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10/17
Chroniques CD du mois Interview: HOBOKEN DIVISION Livres & Publications
Dossier: COBRA RECORD Interview: CHEESE FINGER BROWN Portrait: JELLY-ROLL MORTON
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2015

Awek
9

Genre musical: Blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ABSILONE

Beethoven a eu sa neuvième symphonie, les Beatles ont eu leur ‘Number Nine’, Awek nous pond son « ». Hé oui, je l'ai faîte ! Ceci étant dit, après avoir fêté leurs vingt ans d’existence, ils se sont remis ardemment au travail pour sortir ce neuvième CD qui change des productions passées. Au contraire des précédents, enregistrés aux Etats-Unis celui-ci a été concocté dans un studio Français. Le son et le style sont plus « Brut de décoffrage ». Même l'habituel concepteur de leurs digipacks n'est plus présent. Cependant la patte Awek (La Pattawek)  est tout de suite reconnaissable. L'exemple frappant en est d'ailleurs le premier titre, pêchu à souhait ‘Pretty Little Liar’ avec son côté vaudou incendiaire. C'est avec le second titre qu'on peut remarquer la présence d'un premier invité en la personne du lumineux Julien Brunetaud qui tient, bien entendu, les claviers. Le second invité n'étant autre que le producteur de l'album, Zeb Heintz (guitares rythmique et slide). Sur cet album enregistré dans les conditions du live, Awek passe donc à six musiciens ce qui donne une force supplémentaire à ce combo d'exception. Ecoutez ‘Once Upon A Time’ une tuerie intégrale à la manière de John Lee Hooker et vous serez convaincus. A noter l'instrumental ‘Gaultier Rouge’ une composition de Stéphane Bertolino qui met en valeur l'harmoniciste. Mais le plus étonnant est qu'au bout de plus de vingt ans d'existence, Awek nous sort un titre en Français ‘Ma Chérie, Ma Chérie’ qui nous plonge dans une ambiance Louisianaise. La palette des styles abordés dans ce 9 est très diversifiée et vraiment, Awek ne reste pas les deux pieds dans le même sabot et continue à évoluer grâce à cette cure de jouvence musicale. Awek ? C'est avec du « vieux » qu'on fait du « 9 ».
César

Canned Heat
Songs from the road

Genre musical: Blues musclé
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Canned Heat bouge encore, le band n’est pas mort même s’il ne reste que Larry Taylor (guitare, basse et chant) et Fito de la Parra (batterie et chant) de la formation originelle. Les deux autres compères sont John Paulus (guitare et basse) et Dale Spalding (harmonica et chant). Cet album qui s’inscrit dans la collection Songs From The Road a été enregistré outre-Rhin en mars 2015 au club Harmonie à Bonn et laisse entendre un groupe de musiciens pointus qui font le job et qui assurent. Cependant un bémol de taille surgit lors de la reprise des hymnes du groupe ‘On The Road Again’ et ‘Going Up The Country’, la voix de fausset d’Alan Wilson qui a marqué profondément ces chansons n’est plus là et ça fait cruellement défaut. Il y a des souvenirs forts contre lesquels nul ne peut lutter. Dommage car d’autres (notamment Kitty, Daisy & Lewis) ont réussi ce tour de force avec ‘Going UpThe Country’. Mais il n’est pas question de bouder son plaisir car pour ce qui est des autres titres, rien à redire au niveau qualité, interprétation, feeling, tout est là pour un blues puissant et groovy à souhait. Et bien sûr avec ce genre de musiciens, boogie et rock’n’roll ne sont jamais bien loin. Le CD (78 mn) affiche 14 titres et le DVD (1h 32mn) en aligne 16.
Gilles Blampain

Faris
Mississippi to Sahara

Genre musical: Blues du désert
Label : REAKTION/WRASSE RECORDS
Distributeur :
UNIVERSAL

Le blues rural du Delta a ses racines en Afrique de l'Ouest. Alors que celui-ci mutait au contact du sol américain, de sa rencontre auprès de différentes cultures, celles des natifs américains, ou des migrants du continent européen, de la technologie aussi, les musiciens Touaregs du Sahel et du Sahara furent influencés à leur tour par le blues du Delta qu'ils écoutaient sur des minicassettes via des C90 ou C60. Ainsi, on écoutait aussi Muddy Waters dans le désert ! Le parallèle entre le 'Dark Was The Night - Cold Was The Ground' de Blind Willie Johnson et le jeu de guitare d'un grand représentant du blues du Mali, Ali Farka Touré, est évident. Ry Cooder l'avait déjà bien compris... D'ailleurs, le blues, cette souffrance d'être arraché à sa terre, loin des siens et ressentie par les noirs américains se nomme Assouf chez les Touaregs. C'est ce sentiment qui sourd de cet enregistrement audacieux. Le défi était de transposer des classiques de Son House, Skip James, Vera Hall (le 'Trouble So Hard' déjà revisité électro par Moby!), Fred McDowell, Muddy Waters, etc... en Tamashek et dans le style Touareg. Pari réussi pour Faris, musicien Italo-Algérien. Il s'accompagne de guitares acoustiques, électriques ou d'une lap steel Weissenborn. Et, comme pour bâtir un pont spirituel et de fraternité entre les deux continents, Leo Bud Welch (Fat Possum), le plus qu'octogénaire musicien du Mississippi est présent sur deux titres. Magnifique ! 
Juan Marquez Léon

James Leg
Below the belt

Genre musical: Blues rock
Label : ALIVE NATURALSOUND
Distributeur :
DIFFER-ANT

Second opus pour James Leg, de son vrai nom John Wesley Myers, la voix plus que rugueuse des Black Diamond Heavies, un duo blues punk décapant qui savait sortir des sentiers battus (je vous engage à (ré)écouter toutes affaires cessantes leur version de 'Nutbush City Limits'). James Leg, c'est donc une voix, mais aussi dix doigts (une chance !) avec lesquels il martyrise sans pitié les touches de son clavier. L'aventure Black Diamond semble bel et bien terminée, ce qui n'altère en rien l'enthousiasme de ce fils de pasteur, nourri au gospel et au blues. Below The Belt donc, à ne pas confondre avec l'album du même nom, sorti en 2010 par le rocker canadien Danko Jones. Au piano Rhodes ou à l'orgue Hammond, Leg passe en revue les styles qu'il affectionne, titres originaux ou reprises bien senties. 'Can't Stop Thinkin' About It', des Dirtbombs - accompagné par  Left Lane Cruiser - 'Dirty South' ou 'Class Jaw' rappelent les BDH dans leurs moments les plus heavy. Mais il y a aussi des trompettes mariachi (‘Casa De Fuego’), du blues teinté de gospel ('Up Above My Head' de Sister Rosetta Tharpe) ou de la country bringuebalante (‘Drink It Away' et son piano bastringue). Sans oublier une version décoiffante du titre de Cure, 'A Forest', et en final 'What More',un vrai slow aux accents soul, poisseux à souhait, du genre qui vous transporte dans un club enfumé, quand la nuit s'achève sur un paysage désolé.
Marc Jansen

Jodie Marie
Trouble in Mind

Genre musical: Soul douce
Label : StudiOwz
Distributeur :
MODULOR

La première écoute laisse l’impression d’un album 100 % ballades, et c’est vrai que les vagues mélancoliques se succèdent sous un clair de lune permanent. Heureusement, la deuxième écoute fait saillir les galbes d’une musculature fusiforme qui nous avait échappé. On entend alors la soul, les mélodies fatales, les arrangements capiteux et l’ampleur des mouvements. La voix prend du caractère, les démonstrations du premier titre deviennent anecdotiques. La feuille de présentation parle de soul-pop, on ne peut qu’y souscrire. Les chœurs, les ciels de cuivres jettent des clins d’œil à de vieux charts révolus, une guitare électrique réveille sporadiquement certaines torpeurs d’un solide coup de blues. C’est un très bel album, dont la finesse n’a rien de niais. La jeune Galloise tient aussi le piano et le Wurlitzer, et enchaîne ces petites épopées intimes qui tracent, au bout du compte, une petite odyssée soul. La feuille de présentation la compare à Duffy, on pourrait aussi bien citer Adele, Sinead O’Connor, ou de nombreuses chanteuses noires qui alimentent, aujourd’hui, les statistiques de la silver economy… Joddie a « l'inflexion des voix chères qui se sont tues ». Autour d’elle, des batteries (Jack Bedis et Toby Couling), des basses (Tom Sinnett), des orgues (Joe Webb et Daniel John Montaigu Smith), des guitares (Jimmy Brewer), saxo, trombone, trompette, bugle… Et à la troisième écoute, c’est le disque sur lequel on fait des enfants !
Christian Casoni

John Mayall's Bluesbraekers
Live in 1967 (never before heard live performances)

Genre musical: British blues
Label : FORTY BELOW RECORDS
Distributeur :
BERTUS

Ce disque est une archive qui surgit de l’oubli. En 1967, juste avant la création de Fleetwood Mac en juillet, Peter Green (guitare), John McVie (basse) et Mick Fleetwood (batterie) étaient les Bluesbreakers de John Mayall (chant, claviers, harmonica). Cette association qui a duré 3 mois n’a pas laissé de trace sonore officielle. Ces Bluesbreakers éphémères ne devaient donc pas passer à la postérité. Mais c’était compter sans l’enthousiasme ardent d’un fan. Muni d’un magnétophone portable il a capté le groupe en live dans 5 lieux différents de Londres et sa banlieue en février, avril et mai 1967. The Ram Jam Club, The Marquee Club, The Klook’s Kleek, une salle non répertoriée à Bromley et The Manor House. Durant 48 ans ce témoignage est resté  inexploité, même si bon nombre de disques pirates ont fait florès. C’est dire si la qualité sonore devait être médiocre. C’est donc avec la technique actuelle que la restauration et la restitution d’un son brut, voire brutal, a été possible. Et le résultat est à la hauteur. Ce n’est certes pas la qualité de concerts enregistrés avec un studio mobile, mais ce rendez-vous dans le passé est assez intéressant. Le band nous livre 13 titres en 76 minutes (‘All Your Love’, ‘Have You Ever Loved A Woman’, ‘Hi Heel Sneakers’, ‘I Can’t Quit You Baby’, ‘San-Ho-Zay’…) et nous replonge dans le British blues de la grande époque. Parler de la qualité des musiciens serait simple verbiage, leurs noms suffisent à évoquer le haut niveau de la prestation.
Gilles Blampain

John Mayall
Find a way to care

Genre musical: Blues, Rhythm'n'blues
Label : FORTY BELOW RECORDS
Distributeur :
HARMONIA MUNDI

Après A Special Life paru 2014, John Mayall, bientôt 82 ans et plein de bonnes vibrations, ne s’est pas reposé sur ses lauriers. Toujours très actif le voilà de retour avec un nouvel enregistrement. Tour à tour à la guitare, au piano, à l’orgue, au clavinet ou encore à l’harmonica et bien sûr au chant, il est accompagné comme sur le précédent CD par Rocky Athas à la guitare, Greg Rzab à la basse et Jay Davenport à la batterie, et pour donner une petite touche étincelante, une section de cuivres vient orner certains titres. Ambiances Chicago ou Memphis. Eric Corne, le producteur du label, qui a œuvré pour l’occasion aux fameux studios House Of Blues d'Encino en Californie, précise : « J’ai vraiment voulu mettre en valeur le talent de claviériste de John. C’est réellement un claviériste parmi les plus lyriques, rigoureux et… sous-estimé. ». Mayall nous sert sept excellentes reprises, ‘The River’s Invitation’ (Percy Mayfield), ‘I Feel So Bad’ (Lightnin’ Hopkins), ‘Long Distance Call’ (Muddy Waters), ‘Drifting Blues’ (Charles Brown)… et signe le reste de la set list. En tout 12 titres qui s’étalent sur 46 minutes. La voix n’est plus aussi brillante qu’avant, mais le feeling pour jouer le blues est toujours bien présent. Mayall nous dit : « D’album en album, je crée le journal musical du cours de ma vie. ». Voilà 50 ans que ça dure, la flamme brûle encore et cela donne à nouveau un disque de très bon niveau.
Gilles Blampain

Muddy Waters 100
A tribute from John Primer and special friends

Genre musical: Hommage
Label : RAISIN' MUSIC
Distributeur :
SOCADISC

Pour marquer dignement le centième anniversaire de la naissance de Muddy Waters, Larry Skoller a produit ce superbe album doté d’un très beau livret sur papier glacé présentant une iconographie recherchée et un texte honorant la mémoire du maître. Un grand nombre de musiciens se sont investis dans ce projet : John Primer, Billy Branch, James Cotton, Bob Margolin, Keb Mo, Shemekia Copeland, Derek Trucks, Matthew Skoller, Vincent Bucher et quelques autres pointures du genre. Tout ce beau monde s’est retrouvé à Chicago pour reprendre quelques titres emblématiques : ‘Got My Mojo Working’, ‘Still A Fool’, ‘I’m Ready’, ‘Mannish Boy’, ‘Trouble No More’, ‘She Moves Me’… (15 chansons en tout pour 53 minutes de pur plaisir). Il aurait été dommage de figer ces reprises dans une autre époque, ici elles n’ont rien de compassé, elles sont réinterprétées dans un style très actuel. Cet hommage discographique est à la fois l’expression du profond respect pour la tradition de la part des anciens compagnons de route de Muddy Waters et un éclairage sur l'avenir du blues avec la participation d’artistes plus jeunes qui donnent une nouvelle vigueur aux trois accords et douze mesures. La preuve de l’influence considérable de Muddy Waters sur plusieurs générations de musiciens et de l’empreinte qu’il a laissée dans le blues et au-delà n’est plus à faire mais il est bon de saluer la mémoire d’un artiste de cette valeur, et cet enregistrement le fait de très belle manière.
Gilles Blampain

New Line Up
Helpin' Hand

Genre musical: Blues glamour avec un nuage de jazz
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
WWW.NEWLINEUP.FR

Comme on a eu le rock des copains au début des années 60, il faudrait créer, pour la deuxième décennie du XXIe siècle, la catégorie : ‘le blues des copains’. Pardon pour l’ironie, mais c’est un peu ce qu’on se dit durant les premières minutes de Helpin’ Hand, surpris par un solo qui s’emmanche bizarrement, par une façon de chanter qu’on pourrait trouver scolaire. Mais on se goure, le blues des copains s’arrête là, le malaise est vite balayé par un swing très convaincant, par la rondeur des jumps, par des parties de guitare et d’harmonica de plus en plus fines, et par le poignet roulant du batteur. Comme si le premier titre servait à faire la mise au point, l’album monte ensuite vers une sorte d’extase nonchalante. New Line Up tourne du côté de Rouen depuis 2007 : Jérôme Lemesle (chant, harmo) et trois Pascal : Rigault (guitare), Delahaye (batterie) et Hernandez (contrebasse). Beaucoup de guitaristes invités, dont un Pascal de mieux : Fouquet, Nico Duportal, Marc Loison, Christophe Pélissié et Bertrand Couloume (qui place aussi une contrebasse, tant qu’à faire). Dom Delahaye ajoute un saxo et Jennifer Milligan, des chœurs. Ce bataillon coule un rhythm’n’blues au swing léger, très bien arrangé, pour l’essentiel composé par nos hôtes, qui passe avec l’insouciance du jazz populaire des années 60 et rappelle, parfois, est-ce l’effusion de la voix ou le moelleux d’un accord ? le Brian Setzer d’après Stray Cats. Parmi les reprises : le ‘Rump Steak Serenade’ de Fats Waller, logique. Mais, plus surprenant, le ‘Call Me’ de Blondie, dans un delay qui fait soudain jaillir le fantôme de Matt Bianco !
Christian Casoni

One & One Is All
One & One Is All

Genre musical: Americana pop
Label : RIMSHOT PRODUCTION
Distributeur : www.facebook.com/oneandoneisail

En voilà un trio mystérieux, ou trop modeste, qui se dissimule sous un nom de duo, et rechigne à tomber son masque (en l’occurrence, King Kong, seul personnage identifiable du digipack). Renseignements pris, le combo est installé à Toulouse et ses tiers campent sur la toute petite trentaine. Même le nom du trio a été finalement élucidé : « Un et un, c'est tout le monde », le proverbe du partage. L’album sans titre, probablement leur premier, est acoustique : guitares, contrebasse sans doute, mandoline ou banjo, voire les deux, violoncelle et percus. Americana, disait-on. Ou pop roots. « Pop », au moins pour les premiers titres car, à mesure que le disque tourne, on s’enfonce dans les profondeurs d’un folk plus âpre. Et « pop » par le chant surtout, par des mélodies toujours assurées, l’aisance de l’exécution, un débit fluide qui n’est jamais étale, les marges que s’accorde le chanteur, dont la voix circule à altitude moyenne pour tirer le meilleur parti des crêtes aiguës. Les titres sont ouverts, très accessibles, tout en élans gracieux, parés de leurs belles moires de picking. La qualité sans arrogance. Recensant leurs influences, ils citent Tom Petty (ça s’entend un peu parfois), Foo Fighters (ça s’entend déjà moins), « notre musique peut cependant se rapprocher de John Butler Trio ou Mumford And Sons ». Paul Gruber, Pierre Rolin et Hubert Sarreau sont épaulés par Nelly Capiez (le violoncelle) et Yannick Moreau (les percus). Enfin, le King Kong psychédélique de la couve est l’œuvre de Patrice Murciano, découvert par Jean-Paul Gaultier, ayant également travaillé pour Florent Pagny ou M. Voilà, on sait à peu près tout du coup…
Christian Casoni

BLUES

The Robert Cray Band
4 nights of 40 years live

Genre musical: Soul blues
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Pour fêter dignement ses 40 ans de carrière, Robert Cray accompagné par ses compagnons de longue date, Richard Cousins à la basse, Les Falconer à la batterie et Dover Weinberg aux claviers, nous livre 13 titres captés en live en 4 nuits dans 4 endroits différents. Une petite section de cuivres, ‘The Cats’, se joint à eux pour certains titres, Lee Oskar invité surprise vient pointer son harmonica sur ‘Sittin’ On The top Of The World’. Les concerts ont eu lieu à Ventura, au Belly Up à San Diego, au Saban Theatre à Beverly Hills et dans son studio de répétition en Décembre 2014. On retrouve ce style inimitable de rhythm and blues, pop, rock, soul et blues traditionnel qu’il marie dans une subtile émulsion dont il a le secret. Récompensé par 5 Grammy Awards, des millions de disques vendus à travers le monde, des milliers de spectacles à guichets fermés, Robert Cray considéré comme l'un des plus grands guitaristes de sa génération a amené une nouvelle génération de fans vers le blues. Avec un jeu subtil, tout en finesse, loin des démonstrations surfaites pour un blues essentiellement basé sur le feeling, Robert Cray se situe plus dans l’émotion plus que dans la technique. De swings chaloupés en riffs bien acérés, avec sa voix de soulman Cray fait le show. Sur scène il a vraiment l’air dans son élément, mais l’ego n’est pas surdimensionné, à travers ses interventions entre deux chansons, on sent que l’artiste tisse un lien solide avec son public.
Gilles Blampain

Rock Candy Funk Party
Grooove is king

Genre musical: Funky
Label : MASCOT
Distributeur :
PROVOGUE

Le titre Grooove Is King reflète bien le contenu du disque. Funk et jazz, se tirent la bourre pour le plus grand plaisir des oreilles. Les festivités s’ouvrent par une présentation du MC Mr. Funkadamus qui n’est autre que Billy Gibbons (ZZ Top). Après cette courte introduction on a droit à un groove d’enfer qui passe au travers d’un prisme musical, dance, électro, r’n’b, des plus piquants. Rock Candy Funk Party (c’est le nom du band) nous avait déjà agréablement surpris en 2013avec We Want Grooove. Après un live en 2014 RCFP Takes New-York – Live At The Iridium, Joe Bonamassa (guitare), Ron DeJesus (guitare), Mike Merritt (basse) et Tal Bergman (batterie), plus Renato Neto (claviers), soutenus par une section de cuivres chauffée à blanc et l’appui non négligeable de Daniel Sadownick (percussions) ont repris le chemin du studio. Entièrement instrumental, cet album déborde de vitalité, c’est joyeux, puissant, enivrant, et ça se déroule sans aucun temps mort durant 71 minutes. On pense à Weather Report, à Miles Davis, à Sly Stone, les rythmes sont nerveux et colorés. On lorgne parfois vers les dance floors disco et si on ne tombe jamais dans le rétro le son nous transporte par moment 30 ou 40 ans en arrière avec une pêche d’enfer.
Gilles Blampain

Roy Rogers
Into the wild blue

Genre musical: Blues and more
Label : CHOPS NOT CHAPS
Distributeur :
MODULOR

Roy Rogers est un vieux routard de la slide guitar, voire un des meilleurs mondiaux. Il a joué avec J.L Hooker et a produit quatre de ses albums. Il a eu une longue collaboration avec Norton Buffalo avec qui il a sorti des albums inoubliables. Et là, arrive le vingt troisième album du maître (à quelque chose près). Un maître peut tout faire et faire ce qu'il veut. C'est pourquoi, Roy Rogers ne s'est pas cantonné dans le domaine du blues. Certes, on reconnaît tout de suite sa patte dans certains titres. Le rapide ‘Last Go-round’ qui ouvre l'album tourne la tête. ‘Don't You Let Them Win’ boogie chaloupé enchaîne aussitôt. ‘High Steppin' est un instrumental entraînant où Jim Pugh son clavieriste fait merveille. ‘Losin' You’ et ‘Dark Angel’ mettent en avant le côté rock du personnage, bien soutenu par Steve Ehrmann son bassiste et Kevin Hayes son batteur. Deux titres instrumentaux sont emprunts d'une grande douceur ‘Into The Wild Blue’ qui a donné son nom à l'album et ‘Song For Robert’ dédié à son frère disparu. Après cinq années de silence, Roy Rodgers nous revient toujours avec cette pêche modulée par la douceur et surtout avec le duo gagnant, médiator plus bottleneck.
César

Rumble
White tuxedo & black moustache

Genre musical: Rockabilly
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.rumble.fr

Quand on y réfléchit, on ne parle plus beaucoup de rockabilly en cette époque. Pourtant des groupes existent ici et là, s'efforçant de porter encore et toujours, la flamme créatrice des années 50. En France, les Cowboys From Outerspace continuent malgré les coups durs, et Mustang transmet actuellement avec panache et originalité l'esprit de cette musique rebelle. Nous pouvons compter aujourd'hui sur Rumble ; des Lorrains. Ceux-ci ont opté pour la formule Black Moore Presley, comme à Memphis en 1954 ; le Trio originel. Auteurs d'un premier album Driftin' en 2014, Rumble c'est Julien Leclerc (chant, guitare), Stéphane Donninger (contrebasse), Rémi Martin (drums). Deux reprises ponctuent leur nouvelle production ; 'Gonna Get Back Home Somehow' de  Pomus/Shuman pour le King, cuivres en marche serrée. Ceux-ci sont encore présents, aux côtés d'un banjo pour le moins attendu 'Death Don't Have No Mercy', traditionnel macabre, comme une procession dans les rues de la fatalité, que le Révérend Gary Davis interpréta en son temps. Le reste n'est que rockabilly de haut niveau. Trompette, trombone apportant une touche fanfare mexicaine comme sur 'White Tuxedo& Black Moustache '.  Le sombre et urbain 'Frank The Murderer' aux riffs Clashiens. 'Time Kept Flyin' By' aurait pu être interprété par les Cramps tellement ce titre semble écrit pour Lux. 'Coffee And Nicotine' invite à la table, Charlie Feathers sur une nappe de guitare très réverbérée avec la Panthère Rose en guest ! La Lorraine peut être fière.
Juan Marquez Léon

Shemekia Copeland
Outskirts of Love

Genre musical: Shemekia Copeland !
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

L'album de la maturité pour la 'New Queen Of The Blues', puisque c'est ainsi que la ville de Chicago l'a officiellement nommée. 36 ans dont 20 années à chanter le blues, et avec quel talent ! Cette VOIX a ouvert pour les Rolling Stones, puis, le couple Obama se l'est offerte pour un concert à domicile on the White House ! What else ? Et bien ce 8ème album ! Jamais Shemekia n'a jamais aussi bien chanté. Tantôt rugissante, tantôt sensuelle, ce coffre vocal restera sans aucun doute dans l'histoire auprès des plus grandes. Reprises et vampirisations de titres d'Albert King, de Creedence Clearwater Revival, de Jessie Mae Brooks pour un gospel à se damner où vous souhaitez, de ZZ Top et leur 'Jesus Just Left Chicago', avec à la guitare l'homme au béret et à la barbe jaune ; guitare très grasse sous le soleil du Texas. Voix menaçante sur le morceau titre de l'album et la guitare d'Oliver Wood le producteur, qui rock sévère sur les périphériques de l'amour. C'est le bordel ! 'Crossbone Beach' est du même acabit, avec un solo qui touche le 'tout en haut' ! Un hommage au grand homme qu'est son paternel, Johnny. C'est lui qui a composé cette 'Main Du Diable' que Shemekia transforme avec un doigt d'Afrobeat. Et pourquoi je vois Satan se chier dessus devant cette voix? 'Cardboard Box', c'est sur les gens qui vivent à la rue, les homelessness, et c'est Alvin Youngblood Hart qui le dit. 'Drivin' Out Of Nashville' et la belle nous le fait country. Solomon Burke 'Feel A Sin Coming On' mais pour le coup, ici, nous avons affaire à une Sainte. J’arrête ma chronique ici de peur que le chef me congédie pour péché de longueur. Si cet album n'est pas disque Blues de l'année, promis juré, croix de bois, croix de fer,  je vais chroniquer des bananes et des laitues en enfer ! Cool !
Juan Marquez Léon

Sonny Landreth
Bound by the blues

Genre musical: Blues explosif
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Après le déroutant Elemental Journey, effluves de rock et de jazz, entièrement instrumental paru en 2012, Sonny Landreth semble revenir aux fondamentaux. C’est en petite formation, entouré de David Ranson (basse) et Brian Brignac (batterie) que le Louisianais reprend quelques standards, ‘Walkin’ Blues’, ‘It Hurts Me Too’, ‘Cherry Ball Blues’, ‘Dust My Broom’, ‘Key To The Highway’… et d’autres titres moins connus, qu’il réinterprète d’une façon très personnelle. Il signe également sur ce disque quelques compositions de son cru. Cet enregistrement est un hommage au blues, style musical qui s’adapte pour traverser les époques et toucher de nouveaux publics. C’est également un hommage aux artistes qui ont compté pour Landreth et qui ont profondément marqué le genre : Robert Johnson, Muddy Waters, Elmore James, Jimi Hendrix, Johnny Winter… Avec son jeu explosif, le maître de la slide s’empare du matériau originel, le taille, le sculpte et lui donne une nouvelle dimension. C’est pétillant, la guitare, crie, chante, pleure. Tous les titres se retrouvent ainsi chargés d’une intensité inédite. Grâce à sa dextérité et un son incendiaire Sonny Landreth produit avec Bound By The Blues un disque original et ambitieux.  
Gilles Blampain

Steve Verbeke
Deuxieme tiers

Genre musical: Blues retro-contemporain
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
www.steve-verbeke.com

Ce diable de Steve Verbeke a résolu de livrer son nouvel album en kit trois-EP. Là, il pose la deuxième dalle un an après avoir sorti le Premier Tiers. Il promet que le Troisième sera prêt cet automne et, partant, l’album donc. Le combien ? Quatrième ? Cinquième ? Verbeke fait toujours du Verbeke, c’est une école. Il est de plus en plus sûr de son fait. Il chante rarement ; en général il ressasse quelque chose dont on ne connaitra ni la cause ni la conclusion. Sinon, on a toujours du Chicago avec un je-ne-sais-quoi en plus (‘J’te Connais J’te Connais’). Du swamp avec un truc alternatif non identifié (‘Tout Ce Que Je Fais’). Du blues un peu 60’s augmenté d’un indéfinissable surcroît (‘Love Away’)… troisième plage, celle où l’harmo entre en scène pour la première fois. Sa réputation de souffleur est établie depuis longtemps, il n’a pas besoin d’occuper le terrain en continu pour prendre la lumière. Ces quelques phrases en accords poisseux sont assez éloquentes et accomplissent la lenteur, privilège des bons harmonicistes. Verbeke s’accorde quand même une pointe de virtuosité sur l’instrumental qui clôt le disque : ‘Descente A Curial’, où a été enregistré ce Deuxième Tiers. Et, c’est une constante chez lui, il est entouré de pointures : Stan Noubard Pacha et Jérémie Tepper aux guitares, Jean-Marc Despeignes à la basse, et Ghyslin Di Sacco aux claviers. Fabrice Millérioux cognait les peaux sur le Premier Tiers, Marty Vickers se charge de les martyriser sur le Deuxième. Bon, ben, rendez-vous à l’automne, des fois que l’intéressé daignerait nous donner la solution des énigmes qui fleurissent sur les précédents…
Christian Casoni

The Deslondes
The Delondes

Genre musical: Pré rock'n'roll, country, americana
Label : NEW WEST RECORDS
Distributeur :
WARNER

...Connaissais pas avant de recevoir l'album, et ma première réaction a été : « Tiens, un ovni ! ». The Deslondes pourrait être un bon orchestre de bal avec chemises à carreaux et casquettes de base ball ou Stetsons vissés sur la tête ou bien le groupe que l'on écoute sur le perron, affalé sur le rocking chair ou pourquoi pas au volant de son truck. Le groupe, basé à New Orleans, s'est formé autour du guitariste chanteur Sam Doores et du percussionniste Cameron Snyder qui ont rameuté trois autres membres, Riley Downing (guitare), Dan Cutler (basse) et John James Tourville (Pedal steel et violon), mais ces types touchent aussi au piano, à l'harmonica... Ils sont multi-instrumentistes. Tout le monde compose et écrit et quatre des membres chantent... et plutôt bien, ce qui donne cette richesse indéniable dans les douze titres proposés. Ce premier CD des Deslondes est rafraîchissant. On est projetés dans les 50s et 60s avec un feeling tout à fait actuel. Ils m'ont accompagné sur un long trajet sur autoroute et le paysage s'est transformé en highway américain. Magique !
César

Warren Haynes featuring Railroad Earth
Ashes & Dust

Genre musical: Americana
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

On connaît le talent de Warren Haynes pour s’immerger dans différents styles musicaux avec un égal bonheur, le voilà cette fois dans une version folk americana. Mais cela n’a rien d’une nouvelle lubie. Cet album met à jour des chansons écrites tout au long des 30 dernières années mais jamais interprétées car ne correspondant ni au Allman Brothers Band ni à Gov’t Mule. Pour mener à bien ce projet Warren Haynes s’est associé à Railroad Earth, groupe americana tendance bluegrass du New Jersey. Des thèmes folks, celtiques, country, avec banjo, violon, mandoline, percussions et bien sûr de belles parties de guitares acoustiques et quelques passages de slide s’égrènent tout au long des 13 titres de l’album. Et Haynes ne fait pas dans la retenue, les plages sont relativement longues, entre 6 et 7 minutes, parfois plus. Certaines chansons trépidantes invitent à la danse d’autres plus flottantes, empreintes de mélancolie, nous tirent vers la rêverie. Cet enregistrement musicalement riche brille d’un bel éclat avec de superbes harmonies et de belles voix aux timbres veloutés. De l’émotion, de la sensualité, l’ensemble est interprété avec une dextérité incontestable et un bon feeling. Et pour le plaisir de l’auditeur ce disque dont l’atmosphère légèrement éthérée distille une certaine grâce s’étire sur près d’une heure vingt minutes.
Gilles Blampain