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Chroniques CD du mois Interview: LITTLE MOUSE & THE HUNGRY CATS Livres & Publications
Portrait: CHARLES BROWN   Dossier: SPECIALTY RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

OCTOBRE 2016

Allan Harris
Nobody's gonna love you

Genre musical: Jazz cool
Label : MEMBRAN
Distributeur : SONY

L’ensemble a beaucoup de charme. Avec sa voix chaude et puissante et un swing irrésistible, Allan Harris peut revendiquer l’héritage musical de Nat King Cole. Les références à Eroll Garner s’imposent aussi par moments avec certaines mélodies. Cependant, contrairement à ses illustres prédécesseurs, lui, est guitariste. Avec ce nouvel album, le 11ème au catalogue, Harris avec son chant de crooner donne dans la légèreté et la délicatesse. Il aborde la ballade jazzy naviguant des rives du Mississippi aux rivages du Brésil. Il crée d’autres univers à travers des mélopées soul veloutées et n’hésite pas à se tourner vers des ambiances plus musclées taillées dans le rock. Le new-yorkais signe 4 compositions sur les 11 titres de cet enregistrement chic et lumineux dont la finesse d’interprétation met l’auditeur en état d’apesanteur. Allan Harris est entouré pour l’occasion par Freddie Bryant à la guitare, Russell Hall à la basse, Pascal Le Bœuf au piano, à l’orgue Hammond B3 et au Fender Rhodes, et Shirazette Tinnin à la batterie et au cajon. L’ambiance générale du disque est à la douceur et à la décontraction. On se laisse bercer avec plaisir d’un titre à l’autre. De beaux échanges entre la guitare et les claviers donnent un album au style mélodique et rythmique d’une grande qualité.
Gilles Blampain

Bobby Rush
Porcupine meat

Genre musical: Blues funk
Label : CONCORD
Distributeur :
SOCADISC

Chanteur, harmoniciste, homme de scène accompli, Bobby Rush a débuté sa carrière alors que bon nombre de lecteurs de ces lignes n’étaient encore nés. C’était au début des années 1950 à Chicago. Non content de chanter le blues il s’illustre également dans la soul, le funk, et a récolté pas moins de 10 Blues Music Awards. A 80 ans passés, la voix est toujours intacte. Il signe seul ou en collaboration 12 titres originaux et, à propos de ce disque enregistré à New Orleans, Bobby Rush déclare humblement : « J’ai juste essayé d'enregistrer de la bonne musique et de bonnes histoires ». En fait, il a tout simplement produit l'un des meilleurs albums de ces derniers temps. L’octogénaire est encore plein d’entrain et les amateurs de soul et de funk apprécieront. Il est entouré pour l’occasion par un band de haut vol qui donne une belle intensité émotionnelle à l’enregistrement avec quelques pointes qui rappellent les enregistrements Stax de la grande époque. Invités de marque, Joe Bonamassa (‘Me Myself and I’), Dave Alvin (‘It's Your Move’) et Keb Mo (‘Nighttime Gardener’) sont venus en studio avec leur guitare, ce qui ne nuit en rien à l’affaire. Une belle réussite et une écoute qui garantit 56 minutes d’euphorie.
Gilles Blampain

Bone tee and the Slughunters
Country boys

Genre musical: Blues, rockabilly
Label : BIG SPOONRECORDS
Distributeur :
btandslug@hotmail.fr

Country Boys est le titre de ce CD, car ces gens sont des provinciaux (Lot et Garonne) et que le onzième et dernier titre de l'album a été baptisé ‘Pour Young Country Boy’. D'ailleurs ce morceau comme les dix précédents  sont tous des compositions que l'on doit à ce quatuor dynamique. Bone Tee, c'est  Guillaume Zimmerlin, le guitariste chanteur. Ses acolytes de longue date sont : au piano, Daniel Conqueret, à la basse  et contrebasse, Laurent Bellaz et Julien Bigey à la batterie. Pour ce troisième album, le groupe se dirige de plus en plus vers des sonorités dignes de celles que l'on entendait dans les années cinquante. Pour certains titres, quelques accompagnements cuivrés (trompette, saxo) et boisés (clarinette) sont venus colorer les plages du CD. Quand je vous dirai que c'est Abdell-B-Bop qui a enregistré et mixé l'album, vous comprendrez que vous ne pourrez qu'apprécier l'esprit de cette galette.
César

Cheese Finger Brown
Low-down people

Genre musical: Country-blues, boogie
Label : HUMU RECORDS
Distributeur :
HUMU RECORDS

Un son épais, lourd, qui fait vibrer l’air ambiant, une voix légèrement voilée, une atmosphère hypnotique. On se dit qu’on a déjà entendu ça quelque part, et puis… peut-être pas. Ça vient d’ailleurs. Le trouble s’installe, mais l’auditeur est accroché rapidement. Ceci n’est sûrement pas une imitation mais certainement un passage de relais. Pim Zwijnenburg alias Cheese Finger Brown, artiste néerlandais installé en Finlande, cite volontiers RL Burnside, John Lee Hooker, Captain Beefheart et Guy Clark dans ses références. Influencé par la musique jouée du côté des North Mississippi Hills, il interprète avec une approche personnelle un country-blues au son distordu, un boogie hypnotique revivifié. Sa musique puise ses racines dans les sons d’antan, mais son feeling est hors du temps et ne laisse rien intact après son passage. Les titres son brefs, il en aligne 15 de sa composition en 41 minutes. Ici, la simplicité est de mise. Musicien minimaliste, il n’y a pas de fioriture inutile. Aucun effet de style, une basse entêtante, une mélodie répétitive avec parfois une pointe de réverbération, de temps à autre un harmonica pétillant et la cible est atteinte. Une performance qui brouille les repères, qui donne une sorte de vertige.
Gilles Blampain

Devon Allman
Ride or die

Genre musical: Blues, blues-rock
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Celui-là, vous le connaissez, c'est le fils de Gregg Allman et en étant « fils de » on se doit d'assurer. C'est ce que fait Devon Allman dans cet album à la belle pochette psychédélique. Pour ce troisième opus, le guitariste, également co-fondateur du Royal Southern Brotherhood, a laissé libre cours à ses envies, sans ligne directrice. A noter que pour ce troisième album comme pour le précédent, le coproducteur est le batteur Tom Hambridge, celui-là même dont Buddy Guy a dit qu'il est le meilleur producteur qu’il n’ait jamais rencontré. Pour les guitares, c'est Tyler Stokes et le bassiste est Steve Duerst. On classe Devon Allman dans les bacs de rock sudiste, certes, puissant, mais pas brut. La traduction du titre est en gros « Marche ou Crève » et les chansons parlent de luxure, de douleur, d'addiction, de mort, de paumés... Mais aussi de trouver le sens de la vie, de renaissance, de rédemption. Pour adoucir certains titres, on trouve les claviers de Kevin McKendree, le violon de Bobby Yang et le super saxophone de Ron Holloway. Que du beau monde pour proposer une musique riche et variée tellement les influences sont nombreuses. On peut même entendre un chorus de guitare avec une talk box, outil que l’on n’avait pas entendu depuis longtemps, dans le titre ‘Lost’. Douze titres tous différents pour ce guitariste chanteur à la voix puissante qui serait plutôt Ride que Die.
César

Duke Robillard and his all-star combo
Blues Full Circle

Genre musical: Blues old school
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

C’est toujours avec plaisir qu’on découvre un nouvel album de Duke Robillard. Depuis plus de 50 ans qu’il trimballe son air débonnaire et sa guitare sur scène, le talent du bonhomme n’est plus à démontrer. Il fait partie du cercle restreint de ceux qui n’ont pas besoin de faire d’épate, il se contente de jouer et c’est simplement excellent. Et 6 Blues Awards et 2 W.C Handy Awards réfutent toute éventuelle contestation. Son all-star combo est composé de Bruce Bears (piano, orgue Hammond), Brad Hallen (basse acoustique et électrique) et Mark Teixeira (batterie). Les invités ne sont pas mal non plus : Jimmie Vaughan, Sugar Ray Norcia, Kelley Hunt, Sax Gordon Beadle et Doug James. Le son est vraiment superbe et il se dégage de l’enregistrement une dynamique fabuleuse. L’ensemble coule avec brio et une aisance évidente.  Robillard signe 11 titres sur les 13 que compte le CD, 8 sont tout récents, 3 autres ont été composés il y a environ 40 ans quand il était encore à la tête de Roomful Of Blues. Avec ce disque l’homme de Rhode Island nous livre, comme il le dit en toute modestie : « un simple blues à l’ancienne ». L’apanage des grands est de nous faire croire que tout cela se fait dans la facilité… encore faut-il avoir le talent ! Et Duke Robillard est un artiste qui n’en manque certainement pas.
Gilles Blampain

Ian Hunter & the Rant band
Fingers crossed

Genre musical: Rock
Label : PROPER RECORDS
Distributeur : PROPER RECORDS

Sacré Ian Hunter ! A 77 ans bien tassés, il arbore toujours cette coupe d'ex-lauréat de concours canin, et conserve cet air de vieux garnement. Infatigable, l'ex-frontman de Mott The Hoople aligne les albums sans broncher, sans non plus jamais atteindre le succès de son ancien groupe - ne parlons pas d' 'All The Young Dudes', l'hymne composé sur mesure par un certain David Bowie. Cet essai doit être quelque chose comme son vingtième depuis la disparition de Mott, le troisième avec son Rant Band, après un album studio en 2012 et un live en 2014. Bien sûr, Fingers Crossed aurait pu être mis en boîte en 75, et ne réserve pas la moindre surprise - tout au plus une touche reggae sur 'You Can't Live In The Past', ou un zeste de honky tonk sur 'Long Time'. Mais c'est un réel plaisir de retrouver cette vieille teigne attachante, comme un ancien ami un peu perdu de vue, qu'on retrouve un vendredi soir au troquet. Il y a du riff en acier trempé ('That's When The Trouble Starts'), de la mélodie ('Dandy' - bel hommage à Bowie, rien à voir avec le titre des Kinks, l'impayable Michelle Torr l'ayant proprement et définitivement massacré en son temps - 'White House'...), des ballades jamais mièvres ('Ghosts' aux accents dylaniens, le poignant 'Fingers Crossed'...). Le tout ne sonnant jamais poussiéreux, vu l'excellence des compositions, et puis cette voix, comme passée au laminoir, qui n'a rien perdu de sa ferveur. Voici donc un album vintage, honnête et sans esbroufé, l'un des meilleurs de sa carrière. L'œuvre d'un artisan doué, bien plus précieuse en fait que les produits manufacturés délivrés par bon nombre d'artistes, ou en tout cas supposés tels.
Marc Jansen

Jerry Deewood
Rockin' christmas

Genre musical: Rock’n’roll Xmas
Label : ADONDA
Distributeur : AMAZON

Tous les grands noms du rock’n’roll ont enregistré un disque de chants de Noël et Jerry Deewood perpétue la tradition. Les braises du feu qui s’est allumé à Memphis il y a plus de 60 ans brûlent toujours avec autant d’intensité dans le cœur de l’homme de Bruges mais son disque ne sent pas la naphtaline. Chanteur doté d’un timbre chaleureux et d’une voix au souffle puissant qui a du corps et de l’âme, Deewood a l’intelligence de ne pas nous resservir les sempiternelles rengaines sur fond de grelots maintes fois entendues autour du sapin. Si son disque de facture plutôt classique ne s’inscrit pas vraiment dans les sonorités du moment, il semble cependant intemporel, comme un clin d’œil à un demi-siècle de chansons populaires qui nous reviennent en mémoires à moment ou à un autre. Il débute et termine le CD avec Linda Gail Lewis dans un duo très dynamique (‘Rock’n’roll Christmas’ et ‘Rockin’ With Santa’), reprend entre autres Chris Rea (‘Driving Home For Christmas’), Willie Nelson (‘Pretty Paper’), John Jarvis (‘The Greatest Gift Of All’), signe le très beau ‘Should I Cry (On This Christmas)’dont l’interprétation rappelle qu’Elvis est toujours source d’inspiration et laisse apparaître en filigrane de cet enregistrement que gospel et blues ont toujours été les piliers du rock’n’roll. Avec de très belles orchestrations et une production sans défaut, l’album est assez bref, il aligne 8 titres en 27 minutes.
Gilles Blampain

Joanne Shaw Taylor
Wild

Genre musical: Blues
Label : AXE HOUSE MUSIC
Distributeur : LA BALEINE

Joan Shaw Taylor, guitariste et chanteuse particulièrement douée et précoce, partage sa vie entre Birmingham, où elle est née, et Detroit (Michigan). En 2002, alors qu’elle vient de quitter l’école à l’âge de 16 ans, elle rencontre Dave Stewart (Eurythmics) qui l’invite à le rejoindre sur scène, et en 2009, elle sort ‘White Sugar’, son premier album chez Ruf records. Quelques années plus tard, la voici avec son sixième opus, ‘Wild’ (écrit à Nashville aux côtés du producteur Kevin Shirley : Iron Maiden, Rush, Joe Bonamassa…) qui déroule ses onze titres assez léchés, joués par d’excellents musiciens, Greg Morrow à la batterie (Doly Parton, Cindy Lauper…), Steve Nathan aux claviers (Etta James, Bon Jovi…). Comme sur les albums précédents, certaines références sont toujours bien présentes, Joe Bonamassa, par exemple, mais, avec à peu près les même musiciens, le même producteur, dans le même studio, il aurait fallu faire preuve d’un peu plus d’inventivité pour s’en détacher réellement. Au niveau de la réalisation, on sent clairement l’intention de modernité destinée à ouvrir l’artiste à un plus large public, mais cela fonctionne à un détail près : la voix de Joan, qui a parfois du mal à percer les arrangements brillants, mais assez touffus, et le son très «mainstream FM » américain. On imagine également l’émotion qui s’est emparée de l’artiste d’avoir la chance d’enregistrer au Grand Victor Sound  (anciennement RCA), l’un des studios mythiques de Nashville, mais le « surplus d’âme » auquel on s’attend fait malgré tout défaut. Reste la voix et le jeu de guitare fantastiques de Joan, qui, à mon sens, auraient été mieux servis dans un autre contexte.
Jean-Charles Cremers

Joe Bonamassa
Live at the Greek Theatre

Genre musical: Soul rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Depuis 2000 le stakhanoviste du blues-rock a toujours un lancement sur le feu, CD, DVD, tournée. Il n’a pas 40 ans et déjà les états de service d’un vétéran : 12 albums studio, 15 albums live, 12 vidéos. Joe ne balance pas des albums de rupture, il ne sortira probablement pas le Down By The Jetty de la deuxième décennie, il se contente de mettre sa touche sur quelques héritages. Et c’est rarement raté, car Joe est bon dans son genre (les manches grouillants de doigts). Ici : un live, CD et DVD, enregistré à Los Angeles sous les projos du Greek Theatre, un chapiteau dans une arène. Ses dix musiciens, dont deux saxos, une trompette et trois choristes, tous impeccables, imposent l’ambiance : soul-rock. Joe voulait s’incliner devant l’œuvre de BB, Albert et Freddie, l’indissociable triptyque des King. Joe chante aussi très bien et rappelle, dans ses meilleurs moments, Stevie Wonder. Il ne met plus ses guitares en scène, ne monte plus de scénarios mélodiques comme avant, quand il misait tout sur le solo. Il en place quand même un par chanson. Sur 22 titres, ça laisse un bon kilomètre d’aigus tirés dans le casque. Et il déploie la collection de rictus que font généralement les solistes en état de jubilation. Le show dense, grandiose, se développe dans un mélange de mégalomanie et d’humilité devant des modèles, que Joe évite de dénaturer par des excès de tempérament. Temps forts: ‘Going Down’, ‘I’ll Play The Blues For You’, ‘Hummingbird’. Final sur trois scies, une par King: ‘Hide Away’, ‘Born Under A Bad Sign’ et ‘The Thrill Is Gone’. Le temps de signer, et Joe est déjà en train de lancer un opéra-rock.
Christian Casoni

Leon Newars
Soul talking butt shaking music

Genre musical: Soul, blues, hip hop, funk
Label : LA ROUTE PRODUCTIONS
Distributeur : LA ROUTE PRODUCTION

Jonathan Joubert (chœurs/basse), Guillaume Pailhère (chœurs/batterie), Florian Royo (guitare), Quentin Imola  (chœurs/ guitare), Franck Bougier (trompette), Guillaume Séné (sax ténor), Vincent ‘Vinz’ Pollet-Villard (chant lead et piano). Leon Newars est l’anagramme du nom d’une ville américaine (je vous laisse chercher) où Vinz, leader du groupe, a séjourné pendant 2 ans et y a bonifié son bagage musical. En première écoute, on découvre avec ravissement un soul très « live » et spontané. Le groupe propose une ligne sonore homogène, cohérente et maîtrisée. Les chœurs et une section de cuivres figurent en bonne place, mais l’épine dorsale est plutôt orientée claviers/guitares. Au second passage, on a déjà en mémoire des compositions très accrocheuses. Leon Newars se frotte à une multitude de styles (funk, soul, hip hop) tout en gardant une véritable signature, ce qui n’est sans rappeler la marque des plus grands et, je ne sais pas pourquoi (la couleur musicale, la prépondérance des claviers, …peut-être), il y a même du Ray Charles là-dessous… Malgré la volonté de s’aligner sur les standards sonores de leurs aînés, on constate une appropriation des sons vintage à l’instar d’Alabama Shakes. Des thèmes efficaces qu’ils qualifient de « Southern Pop », souvent solaires, parfois plus sombres, sont toujours rondement menés. Plus académique et plus homogène que l’album précédent, on peut parfois regretter qu’il lui manque ce petit grain de folie qui, je n’en doute pas doit être présent en concert. Vivement un passage dans ma région !
Robert Bolaers

Lex Grey and the Urban Pioneers
Heal my soul

Genre musical: Blues Passion
Label : PIONEERS PRODUCTION
Distributeur : CDBABY

Nous allons faire un tour dans la région de New York grâce à cette femme blonde et explosive,  reconnue par Waren Haynes comme une chanteuse exceptionnelle et qui avec son groupe sort son sixième opus.  Malheureusement peu connue en France, Lex Grey chante le blues avec une voix légèrement éraillée. On la trouve plaintive avec un accompagnement minimum dans ‘Blues All Around ’mais avec une présence phénoménale qui se confirme avec des titres comme ‘Heal My Soul’ inspiré du gospel ou bien ‘Quiet Place’ ballade accrocheuse ou encore le rock n' rollesque ‘Lightnin’ qui aurait pu être aussi interprété par une Tina Turner bien en jambe. Il faut dire que les Urban Pioneers ne sont pas en reste. Avec des musiciens multi instrumentistes, outre les classiques guitare (tenue dans tous les titres par Vic Mix), basse, batterie, on peut entendre de la mandoline, du saxo, pas mal de violon, de l'orgue  de l'accordéon  mais aussi du Theremine et du Dewanatron et enfin des chœurs vraiment très, très au point. Les mélodies sont  accrocheuses et les arrangements parfaits. Et tout ça, à partir d'un home studio. Mon disque de chevet du moment.
César

Lil’ Ed and the Blues Imperials
The big sound

Genre musical: Houserockin’
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Lil’ Ed Williams en est à neuf ou dix albums, tous chez Alligator et servis par les mêmes Blues Imperials : Michael Garrett à la guitare n°2, son demi-frère Pookie Young à la basse, et Kelly Littleton à la batterie. Seul le clavier n’était pas là au début : Sumito Aryo Aryoshi. Avec Jump Start, l’avant-dernier, Ed lâchait un peu de vapeur et semblait se demander s’il y avait encore une carrière après le houserockin’. The Big Sound n’en donne qu’une demi-réponse. Jump Start était un bon album, Ed n’a jamais failli, mais il ne balançait pas ces grandes tartes dans la gueule, auxquelles le nabot de Chicago nous avait habitués. Ed est passé maître dans un style qui repose, non sur l’invention mais sur le tempérament, aussi le baromètre est-il assez facile à interpréter. The Big Sound peut être considéré comme un album intermédiaire entre les équarrissages d’antan et les doutes d’hier. Ceci posé que, pour les périodes de référence, la barre était montée tout de suite très haut. Ed est un petit gabarit jusqu’au moment où la rampe s’allume. Dès que son auriculaire a cueilli un bottleneck, c’est saint Georges terrassant le dragon. On trouve donc, sur ce nouvel album, des jumps saignants, mais aussi des titres plus mélodieux, accablés par les atmosphères fatidiques du West Side. Pas révolutionnaires non plus, Ed n’a jamais cherché à innover, mais qui apportent à son œuvre un supplément d’âme, notre homme voulant sans doute dépasser le stade du ‘Musical Mechanical Electrical Man’ qu’il prétendait être naguère. Bon chanteur, excellent slideur bourré d’énergie, toujours d’excellents sidemen, le dernier Lil’ Ed ne démérite pas. Cet album n’a qu’un défaut, sa longueur : quatorze titres, douze compos, deux reprises de l’oncle Hutto, dans l’exécution desquelles le houserocker prend le temps de serrer les crampes. Ce n’est plus vraiment l’esprit de Rattleshake ou de Full Tilt, et un cran au-dessus de Jump Start. Lil’ Ed trouvera peut-être le scénario de l’histoire au prochain album, un concept, ou une collaboration avec Wilko Johnson, ou bien aura-t-il finalement décrété que faire houserocker avec ses copains dans un club de Chicago constituait aussi une sorte de destin.
Christian Casoni

Nick Cave and the Bad Seeds
Skeleton tree

Genre musical: Rock alternatif, ambient blues
Label : BAD SEEDS LTD
Distributeur : PIAS

Pochette noire, pochette de deuil. 8 chansons lentes, ténébreuses, aériennes aussi. Du jais de l'objet, jaillit une lueur : la musique. Nick Cave, traversant un drame personnel (perte d'un de ses fils jumeaux, Arthur, âgé de 15 ans...) possède la force de ces artistes de pouvoir exprimer, loin du pathos, le destin de la vie et de la célébrer, encore, et encore... ('Girl An Amber'. 'Distant Sky'). L'homme semble changé, heurté de l'intérieur (‘I Need You’), sa voix est brisée, vieillie, lugubre. Ici point de riffs de guitares, plutôt des synthés, des cordes, architectes d'une prière, et d'un adieu. Warren Ellis, le fidèle collaborateur, est là, bien présent, dans la production, la musique, et semble aussi soutenir Nick Cave, de peur qu'il s'effondre. Album de la résilience et à la charge émotionnelle immense, comme ont pu l'être des Rock Bottom' de Robert Wyatt, Music For A New Society de John Cale, le Tilt de Scott Walker ou le American IV de Johnny Cash. Des albums profonds, douloureux mais tellement humains. Tout devrait être mieux exprimé dans le documentaire 'One More Time With Feeling' qui accompagne cet album majestueux. Salut !
Juan Marquez Léon

Philippe Grancher and his G-Men
Live at Le Meridien 2016

Genre musical: Blues variés
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.philippe-grancher.fr

Philippe Grancher a profité de son passage dans le cadre feutré de la salle du Méridien à Paris pour graver ce live. Entouré d’un band de choix, les noms de ses partenaires ne sont pas inconnus des amateurs ; Peter Nathanson tient la deuxième guitare, Nadège Dumas est au saxophone, Daniel Le Noury s’occupe des claviers (piano et Hammond B3), tandis que Paolo Coccina à la basse et Clément Duventru à la batterie assurent la rythmique. La conjugaison de tous ces talents qui additionnent technique et feeling donne un résultat des plus harmonieux et des plus convaincants. La set list est plutôt variée allant de Jimmy Smith (‘Back At The Chicken Shack’) aux Rolling Stones (‘Miss You ’-version instrumentale) en passant par Leiber & Stoller (‘Hound Dog’) et Fenton Robinson (‘You Don’t Know What Love Is’), en tout 11 titres dont 3 compositions signées Grancher. Présentant une palette de blues qui se teinte tour à tour d’une pointe jazzy, d’une nuance de soul ou d’une dose de rock, l’ambiance générale est plutôt cool et les plaisirs évoluent d’un titre à l’autre. Avec une voix grave et traînante portée par le son cristallin de sa guitare, l’interprétation de Philippe Grancher est pleine de finesse, et son apparente désinvolture donne un caractère très personnel à cet enregistrement au style original qui s’écoute avec plaisir.
Gilles Blampain

Popa Chubby
The Catfish

Genre musical: Funky, bluesy, rocky, jazzy, reggae
Label : VERYCORDS
Distributeur : WARNER

Et voilà Popa qui revient dans un style bien particulier puisque pas de style à proprement parler ! Comme il le souligne dans une récente (et géniale!) interview donnée au site lagrosseradio.com, « Si tu passes ton temps à te pavaner et à décrire au monde ce que tu es [quel style de musique tu joues], c'est que tu es un gros con. ». Cela peut paraître déroutant mais c'est finalement riche, très riche même ! La galette démarre avec un apéro des plus funky ‘Going Downtown’ avant de glisser sur un son davantage reggae ‘Bye Bye Love’ sur lequel Popa a touché la basse et la batterie. L'énergie si caractéristique de Popa (25 ans de carrière tout de même) est présente sur tout le disque. Il y offre quelques clins d'œil à des confrères musiciens ‘Motorhead Saved My Life’ ou à l'actualité tragique récente avec ‘Blues For Charlie’ qui est une pièce instrumentale aérienne et émouvante. ‘Wes Is Mo’ envoie des notes plutôt jazzy et met en avant Dave Keyes (clavier) et Dave Moore (batteur). Bref, un beau medley de sonorités différentes pour un disque dont le but était pour Popa d'être « Bigger, badder, older, wiser, louder ! »
Tristan Sicard

Sarah Lenka
I don't dress fine

Genre musical: Jazz folk
Label : JAZZ & PEOPLE
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Après deux albums de jazz, le premier en 2008, une couronne de meilleure chanteuse féminine décernée par la Sacem, et deux années de retraite rongée par le doute, Sarah Lenka revient avec deux guitaristes, un contrebassiste, un trompettiste, et l’envie de dire à Bessie Smith combien ses chansons l’ont aidée à comprendre ce qu’elle fichait là. C’est donc son troisième album : quatorze reprises cool, jazz folk, ambiance ‘Dream A Little Dream’, inévitablement un peu old time, voix candide, sensuelle, « troublante » (dit avec raison la feuille de présentation), quelque chose de Rickie Lee Jones et, en tout cas, plus Lil Green que Bessie Smith. L’absence de batteur ne fait pas défaut. Enfin un album de ballades qui passe de bout en bout, sans une once de lassitude. Sarah Lanka recolore radicalement le répertoire de Bessie Smith, de façon lumineuse, sans complaisance, sans morbidité, sous un jour, mélancolique certes, mais presque optimiste. Des plages comme ‘Sing Sing Prison Blues’, ‘JC Holmes Blues’ ou ‘Nobody’s Blues But Mine’, on se les rejoue sans cesse en se demandant par quel miracle un édifice, exclusivement charpenté par des ballades, tient aussi solidement sur ses bases. Ce serait leur faire injure que de ne pas citer les quatre sidemen qui contribuent à ce miracle : Fabien Mornet et Taofik Farah courent les deux manches, Manuel Marchès dompte la contrebasse et Malo Mazurié taquine les trois pistons.
Christian Casoni

Sari Schorr
A Force of Nature

Genre musical: Blues-rock
Label : MANHATON RECORDS
Distributeur : CARGO

"Le renouveau du blues"... "Une voix entre Janis Joplin et Tina Turner"... On en connaît plus d'un(e) qui ne s'en sont jamais relevé(e)s... Pourtant notre intérêt est bien sûr titillé, notamment par ces rumeurs de concerts, qui virent nombre d'amateurs endurcis succomber au charme de la jeune new-yorkaise, ex-choriste de Poppa Chubby. Pour ce premier album - dont elle écrit ou co-écrit la plupart des morceaux - on a réellement sorti l'argenterie : à la production Mike Vernon (Fleetwood Mac, John Mayall, Bowie, Ten Years After), aux six-cordes Innes Sibun (Robert Plant) mais aussi Walter Trout - il intervient sur la reprise de son 'Work No More' - aux claviers John Baggott (Massive Attack, Portishead), plus une nuée de musiciens additionnels. C'est donc avec une curiosité non feinte que l'on se penche sur l'objet. Enfer ! Tout au long du titre d'ouverture, 'Ain't Got No Money', le bretteur se met à tricoter dans le vide et dans les aigus, laissant craindre le pire pour la suite. Par chance, dans la foulée, le stonien 'Aunt Hazel' parvient à redresser la barre. Hélas, dès 'Cat And Mouse', c'est reparti pour une séance de maille. Quelques titres surnagent cependant, outre la tante Hazel précitée : 'Demolition Man', la reprise de 'Black Betty' - décidément fort prisé ces temps-ci, après la version de Son of Dave - ou encore 'Ordinary Life', dépouillé, sans effet de manche. Surtout il y a cette voix, impressionnante de maîtrise, souple, chaleureuse, capable de nuances épiques. Mais aussi trop de morceaux plan-plan, de titres franchement aseptisés. Clairement cette fille a du potentiel, pour autant qu'elle et son entourage acceptent de se salir les mains. Pour se montrer à la hauteur de ses illustres aînées, il faudrait qu'elle se mette en danger. Musicalement, s'entend.
 Marc Jansen

Sate
Red black & blue

Genre musical: Blues-rock-punk
Label : CRISTAL RECORDS
Distributeur : HARMONIA MUNDI

C’est fort et intense. Des riffs qui tuent, une rythmique d’enfer, la voix qui déchire, Sate laisse couler un mélange de blues et de hard-rock funk en fusion en introduisant sans doute une giclée de punk là-dedans. Mélange d’Etta James et Nina Hagen, la chanteuse de Toronto déborde d’énergie et chacune de ses chansons arrive comme une tornade qui emporte tout sur son passage. Ça pulse, ça cogne, ça s’envole, la pression monte, Sate semble se nourrir de la puissance dégagée pas ses musiciens, guitariste, bassiste, claviériste et batteur, qui ne ménagent pas leur force de frappe. Elle présente son disque : « comme un voyage dans la multitude d'émotions en lien avec les trois femmes les plus importantes de ma vie; ma mère, ma fille et ma sœur sous la protection mystique, magique et spirituelle de mes animaux totémiques; le rouge-gorge, la panthère noire et le papillon morpho bleu. ». Une formidable intensité se dégage du début à la fin de ce CD sous haute tension. Avec un brin de folie, Sate envoie 10 titres en 38 minutes, comme on mène un combat. C’est peut-être bref mais suffisant, avec plus on frôlerait sans doute le burnout. Enthousiasme et dynamisme pourraient convenir pour définir cet enregistrement. 
Gilles Blampain

Si Cranstoun
Old school

Genre musical: Vintage
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Simon Cranstoun, fringant quadragénaire londonien, nous entraîne dans le monde ‘joyeux’ des 50’s et des 60’s. Une époque où la musique avait un côté guilleret, où les chanteurs avaient une mine réjouie. Adepte de Jackie Wilson, Sam Cooke, Fats Domino, Ben E. King, tout autant que de Little Richard ou Elvis, c’est à juste titre qu’il intitule son CD Old School. Si avoue : « enfant, tout mon argent de poche passait dans les disques vintage des années 50 et 60. Je filais à la maison, j’écoutais, j’aimais et je chantais ». Il signe sur cet album 14 titres dans la parfaite lignée de ses illustres prédécesseurs et reprend ‘Big Bess’ popularisée par Louis Jordan et ‘Lover Please’ de Billy Swan. Celui qu’on surnomme outre-Manche ‘The King of Vintage’ est entouré par un band de qualité doté d’une redoutable section de cuivres. Et c’est d’une très belle voix qu’il interprète une remarquable série de rock et de rhythm’n’blues qui pourraient sortir tout droit d’un jukebox d’un autre temps. En tout, 52 minutes de plaisir. Certes, ces rythmes sautillant, ces harmonies vocales en cascades et les chœurs qui font penser aux Jordanaires ou aux incroyables bands do-wop invitent à la nostalgie mais le son est travaillé avec les méthodes actuelles et la qualité n’a rien de vintage.
Gilles Blampain

Steve Verbeke 
Troisième Tiers (Solde De Tout Compte)

Genre musical: chanson française du South Side
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.steve-verbeke.com

L’œil cloué sur son calendrier élastique, raide comme un prêcheur calviniste, Steve, deuxième Verbeke du nom dans le métier du blues, sort, avec un an de retard, le troisième tiers de ce qu’il faut bien considérer, un EP après l’autre, comme son cinquième album. Le placide harmoniciste a sous-titré le dernier étage de sa fusée : Solde De Tout Compte. Les deux épisodes précédents alignaient deux fois quatre compos, un peu swamp, un peu Chicago, un peu autre chose. Cette fois Verbeke reprend cinq de ses anciens titres, des auto-covers pour ainsi dire, en leur donnant une couleur nouvelle, humble mais charnue. Le nouvel album se développera donc en trois pochettes sobres, portant le dessin d’un harmonica : une bleue, une orange, et celle-ci, jaune pâle. Notre homme, toujours soucieux de ne pas crever sa monture ou de paraître prétentieux, n’a pas encore arrêté le titre qu’il donnera à l’ensemble, mais il envisage de poursuivre dans la simplicité en baptisant l’éventail : Les Trois Tiers. Comment définir cette chanson alternative, magistralement interprétée en petit comité, ni française ni américaine (ou peut-être très française et très américaine), à la fois classique et inclassable, qui renvoie immanquablement à sa grosse influence : Benoît Blue Boy ? Verbeke est maintenant un genre en soi, l’harmo et l’écriture bronzés par vingt ans de service et plus, grand souffleur aux textes marrants, directs et, mine de rien, finauds. Verbeke ne perd pas son temps à filer la métaphore, mais lui seul peut énoncer ces vérités discrètes, aussi justes que : « Tu peux pas me juger, tu t’es trop souvent trompée ». La distribution finale donne : Jérémie Tepper et Stan Noubard Pacha aux guitares, Fabrice Millerioux, Marty Vickers et Denis Baudrillard aux batteries, Jean-Marc Despeignes à la basse, Jean-Marc Labbé au sax baryton et Ghyslin Di Sacco aux claviers, Patrick Verbeke et Benoît Blue Boy intervenant ici et là.
Christian Casoni

The Mc Kee brothers
Enjoy it while you can

Genre musical: Blues, mais pas que...
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : cdbaby, iTunes, Amazon

Je ne connaissais ni Lee Denis McKee, guitariste, ni Ralph, son  frère bassiste, quand j'ai écouté ce CD pour la première fois. Quelle claque ! Quel son ! Quelles mélodies ! Hou là là, les arrangements !  Cette fratrie a réussi à réunir une vingtaine de musiciens pour enregistrer les quatorze titres de cette galette que j'écoute en boucle depuis sa découverte.  C'est un peu un mixe entre  Blood Sweat and Tears pour la pêche et les cuivres et Steely Dan pour les arrangements et les chœurs. La plupart des titres sont chantés par la belle  voix de Bob Schultz qui fût clavieriste de Bob Seger. La plupart des musiciens sont de grosses pointures comme par exemple la section de cuivres avec Lee Thornburg (Tower Of Power – Joe Bonamassa) Doug Webb (Stanley Clarke). Personne ne tire la couverture à soi, ce qui magnifie l'ensemble. On passe du blues à la soul en passant par le funk et le jazz, le tout avec une belle énergie qui donne envie de bouger, de marquer la mesure, de sourire. Que ça fait du bien !
César

Tweed Funk
Come together

Genre musical: Old school soul
Label : TWEET TONE RECORDS
Distributeur : TWEET TONE RECORDS

« Ils ont les cuivres, ils ont la section rythmique, ils ont Smokey Holman, le leader dynamique. Ils exportent le RnB de Milwaukee dans le monde entier ». L’homme qui prononce ces mots se nomme Dan « Elwood Blues » Aykroyd. Smokey Holman ? Comme tant d’autres il tente sa chance dans les 60’s, enregistre pour Hi Records avec Rufus Thomas et Willie Mitchell. Le résultat est tellement génial que les bandes s’égarent. Pas de problème, on la refait chez Motown. Ils adorent. Le disque ne sortira jamais. Allons à Chicago, voir Curtis Mayfield. C’est la bonne : Curtom va sortir le 45t ‘Soul Is Love/This Is The End’. Youtube nous balance la réalité sans fard : c’est pas terrible. S’ensuit un hiatus de 50 ans, ou le chanteur abandonné s’enrôle dans les marines, puis dans la sidérurgie. En 2010, l’alliance du vieux loup et des jeunes turcs donne Tweed Funk et là, c’est la bonne : vieille recette mais vitalité intacte. Une basse à défaire tous les nœuds intestinaux, une trompette et un sax qui virevoltent comme des papillons aux ailes de cuivre, et Smokey qui porte le tout de façon dionysiaque, à la Solomon Burke, dont il partage le tour de ceinture. Anti-stress garanti : ‘Love Ain’t Easy’, ‘Light Up The Night’, ‘Soul Rockin’’. Autre spécialité de la maison : les ballades très lentes comme ‘Embrace’ ou ‘Bullet’. Exercice pratique : vous la raccompagnez en voiture, vous êtes sur un parking désert. Vous enchainez les deux slows. En 5 minutes, il y a de la buée sur les vitres.
Cranberry Gordy

Van Morrison
Keep me singing

Genre musical: Cool...
Label : CAROLINE
Distributeur :
UNIVERSAL

Avec ce 36ème album studio, Van the Man nous livre 12 compositions originales dont une en collaboration avec le parolier Don Black et une reprise, hommage à Bobby Blue Bland, ‘Share Your Love With Me’. Le tout dernier titre du CD, ‘Caledonia Swing’, est un instrumental sur lequel Morrison nous rappelle qu’il n’est pas simplement chanteur puisqu’il est au piano et au saxophone. La tonalité générale est à la décontraction mais il n’y a rien de banal dans cet enregistrement où les pulsions et les rythmes éveillent les sens. Une teinte jazzy, une pointe de folk, un soupçon de blues, un zeste de soul, l’ensemble est plutôt cool, ambiances feutrées, douces mélodies, et un chant au ton chaleureux et émotionnel qui transforme une plainte musicale en frisson. En vrai crooner Van Morrison a cette voix grave, intime et flexible qui passe en douceur d’un style à l’autre, du folk au pop, du blues au jazz, en conservant toujours une certaine élégance. Et l’excellence des musiciens qui l’accompagnent, n’est pas non plus étrangère au brio du résultat final. La clarté du piano, la délicatesse des cordes, la discrétion de la guitare, la douceur des cuivres, la mélancolie de l’orgue invitent à l’intime.  Pour  mener son projet à bien, l’Irlandais a voulu tout contrôler de bout en bout et a coiffé la casquette de producteur. Belle performance !
Gilles Blampain

Whiskey Myers
Mud

Genre musical: Rock sudiste, Americana
Label : SPINEFARM RECORDS
Distributeur : SPINEFARM RECORDS

Amateurs de southern rock taper du pied et que cela s’entende jusqu’en enfer, le nouveau band qui affole les tympans sort son nouvel album, le 4ème au catalogue. Pour les sessions d'enregistrement de Mud, les cinq membres fondateurs de Whiskey Myers, Cody Cannon (chant et guitare), Cody Tate (guitare), John Jeffers (guitare), Gary Brown (basse) et Jeff Hogg (batterie) se sont assurés les services de Jon Knudson (fiddle et claviers) et Tony Kent (percussions), devenus à présent tous deux membres du band à part entière. Avec nappes d’orgue, cuivres bigarrés, chœurs enthousiastes, des rengaines country, des riffs bluesy à souhait, des tempos taillés dans le rock, le band balance un son brut de décoffrage qui vibre et qui pique. Certes il y a des riffs ravageurs mais on peut également entendre de belles mélodies, car les Texans n’ont pas peur de sortir les guitares acoustiques pour une ballade lente. Leur musique est généreuse, on a affaire à du rock sudiste dans sa meilleure version. A moins qu’il ne faille requalifier l’enregistrement en Americana, car ici parfois la frontière est mouvante. Les 10 titres de Mud sont assez brefs puisque tout est dit en 38 minutes, mais il se dégage de cet album une belle allégresse.
Gilles Blampain