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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

JUIN 2017

Beauty and the Beast
Something new

Genre musical: Folk, pop, country, bilingue
Label : QUART DE LUNE
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

Depuis le temps qu’on les voyait sur scène, on se demandait quand un album verrait le jour. Eh bien voilà, nous sommes servis. En 2011 le duo a déboulé dans le paysage et a enflammé quelques scènes nationales et étrangères. Roxane Arnal est la Belle et Michel Ghuzel la Bête. Guitare, mandoline, ukulélé, contrebasse, harmonica, percussions n’ont pas de secret pour eux. Ils utilisent chaque instrument avec une réelle dextérité et un brio certain. Mais ils ne se sont pas privés pour autant de la compagnie et du talent de Jean Jacques Milteau (harmonica), Dragan Ulric (violon alto), Didier Lefebvre (Dobro, lap steel), Pascal Freslon (guitare électrique), David Lewis (cuivres et claviers) et Duncan Roberts (batterie), pour certains titres. Roxane Arnal et Michel Ghuzel signent conjointement les 11 titres du CD. En anglais et en français les mots dansent joyeusement, le chant est dynamique et entraînant. De belles harmonies naissent de la subtile alliance de leurs voix. Ambiances folk, pop, jazzy, pour des histoires, tour à tour humoristiques, nostalgiques, poétiques. Un album high class où tout est finement ciselé. Plein d’enthousiasme et très inspiré, il se dégage de ce CD une réelle allégresse et le soin apporté à la qualité du son est un atout majeur. On laisse entendre que les titres du prochain enregistrement sont déjà écrits. On a hâte !
Gilles Blampain

Chuck Berry
Chuck

 

Genre musical: Ric-rac’n’roll
Label : DECCA
Distributeur : UNIVERSAL

C’est grâce à Chuck que les rock critics (ha ha) palpent de somptueux émoluments, tiennent un rang social très envié, brillent dans la société des princes, une déesse du gotha pendue à chaque bras, nemrods de la chose riffée dont les pop-stars du monde entier implorent l’avaricieuse clémence. Et Chuck l’eût fait sans doute si le trépas ne l’avait opportunément soustrait à l’ingratitude de ses obligés car, enfin, son album posthume… Comment dire… Attend-on qu’à 90 ans, après 38 années de coma discographique, il revienne avec ‘Johnny B. Goode’ et la fraîcheur du débutant dans le même baluchon ? C’est pourtant ce qu’il réussit sur ‘Big Boys’, mais il ne réitère pas l’exploit neuf fois d’affilée. Sur un album de dix plages on est loin du compte. Le disque commence et finit bien. Un mid-tempo cool pour ouvrir, puis ‘Big Boys’, et deux confessions magnétiques pour fermer, ‘Dutchman’ et ‘Eyes Of Man’. Entre ces extrémités ballotte un gros ventre mou dans un phrasé sans élégance, une version laborieuse de ‘You Go To My Head’, une prise live sur un rythme de valse, beaucoup d’œillades complaisantes à son œuvre, une réunion trop dynastique (la fille, le fils, le petit-fils), avec trop de guitaristes qui placent trop de petits solos à la Chuck. Ceci dit, celui de ‘She Still Loves You’ est particulièrement bien, mais perdu dans un repli du grand affaissement central. « In my day my music was considered superb »,énonce-t-il sur ‘Dutchman’, ce n’est hélas plus son jour depuis longtemps, et ça ne le sera jamais plus. Avec ‘Big Boys’ et ‘Dutchman’, reste quand même la valeur d’un très bon 45-tours. A l’échelle de la légende, c’est plutôt bien.
Christian Casoni

Colter Wall
Colter Wall

 

Genre musical: Blues, folk, bluegrass
Label : YOUNG MARY'S RECORD
Distributeur : THIRTY TIGERS

Question musique, indice sur votre écran : j'ai une voix rauque, profonde, manifestement abîmée par la clope et/ou l'alcool et/ou les nombreuses représentations faites ici et là dans des endroits souvent pas très fréquentables. Je viens d'Amérique du Nord, j’ai grandi dans les vertes et grandes plaines du centre et porte une barbe sauvage, je suis ? Je suis ? Je suis ? Johnny Cash ! Non ! Tom Waits ! Non ! Calvin Russell ! Non ! Je donne ma langue au chat. Eh bien, aucun de ces vieux briscards. Cette voix improbable est celle d'un nouveau venu, Canadien de 21 ans établi au Kentucky: Colter Wall ! En revanche, on est clairement dans la lignée de ses illustres prédécesseurs. Au-delà de la musique langoureuse qu'on pourrait écouter en plein air au clair de lune en sirotant tranquillement un bon vieux whisky au milieu de volutes de fumée, et bien c'est sur cette voix qu'il faut s'arrêter. Ténébreuse, rugueuse, brute. « Thirteen Silver Dollars » ou « Me And Big Dave » résonnent encore de ce timbre si particulier. Entouré de Dave Cobb à la guitare, Chris Powell à la batterie et Mike Webb au piano, Colter Wall est apparu au célèbre festival SXSW d'Austin. C'est son premier album mais il montre déjà une réelle maturité dans le rythme et la musique. Fascinant finalement !
Tristan Sicard

Don Joe Rodeo Combo
Anciens Westerns

Genre musical: Rock, pop
Label : POP SISTERS
Distributeur : PIAS

Sortie du deuxième album du trio toulousain. Il semblerait que pour cet enregistrement, le groupe ait mis de côté (momentanément ?) les grosses guitares tout à fond au profit d’un son plus pop sans le côté péjoratif du terme. De chouettes textes qui ne sont pas sans rappeler l’homme à la tête de chou, et un hommage appuyé, sur un titre, à Link Wray (instrumental). Sur le reste de l’album, c’est basse bien ronflante et un guitariste (Don Joe) qui nous tricote des petits arpèges rockab façon Scotty Moore, excusez du peu ! Bref ça rock, ça roule, gentiment mais nerveusement. Le genre de CD idéal pour faire le trajet Bruxelles-Bordeaux de nuit, d’une traite et sans s’endormir. Super prod aussi, et mention spéciale au titre ‘D’où Jamais On Ne Revient’ avec ses charmants ‘hou hou hou’ assurés par les girly Rodeonettes. Petit bémol quand même ; pourquoi ce tic vocal plus que prononcé sur 2/3 chansons qui font de suite penser au frontman des Innocents ? Une manière de toucher un public moins enclin aux décibels tonitruants ? De toute manière, un band à voir dans un bar ou un club de préférence enfumé...
Pierre Ivanov

Ecstatic Vision
Raw Rock Fury

Genre musical: Space rock
Label : RELAPSE RECORDS
Distributeur : www.relapse.records

Lemmy pas mort ! Celui d’Hawkwind, en tous les cas. Voici Ecstatic Vision, et son Raw Rock Fury au titre on ne peut plus explicite, pour un voyage sans retour dans l’espace. Doug Sabolick (guitare déviante, orgue vengeur, chant furibond), Michaël Field Connor (basse obsédante), Jonathan Crouse (batterie cloutée) viennent de Philadelphie, sévissent depuis 2013 et ont publié un premier album en 2015, Sonic Praise. Celui-ci exploite la même veine, entre Hawkwind donc, The Stooges et le Kraut rock. La bien nommée ‘Intro’ ne dure que seize secondes, et puis c’est ‘You Got It Or You Don’t’, envol immédiat dans un vaisseau spatial déglingué, manœuvré par un savant fou. ‘The Electric Step (Pt. 1 & Pt.2)’ est un pilonnage en règle, et déjà vous en êtes à rassembler les miettes de votre cerveau, impitoyablement concassé. ‘Keep It Loose’ : primal, stoogien (sur scène, où ils sont plus qu’impressionnants, ils proposent une version dantesque de ‘TV Eye’), déluge sonore à la puissance infernale. Enfin ‘Twinkling Eye (Pt. 1,2 &3), entêtant, convulsif, séminal. S’il ne renouvelle pas le genre, Ecstatic Vision a tout pour plaire aux amateurs de course épique – au risque de ne pas en revenir indemne. 
Marc Jansen

Ivor S.K. 
Montserrat

Genre musical: Blues coloré
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby

De la nonchalance et du sourire pour cet Australien de vingt-sept ans, auteur, compositeur, interprète et multi instrumentiste, puisqu'il tient (et plutôt bien) la guitare, le chant, la basse, la batterie et les percussions. Avec sa voix qui accroche, légèrement voilée, il chante souvent sur des rythmes chaloupés, de ceux que l'on trouve du côté des Caraïbes et ce mélange de blues et de musiques Caribéennes donne une chaleur bienfaisante communicative. Ce premier album est le genre de CD que l'on se plaît à écouter en boucle quand on a un besoin urgent de se changer les idées. Un petit voyage, hommage à l'île de  Montserrat sous forme de jump blues avec 'Montserrat' en guise d'amuse-gueule. Une coloration reggae avec slide incorporée pour 'I Been Had' une autre ambiance, acoustique, en picking a pour nom 'Indianola', une autre encore avec du country blues tranquille, c'est 'Ain't No Cross'. Si vous voulez du swamp blues, on a ça en rayon avec 'Take The Good With The Bad'. On a aussi un peu de vague à l'âme avec 'It's Raining'. En fait, on a toute une palette de couleurs, la vie, mais tranquille, quoi.
César

Janiva Magness
Blue AgainDon’t Give Up On Love

Genre musical: Blues classics
Label : BLUES ELAN RECORDS
Distributeur : janivamagness.com, Amazon, cdUniverse

Pourquoi, oui pourquoi seulement six titres ?  Six reprises qui ont fait vibrer Janiva Magness et qu'elle interprète avec une sensibilité non feinte et des orchestrations pleines de feeling. Cette chanteuse nominée pour un Grammy et détentrice de sept Blues Music Awards sait choisir ses musiciens, dont certains sont des habitués de ses albums comme Gary Davenport à la basse, Zach Zunis à la guitare et Matt Tecu à la batterie. Un second guitariste a été engagé, Garett Deloian, ainsi que l'organiste Alex Schierbaum.  On a aussi quelques coups de main de la part de Kid Ramos sur le premier titre 'I Can Tell' et sa rythmique cisaillée où il faut au moins tout ce beau monde pour accompagner la puissance de chant de la patronne. Sur le second titre 'I Love You More Than You'll Ever Know', immortalisé par Blood Sweat and Tears, la douceur alliée à la lenteur font de ce titre une ode à la sensualité. Sur le troisième morceau, Sugaray Rayford a prêté sa voix pour entonner 'If I Can Have You' et c'est un duo fabuleux qui chante ce titre d'Etta James. Les trois titres restants sont le vitaminé 'Tired Of Waiting', 'Buck' où T.J. Norton joue de l'harmonica, et enfin, pour terminer, du funk blues avec 'Pack It Up'. Mais pourquoi, sur ce douzième album, seulement six titres ?
César

Jean-Christophe Pagnucco
Une Raison De Vivre

Genre musical: Country-folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : https://www.facebook.com/jcpagnucco

Folk ? Country ? « Comme pour Johnny Cash : les folkeux trouvent qu’il sonne country et les amateurs de country, qu’il sonne folk. » Jean-Christophe Pagnucco, bassiste des Witch Doctors, a lu toutes les biographies des chanteurs américains publiées depuis l’invention de l’imprimerie, il connaît 621 versions de ‘Don’t Think Twice It’s Alright’, et toutes les chansons sentimentales qui ont pu être enregistrées, outre-Atlantique, des années 20 à nos jours. « Certains font des sudokus, moi j’adapte en français des chansons américaines, en m’attachant à conserver la métrique, la sonorité et le sens. Je peux m’approprier ainsi des œuvres que j’adore. J’en ai des tonnes dans les tiroirs. Pour ce disque, j’en ai retenues cinq : ‘Long Black Veil’, la version de Johnny Cash (‘Personne Ne Sait), ‘Sunday Morning Coming Down’ de Kristofferson (‘Seul Au Monde’), ‘How Can A Poor Man Stand Such Times And Live’ de Blind Alfred Reed (‘A Quoi Bon Se Donner Toute Cette Peine Pour Vivre’), ‘I’m So Lonesome I Could Cry’ de Hank Williams (‘Où Que j’aille’), et ‘Reason To Believe’ de Springsteen (‘Une Raison De Vivre’). » Et comme il enregistrait ces reprises, huit compositions sont venues dans la foulée et dans le même esprit. Le folk introspectif peut vite devenir lugubre et fatigant, et JCP n’y va pas avec le dos de la prise de chou dans la contemplation existentielle. Il connaît cependant les pièges de l’exercice et sait ce qu’il ne faut pas faire. D’accord, l’album est une confidence qu’il s’adresse d’abord à lui-même, « la vie qui va, le temps qui passe », mais le Normand n’y traîne pas les savates en pyjama, le mégot sur l’oreille. Il s’offre un album émouvant, digne, humain (c’est la moindre des choses quand on prétend faire du folk). Plusieurs précautions sortent le disque de la sinistrose tant redoutée. Déjà, il contient peu de chansons vraiment lentes. Surtout des mid-tempos. Ensuite un chant clair, l’énergie discrète de la voix, la sobriété bien équilibrée des constructions, ni trop nues ni trop parées, juste ce qu’il faut pour loger une mélodie bien cousue et un texte écrit par quelqu’un qui sait traduire une émotion, simplement, comme savent le faire les auteurs de country, autant d’éléments qui tissent une narration fluide et, mine de rien, plutôt virtuose. JCP chante, gratte acoustique et joue la basse. Choubrac gratte acoustique, électrique, slide la lap, la steel, et programme les batteries. On pense inévitablement à Cabrel et aux meilleures faces B de Johnny Hallyday et d’Eddy Mitchell dans leurs grands jours. C’est à la fois très français, très américain, et beau comme un souvenir quand, la résignation ayant fait son œuvre, subsistent un regret cotonneux, une douleur résiduelle presque rassurante et le rayon d’une mélodie. Quelque chose comme ‘City Of New Orleans’.
Christian Casoni

Jim Jones & the Righteous Mind
Super Natural

Genre musical: Raw rock’n’roll
Label : HOUND GAWD RECORDS
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

On en connaît qui ont pleuré la fin de la Jim Jones Revue, au son du « dernier groupe de rock’n’roll encore en activité » (air connu). C’est bien sûr tout à fait réducteur : en fouillant un peu – en faisant preuve d’un minimum de curiosité – on trouve encore à l’heure actuelle nombre de combos énervés, propres à ravir l’amateur de sensations fortes. Revoici pourtant Jim Jones à la tête d’un nouveau projet, et en fait les choses sont fort simples, puisque le bonhomme reprend l’affaire là où il l’avait laissée à la sortie de The Savage Heart (en 2012, déjà !)… On n’est donc plus dans le r’n’r basique sous influence directe Little Richard/Jerry Lee Lewis, mais, si l’ombre plane encore et toujours sur l’ensemble, ces gens continuent d’afficher certaines envies d’émancipation. Le groupe étant actif depuis 2014, quelques titres sont connus de longue date, tels ‘Aldecide’ ou ‘Boil Yer Blood’, au centre de ce premier album, à l’imagerie bien sombre ma foi. Il y a tout de même un maximum d’inédits, à commencer par ‘Dream’, qui assure une parfaite transition avec la défunte revue. Puis surtout la meilleure plage de l’album, le renversant ‘Base Is Loaded’, une pièce de plus de six minutes, furieuse, dévastatrice, aux changements d’atmosphère redoutables. On épinglera aussi ‘No Fool’, sauvage, crucial, où le leader hurle comme un damné sur un riff implacable, hyper répétitif. Deux pauses bienvenues dans toute cette furie, ‘Shallow Grave’ et ‘Everyone But Me’, ce qui n’est évidemment pas le cas d’un titre comme ‘Heavy Lounge’.  Les orphelins sont rassurés…
Marc Jansen

Jim Roberts and the Resonants
Beneath the blood moon

Genre musical: Blues, Rock
Label : KKP RECORDS
Distributeur : CdBaby, iTunes

Une trajectoire particulière pour cet artiste. Le type compose et joue depuis les seventies, puis au début des années nonante, le voilà qui laisse tomber la guitare pour le colt. Pendant seize ans, il sera officier de police et en 2012 il retourne à fond à ses passions. Un premier album sortira sous un autre nom (The Jack Robert Harvey Band) Mike Harvey étant le batteur qui l'accompagne également sur cet album. Deux bassistes se sont partagés la quatre cordes, Rick Hollander et Tony Jack Grigsby. Pas que du Blues sur ce CD, de l'Americana et un esprit sudiste de belle facture planent sur cette galette et comme si la guitare slide de Jim Roberts ne suffit pas, un autre slideur, Grant Cihlar est invité sur un titre au tempo bien appuyé 'Dog Done Bit My Baby'. D'autres invités sont présents sur ce disque. L'accordéoniste Nathan Rivera apporte une touche de nostalgie sur 'May All Your Regrets Be Small'. Felix Flanagan, l'harmoniciste soutient la guitare sur un titre sorti des marais ‘The Hell Hound's Due'. Quant au vieux routard des claviers, Mike Finnigan, on le retrouve sur trois titres soit à l'orgue Hammond B3 ou au piano, généralement sur des morceaux qui pulsent Southern Rock, mélodieux et pêchus 'Beneath The Blood Moon', 'Gold Train Fever', 'Red Lips And High Heels'. Oui, Jim Roberts aime définitivement son grand sud 'Southern Hospitality' que ce soit avec une slide guitar ou une cigar box.
César

John McNamara
Rollin' with it

Genre musical: Soul, blues
Label : BAHOOL RECORDS
Distributeur : http://johnmcnamarablues.com/, CdBaby, ITunes, Amazon

Tout simplement une tuerie pour qui aime le rhythm’n’blues, la soul music et le blues. Ce guitariste chanteur Australien à la voix limée, râpée, faîte pour ce style de musique semble sorti tout droit des années d'or du rhythm and blues. Il faut dire qu'il est entouré par une équipe triée sur le volet et épaulé par un arrangeur coproducteur de ce CD qui est aussi le clavier du groupe (Lester Snell) qui a joué avec Albert King et Isaac Hayes. Le batteur, Steve Potts, a œuvré aux côtés de Booker T and the MG’s. Le second guitariste a été avec Bobby Bland ainsi qu'avec les Bar-Kays. Le bassiste est James Kinard ancien sideman d'Albert King et avec ce beau monde on pose une section cuivre (une trompette et deux saxos -un ténor et un baryton) et deux choristes. Impossible de rester de glace. Ce type a des intonations de Ray Charles dans des titres comme ‘Bad Reputation’ ou ‘Suffering With The Blues’ (reprise de Little Willie Johnson). Son interprétation du ‘Security’ d'Otis Redding est quasi aussi bonne que celle du maître, quant à ‘Ask Me Nothing’  de Bobby Bland, le garçon souffre autant qu'il fait souffrir sa guitare. Outre les quatre reprises de cet album, six compositions toutes d'excellente facture, vous poussent à claquer des doigts comme ceux que l'on entend dans ‘Under The Weight Of The Moon’. Enfin, John McNamara a été demi-finaliste à l'International Blues Challenge 2015, pas étonnant quand on sait qu'il joue avec la crème des musiciens de studio de Memphis. 
César

Laura Tate
Let's just be real

Genre musical: Blues jazzy coul
Label : 811 GOLD RECORDS
Distributeur : CD Baby, www.musicbylauratate.com

Laura Tate, la classe naturelle avec une petite pointe de sophistication. Cette Texane est actrice, chanteuse et pour son quatrième album nous propose des chansons dont les sujets tournent autour de l'amour. Les arrangements à tendance jazzy avec une section cuivre réglée au quart de poil sont dus au bassiste producteur Terry Wilson. Le piano omniprésent, ainsi que le B3 réagissent sous les doigts de Jeff Paris. Pour la guitare, Billy Watts qui joue avec beaucoup de finesse a été choisi et le batteur n'est autre que l'excellent Tony Braunagel. L'interprétation de la douzaine de titres figurant dans cet album met en avant le côté sexy et précieux de la chanteuse. Vous n'en croirez pas vos oreilles en découvrant le fameux 'Boys Are Back In Town' de Thin Lizzy dans une version soft. 'If That Ain't Love' et 'Wildest Dream' ont un côté sucré qui contraste avec le  swing irrésistible de 'Big Top Hat' mais toujours avec un côté robe fourreau et coupe de champagne. Alors quand elle se met à chanter 'I Need A Man', forcément, on a tendance à tomber sous le charme de cette Texane ensorceleuse et de son band tout entier dévoué à sa cause... L'amour.
César

Micki Free
Tatoo Burn-Redux

Genre musical: Blues, Soul, Rock
Label : MISTERIUM BLUES RECORDS
Distributeur : DARK IDOL MUSIC

Quand on sait tout faire avec une guitare, il est normal de collaborer avec des gens comme Bill Wyman, Gene Simmons, Diana Ross, Prince, Carlos Santana, Cheap Trick, Billy Gibbons et bien d'autres. C'est le cas de Micki Free, moitié Comanche, moitié Cherokee, qui pendant une dizaine d'années a été guitariste pour Shalamar. Il a remporté par cinq fois le Native American Music Award et on peut le considérer comme un Hendrix du XXIème siècle mais dans un domaine musical plus diversifié. Son album commence avec un titre funk 'God Is On The Phone' chanté par Howard Hewett, invité sur ce titre, suivi par 'Tatoo Burn' blues lent qui fait penser à du ZZ Top côté guitare. Micki Free a tout assimilé des gens avec qui il a travaillé et le restitue avec son propre feeling. Billy Gibbons est une de ses idoles et ça se sent. Les parties de basse ont été jouées par quatre musiciens différents, Bill Wyman, Jack Dailey, Kenny Gradney et David Santos. Quant à la batterie, David Lopez et Cindy Blackman-Santana (épouse de Carlos) se partagent le boulot. La chaleur des sons du Fender Rhodes et de l'orgue Hammond atténue le mordant de la guitare de Micki Free sur certains morceaux comme 'Six Feet Down In The Blues' alors que fuzz et wah wah se déchaînent sur d'autres, tel 'There's A Hole In The Heart Of The Blues'. 'Hey Baby' nous plonge dans un esprit fin 60's avec un univers complètement hendrixien. Je crois qu'en ce qui concerne Tatoo-Burn-Redux, l'essayer, c'est l'adopter.
César

Patty Reese
Let in the sun

Genre musical: Blues, rock
Label : AZALEA CITY RECORDINGS
Distributeur : CdBaby, FCC Clean

Patty Reese est une chanteuse guitariste à la voix puissante qui sait aussi être tendre et qui s'exprime dans de différents styles tout en gardant sa patte personnelle. C'est sûrement ce qui lui a valu de gagner pas mal d'Awards dans la région de Washington pour sa voix, ses albums...  Let In The Sun est son quatrième album qui comprend onze titres dont deux belles reprises. L'une de Bob Dylan 'Don't Think Twice It's Alright' à qui elle donne une dimension Soul et 'Goodbye' de Steeve Earl dans une interprétation très douce accompagnée juste par un duo de guitares (acoustique et slide) Le premier titre est une chanson à consonance swamp  blues 'It's Too Late For Me' alors que le second, 'Your Love', sonne blues texan. La tension monte avec la troisième plage 'Soul Satisfier' une grosse tuerie funk pleine de cuivres, de guitare wah wah avec solo de trombone incorporé. Patty Reese calme ensuite le jeu en nous susurrant 'I Won't Let You Down' dans une ambiance jazzy.  'Open A Window, Let In The Sun' est capté live sans overdub, c'est un gospel tout aussi joyeux que son 'Awesome Sauce' qui est Cajun et épicé. Un petit air de country avec 'I Hear A Lie' et toujours avec l'aide de son guitariste Jonathan Sloane. Comme on peut le voir, madame Reese est chez elle dans tous les styles.
César

Penguin Café
The Imperfect Sea

Genre musical: Musique repetitive
Label : ERASED TAPES
Distributeur : LA MISSION

Le Penguin Café Orchestra (PCO) était le fruit de la rencontre du guitariste Simon Jeffes et de la violoncelliste Helen Liebmann en 1973. Pour l'anecdote, Simon Jeffes a collaboré, pour les cordes, au 'My Way' de Sid Vicious! Mais le PCO était tout autre. Musique d'avant-garde, entre folk européen et musique répétitive, influencée aussi bien par Philip Glass que par Steve Reich. Le concept était un lieu, un café, où chacun, pouvait libérer son inconscient, dans la tolérance, la spontanéité, l'inattendu et l'irrationnel. Un café psy, en quelque sorte, où on pouvait boire des breuvages, la tête enfouie dans un masque de pingouin, à l'instar des pochettes de disques du groupe. Le 1er album sortira en 1976 sous un label créé par Brian Eno. Le PCO fera dans la foulée la première partie de Kraftwerk, deviendra également célèbre pour l'utilisation de sa musique dans la publicité, Eurotunnel, par exemple. Mais le Pingouin s'écroulera en 1997. Après avoir influencé des gens comme Pascal Comelade, Durutti Column, A Silver Mount Zion et tant d'autres, Simon Jeffes décède brutalement. Aujourd'hui son fils, Arthur, a pris la relève, et il semble, que sa mission est de perpétuer l'œuvre de son père. Mission accomplie avec  cette 'Imperfect Sea', tant nous sommes dans le même univers que le PCO. En 2009, le Pingouin Café (tel est le nom aujourd'hui) s'est même produit au Royal Albert Hall. Il continue aujourd'hui à composer dans ce style avant-gardiste, un peu à la Michael Nyman. Beaucoup de cordes, de piano, d'instruments divers comme des kalimbas, des loops de sons expérimentaux, cette musique acoustique invite à la rêverie. 'Cantorum', un des sommets du disque, est un bijou fait de boucles de violons, une mélancolie à la Steve Reich. Suit 'Control 1', titre aquatique, 30 mètres en apnée à la manière de Brian Eno. 'Franz Schubert' est de Kraftwerk, mais ici avec des instruments acoustiques. Étrangement, l'effet rendu est le même qu'avec les machines des hommes de Düsseldorf. Un titre du papa Pingouin tout de même : 'Now Nothing (Rock Music)'. Ici on est plus près de Chopin meet Eno que des Sex Pistols! L'excellent 'Wheels Within Wheels'  a été écrit par le duo électronique Simian Mobile Disco. Les autres titres sont des compositions d'Arthur Jeffes. Sont conviés à l'œuvre des gens comme Neil Codling de Suede ou Cass Browne de Gorillaz. Pour ma part, je suis depuis des lustres un inconditionnel de la musique du Penguin Café Orchestra, et c'est avec surprise que je découvre aujourd'hui le travail de son fils. Une question que je me pose souvent : le talent est-il héréditaire ? Il semblerait que ce soit oui chez les Pingouins musiciens.
Juan Marquez Léon

Polly O'Keary and the Rhythm Method
Black crow callin'

Genre musical: Blues, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.pollyokeary.com/

Madame O'Keary n'est pas là pour faire tapisserie. Voix puissante et basse à cinq cordes vibrante, elle a l'air d'être la chef de bande de ce trio dont les deux autres membres sont aussi d'excellents musiciens. Le batteur Tommy Cook l'accompagne à la scène comme à la ville et a joué avec elle dans le groupe  Too Slim and the Taildraggers pendant quatre ans. Quant au guitariste, David Miller, c'est un as de la Strato qui peut partir dans de longs dialogues guitaristiques comme dans 'Black Crow Callin''  titre très lent où le solo est bien amené par la tension créée par la voix de la chanteuse. Sur ce titre, Jim McLaughlin a placé son harmonica. On a aussi en soutien Eric Roberts au piano sur le premier titre 'Hard Hearted Woman’ qui donne envie de danser le rock grâce à la guitare qui arrache et à la meneuse de revue qui assure. Pour le second titre 'A Man Who Can Stand' on serait plutôt dans un registre rhythm and blues sans cuivres. Quant à 'Red Light' c’est une vraie locomotive avec en prime le Hammond B3 de Norm Bellas qu'on retrouve dans 'Reconcilied' un titre lent de six minutes où P. O'K nous montre encore la puissance de son coffre et David Miller confirme qu'il a le médiator bavard et léger. Un coup de funk avec 'Plan B' où une section cuivre bien carrée donne les coups de pied au cul nécessaires. Vraiment du bon boulot pour ce quatrième album d'une chanteuse multi awardisée très bien entourée.
César

Ray Davies
Americana

Genre musical: Roots rock
Label : LEGACY RECORDS
Distributeur : SONY

Bien sûr, il faut se faire une raison : Ray Davies ne retrouvera jamais la grâce absolue des Kinks, et ne pondra plus de merveilles telles que ‘Days’, ‘Waterloo Sunset’ ou ‘Two Sisters’. Mais si l’on fait abstraction du passé, qu’on écoute cet album sans préjugé aucun, on ne pourra qu’être séduit. Americana, c’est bien sûr le prolongement sonore de l’autobiographie du même nom, chroniquée à l’époque en ces colonnes. Où Davies décrivait ses relations d’amour-haine avec les Etats-Unis, où il est maintenant établi, cherchant à retrouver les racines de la culture populaire américaine. Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Parfaitement épaulé par les Jayhawks, groupe de country rockers stylés (comment pourrait-il en être autrement ?), il évoque à l’occasion ses rapports difficiles avec le pays hôte (‘The Invaders’, sur sa première tournée américaine - désastreuse, on le sait -  ou ‘The Deal’, soit une série d’impressions sur les States). Il y a donc de la country (‘Americana’), mais pas que… Les ballades sont en nombre (épinglons ‘Message From The Road’, avec la claviériste des Jayhawks, Karen Grotberg), les plages kinksiennes aussi (‘A Place In Your Heart’, ‘Poetry’, jusqu’à cette citation malicieuse de ‘All Day And All Of The Night’ en avant-propos de ‘The Man Upstairs’) tandis que le riff de ‘The Great Highway’ (et sa fille « with bright eyes like wishing wells ») rappelle le ‘Wild Thing’ des Troggs. Un album plus que digne, qui au-delà des titres les plus immédiats, révèle toutes ses richesses au fil des écoutes.
Marc Jansen

Robert Cray & Hi Rhythm
Robert Cray & Hi Rhythm

Genre musical: Soul blues, retro soul
Label : JAY-VEE
Distributeur : www.robertcray.com, Amazon,

Robert Cray écume les planches de la scène soul-blues depuis plus de 40 ans. Il a, on peut le dire, contribué au style avec ses sonorités chaudes et dépouillées. Ce nouvel album, enregistré au légendaire Royal Studios de Memphis, est produit par son vieil ami Steve Jordan. Il y collabore avec l’institution locale : Hi Rhythm Section. Le tout nous donne un album aux couleurs soul et sensuelles. Robert Cray y propose un mélange de créations et de reprises (notamment, de Bill Withers (‘The Same Love That Made Me Laugh’), Sir Mack Rice (‘I Don’t Care’) et Tony Joe White (‘Aspen, Colorado’, ‘Don’t Steal My Love’), qui est intervenu personnellement sur ses compositions). Le tout constitue un magnifique hommage au courant soul-blues de Memphis avec des références évidentes aux artistes qui ont constitué le style tels Otis Redding, O.V. Wright, Al Green ou Wilson Pickett. Robert Cray est un grand guitariste, mais aussi un excellent chanteur. Dans ces deux domaines, il s’exprime avec sobriété, intelligence et efficacité.
Robert Bolaers

The Norvins
Turnin’ Around with the Norvins

Genre musical: Garage
Label : SOUND FLAT
Distributeur : https://thenorvins.bandcamp.com , Deezer  

Ils démarrent à bride abattue et ne décélèrent pas une seconde jusqu’au terme du douzième et dernier titre. Les auditeurs émotifs ne trouveront pas une ballade ni même un mid-tempo qui leur permettrait de récupérer. Ils devront se contenter des silences entre les plages pour reprendre leur souffle. Les mots magiques sont sûrement garage et Fleshtones. Ici, l’orgue et la fuzz n’ont pas le droit de refroidir. Mais il n’y a pas que ça. Ici, notre avis diverge de celui des Norvins. « Style inchangé, garage rock 60’s punk », nous dit leur bassiste, alors que nous discernons cette énergie blanche qui déferlait sur l’immédiat after-punk, quand les jeunes groupes anglais débarrassaient le rock’n’roll de sa mémoire blues, le premier jus de cette new-wave orchestrée avec une rage froide et des rythmiques tranchantes, le premier single d’XTC (‘Science Friction’), mais aussi le premier album des B52’s à cause de l’orgue, la courroie de transmission du disque qui ajoute un peu de pop à la colère. « Pas trop, en fait. Nous sommes très influencés par le rock garage américain des 60’s : Music Machine, Seeds, Sonics, Paul Revere And The Raiders, les groupes hollandais des 60’s : Outsiders, Q65, et les groupes revival des 80’s : Creeps, Miracle Workers, Chesterfield Kings, Fleshtones... La base, c'est le garage 60's. On lui ajoute une grande cuillère de punk 77. On essaie de faire des morceaux dansants, mélodiques, joués vite, plein de cris, de fuzz, de tambourins et de farfisa. » Bon, nous maintenons quand même notre sentiment : on a en même temps le débraillé tonique du garage, la précision et l’exigence de la new-wave naissante, et quelque chose comme un désespoir coloré dans les derniers feux d’une utopie rock, si caractéristique de ces années-là. En quatre albums, le premier en 2008, les Norvins sont devenus quasiment des légendes du garage punk pour les médias spécialisés. Leur nom sent bon la vitesse, le bitume et la chimère, Norvin désignant un châssis Norton sur moteur Vincent. « C’étaient des motos anglaises surpuissantes dans les années 60. » Augustes dans leur fureur, voici leurs teigneuses majestés Édouard Villard (chant, harmo), Maxime Chamfrault (guitare), Jean-Marc Rimette (orgue), Franck Shürhoff (basse) et Gerry Monroe (batterie). Neuf compos et trois reprises qui lèvent un coin du voile : ‘Love’ des Bad Boys, ‘She Was Gone’ des mystérieux No-Things et ‘Here I Am Here I Always Am’ du Captain Beefheart. Le pied de bout en bout.
Christian Casoni

Vin Mott 
Quit the women for the blues

Genre musical: Blues, r'n'b
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, Amazon

Amoureux du blues et des musiques roots, c'est par le biais de l'harmonica que Vin Mott a choisi de s'exprimer. Cet artiste sort son premier album accompagné par un quartet dont le guitariste Sean Ronan, compagnon de route de longue date avec qui il écumait bars, restaurants et tavernes. Dean Shot s'occupe de la basse et de la contrebasse, Andrei Koribanics est le batteur et sur quatre titres on trouve l'orgue de Phil Silverberg. Les amateurs de son vintage seront aux anges, on a l'impression d'écouter un disque enregistré il y a une soixantaine d'année, tant par le son que par le style. Cet harmoniciste de vingt-sept ans a parfaitement assimilé les leçons des héros de Chicago et de Memphis pour ses dix compositions, porte bien haut la flamme du blues et doit mettre le feu partout où il passe. L'instrumental 'Hott Mott's Theme' en est un exemple, tout comme le captivant  'I'm A Filthy Man' ou le rock 'Don't Make Me Laugh'. Ce garçon porte le poids du monde et se fait traînant avec 'The Factory' ou 'Living The Blues'. Vin Mott écrit, arrange et joue un blues pur jus dans toute sa splendeur que tous les aficionados de cette musique vont adorer. Ce type est promis à un bel avenir.
César

Volker Goetze Quintet
Bridges

Genre musical: Jazz fusion
Label : MUST HAVE JAZZ/MEMBRAN
Distributeur :
LA MISSION

Bridges, des ponts dressés entre l'Allemagne où est né ce trompettiste, New York où il vit depuis longtemps et, l'Afrique de l'Ouest, source d'influence pour la culture populaire américaine. Volker Goetze avait déjà réalisé un disque en duo avec le virtuose sénégalais de la kora, Ablaye Cissoko, que l'on retrouve ici sur 'African Child' et 'Ding Ding' où d'ailleurs il apporte son doux chant. Ces deux titres sont peut être les plus représentatifs de cette traversée entre East Coast américaine et West Coast africaine. Patrick Breiner (sax ténor) Josh Myers et Aidan Carroll (basse) Christian Torkewitz (piano) Richie Barshay et Bodek Janke (batterie) constituent ce quintet de jazz fusion.  De nombreux autres musiciens viennent se joindre à ce projet, amenant bata, baragabu, sabar, et autres, congas, sabar, tama et flûte, créant vibrations sonores d'outre-Atlantique et des lointaines côtes africaines. Alors que dans 'Mask', seules des percussions dialoguent avec une trompette voyageuse, des titres comme 'Funky One' électrifient cette dernière pour se rapprocher d'un certain Weather Report. Le titre éponyme rode plutôt du côté de la période Miles Davis années 1980 pour finir en jazz funky appuyé par un piano volubile. L'album se referme sur 'Devika', une complainte mélancolique et sentimentale. Un album vraiment plaisant et qui a la particularité de nous embarquer vers de lointaines contrées.
Juan Marquez Léon

Wicked
Crowling back

Genre musical: Heavy blues
Label : MARGOULIN PRODUCTION
Distributeur : soundcloud.com/user-244889018

Les trois musiciens français de Wicked nous proposent un album très anglo-saxon aux guitares puissantes et à la base rythmique solide. Tous les ingrédients y sont : des riffs lourds et accrocheurs, des compositions bien structurées et des mélodies mémorisables. Robin Millasseau au chant et à la guitare, son frère Mathias à la basse et Klet Beyer à la batterie forment un power trio efficace. Quelques parties de clavier assurées par Thomas Schaettel contribuent à harmoniser l’ensemble. Tout pour plaire, et ça plait ! Toutefois, un bémol vient un peu gâcher la fête : L’influence Black Keys est, selon moi, trop présente. Notre bon vieux rock & roll, on le sait, n’est constitué que de (re)créations puisant au répertoire du passé pour combiner de nouvelles formules, de nouvelles approches afin de surprendre nos cerveaux ramollis. C’est d’ailleurs à cet exercice que sont pliés Dan Auerbach et Patrick Carney pour mettre en place le son des Black Keys. Ici, la référence semble trop évidente. On cherche un peu l’effet de surprise et on a parfois du mal… Les options de mix et de production y sont pour beaucoup, notamment au niveau des voix. C’est dommage car Wicked possède toutes les qualités nécessaires. Avec un peu d’audace au moment d’emballer tout ça et le tour serait joué.
Robert Bolaers