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09/19
Chroniques CD du mois Interview: JACQUES GARCIA Livres & Publications
Portrait: JIMMY ROGERS Interview: GEOFFREY LUCKY PEPPER Dossier: LESLIE
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

SEPTEMBRE 2019

Avalanche
Interstellar Movement

Genre musical: Stoner-metal
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Spotify, Deezer,  https://avalanchexiii.bandcamp.com     

Le royaume de la démerde permet à ce genre de groupes d'exister. Ils sont nombreux à avoir laisser tomber les labels, aussi petits et indépendants soient-ils. Cinq Autrichiens énervés ont décidé de faire parler la poudre sous une appellation sludge-hardcore. Leur première trace discographique remonte à 2013 ; il s'agit là de leur premier album. Il n'a à mon sens pas grand-chose de sludge ou de hardcore, si toutefois cela veut encore dire quelque chose. Leur musique est un condensé hargneux de Black Sabbath et de Misfits, avec un fort penchant pour le blues-metal dégoulinant de crasse de High On Fire. Il y a des riffs, et ils sont dantesques. La rythmique a du coffre, et n'a pas peur des changements de rythme intempestifs et ravageurs. Le chanteur a une voix de teigne salace qui survole ce torrent de magma métallique. Expédié en à peine plus de trente minutes, ce premier album est une salve de fusil à canon scié, mais avec la précision chère à nos amis germaniques, le fusil à pompe en version Mauser en quelque sorte. 'Frequencies Below Zero', 'Jupiter Odyssey', 'Exosphere … sont autant de tornades électriques aussi méchantes que jubilatoires. L'écoute à haut volume de cet album vous dispensera d'une série de paires de claques à tous ceux qui vous entoure.
Julien Deléglise

Billy Price
Dog Eat Dog

 

Genre musical: Soul Blues
Label : Gulf Coast Records
Distributeur : gulfcoastrecords.net, Amazon

Encore un album trop propre, trop poli… Bien sûr voilà des artistes compétents ! Il y a du savoir-faire, et on ne doute pas un seul instant de la sincérité du propos.  Mais Seigneur, ça ronronne ! On ne demande pas que sur chaque plage ils mettent leurs tripes à l’air – qu’un sang impur abreuve les sillons, ahah – mais le moins qu’on puisse espérer, c’est d’être surpris, intrigué. Billy Price a de la bouteille : débuts dans les années 70, dix-sept livraisons, albums ou DVD. Comme faits d’arme, deux albums avec Roy Buchanan et, en 1997, un autre avec le soulman Otis Clay. On ne s’étonne donc pas à l’écoute de ‘Working On Your Chain Gang’, titre d’ouverture enrobé de chœurs et de cuivres, qui groove gentiment tout du long. C’est aussi le cas à quelques occasions (la reprise de ‘Dog Eat Dog’, ‘All Night Long Cafe’…), et on peut épingler la version de ‘My Love Will Never Die’, d’une belle intensité. Pour le reste, pas mal de titres sans relief, qui ne retiennent l’attention qu’à de rares occasions – une ligne d’harmonica, un solo incisif, une poussée de cuivres… Billy Price excelle à la six cordes, et c’est un fort bon vocaliste, on en convient, mais on a surtout l’impression d’avoir entendu tout cela 1000.000 de fois.
Marc Jansen

Causa Sui
Summer Sessions volume 1,2,3

 

 

Genre musical: Psychedelic Stoner-Blues, Jazz-Rock
Label : El Paraiso Records
Distributeur : Cargo Records

El Paraiso Records poursuit la réédition du catalogue des danois de Causa Sui. Ces trois disques parus entre 2008 et 2009 sont réédités uniquement en vinyle en série limitée avec une nouvelle pochette typique du label. Les trois musiciens ont décidé de laisser libre cours à leur fantaisie, avec quelques invités comme le disciple de Coltrane au sax Johan Riedenlow ou le génie des claviers Rasmus Rasmussen. Ce travail, entièrement improvisé, voit se croiser stoner-rock, jazz-rock, et krautrock. L'idée s'inspire des Desert Sessions crée par le guitariste Josh Homme des Queens Of The Stone-Age, au milieu des années 90. L'esprit de ces 'Summer Sessions' guidera par ailleurs le catalogue à venir du label El Paraiso, qui a signé de nombreux artistes à l'esprit musical très ouvert : Mythic Sunship, Kanaan… Le nom de ces sessions est effectivement bien trouvé, car il règne dans cette musique une douce torpeur, propice à la rêverie ensoleillée. 'Visions Of Summer' et 'Red Sun Of June' en sont de parfaits exemples. Les pièces musicales tournent comme des mantras électriques, et se déforment au fur et à mesure des improvisations et des apports de chacun. Le krautrock et les rythmes latins de Santana se croisent sur 'Portixxedu'. 'The Open Road' est l'alliage de Can et des Headhunters de Herbie Hancock. Il y a encore mille choses à découvrir sur ces trois disques passionnants, symbole éclatant de la vigueur du rock underground.
Julien Deléglise

Charlie Wooton Project
Blue Basso

 

Genre musical: Jazz Fusion 
Label : Wild Heart Records
Distributeur : www.charliewooton.com/

C'est pas souvent que figure dans ces colonnes la chronique d'un disque de jazz. Jazz fusion serait plus approprié pour ce nouvel album du Charlie Wooton Project. Ce bassiste, né à la Nouvelle Orléans, a joué à peu près avec tous les grands musiciens que compte 'The Big Easy', Zigaboo Modéliste, Cyril Neville, Chief Monk Boudreaux ou Sonny Landreth (que l'on trouve ici) pour n'en citer que quelques-uns, et à peu près dans tous les styles que sont le cajun, le zydeco, le rockabilly, la swamp pop, le blues ou le gospel, avant de rejoindre pour 4 ans le Royal Southern Brotherhood. Blue Basso est un hommage à Jaco Pastorius, ce grand bassiste trop tôt disparu et musicien de Weather Report, dont on dit qu'il a été aussi révolutionnaire pour la basse (la fretless) que Jimi Hendrix pour la guitare électrique. Les titres fusionnent à merveille le rhythm'n’blues, le funk, le jazz et le blues. 'Front Porch' est carrément un swamp blues, avec des steel et slide guitares (Sonny Landreth) paresseuses à souhait. Au titre des reprises 'Come On Come Over' de Jaco Pastorius, et 'Miss You' des Stones (guitare : Eric McFadden). Bien que tous les titres soient instrumentaux, certains sont chantés par Arsène Delay, une chanteuse des bayous, à mon avis la vraie révélation de cet album. Au final un disque pour bassistes ou pour ceux qui sont sensibles au jazz rock des années 70.
Juan Marquez Léo
n

Coco Montoya
Coming in Hot

 

 

Genre musical: Blues soul electrique 
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Nom : Montoya. Prénom : Henry. Surnom : Coco, va savoir pourquoi… Né à Santa Monica, Californie. Avec quarante-deux ans de route sur le circuit blues-rock en Amérique du Nord et en Europe, on ne va pas tourner autour du pot : nous avons affaire à une pointure de classe internationale, initié à la musique du Diable par Albert Collins qui l’a d’abord engagé comme batteur au milieu des Seventies, plus tard guitariste de John Mayall chez les Bluesbreakers en remplacement de Mick Taylor, volant de ses propres ailes depuis 1993. Cet album est le dixième enregistré avec son groupe. Coco plonge ici tout cru dans le chaudron du blues multivitaminé, sur des rythmes variés, avec des spirales tournoyant vers la soul aux yeux clairs, la ballade qui tire les larmes, le douze mesures standard surgi des champs de coton. Le fil rouge de l’opus s’appelle Stratocaster : tous les solos sont assurés par la six-cordes, chaloupés, imprévisibles, rudes parfois, estampillés Montoya Pure Canne, prolongements bienvenus des accords singuliers du patron, musicien gaucher jouant depuis toujours sur une guitare de droitier qu’il tient à l’envers. Autour de lui s’est réuni le fleuron de la scène et des studios étatsuniens : Bob Glaub et Mike Mennell à la basse, Mike Finnigan aux claviers, Billy Watts et Johnny Lee Schell à la rythmique et Tony Braunagel, également producteur de la galette, derrière les fûts. Le chant est assuré par Coco en personne, du haut de sa voix énergique et chaude, capable de virer soudain à l’âpreté radicale, habilement modulée à l’aulne de chacune des onze pièces enregistrées ici. Le résultat global est une œuvre dense, nerveuse, charpentée comme un alcool fort, une sorte de concentré d’humanité et de passion échevelée, une approximation de l’Amour, qui réussit à mettre en mélodies et en notes la joie, la douleur d’Être, le bonheur de Créer. En s’appuyant sur la tradition, l’authenticité des racines, l’intimité des morceaux « faits maison » et la griffe rock’n’roll qui génère les brûlures à l’âme, Coco épouse parfaitement les contours d’Alligator, sa maison de disques basée à Chicago, portée par l’axiome primal : "Genuine Houserockin' Music."
Max Mercier

Darkthrone
Old Star

 

Genre musical: Death'N'Roll
Label : PEACEVILLE
Distributeur : Spotify, Deezer, Snapper Music

Gylve Nagell, alias Fenriz, batteur de Darkthrone, doit se morfondre dans son bureau de poste norvégien. Approchant gentiment la cinquantaine, avait-il pensé que l'histoire du Black-Metal norvégien finirait en niaiserie sur Netflix ? Lui qui avait décidé de s'enfoncer dans la forêt nordique, loin des cons, avec son frère d'armes Nocturno Culto, pour se concentrer sur la musique plutôt que sur les barbecues à base de bois d'églises, il doit marmonner. C'est que dans cette grande carcasse férue de heavy-metal de toutes les époques, cela doit gamberger. Et Nocturno Culto, fidèle bretteur et hurleur, ne peut qu'acquiescer. Lui qui utilise une Gibson Les Paul depuis toujours, et qui ne jure que par le sustain bluesy de cette bûche centenaire, il ne pouvait que se réjouir d'un nouveau sursaut créatif de son vieux frère. Old Star est un disque fantastique. Darkthrone a abandonné ce que l'on qualifie de vrai Black-Metal à la fin des années 90, et imbibe sa musique de heavy-metal, de doom et de punk depuis vingt ans. Si les résultats furent souvent réjouissants, voire ponctuellement géniaux, car Darkthrone n'a en réalité fait que de la bonne musique à de rares exceptions, Old Star est ce que l'on peut qualifier un chef d'œuvre. Les six morceaux proposés sont puissants, inventifs, dotés de cette âme glaciale magnifique. Il y a du heavy-metal, des traces de blues, et de la haine de gamin pâlot, un disque perturbant.
Julien Deléglise

Dawn Tyler Watson
Mad Love

 

Genre musical: Blues swinguant 
Label : ZEB PRODUCTIONS
Distributeur : Amazon, www.dawntylerwatson.com

Dawn Tyler Watson a ouvert les yeux en Angleterre et fait sa croissance au Canada. Elle est aujourd’hui l’une des grandes références de la scène montréalaise. Elle chante avec une aisance déconcertante et joue aussi la comédie, remarquée en 2004 dans le film Jazz Paradise. Il y a deux ans, elle remportait le Blues International Challenge de Memphis, et sort ici son cinquième album, le deuxième, accompagnée par le Ben Racine Band, ses grandes orgues, ses trois saxos, deux barytons, un ténor, sa trompette et ses chœurs. On se souvient de cette chanteuse virtuose qui traversait les festivals dans les années 2000, à son affaire dans toutes les spécialités, quel que soit le drapeau hissé par les organisateurs, jazz, blues, soul, au risque de disséminer sa marque et de n’être plus perçue que comme une bête événementielle enragée. Outre sa voix et la qualité des compositions, l’atout majeur de cet album tient aux arrangements magnifiquement huilés, qui agencent ce buisson d’instruments et de timbres avec une fluidité remarquable, sans jamais perdre une once d’énergie. C’est parfois presque magique d’entendre l’orchestre distribuer les rôles et les échappées solitaires, tous les ponts, assauts de guitares et de saxos, ponctuations herculéennes de la garde cuivrée, étant excellents. Dawn Tyler n’est pas une blues-shouteuse mais quand elle monte au taquet, elle encaisse l’altitude le temps qu’il faut, sans avoir l’air de se fatiguer. La tonalité dominante de Mad Love tire sur un blues très swinguant, un music-hall chic parfois, toujours mélodieux, entrecoupé de crépuscules plus lourds et plus lents comme ‘Bad Seed’, avec ses paroxysmes d’orgue, de cuivres, et ses découpes de guitare, véritables péplums West Side, de splendides complaintes bluesy (‘Feels Good To Watch You Go’), de bastringues sur des beats louisianais (‘You’re The Only One’), un blues solidement charpenté pour démarrer (‘Alligator’), et un gospel mélo à souhait pour terminer (‘The River’). Un album riche et spectaculaire qu’on ne cernera pas en quelques lignes.
Christian Casoni

Holy Bones
Silent Scream

 

Genre musical: Indie-folk, Americana 
Label : KNT
Distributeur : Spotify, Deezer

Le quatuor grenoblois Holy Bones conduit par François Magnol propose un premier CD singulièrement cohérent, bande son délicate d’une Amérique rurale rêvée. Deux influences revendiquées : d’abord le Nick Cave apaisé dès le premier morceau, ‘I Will Never Know’, ou Magnol pousse la malice jusqu’à chanter « à la Cave » à s’y méprendre, et Calexico dans ‘Don’t Get Me Wrong’ et son utilisation discrète de cuivres. Les douze morceaux sont constitués majoritairement de ballades mid-tempo, le son est plus acoustique qu’électrique. Le climat est nostalgique, éthéré, l’ambiance est privilégiée, les compositions nécessitent plusieurs écoutes pour s’apprécier pleinement et en saisir toutes les subtilités. En concert, le groupe complète sa prestation par la projection d’une vidéo. Dans cette configuration multimédia, les délicates harmonies et orchestrations doivent prendre tout leur sens, comme l’accompagnement onirique d’un voyage sur une poussiéreuse et rectiligne route nationale chauffée à blanc par le soleil. A la seule écoute, sur la durée du disque, une certaine lassitude peut s’installer. On reste un poil frustré, comme devant une promesse enthousiasmante pas entièrement tenue : ce premier jet est une belle proposition, bien jouée, bien produite, et bien chantée. Manque quelques folies, fulgurances et ruptures de tempo, un soupçon d’âme et de personnalité supplémentaire. La sagesse et la retenue montagnarde ? Gageons que les Holy Bones sauront s’affranchir de leurs prestigieuses références et du cadre convenu de l’americana pour lâcher définitivement les chevaux dans leur prochain album, ils en ont largement les moyens.
Laurent Lacoste

Jeff Dale and The South Woodlawners
Blues Power

 

Genre musical: Blues rock 
Label : PRO SHO BIDNESS
Distributeur : Amazon, Spotify, www.jeffdaleblues.com

Quelques notes en pointillés, et on entre très vite dans le vif du sujet. C’est que le bonhomme maîtrise parfaitement les codes du Chicago blues – pour mieux s’en affranchir, à de multiples occasions. Ses débuts ne sont pas d’une originalité folle : comme tant de teenagers sixties, il prend de plein fouet la British invasion, Stones, Animals, Who en tête, découvre par ce biais le blues et le rhythm’n’blues. S’ensuit le parcours classique, à rebours vers les origines, l’envie d’une guitare, que ses parents lui offrent… sauf qu’il s’agit d’une basse, les braves gens ne faisant pas de distinction. Il la revend, s’achète une acoustique, signe sa première compo à l’âge de 14 ans. Quarante ans de carrière, pas mal de récompenses, et aujourd’hui ce Blues Power, qui le voit au sommet de son art. Un album co-produit par Marvin Etzioni, membre original de Lone Justice (do you remember country punk ? Vous vous souvenez peut-être mieux, l’œil humide, de leur chanteuse Maria Mc Kee…). Pour le seconder, Dale a fait appel à une poignée de vieux briscards, mais aussi à quelques jeunes pousses, les rockers de Hunter & the Dirty Jacks, ou la surdouée Norma Germain (très belle partie de violon sur ‘Stone Cold’). Des gens venus d’horizons divers, ce qui donne au final un résultat varié mais cohérent, jamais compassé, jamais scolaire. Blues shuffle, country blues, rockabilly, slow blues, tout est parfaitement maîtrisé. Quant aux lyrics, s’ils abordent les thèmes habituels, l’amour, le sexe, l’injustice sociale, ils passent via le prisme d’un humour bienvenu – toujours ce respect des fondamentaux, avec cette distance assumée. Ce n’est pas un hasard si l’album s’achève sur un grand éclat de rire…
Marc Jansen

Laurence Jones Band
Laurence Jones Band

 

Genre musical: Blues-rock  
Label : TOP STOP MUSIC
Distributeur : THE ORCHARD

Cette fois celui qu’on surnomme le blues rock troubadour est allé à Miami pour enregistrer. Un album après l’autre Laurence Jones confirme l’étendue de son talent et la solidité de son répertoire. Ayant changé de label une légère modification apparaît dorénavant dans la façon de se présenter, il n’est plus question de simplement Laurence Jones mais du Laurence Jones Band. Il semble qu’il soit important pour le chanteur-guitariste d’associer ses musiciens à sa production. En effet Bennett Holland (claviers), Phil Wilson (batterie) et Greg Smith (basse) ainsi que le producteur Gregory Elias sont crédités aux côtés du leader pour les 11 compositions originales. Une seule reprise, ‘Day Tripper’ de Lennon/McCartney, est revisitée de très belle manière. Toujours extrêmement dynamique, avec son chant clair et exalté, Laurence Jones joue un blues-rock offensif, rageur et néanmoins joyeux avec un jeu tout en nuances agrémenté de superbes solos aux riffs incendiaires. L’ensemble est assez bouillonnant et on sent une réelle passion qui passe dans chaque note émise. Les puristes pourront relever quelques touches pop ou funky qui se glissent habilement çà et là, mais il est indéniable qu’on ne s’ennuie pas une seconde au cours des 40 minutes que dure le disque.
Gilles Blampain

Mitch Ryder
Detroit Breakout

 

Genre musical: Rhythm'n’blues Freak Out
Label : CLEOPATRA RECORDS
Distributeur : SAPPER MUSIC

Mitch Roder est une légende du rock américain depuis les années 60 : Mitch Ryder And The Detroit Wheels. Il interpréta avec fougue et une hargne totalement sauvage des hits de rock'n'roll et de soul avec un groupe qui vit passer la fine fleur de la scène de Detroit. Mitch Ryder avait une voix de de bronze, patiné par le whisky et la passion. Il eut ses hits dans le secteur de Detroit, et influença MC5, Stooges, Ted Nugent et Bob Seger, son plus grand héritier. Imbibé de drogues et d'alcool, il prêta sa voix à un fabuleux groupe de hard-rock du nom de Detroit. Il lui fallut presque dix ans pour en ressortir, et il conserva son public en Allemagne, et aux USA. La voix avait joliment vieilli, l'homme avait toujours du coffre. Pourtant, cela ressemblait à une seconde carrière tranquille. Cleopatra Records décida de réunir quelques vieux briscards de Detroit et du punk des années 70 autour du vieux Mitch. Le voilà gueuler avec James Williamson des Stooges, Wayne Kramer de MC5, Paul Rudolph des Pink Fairies, Lucas Fox de Motorhead… Ces vieilles perches, soixante-dix balais au compteur minimum, font des merveilles. Il semble même que Mitch Ryder ne fut que rarement aussi bien entouré. Il se précipite dans de magnifiques classiques de la soul : 'Sittin On The Dock Of The Bay', 'Steppin' Stone', 'Have Love Will Travel'… La voix peut être un peu voilée et fatiguée, Mitch Ryder est saisissant d'émotion, même la gorge patinée. Les vieux gangsters sont magnifiques.
Julien Deléglise.

Pierre Sibille
French Album

 

Genre musical: World music
Label : BLUES UP
Distributeur : Inouïe distribution, iTunes, Deezer, Spotify

Jusqu’à présent il chantait essentiellement en anglais et voici qu’avec ce French Album entièrement chanté en français Pierre Sibille (chant, claviers, harmonica) change légèrement de registre. Mais comme à son habitude il nous livre avec une sensualité à fleur de note une production riche de belles sonorités aux arrangements élaborés. S’il est plus aisé de classer ce disque en world music compte tenu des rythmes abordés, soul, blues, hip-hop sont quand même présents pour faire swinguer des vers francophones bien troussés. S’il reprend de belle manière Léo Ferré, ‘L’Amour’, ‘Merde A Vauban’, ‘Mon Camarade’, Pierre Sibille aborde avec subtilité au fil de ses compositions des thèmes pas si faciles à traiter en chanson comme la condition des migrants ‘Troublant’, les pesticides agricoles ‘Dernier Round’. D’autres textes parlent d’amour, de fraternité, de temps qui passe, de la vie qui va. Des récits empreints de gravité ou tissés d’émotion qui s’adressent au cœur et à l’esprit. Que les tempos soient enlevés ou plus lents, avec sa voix chaude Pierre Sibille touche l’auditeur dans son intimité. Une fois encore l’aisance et l’élégance de l’interprétation, tant dans le verbe que dans la mélodie, donne une certaine finesse à l’ensemble et le résultat est très convaincant.
Gilles Blampain

Red Beans & Pepper Sauce
Mechanic Marmalade

 

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
SOCADISC

Le rythme biannuel pour une nouvelle production semble maintenant s’être imposé au quintette. Et il est évident que la pression n’est pas retombée depuis le disque précédent. On a affaire à du lourd. Pour eux le beat est roi, c’est toujours aussi chaud et dès le premier titre ‘Time To Get Away’ ça fuse, l’aiguille vire dans le rouge. Aucun temps mort tout au long des 45 minutes d’écoute, ça tape dans le dur et le band sculpte le rock à grands coups de riffs acérés. Encore bien inspirés et faisant preuve d’originalité, avec Mechanic Marmalade Jessyka Aké (chant), Laurent Galichon (guitare), Serge Auzier (claviers), Denis Bourdié (basse) et Niko Sarran (batterie) nous livrent 8 compositions originales et reprennent ‘Bright Lights’ de Gary Clark Jr. La puissance sonore et le feeling sont toujours de la partie. Plein de fougue l’ensemble est d’une redoutable efficacité. Basse et batterie qui posent les bases d’une rythmique inébranlable, la guitare qui atteint des sommets et l’orgue qui assure autant dans l’exubérance que dans la retenue mettent en valeur la voix puissante et sensuelle. Si la musique de Red Beans & Pepper Sauce a déjà franchi les océans ce qui n’est que juste récompense, ce nouvel album devrait suivre le même chemin et sauter les frontières.
Gilles Blampain

Rod Barthet
Ascendant Johnny Cash

 

Genre musical: Chanson française rock
Label : FESTIVEST
Distributeur : SOCADISC

Nouvel avatar de cette chanson française expressionniste, à l’intimité littéraire, qui part, disons, de Léo Ferré (mais remonte sans doute à un cabaret bien plus ancien), avant que l’Hexagone ne naturalise le rock et ne l’intègre à sa culture. Les rapprochements fleurissent, sporadiques, selon les moments, à mesure que le disque tourne : Bashung, et pas seulement parce que Boris Bergman signe quelques textes, Daho quand c’est sixties rétro-futuristes, Stephan Eicher quand les archets défendent la mélodie contre des amplis agressifs, et, bien sûr, Jean-Louis Murat, jusqu’à ce léger flanché dans la voix (‘Lampe De Poche’). L’humeur n’est pas uniforme, entre le heavy blues à solos de ‘Dans Mon Monde’ et les deux contemplations atmosphériques qui suivent (‘En Noir Et Banc’, ‘Un Homme Tout Petit’), le swamp rock de ‘Sacha’ et la ballade nostalgique pop qui précède (‘Maman’), quelques charges frénétiques ponctuées de gerbes d’électricité (‘Tout Un Symbole’) et ‘Madame’, la belle chanson grave et mystérieuse de l’album. Malgré tous ces contrastes, l’ensemble reste solidement bridé par la personnalité de l’auteur, qui entretient le foyer d’une main de maître. Ascendant Johnny Cash est une très agréable surprise, due à l’ignorance sûrement, car le rocker du Jura tisse son œuvre depuis deux décennies au moins. Rod Berthet chante, joue de la guitare et place quelques basses. Au générique : Fred Maggi (clavier), Damien Chopard (guitare), Victor Pierrel (basse), Fred Maisier (batterie), Pat Machenaud (percus), Thomas Nicol (violoncelle), Maëlle Bourquard et Anne Laigneau aux violons, Charlotte Rivier à l’alto. Toute cette armée pour protéger son for intérieur !
Christian Casoni

Samson
Bright Lights – The Albums 1979-1981

Genre musical: Heavy-Metal Blues
Label : HNE RECORDINGS
Distributeur : CHERRY RED RECORDS

HNE Recordings réédite enfin les trois premiers albums de Samson correctement mixés, le concert au Festival de Reading 1981 et le merveilleux mixage de Tony Platt pour le cultissime 'Head On' de 1980, uniquement disponible en vinyle sur les pressages français et allemand. Paul Samson avait le regard d'un cocker, mais avait le doigté rare. Pionnier de ce que l'on appellera la New Wave Of British Heavy-Metal, il fonde un trio de hard-rock en plein punk. Malgré la concurrence des nerveux à épingles, il assure plus de deux cents concerts en 1977. La tournée de 1979 nommée Heavy-Metal Crusade avec Iron Maiden et Angel Witch en première partie fait exploser au grand jour cette nouvelle génération de groupes. Samson est le premier a dégainé un premier album, Survivors, au début de l'année 1979. Le line-up s'est stabilisé autour du guitariste Paul Samson : Chris Aylmer à la basse, un batteur furieux et cagoulé du nom de Barry « Thunderstick » Purkis, et en juin, un chanteur nommé Bruce Bruce. C'est un pseudonyme, inspiré des Monty Pythons, qui cache un certain Bruce Dickinson. Head On qui sort en 1980 atteint la 34ème place des classements anglais. Le suivant, Shock Tactics, approfondit un sillon cher à Paul Samson : le blues-rock. Trop carré, Purkis s'en va, suivi de Dickinson fin 1981 pour Iron Maiden. Samson va pourtant poursuivre de la plus belle manière avec le chanteur Nicky Moore, dans une veine hard-blues qui va influencer rien de moins que Whitesnake.
Julien Deléglise

Terry Robb
Confessin' My Dues

Genre musical: Blues acoustique, ragtime
Label : NIASOUNDS
Distributeur : Spotify, Deezer, iTunes

Plongée au cœur d’un blues enjoué et technique qui fait balancer la tête et taper du pied ! Le nouvel album de Terry Robb, Confessin’ My Dues, démarre sur les chapeaux de roues avec un morceau à la dynamique sautillante. On imagine les doigts tricoter sur le manche et le sourire aux lèvres de l’artiste. Si les deux premiers morceaux sont instrumentaux, la voix claire de Terry se fait entendre dès le troisième, un blues joyeux laissant la part belle au finger-picking. L’oreille se fait ensuite accrocher par le très groovy ‘It Might Get Sweaty’ sur lequel la contrebasse fait des siennes. Plus intense, ‘Heart Made Of Steel’ repart au cœur du blues en abordant la thématique de la déception amoureuse vue par un cœur transi. Le style de Robb, pétri d’influences qui enrichissent un jeu déjà solide, reflète une maîtrise de la guitare acoustique que seule la passion et les heures de travail peuvent procurer. Il joue avec les tempos aussi bien qu’avec les genres et peut passer de l’un à l’autre sans problème dans un même morceau, ce qui rend l’album intéressant car plus éclectique. ‘Three Times The Blues’ est un bel exemple de changements qui déroutent et pourtant accrochent : quelque part entre le jazz et le blues, elle s’affranchit des styles pour devenir un morceau unique. De très jolies pièces en morceaux plus rythmés, Terry Robb et ses acolytes proposent ici un album à l’univers riche et empli de surprises.
Marion Braun

The Kokomo Kings
Fighting Fire With Gasoline

Genre musical: Rockabilly, Blues  
Label : Rhythm Bomb records
Distributeur : kokoshop.onlineweb.shop, Amazon, CdBaby

Troisième album pour ces Suédois qui mettent le feu partout où ils passent. D'ailleurs avec un titre comme celui-ci (Combattre le feu avec de l'essence), on peut s'attendre à voir la température monter. Le visuel tout à fait réussi du digipack conçu par Henrique San (même artiste que pour le précédent album) nous emmène, en gros, vers la fin des fifties où rockab' et rhythm and blues faisaient fureur. L'impression est confortée à l'écoute des douze titres, tous écrits par le bassiste/contrebassiste Magnus Lanshammar, qui sonnent comme il se doit pour ce style de musique. Les rythmiques du guitariste Ronni Audar-Boysen sont incisives et sans concessions, l'imperturbable batteur Daniel Winerö pourrait garder la cadence jusqu'au bout de la nuit pour soutenir ses équipiers. Le guitariste chanteur Martin Abrahamsson peut donc se sentir pousser des ailes afin de remuer l'auditoire car cette musique est faîte pour danser sur des braises ardentes. Ce n'est pas un hasard si le label Rhythm Bomb records les a signés (ils ont aussi Nico Duportal au catalogue). L'harmonica en moins, j'ai eu le même sourire que lorsque, il y a bien longtemps, j'ai découvert les Fabulous Thunderbirds pour la première fois. De 'The More I Get, The More I Want' le premier titre à 'Fighting The Fire With Gasoline' le dernier morceau, pas de répit, ça pulse, le groove est là !
César

The Nick Moss Band
Lucky Guy!

Genre musical: Rhythm’n’blues contemporain
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Le guitariste et chanteur Nick Moss, Chicagoan pur malt, a fait ses classes à la basse derrière Jimmy Dawkins, et tout ce qu’il restait de légendes dans les clubs de la Windy. Il a démarré son premier groupe en 1997, et tourné treize albums depuis. Ça fait vingt ans qu’il connaît l’harmoniciste Dennis Gruenling. Ils ont jammé ensemble maintes fois et ne se sont vraiment associés qu’en 2016. Un premier album les a douchés de médailles et de récompenses variées. Les revoici en studio à San Jose, Californie, avec Taylor Streiff aux claviers, Rodrigo Mantovani et Patrick Seals, basse et batterie, et le producteur Kid Andersen, par ailleurs guitariste de Rick Etrin & the Nightcats. L’expédition sent bon l’écurie Alligator, jusqu’à Gruenling qui avait trouvé sa vocation à l’écoute de Harp Attack, un disque emblématique du label. Le groupe est d’abord cette hydre à deux têtes, Moss et Gruenling, et l’album : quatorze compos d’un rhythm’n’blues survitaminé, produit au biceps et passé en puissance par les meilleurs tueurs de la ville, le genre de charge comme Alligator en sort depuis une quinzaine d’années, pour prendre le relais des houserockers qui avaient fait sa réputation. L’attelage détale à bride abattue, conduit par un harmonica dantesque, une guitare rock’n’roll, et quelque chose d’indéfinissable qui descend dans les racines, une culture de terrain, un frisson historique qui leur donne de la patine, de la classe, et les préserve d’un blues rock bas du front. Ils ne sont ni des réciteurs vintage ni des gonfleurs de blues. La bande à Nick Moss fait du rhythm’n’blues contemporain, et leur deuxième album est fantastique.
Christian Casoni

The Trevor B. Power Band
Everyday Angel

Genre musical: Blues rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, Spotify, Amazon, iTunes

Fort de ces 25 dernières années passées à écumer les scènes, le Trevor B. Power Band nous présente ici un premier album loin de sonner comme un coup d’essai. La machine, bien huilée, présente dix morceaux oscillant entre blues, soul et rock où des titres qui claquent sont suivis de ballades touchantes. Il serait en effet difficile d’attribuer un genre à cet album tant les morceaux se suivent et ne se ressemblent pas. Trevor B. Power présente le fruit des expériences d’une vie, entre joies et peines (la ballade ‘Saddest Thing’ relate le refus d’une demande en mariage) et entre doute (‘Lord Have Mercy’ réfléchit sur la condition humaine) et détermination (Trevor fait table rase du passé et se venge de la femme qui l’a fait souffrir sur ‘Baby I’m Through With You’). Ce premier album a de quoi surprendre. A la fois très carré et d’une authenticité touchante pour une formation aussi expérimentée, il s’agit là d’un disque éclectique et pourtant traversé d’un fil rouge ; celui de la vie, à laquelle la musique est si intimement liée.
Marion Braun

Tullie Brae
Revelation

Genre musical: Blues électrique
Label : Endless Blues Records
Distributeur : Spotify, Deezer, iTunes, CdBaby

Dès le premier morceau, ‘Price Of The Blues’, Tullie scotche avec un blues6rock franc auquel se mêle sa voix profonde et suave qui n’a pas peur des émotions. Ses sentiments, elle les expose, elle les canalise pour les envoyer avec véhémence à son auditoire. Tantôt en puissance tantôt en délicatesse, sa versatilité vocale (Le blues tranquille ‘Seven Bridges’, qui nous emmène dans le bayou, est un bel exemple de la technique de la chanteuse) fait écho à ses dons musicaux -en plus du chant, elle joue aussi de la guitare slide et de l’orgue. Trois slows ponctuent l’album. Le premier, ‘Mississippi Rain’, raconte une déception amoureuse que le temps ne parvient à effacer. Le second, ‘Ain’t No Good’, relate les derniers instants d’une relation nocive dans laquelle la narratrice ne s’épanouit pas. La dernière, ‘Thank You Mom’, est une ode à l’amour maternel, et l’on voit défiler alors la thématique de la recherche d’un amour authentique. La plus provocatrice ‘Watch Her Move’, à la basse envoûtante, présente une femme sûre d’elle que rien ne peut arrêter et incite les auditrices à se sentir comme elle. L’ensemble de l’album reflète la jeune femme forte, talentueuse et déterminée qui en a composé les morceaux.
Marion Braun

Vin Mott
Rogue Hunter

Genre musical: Blues roots, harmonica blues
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby, Spotify, Amazon

Le deuxième album de l’harmoniciste Vin Mott s’inscrit dans la lignée du précédant. Véritable ode au blues roots, Rogue Hunter revisite avec authenticité et passion la musique dont il est tombé amoureux au lycée. L’harmonica y est forcément à l’honneur, présent sur tous les titres. Plus assurée, toujours aussi énergique, la voix du chanteur raconte avec une impertinence mutine les histoires d’un jeune homme qui sacrifie tout pour sa passion. Aussi, l’auditeur est tenté de twister avec lui sur ‘Ice Cold Beer’ ou de danser un slow sur la plus douce ‘Honey’. Le quartet nous délivre un blues brut, efficace et sans superflu. Il s’agit d’un hommage plus que d’une réappropriation ; Vin Mott reprend respectueusement les codes que lui ont légué les bluesmen légendaires qui l’ont précédé. Il prend l’auditeur par la main et l’emporte dans un voyage qui va de Chicago à la Nouvelle-Orléans, en passant par la mythique Memphis, en puisant à chaque étape les influences de ces lieux devenus de véritables pèlerinages. Rogue Hunter est un album sincère et passionné qui saura faire vibrer son auditoire.
Marion Braun

Zu et les Zigs
Acte 1, Scène 1 (en concert à la Grooverie)

Genre musical: Blues francophone 
Label : BLUESIAC
Distributeur :
BRENNUS MUSIC

Il est rare de procéder de la sorte. Premier concert avec ses Zigs, et Zu fait filmer et enregistrer celui-ci afin d'en tirer le CD que voilà grâce à la participation financière des fans. La salle est bien choisie, elle a pour nom 'La Grooverie', et du groove... il y en a à la pelle, le public, chaud, que l'on entend en fond est là pour nous le prouver. L'exercice a surtout pour but d'attirer l'attention des programmateurs de festivals et tourneurs sur la qualité des prestations proposées. Tant en ce qui concerne la musique 100 % blues, que les paroles 100 % en français, ce qui est expliqué dans le titre 'Je Parle Mal'. On pourrait comparer sa gouaille à celle d'un Bill Deraime dont il reprend 'Tire Ailleurs'. Au niveau des reprises, on trouve également 'J'suis Bourré’ qui n'est autre que le 'I'm Tore Down' de Sonny Thompson et 'Allonz' Au Tortillage' de Benoît Blue Boy (qui est un supporter de l'artiste). Zu s'est adjoint les services du batteur Laurent Coulaud, du bassiste Jérémie Vinet pour faire monter la tension et filer la pêche au quatuor complété par l'excellent Georges-Henry Peyrin aux claviers. Zu chante comme il parle, avec naturel, malice, intelligence et passion. Ses paroles coulent, se marient bien avec le blues et les jeux de mots sont monnaie courante avec lui. Tantôt révolté 'Pourvoir', tantôt dépité 'Que Le Rose Nous Grise', des fois amoureux 'On Ne Vit Qu'une Fois' ou largué 'J'suis Bourré'. On est bien en présence d'un grand bluesman qui s'exprime en français... et ça le fait grave, n'en déplaise aux soi-disant puristes qui ne jurent que par les artistes Ricains où Anglais qui chantent, bien sûr, dans leur langue maternelle. On mériterait de voir ce type tourner dans les festivals. En attendant, il y a ce CD à déguster et un p'tit tour sur le site de l'artiste où on peut voir les Zigs en action. https://zublues.fr.
César