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été 19
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Portrait: JAMES COTTON Interview: FLYIN' SAUCERS GUMBO SPECIAL Portrait: ROBIN TROWER
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JUIN 2014

Cadijo
En vadrouille dans les marécages

Genre musical: Blues.... mais pas que !
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://cadijo.free.fr

Un CD qui fleure bon le naturel, qui commence par des gazouillis d’oiseaux et les bruits de pas d’un promeneur qui nous amènent à un premier titre acoustique ‘En Vadrouille Dans Les Marécages’ où l’harmonica de Cadijo papillonne soutenu par la guitare de Baptiste Duperron. A noter une belle intervention de la six cordes de Geoffroy Boizard qui nous montre que l’esprit de Django Reinhardt n’est pas loin. Tous les autres titres sont chantés en français sauf un ‘Treated Wrong’. On se promène entre blues et swing manouche avec nonchalance et poésie de terrain qui sent bon le vécu, la simplicité, l’amitié et la franchise, loin de la poésie de salon et sa sophistication rébarbative.  ‘Entendre’ te conseille de rester éveillé à ce qui se passe autour de toi. ‘Jean Du Voyage’ joli jeu de mot pour parler de ses frères en musique.  ‘Imbécile Heureux’ est une chanson, à juste titre, de révolté. ‘Rester Tranquille’ est une ode à la liberté. Et tout au long des plages, toujours cet harmonica hypnotisant, comme dans ‘Hey Toi’ où c’est juste son instrument qui accompagne la voix de Cadijo qui interpelle l’homme riche, l’homme de pouvoir, l’homme de loi et l’homme… de rien. On trouve aussi une espèce d’hommage au style Brassens avec ‘Le Verbe, Les Femmes, La Vie’. A noter que l’aide du bottleneck d’Anthony Stelmaszack a été requise sur un titre genre bon temps rouler,Elle Aimait Traîner’. Cette vadrouille dans les marécages est vraiment un rayon de soleil printanier.
César

Lucky Peterson
The son of a bluesman

Genre musical: Blues, soul.
Label : JAZZBOOK
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Fils  de bluesman, oui, absolument ! Et même plus encore, puisque papa, James Peterson, au tout début des années 60 tenait un club dans lequel passait tout le gratin du blues. Dès 3 ans le gamin joue de la batterie et de l’orgue et saute sur les genoux de Muddy Waters, Lightnin’ Hopkins, Jimmy Reed ou Koko Taylor. Il a tout juste 5 ans quand Willie Dixon lui fait enregistrer son tout premier disque ‘Our Future’. A l’adolescence, il perfectionne sa pratique de l’orgue auprès de Jimmy Smith et Bill Dogett, et en parallèle se met à la guitare, à la basse et même à la trompette. Plus tard il intègrera le band de Little Milton puis celui de Bobby Blue Bland. Le parcours initiatique rêvé ! Le bonhomme est doué, incontestablement. Mais avec un tel bagage il n’a pas échappé à une dilatation de l’égo et répondait souvent dans les interviews à propos de sa musique et des musiciens de sa génération «...moi,  j’ai un don du Ciel, les autres font ce qu’ils peuvent… ». Reconnaissons quand même que ses albums étaient excellents et que voir un de ses shows endiablés était une expérience d’Entertainment. La cinquantaine venue Lucky Peterson semble plus serein et revient sur le devant de la scène avec ce nouvel enregistrement où il livre de façon magistrale 11 titres entre blues et soul. Selon les chansons interprétées il est soit à la guitare, soit à l’orgue Hammond B3, la voix est toujours aussi chaude, et bien sûr il a su s’entourer de musiciens à la hauteur. Il signe la plupart des titres et reprend ‘Funky Broadway’ (Wilson Pickett), ‘I Pity The Fool’ (Bobby Blue Bland), ‘I Can See Clearly Now’ (Johnny Cash) et s’offre le plaisir de chanter le titre ‘Joy’ avec sa femme et son fils. Lucky? C’est peut-être bien l’auditeur qui est chanceux.
Gilles Blampain

Matchbox Blues Band
Still here

Genre musical: Blues, soul, rock, signifying, etc....
Label : MUSEA
Distributeur : matchboxbluesband.com

Voilà un album canon. Il a la bonne longueur, la bonne expressivité, les titres ont tous leur personnalité et pas mal d’esprit sans être lourdement démonstratifs. Le disque est bien sous tous rapports, comme on disait des secrétaires dans les vieux films érotiques. Il peut tourner toute la journée sous le laser sans provoquer la moindre lassitude, mais vous rappelle chaque seconde que la chaîne est allumée. Ceci pour souligner qu’on ne parle pas d’easy-listening blues-rock, ces chansons qu’on oublie généralement d’écouter. Le quatrième album du groupe de Tours coule de source et serait même passablement addictif. On y trouve ce condensé de styles dont on commence à avoir l’habitude, tous nourris aux racines de la musique américaine, le blues et la country (bottleneck, solos courts et tendus, harmonica), des rythmiques funky-soul soulignées par des courses d’orgue, un peu de rock et même un piano légèrement jazzy, tout ça d’un abord courtois, extrêmement bien mis en scène, ménageant ses effets et se déployant avec une aisance confortable. La voix du chanteur, ni spécialement coffrée ni spécialement timbrée, vous tient pourtant les oreilles ouvertes. Son élocution nonchalante, un peu débraillée (ma non troppo) est un gimmick gratifiant. L’intelligence du gimmick, qui donne un attrait spécial à chaque titre, vaut d’ailleurs pour tous les musiciens, comme la note de piano obsessionnelle qui termine ‘I Just Can’t Believe It’, ou le hack-hack de l’harmo sur la seule reprise de l’album, ‘Walking Blues’. Une très belle ballade à signaler : ‘Come To See Me’. Les musiciens ont un gros capital, mais ils n’aspirent pas à devenir des héros, seul les intéresse le service de la chanson. Et ils s’appellent ? Julien Titier (chant, guitares), Matthieu Fichet (claviers, percus), Jean-Yves Titier (basse), Stéphane Mekki (batterie) et, pour les parties d’harmo : Bruno Tredjeu.
Christian Casoni

Meena Cryle and the Chris Fillmore Band
Tell me

Genre musical: Blues rock, Country soul.
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Alors que l'Europe, tant bien que mal, essaie de se construire, le vieux continent,  nous offre encore d'excellentes formations blues. Meena avait 15 ans quand elle a rencontré Chris Fillmore. Pour cette formation autrichienne, cela fait plus de 20 ans, que l'aventure continue. Ce disque, enregistré en analogique, alterne blues-rock bien enlevés et titres plus soul. La voix de Meena, proche de celle de Lisa Kekaula (The Bellrays) y fait des merveilles. Elle chante dans un vieux micro à ruban Ribbon des années 30, d'où cette prise de son sèche et ample à la fois. Ecoutez le dernier titre, 'You May Love Me Today' ;  seule, face aux tendres arpèges d'une guitare acoustique. Magnifique ! Autre chanson émouvante, 'Tell Me', qui donne son nom à l'album ; Chris Fillmore à l'électrique, y enfile des perles de cristal sur nappes d'orgue Hammond (Roland Guggenbichler). Sa guitare me rappelle un peu celle de Peter Green, alors que sur 'I Beg You', c'est à John Lee Hooker dernière période que l'on pense. Ambiance Daniel Lanois sur certains titres. Les blues-rocks sont aussi d'un très bon niveau. 'Enough Is Enough' nous rappelle que ces deux-là donnaient aussi dans le rock psyché. On retient également le batteur, Franck Cortez (The Killer?) sur le très rock 'Take This Pressure Off Of Me’. Sacré bon rythmeur, cela saute aux oreilles! Avec la bassiste, Brigitte Lacherstorfer, quelle rythmique les amis! 'You Don't Know' un autre grand moment. Après 'Try Me', 'Feel Me' et ce 'Tell Me', je veux bien un 4ème disque nommé 'Love Me'. Meena on t'aime déjà.
Juan Marquez Léon

Myles Sanko
Forever Dreaming

Genre musical: Soul jazz
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://vibedeck.com/mylessanko

Myles Sanko sort son second album, dont les titres sont issus des mêmes sessions de travail que le premier Born In Black And White. C’est de la soul music, avec un net penchant jazz. Gregory Porter sans chapeau cache oreilles. Le single ‘My Inspiration’ illustre parfaitement cette nouvelle tendance : un coté très retenu, très bar de Hilton, jusqu’au 2/3 du morceau, qui explose de percussions et guitares funk. Forever Dreaming’ nous propulse directement au 2648 West Grand Boulevard à Detroit, Michigan (copier-coller dans Google Maps : vous allez voir une belle photo), dans le Snake Pit. Benny Benjamin, légendaire créateur du drumfill qui signe tant de tubes chéris (‘Ain’t Too Proud Too Beg’, au hasard du cœur) est cité au bout de 10 secondes par Rick Hudson, le batteur de Myles. ‘Light In My Hand’ le second titre s’approprie le staccato de guitare sur le 2ème et le 4ème temps, également archétype du Motown Sound. Attention, ce titre en apparence anodin est à écouter avec une prudence extrême : il présente un risque élevé d’earworm attack. Il y a de la passion, du travail, énormément de délicatesse dans cet album, et de la flûte sur ‘To My Surprise’. Très élégante cette flûte. Where We Need To Be’ est la conclusion provisoire. La voix de Myles n’a plus besoin que de quelques notes de piano et de guitare pour s’envoler à une altitude uniquement fréquentée par des prénoms : Otis, Curtis, Marvin… La musique, comme quasiment tout le reste de nos vies, n’est pas juste affaire de technique. Le style, la voix, le bon modèle de micro, Myles les a. Là où il est décisif c’est sur la sincérité éclatante de sa démarche.
Cranberry Gordy

Natalia M.King
Soulblazz

Genre musical: Soul, Blues, Jazz
Label : JAZZVILLAGE
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Retour aux sources de la musique noire : soul + blues + jazz = soulblazz. Guitariste et chanteuse, Natalia M. King nous livre un album brillant dont elle a écrit et composé 7 titres et où elle reprend ‘You Don’t Know What Love Is’ (Don Raye – Gene de Paul) et ‘Today I Sing The Blues’ (Sam Cooke). Enregistré en studio dans les conditions du live pour donner plus de chaleur aux instruments acoustiques, cet album mêle les styles avec un rare brio. Le côté spirituel de la soul se marie à la vivacité et à la rudesse du blues, quand l'esthétisme du jazz s’encanaille avec la facétie du rock. Faire fi des classements préétablis et des idées toutes faites semblent être la ligne de conduite de Natalia M. King, et cela lui réussit plutôt bien. Pour l’occasion elle s’est entourée de quelques pointures : Stéphane Belmondo (trompette), Pierrick Pedron, (saxophone), Vladimir Ivanovsky (piano), Dominique Cravic (guitares), Larry Crockett (batterie), Yves Torchinsky (contrebasse) et Laurent Le Thiec (harmonica). Le chant est étincelant et porteur d’une réelle émotion. Fougueuse, sensuelle, chaleureuse, moelleuse ou écorchée, selon l’interprétation, la voix est toujours envoutante. Ce disque n’est pas banal, ça vibre et ça palpite ; on se laisse bercer avec plaisir d’un titre à l’autre. Un album dont la finesse d’interprétation met l’auditeur en état d’euphorie.
Gilles Blampain

Rivherside
Electraw blues 

Genre musical: Electroblunk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : iTunes, Bandcamp, Amazon, Google play

Pas besoin de phosphorer longtemps pour circonscrire le style, Rivherside en a fait le titre de son EP, une hill country remise à jour à coups de programmation. Hill country blunk au moins pour les deux premiers titres, ‘Haters’ et ‘Paranoid’. Sur ‘Haters’, c’est un chœur d’enfants (identifié comme tel en tout cas) qui fait le riff. ‘Paranoid’ sonne plus stoogien. Un adoucissement commence à poindre avec ‘Something’, ballade froide sur une rythmique embryonnairement soul, presque un chanson disco dépouillée de son nightclubbing. ‘Come Over Here’ enfin, presque planante, serait, elle, une psalmodie amérindienne new wave, une mise en échos dont les vibrations entrent en résonnance et se développent en un énorme trémolo lancinant. Un petit voyage en quatre titres, de la rage vers la résignation. Le tour operator est un gros bosseur. Il a un chant souple, ondoyant, dramatique, incantatoire, presque halluciné sur ‘Haters’. Il joue les guitares, la basse, programme les batteries et trouve les gags, comme la percu bouche fermée, samplée, qui simule une guimbarde ou un didgeridoo sur ‘Come Over Here’. Ses guitares semblent douées d’une vie propre, et leurs solos s’apparentent davantage à un déplacement d’atmosphères stridentes. Rivherside n’embarque pas tout seul. Fred Gamboa joue le synthé-basse d’‘Haters’, titre sur lequel intervient aussi le rappeur TDB, et Rémi Faraut tape une vraie batterie sur ‘Come Over Here’. L’EP n’est commercialisé que sur les sites de téléchargement cités en intro, en attendant l’album. Quand ? Sera-t-il plus physique ? Cet échantillon donne très envie d’entendre la suite.
Christian Casoni

Royal Southern Brotherhood
Heartsoulblood 

Genre musical: Blues, soul, rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Après un premier CD en 2012 et un live (Songs From The Road) en 2013, les Sudistes sont de retour et frappent fort à nouveau. « Quand nous sommes entrés en studio pour notre premier disque, nous n’étions qu’un groupe de musiciens faisant un enregistrement en studio, pour Heartsoulblood, nous sommes un BAND », voilà ce que dit Devon Allman. Il est donc évident qu’après une gigantesque tournée qui les a amenés dans une vingtaine de pays, les cinq partenaires en musique ont appris à se connaître un peu mieux et ont tissé des liens de complicité. Cyril Neville dispense toujours un groove d’enfer aux percussions et sa voix de soulman fait merveille, Devon Allman chante et assure un max sur sa Gibson, Mike Zito ne lâche pas le morceau et apporte une touche rock avec sa guitare, Charlie Wooton à la basse et Yonrico Scott à la batterie sont les piliers rythmiques de l’affaire. Le cœur, l'âme et le sang sont trois des ingrédients de cet album plein d’énergie où fusionnent rock, blues et soul music, auxquels s’ajoute une pincée de poussière magique du sud. Les 12 titres sont signés par les 5 zicos et la production a été assurée de façon magistrale par Jim Gaines. Le tout a été enregistré aux Dockside studios en Louisiane. Allman, Neville, Zito, Wooton et Scott arrivent à allier la puissance à la finesse pour nous donner une succession de perles sonores qui s’égrènent au long de 53 minutes.
Gilles Blampain

Selwyn Birchwood
Don't call no ambulance

Genre musical: Blues multicolore
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Dernière recrue de l’écurie Alligator Selwyn Birchwood est originaire d’Orlando en Floride. A 29 ans, avec un style très personnel, il risque de faire des vagues dans le monde du blues en ouvrant de nouvelles perspectives. On dit que sur scène c’est un performer hors pair. Il a rôdé son savoir-faire sur de nombreuses scènes durant une dizaine d’années et a frappé un grand coup en remportant l’International Blues Challenge en 2013 devant 125 groupes venus d’un peu partout pour relever le défi annuel. A travers cet album il navigue avec un égal bonheur du blues traditionnel à la ballade en passant par des tempos plus funk ou swamp. Doté d’une voix au grain légèrement râpeux, son phrasé est agréable, et qu’il joue de la guitare ou de la lap steel, il entraîne l’auditeur dans son univers avec un réel enthousiasme et une énergie qui ne se démentent à aucun moment. Selwyn Birchwood est accompagné par Regi Oliver aux saxophones (alto, baryton, ténor) ou à la flûte, Donald Wright à la basse et Curtis Nutall à la batterie. Convié à apporter sa pierre à l’édifice, Joe Louis Walker apparaît sur un titre. Non seulement, Selwyn Birchwood est bon musicien, il a la technique et ne manque pas de feeling, mais il a en plus le talent pour signer 12 titres originaux dont les saveurs évoluent du slow blues aux moiteurs sensuelles au blues-rock accrocheur, et comme si cela ne suffisait pas il a aussi produit l’album de manière plus que parfaite.
Gilles Blampain

Vincent Bucher
Hometown

Genre musical: Plutot louisiane
Label : CONTINENTAL BLUE HEAVEN
Distributeur : SOCADISC

Vincent Bucher, harmoniciste. L’homme cueille la vérité dans les interstices, ses frontières sont toujours mouvantes, on est en Louisiane ou sur la Côte Ouest, sous les alizées ou dans un pli de l’Afrique. On est sous le soleil exactement. Swamps country, blues, jumps, quelques volutes créoles et une pointe de swing passent avec une force tranquille, une énergie lente, mais une puissance intrinsèquement longue. Les ballades sont suspectes, tempos cools mais rythmes complexes, parfois trop agités pour un slow. Voluptueuses, les mélodies viennent du pays cajun, americana hexagonal. Elles ramènent de là-bas le fluide insaisissable des chansons dont on a gommé les contours. Même le grain de sa voix, mûr et juteux, est difficile à situer. Le point d’ancrage de cette houle mélancolique c’est l’harmonica, précis, argentin, presque dur et terriblement sentimental. Vincent Bucher est l’un des plus beaux harmonicas français, un pays où les maîtres à souffler sont si nombreux qu’on les sert sur des lasagnes. Il a beaucoup papillonné avant de sortir son premier album solo. Il brillait déjà en duo avec le guitariste franco-malgache Tao Ravao, et fait aujourd’hui partie du fabuleux Heritage Blues Orchestra. Bucher a trouvé ce label néerlandais, il a une équipe de spécialistes : ses hommes Jérémie Tepper et Christophe Garreau (guitare, basse), il a Slim Batteux (orgue) et le grand batteur américain Dany Montgomery, qui a le bon goût de ne pas s’appeler Organeux et qui atterrissait à Paris au moment du casting. Pour pasticher Henri Michaux, il manque au blues français un grand fleuve. Cet album en porte le regret.
Christian Casoni

Walter Trout
The blues came callin'

Genre musical: Blues-rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

La maison de disque nous dit que ce nouvel album a été comme une thérapie pour Walter Trout. L’enregistrement s’est terminé quelques semaines avant qu’il soit hospitalisé en attente d’une transplantation du foie au début 2014. Le CD propose 12 nouvelles chansons, dont 10 originales. Une a été écrite par John Mayall pour l'occasion et Trout reprend un titre de JB Lenoir (‘The Whale’). Cette nouvelle production a été vécue comme une introspection pour Walter Trout en quête de ce qui le touche le plus ; l’occasion pour lui de poser un nouveau regard sur sa vie tout autant que sur sa carrière. Et on peut deviner en filigrane comme un désir très fort de revenir sur scène et de faire ce qu'il aime le plus. On imagine que Trout a vécu des jours meilleurs et, s’il est diminué physiquement par la maladie (il a perdu 50 kilos), au niveau guitare il y a toujours cette technique brillante, et l’on sent que la passion est intacte. Guitariste inspiré et novateur, Walter Trout nous offre encore ce style musclé et puissant d’un blues-rock qui ne dédaigne pas une touche jazzy de temps à autre.  Incisif, nerveux, accrocheur, comme à son habitude l’artiste nous livre un enregistrement haut de gamme ; c’est carré, efficace, plein d’énergie et de bonnes vibrations. Le guitariste impose sa marque et on se laisse embarquer.
Gilles Blampain