospel, l’impétuosité de la soul, l’énergie du funk, la puissance du rock, plus un grain de folie psychédélique, avec en bonus une très belle palette vocale qui va de la voix de tête à la basse bien burnée. Formés dans les années 70 par les frères Gean et Tommie West (à présent tous deux révérends) The Relatives gravent quelques faces dont la diffusion se limite au Texas. Après un bref comeback dans les années 80 ils regagnent vite fait l’anonymat pour retrouver le respect de leurs paroissiens. Les revoilà 30 ans plus tard dans un délire musical et vocal des plus jubilatoires. Balançant constamment entre punch et extase, on se demande s’ils ne prennent pas des hosties au LSD. Entourés d’un band de 10 musiciens avec orgue et section de cuivres pour ce retour sur le devant de la scène, les frères West (75 et 66 ans), se sont associés à Tyron Edwards et Jim Hall pour les performances vocales. Le producteur Jim Eno a fait un travail remarquable. Si quelques textes sont un peu cul-cul le son est unique et renversant. Leur gospel convertirait un athée autant que leur funk ferait douter un bigot.
Gilles Blampain

Robert Randolph Presents…
…The Slide Brothers

Genre musical: gospel rock'
Label : CONCORD RECORDS
Distributeur : SOCADISC

Pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette bondieuserie rock, je suppose qu’il faut être américain. Cette orgie de slides à la ferveur délirante renvoie à l’église pentecôtiste (affirmation mal assurée), et à celle du Dieu Vivant. (Est-ce la même ? Est-ce une annexe ?) C’est dans cette mouvance que s’inscrit la « légendaire tradition de la steel sacrée », qui remonte aux années 30. L’affaire est impénétrable mais le plus intéressant, pour l’usage que nous avons à en faire, ne réside pas dans la doctrine. Robert Randolph, coproducteur et guide de ce groupe quadricéphale, lui-même slideur émérite et joueur d’orgue, semble être une conscience de ce pataquès auquel nous autres, syndicalistes fainéants et jouisseurs, restons hermétiques. Voici donc quatre bottleneck heroes, Calvin Cooke, Chuck et Darick Campbell, et Aubrey Ghent, qui reprennent des traditionnels empreints de béatitude (‘Wade In The Water’, ‘Motherless Child’), une ou deux chansons pop vaguement panthéistes (‘My Sweet Lord’), et ne reculent pas pour autant devant un bon blues des familles (‘It Hurts Me Too’, ‘The Sky Is Crying’). En vérité, je vous le dis, ces quatre pèlerins slident et chantent drôlement bien, même si ‘The Sky Is Crying’ en version gospel, la tension remplacée par l’indulgence, perd un peu son âme. Steel guitar, lap steel, toutes sortes de manches admettant une coulisse d’acier ou un équivalent, pédale wha-wha au besoin, les amplis poussés au-delà de la frugalité pieuse, ils s’immolent par l’électricité en faisant déborder le gospel dans le blues-rock, le Southern rock, la jungle et même un funk subreptice. Ils sont accompagnés d’ouailles toute aussi convaincues, batterie, basse, orgue. C’est torride, la tentation n’est pas loin, mais méfie-toi, ver de terre, ‘No Cheap Seats In Heaven’ !
Christian Casoni