blues again en-tete
12/22
Chroniques CD du mois Interview: ERIC BURDON Livres & Publications
Portrait: JOHN LEE SONNY BOY WILLIAMSON Interview: SOLOMON BURKE Interview: TONY MARLOW
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

OCTOBRE 2022

Blues Eaters
Thunderbolt

Genre musical: Blues, swing, jump, jazz   
Label : LME Recordz
Distributeur :
iTunes, Spotify, Amazon

Toujours dans l’élégance le band nous livre un album où classe et décontraction sont de mise. La clarté de la note, les rythmes crépitants ou les mélodies vaporeuses s’entremêlent avec une belle subtilité. Norman Rosaia chante avec un timbre de voix séduisant, joue de la guitare, du dobro et de l’harmonica, Jo Nosalik est également à la guitare, Hervé Parent tient la basse et Sébastien Courti la batterie. Norman Rosaia signe les 10 compositions dont 3 en collaboration avec Jonathan Nosalik. Avec de beaux solos, soutenus par une rythmique solide on navigue avec virtuosité entre blues, swing, jump, r’n’b, et quelques rythmes latinos et de mordants éclats jazzy viennent relever avec finesse cette palette sonore. La grâce des accords, la rondeur du son, la nervosité d’une attaque qui s’adoucit dans le moelleux de la phrase qui suit produisent à la fois une impression de légèreté et d’ardeur. L’ensemble est raffiné, entraînant et imaginatif. Au fil des plages on passe agréablement d’un air soyeux joué tout en souplesse à un tempo plus tendu. Le groupe nous entraîne dans différentes ambiances lumineuses ou tamisées avec un bon feeling. On se laisse bercer avec plaisir d’un titre à l’autre. Une réalisation qui possède indéniablement un certain relief.
Gilles Blampain

Buddy Guy
The Blues Don't Lie

Genre musical: Blues rock
Label : Silvertone/ RCA
Distributeur : SONY MUSIC 
    

C’est le genre de production maousse en usage dans le blues américain quand il loge sur un gros label, ce qui n’arrive pas souvent, mais Buddy Guy fut-il un jour logé autrement ? Cette mégalomanie convient bien à sa personnalité emphatique, même si l’âge a tempéré les forfanteries vocales de sa jeunesse (moins ses bravades instrumentales). Depuis la fin des années 80, il s’est ancré dans un blues-rock opulent aux angles durs, hard swamp, Delta surgonflé, guitares énormes, attaques agressives, menaces d’ampli phréatiques et ciels suraigus, surcharge de lignes orchestrales et montées de chauffe vers le chaos. Cette sauvagerie volontiers minaudière contraste avec les slows dépouillés, introspectifs ou critiques (cf. ‘Smokegun Blues’ qui dénonce la religion des armes aux Etats-Unis), où sa voix puissante et mélodieuse peut s’affliger avec gravité. Est-ce à dire qu’il enregistre le même album depuis trente ans ? Oui et non, car il est le champion de la routine surprise (cf. ses phrasés obsessionnels qui déraillent dans la folie). Le choix des invités réserve lui-même de bonnes surprises. Mavis Staples ou Bobby Rush, soit, mais aussi… Elvis Costello. Ce déjà-entendu surprenant, quand on a son âge et autant d’albums à son actif, est déjà une surprise en soi. A 86 ans, balancer des coups de boule comme ‘Let My Guitar Do The Talking’, ‘Symptoms Of Love’ ou ‘Back Door Scratchin’ ’ tient du miracle. Il a déjà inventé le blues-rock et la psycho-hill country, il ne peut pas non plus inventer quelque chose à chaque fois qu’il sort un disque. Et puis, qui Buddy Guy lèse-t-il en enregistrant un nouvel album de Buddy Guy ?
Christian Casoni

Chicken Shack
Crying Won’t Help You Know – The Deram Years 1971-1974

Genre musical: Blues-rock
Label : Esoteric Recordings
Distributeur : Cherry Red Records  
    

En 1971, le blues anglais connaît une forme de crépuscule. Fleetwood Mac a perdu son leader et guitariste Peter Green l’année précédente, et la formation entame une période musicale incertaine entre blues-rock et pop music qui va la conduire au rock californien de Rumours en 1977. Savoy Brown perd les trois-quarts de ses musiciens, partis fonder Foghat. Kim Simmonds, le leader resté seul, récupère les trois-quarts de Chicken Shack pour sa nouvelle mixture blues orientée vers le boogie. Stan Webb, guitariste-chanteur de Chicken Shack, se retrouve seul après deux albums incertains, 100 Ton Chicken en 1969 et Accept en 1970, qui connaîtront cependant un joli succès en Allemagne et en Europe du Nord. Mais le groupe est en perte de vitesse en Grande-Bretagne. Le son est désormais au rock progressif et au son heavy. Led Zeppelin, Deep Purple, Black Sabbath, et Jethro Tull règnent en maîtres. D’allure plutôt frêle, Stan Webb est en fait un solide gaillard de la région de Birmingham, cœur du Black Country industriel britannique. Il prend la difficulté avec philosophie, sans trop s’en faire. Il y voit au contraire une opportunité de faire évoluer sa musique. Le groupe quitte le label Blue Horizon pour Deram, la sous-division progressive de Decca qui a déjà signé Keef Hartley Band et … Savoy Brown. Les bureaux de Chicken Shack étant dans le même immeuble que ceux de Led Zeppelin, Webb côtoie régulièrement les membres de Led Zeppelin, et en particulier le batteur John Bonham. Ce dernier est lui aussi originaire de Birmingham, tout comme Robert Plant. Leurs origines les rapprochent, ainsi que leur goût prononcé pour le pub et l’alcool. C’est Bonham qui conseille à Webb le bassiste John Glascock, membre du groupe Toe Fat. Le jeune musicien est auditionné et embauché, tout comme le batteur Paul Hancox, lassé de jouer des niaiseries avec Mungo Jerry. Pour la première fois de son histoire, Chicken Shack devient un trio, dépourvu de claviers, ce qui fut une de ses marques de fabrique, notamment lorsque Christine Perfect en tenait le poste jusqu’en 1969. Webb est un peu inquiet, craignant le trou d’air derrière lui lorsqu’il part en solo. Mais les deux musiciens qu’il vient d’embaucher sont de véritables démons. A la manière de Cream et Cactus, Glascock et Hancox vont littéralement créer un mur du son derrière Stan Webb, qui va pouvoir s’envoler vers des sommets qu’il n’a pour l’heure qu’effleurer du doigt aux meilleures heures de ses concerts passés.

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Dr. John
Things Happen That Way

Genre musical: Country inspirée
Label : CONCORD RECORDS
Distributeur :
Universal Music     

Il nous a quitté il y a déjà trois ans. Mais avant de partir définitivement Dr. John avait gravé ces dernières séances de studio. Lui qui excellait dans tous les styles musicaux s’est dit inspiré cette fois par la country and western que son père écoutait sur ses 78 tours et l’émission de télé Louisiana Hayride qu’il regardait dans sa jeunesse. Si on est plutôt habitué à entendre ce genre de musique interprété avec force cordes de guitares, mandoline ou banjo, c’est au clavier de son piano que Dr. John est assis, entouré de la crème des musiciens de New Orleans qui font la part belle aux cuivres et aux percussions. Il revisite ainsi cet univers musical à sa manière et le pare d’une belle livrée. Et Dr. John n’a pas cherché dans un répertoire suranné. Il signe trois nouvelles compositions originales, fait une reprise de son propre classique de 1968 ‘I Walk On Guilded Splinters’, débute l’album avec une composition de Willie Nelson ‘Funny How Time Slips Away’, reprend ‘Ramblin’ Man’, ‘I’m So Lonesome I Could Cry’ de Hank Williams, ‘End Of The Line’ des Traveling Wilburys en compagnie d’Aaron Neville et Willie Nelson, autre invité de marque, chante sur le traditionnel ‘Gimme That Old Time Religion’ et le disque se termine avec ‘Guess Things Happen That Way’ de Cowboy Jack Clement. Une production posthume pleine de vie et de bonnes vibrations.
Gilles Blampain

Henry Lowther’s Quaternity
Never Never Land

Genre musical: Jazz-rock 
Label : Jazz In Britain
Distributeur :
Jazz In Britain    

Henry Lowther est un de ces discrets artisans dont le talent s’inscrit sur de très nombreux albums sans que l’on sache l’importance de son apport. Cheville ouvrière de la scène jazz britannique, Lowther officie aux côtés des compositeurs Mike Westbrook et Michael Gibbs comme de John Mayall et Jack Bruce sur son premier album solo. Il fera aussi office sur les trois premiers albums du Keef Hartley Band, et sur The Polite Force du groupe de rock progressif Egg en 1971. On peut aussi ajouter à son actif Nigel Lived de Murray Head et These Foolish Things de Bryan Ferry, tous deux en 1973, et Pour Down Like Silver de Richard & Linda Thompson en 1975. Henry Lowther est donc un trompettiste et arrangeur de premier ordre. Keef Hartley ne cessa de vanter ses talents au sein du Keef Hartley Band jusqu’à sa mort en 2011. Cependant, Henry Lowther décida de fonder son ensemble pour y développer sa propre musique. Il forme en 1974 Henry Lowther’s Quaternity avec plusieurs musiciens aux pedigrees de premier ordre : le guitariste Phil Lee est membre de Gilgamesh, tout comme le batteur Trevor Tomkins et le saxophoniste Alan Wakeman. Par ailleurs, Tomkins a officié au sein du Don Rendell/Ian Carr Quartet puis de Nucleus. Alan Wakeman jouera avec Soft Machine en 1976. Dave Green est à la basse, et Art Themen aux saxophones. Ce dernier est notamment un des pionniers de la scène jazz-rock/rhythm’n’blues britannique, jouant derrière Alexis Korner et Long John Baldry. A l’approche de ce milieu des années 1970, l’ère est au jazz-rock. Henry Lowther avoue avoir toujours aimé travaillé avec des guitaristes. Il conservera un souvenir ému de ses années avec le Keef Hartley Band aux côtés de Miller Anderson. La connexion avec Phil Lee devient évidente, tous deux improvisant dans les clubs de la périphérie de Londres. Ce double album réunit des enregistrements inédits du sextet entre 1974 et 1978. Il ne s’agit pas de mauvaises démos, mais bien de belles prises en studio. L’ensemble des compositions sont signées Henry Lowther et Phil Lee. Ce dernier est alors ballotté dans les aléas de Gilgamesh, groupe qu’il a cofondé avec le claviériste Alan Gowen. Ce dernier se disperse entre Gilgamesh, National Health auquel Lee contribuera au début, et quelques contributions à Hatfield And The North. Lee se consacre alors à ce sextet jazz fusion avec Henry Lowther qui n’obtiendra hélas aucun contrat discographique. Cet album est donc l’occasion de découvrir enfin cette musique qui dormit si longtemps sur des étagères. Le résultat est un jazz-rock fascinant, assez proche du jazz de Miles Davis et John Coltrane, mais dont les apports électriques le font basculer dans la fusion. ‘Start Right’, ‘Never Never Land’, ‘Third World Song’ ou ‘A Night In Amnesia’ s’écoutent avec délice, pétris de cette poésie jazz toute britannique qui fait penser aux maîtres Nucleus et Soft Machine. Malgré les années qui passent, Henry Lowther’s Quaternity ne fera aucune concession aux sonorités synthétiques. Lowther continuera à jouer de la trompette, du bugle et du violon, toujours accompagné de cette guitare jazz à la Kenny Burrell. Ainsi, de 1974 à 1978, le son du groupe reste le même, jazz dans le cœur, électrique sur les bords, jazz modal à tous les étages. Ce double album est un ravissement. Il offre dans un joli écrin une musique que l’on pensait perdue, et qui brille de tous ses feux émotionnels.
Julien Deléglise

Jeff Dale & The South Woodlawners
Blood Red Moon

Genre musical: Blues multifacettes 
Label : Pro Sho Bidness
Distributeur :
iTunes, Apple Music, www.jeffdaleblues.com/music   

« Si tu avais les antennes bien droites, tu pouvais ressentir le blues, juste là ». C’est ce que raconte Jeff Dale quand il évoque sa jeunesse dans les quartiers sud de Chicago où il est né et a grandi. Très jeune il a été infecté par le virus Blues et bien des années après il a accompagné des gens comme Etta James, Lowell Fulson, Pee Wee Crayton… En ce moment il en est au stade de légende vivante du genre, ni plus, ni moins ! Et c’est vrai que ce garçon transpire le blues grâce à sa voix, son jeu de guitare, le choix de ses musiciens, son style. Sans trahir le côté familier et indémodable de cette musique, les touches de modernisme qu’il y distille font de ce disque une découverte passionnante. Par exemple, l’emploi du sitar dans ‘That Ain’t Love’ et cela passe très bien ou aussi le violoncelle de Dane Little de l’opéra de L.A. dans ‘Blood Red Moon’ ou ‘Push Comes To Shove’ avec son petit clin d’œil à la musique dite classique qui passe tout aussi bien. On peut aussi évoquer la lap steel guitar de Aaron Barnes dans ‘The Dirty Jacks’. En ce qui concerne les onze compositions figurant sur ce CD, le blues de Jeff Dale est coloré par des touches de rythmes d’Afrique de l’Ouest, d’autres de jazz ou encore de rhythm & blues. Jeff Glixmann a mixé ou produit des artistes comme Kansas, the Georgia Satellites, Gary Moore, il a également mixé cet album masterisé par David Donnelly (Alan Parsons, Aerosmith, Chicago…) Un album somme toute assez éclectique que l’on se surprend à réécouter une fois terminé. Le virus Blues passe bien, merci monsieur Dale.
César

Jeffrey Halford and The Healers
Soul Crusade

Genre musical: Folk-rock-soul   
Label : Continental Song City/ CRS
Distributeur :
SOCADISC    

Basé dans la baie de San Francisco Jeffrey Halford tourne avec son groupe, The Healers, depuis un trentaine d’années. Soul Crusade combine une collection de 11 chansons inspirées par le gospel, le folk, la soul et le blues, avec un rythme éclatant et des mélodies plaintives atténuées par des cuivres discrets et un orgue ronflant. Fan du groupe, Bill Wyman a dit à leur sujet : « J'aime vraiment le groove de ces gars-là ». En plus de son band habituel Jeffrey Halford s’est entouré du maître de la lap slide Bruce Kaphan, du multi-instrumentiste Tom Heyman et du pionnier du blues alternatif Preacher Boy ainsi que de Mark Karan aux guitares. Citons encore Adam Rossi, qui a non seulement joué de la batterie et des claviers mais a également coproduit le disque. Le fils et la fille de Jeffrey, Aaron et Hannah, ont eux aussi participé à cet enregistrement. « Cet album explore l'amour dimensionnel et les temps fous dans lesquels nous vivons », explique Halford « Ça a commencé par des questions sociales qui me dérangeaient, puis ça a évolué vers les relations amoureuses, ce qui me semble difficile à écrire ». Jeffrey Halford s’inscrit incontestablement parmi les grands troubadours de la tradition Americana.
Gilles Blampain


John Németh
May Be The Last Time

Genre musical: Blues, rock, soul
Label : NOLA Blue Records
Distributeur :
iTunes, Amazon     

L’annonce tombe comme un couperet, John Németh a une tumeur bénigne et agressive de la mâchoire qui nécessite une intervention chirurgicale lourde et très spécialisée avec greffe osseuse pour régénérer l'os qui doit être retiré. Que peut-il arriver de pire à un chanteur harmoniciste ? Il réagit : « Mon gagne-pain dépend de la réussite de cette opération ! J'ai enregistré cet album avant l'amputation de la mâchoire, qui a eu lieu fin mai. Il s'appelle May Be The Last Time parce que je ne savais pas alors, et je ne le sais toujours pas, si je pourrai un jour chanter ou jouer à nouveau comme avant. Je dois dire que la magie de cette performance est au-delà de ce monde et peut-être la plus grande de ma vie ». Plusieurs de ses vieux amis se sont mobilisés pour l'aider à enregistrer avant son hospitalisation. Kid Andersen, qui a animé les sessions dans ses studios de Greaseland en Californie les 10 et 11 mai 2022 a fait venir Elvin Bishop, Bob Welsh, Willy Jordan et Alabama Mike. Résultat onze titres captés à la manière d’une jam d’où jaillit une musique chaleureuse et explosive. On navigue entre blues, gospel, rock et soul. Németh prouve une fois encore qu’il a le talent pour varier avec brio les genres et les tonalités d’une chanson à l’autre, de passer habilement d’un son d’hier à une ambiance plus actuelle. Son chant est dynamique et ses envolées d’harmonica étincelantes. Le livret du CD indique qu’aux dernières nouvelles tout va dans le bon sens et que les premières indications montrent que l'os se régénère avec succès.
Gilles Blampain

Keef Hartley Band
Sinnin’ For You – The Albums 1969-1973


Genre musical: Blues-rock/jazz-rock
Label : Esoteric Recordings
Distributeur :
Cherry Red Records    

L’histoire étant sélective, elle a fini par retenir une poignée de protagonistes du blues anglais des années 1960, essentiellement ceux qui auront une carrière prestigieuse par la suite, ou ayant servi de bases d’envol à des légendes du rock. Fleetwood Mac, John Mayall et ses Bluesbreakers, Yardbirds, Rolling Stones… sont de ces noms désormais gravés dans le marbre de la légende rock’n’rollienne. Mais en réalité, la scène du british blues fut immense, et de nombreux groupes ont brillé, certes plus modestement : Chicken Shack, Savoy Brown, ou encore, le Keef Hartley Band. Keef Hartley est originaire du Lancashire, né le 8 mars 1944. Il fait ses premières armes de musicien à la batterie au début des années 1960, jusqu’à ce que le guitariste-chanteur-harmoniciste John Mayall ne le remarque et ne l’embauche. Hartley fera partie des dizaines de musiciens prestigieux qui passeront dans les rangs des Bluesbreakers de Mayall. Le batteur enregistre un unique album avec le groupe : Crusade en 1967, avec notamment John McVie à la basse et Mick Taylor, futur Rolling Stones, à la guitare. Pour ce disque, Mayall explore l’utilisation d’une petite section de cuivres composée de Chris Mercer au saxophone ténor et de Rip Kant au saxophone baryton. Hartley est en réalité derrière cette idée, inspiré de son amour du jazz et de la soul. Mayall, plus âgé, partage cette excellente idée, mais commence à trouver son nouveau batteur un peu trop encombrant, proposant très régulièrement des idées musicales et des arrangements certes excellents, mais qui mettent à mal le leadership du patron. Keef Hartley sera viré sur un coup de téléphone. Les versions divergent beaucoup sur ce fait. Mayall expliqua plus tard qu’il avait fait cela tout en encourageant son batteur doué à former son propre groupe plutôt que de végéter dans le sien. Autre version : le coup de fil au début du morceau ‘Sacked’ serait l’enregistrement original. Bien évidemment, la scène fut rejouée par Hartley et Mayall pour l’album. Finalement, c’est Keef Hartley qui confirmera qu’il fut bien viré sur un coup de téléphone, et remplacé par Jon Hiseman et un groupe jazz-rock à section de cuivres dont Hartley avait en fait eu l’idée. Totalement perdu, c’est Neil Slaven, alors journaliste au Melody Maker, qui lui conseille de former son propre groupe. Ce même Slaven produira le premier album du Keef Hartley Band, Mike Vernon n’étant pas disponible, trop pris en 1968 par Fleetwood Mac et Chicken Shack. Hartley passe des auditions, et trouve un équipage de premier choix : Miller Anderson au chant et à la guitare, Spit James à la guitare, Gary Thain à la basse, Peter Dines aux claviers, plus une section de cuivres composée de Henry Lowther à la trompette et aux arrangements, Harry Beckett à la trompette, Lyn Dobson et Chris Mercer au saxophone ténor.

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Lara Taubmann
Ol' Kentucky Light

Genre musical: Americana
Label : Continental Song City/CRS
Distributeur :
SOCADISC     

L'idée de cet album lui est venue, dit-elle, un jour de juillet à Manhattan en 2021, où il faisait plus de 40 degrés, avec le gospel ‘If I Can Help Somebody’ chanté par Mahalia Jackson qui résonnait dans ses oreilles. « Étant originaire du Sud, mes racines dans la musique appalachienne ne sont pas très éloignées du gospel classique. Les deux types de musique se sont toujours entremêlés historiquement. D'une certaine manière, ces nouvelles chansons m'ont rapproché de mes origines sudistes, mais d'une manière plus profonde et plus spirituelle ».  C’est ainsi que Lara Taubman a signé 10 compositions originales avec Etienne Lytle ou Walter Parks, créant un son particulier, décontracté et captivant, fait de rythmes lents et harmonieux, un brin mélancolique, invitant à la relaxation, chantant d’une voix légère et sensuelle. Elle est entourée de Walter Parks aux guitares, au banjo et à la lap steel, Steven Williams à la batterie et Paul T. Frazier à la basse qui ont tous deux assuré la production et Etienne Lytle aux claviers (Hammond B3, Fender Rhodes, accordéon). L’enregistrement s’est fait aux Atomic Sound Recording Studios à Red Hook, Brooklyn. Une production dont la bande son délassante et attrayante nous convie à un très agréable voyage mélodieux.
Gilles Blampain

Laura Tate
Smokey Tango

Genre musical: Louisianais
Label : Blue Heart Records
Distributeur :
Spotify, iTunes, Amazon    

A l’écoute de ses précédents enregistrements on a pu se rendre compte que Laura Tate interprète aussi bien blues puissant, ballade country, rock chaleureux, jazz cool, Western swing ou Texas boogie, ne voulant pas être cataloguée dans un style particulier. Pour cet album, avec son coproducteur et directeur musical, le musicien et auteur-compositeur Terry Wilson, elle a souhaité puiser dans les racines de la musique néo-orléanaise qui concentre avec bonheur diverses influences, et a enregistré une douzaine de compositions de soul sudiste, de blues jazzy et de douce mélodies. Laura Tate ouvre le disque avec ‘Yellow Moon’ d’Aaron Neville, reprend également le titre d’Allen Toussaint ‘A Certain Girl’ évidemment rebaptisé ‘A Certain Guy’, plus loin c’est ‘It Tears Me Up’ popularisé par Percy Sledge. Plus inattendue la reprise de ‘Smoke On The Water’. Tate et son band font du tube de Deep Purple un hymne sorti du bayou au rythme saccadé soutenu par un B3 voluptueux et des cuivres chauds. Mais cette production n’est pas nostalgique d’une époque passée, la tonalité est bien contemporaine. En jouant avec les subtilités et les nuances des sonorités nées à Cescent City, Laura Tate nous entraîne dans un savoureux univers musical.
Gilles Blampain

Lauren Anderson
Burn It All Down

Genre musical: Blues-rock & ballades    
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : www.laurenandersonmusic.com,
Amazon, Spotify, iTunes
   

Pour s’élancer vers le succès en douze mesures, rien de tel que voir le jour à Chicago. Débuter sa formation par le chant choral et le piano classique garantit la tenue des bases arrière. Obtenir un diplôme de musicothérapie permet de comprendre avec plus d’aisance les êtres qui nous entourent. Résider à Nashville offre l’opportunité de lever les grilles des meilleurs studios d’enregistrement et de fréquenter les guitaristes les plus en vue, comme par exemple Albert Castiglia et John Salaway, invités d’honneur sur cet album. Tope là ! Lauren Anderson coche chacune de ces cases et revient en force sur le devant de la scène américaine avec un troisième disque qui fleure bon la grenade dégoupillée et le minestrone du blues porté à ébullition. Elle a fédéré autour d’elle un groupe de fantassins aguerris qui assurent le tempo sans frémir et cisèlent les enluminures au fil des douze compositions présentées ici : Matt Doctor tient les baguettes, Hutch la basse, Dan Wecht les grattes, Johnathan Smith les claviers, tandis que Will Elliot souffle dans le trombone, Joe douglas dans le saxophone et la flûte. Ils font ensemble un barouf à dégommer toutes les étoiles du ciel ! L’œuvre prend en réalité des allures de mosaïque aux couleurs nuancées qui balaie le champ large du blues-rock, naviguant des hard boogies quasi-sidérurgiques ‘Zombie Blues’ et ‘Burn It All Down’ aux superbes ballades chaloupées ‘I Know’, ‘Still Here’ ou ‘Rain Down On Me’ dans lesquelles s’étreignent mélodies imparables et émotions lourdes, allant jusqu’à nous concocter une escapade aux fragrances reggae avec ‘Never Too Late’. La prise de son est irréprochable, les arrangements sont raffinés, les morceaux frappés du sceau d’un groove qui sans vergogne ébourifferait même ce sacré Monsieur Propre. Plusieurs solos acérés de six cordes, d’orgue et de saxo carbonisent le plancher en éclairant pleins phares le propos humaniste de la patronne. Car Lauren, c’est une vie entière mise en lumière, ses joies, ses peines, ses doutes, sa passion pour la musique qui fait rêver et frétiller les gens. C’est aussi une voix qui marque les esprits au fer rouge : puissante, toujours maîtrisée, parfois sauvage, à l’emphase ténue, terriblement rock’n’roll dans le grain, avec des inflexions soul lorsqu’elle libère la cavalerie, mais aussi des respirations bienvenues sur les titres plus souples qui mettent en lumière son immense bagage technique. Emporté par le chant Andersonien débridé et une batterie calée en mode bombardement, le bouquet final ‘Like A Woman’ nous invite à braquer les projecteurs sur cette femme de caractère et à scruter son agenda dans l’espoir d’une éventuelle tournée européenne. Car seraient fort marris celles et ceux qui rateraient une si belle occasion de danser !
Max Mercier

Léo Koster Band
Rickies Till Dawn

Genre musical: Folk-rock  
Label : CRS
Distributeur :
SOCADISC     

Amateurs de guitares réjouissez-vous, le Néerlandais nous livre une production rayonnante du premier au dernier titre. Leo Koster, voix et guitares, est entouré de Han Bavinck (guitare), Walter van Zijl (batterie), Kees Maat (accordéon et Wurlitzer), Harm van Sleen (basse et mandoline). Et ils sont rejoints sur certains morceaux par des hôtes de marque comme Roel Spanjers aux claviers, Sjoerd van Bommel à la batterie, Charlie McCoy à la basse et Lloyd Green à la steel guitar. Leo Koster, Han Bavinck et le guitariste invité Bart-Jan Baartmans ont utilisé 26 guitares différentes, pour la plupart vintage, pour créer un large éventail de sonorités. Des Rickenbacker 12 cordes (‘Rickies’), de vieilles Gretsch, des Fender Telecaster Stringbender, des Strats, des Les Paul et quelques autres encore. Un vrai festival. Le plaisir partagé par les musiciens est évident à l’écoute de cet enregistrement qui diffuse un folk-rock plein d’une belle énergie. L'album comprend 12 compositions originales de Leo Koster parmi lesquelles on peut discerner quelques clins d’œil à Buffalo Springfield, Dave Edmunds et Tom Petty. En dehors de l’intérêt porté aux instruments il est indéniable qu’une grande attention a également été consacrée aux harmonies vocales.
Gilles Blampain

Marcus King
Young Blood

Genre musical: Rock-soul-blues
Label : American Recordings/Island Def Jam
Distributeur :
Spotify, Deezer, Apple Music, Amazon    

Pour son deuxième album solo, Marcus King voulait faire un disque de rock’n’roll rempli de bonnes vibrations. Il a branché une Les Paul de 1959 sur le vieil ampli de son paternel et y est allé sans retenue, avec une belle dynamique qui ne tombe cependant pas dans le piège de la copie rétro. La prestation est très tonique et l’exécution ne manque de feeling. Il joue une musique qui puise dans ses racines sudistes mêlant soul, blues et country. C’est fort et bien trempé, percutant et accrocheur. Ça crépite à chaque sillon. Les riffs sont agressifs et brûlants, soutenus par une section rythmique robuste et énergique. Pour maîtriser un tel déferlement de puissance Dan Auerbach est une fois encore aux manettes pour mettre en valeur les talents d'auteur-compositeur, de chanteur et de guitariste du jeune interprète. Avec un son bien particulier et une vitalité débordante l’ensemble est plutôt fougueux, robuste, impétueux. Si les influences sont multiples, il est néanmoins incontestable que le bonhomme impose sa marque personnelle sur chaque titre. La set liste aligne 11 compositions où les décibels sont lâchés. Cette nouvelle production de Marcus King est chaleureuse et pleine de passion. Le résultat est brillant et allègre.
Gilles Blampain

Michele d'Amour and The Love Dealers
Hot Mess

Genre musical: Blues-rock
Label : BluesKitty records
Distributeur :
iTunes, Spotify, Amazon    

Cette nouvelle production de Michele D'Amour And The Love Dealers est une fois encore très enlevée et on ne va pas s’en plaindre. Les onze morceaux plein d'entrain du septième album du groupe explosent comme un joyeux débordement de swing endiablé, de funk grésillant et de blues-rock, parsemés de quelques tempos latinos colorés. L’inspiration est variée, au gré des plages on entend des sonorités nées à Chicago ou des rythmes qui ont traîné dans les rues de New Orleans. Solos de guitares piquants, pédale wah-wah, lignes de basse profonde ou saxo survolté, ce n’est jamais fade. La set list présente 10 compositions originales et une reprise de ‘I Walk On Guilded Splinters’ de Dr. John avec son groove vaudou. Michele D'Amour chante de sa voix claire et puissante accompagnée par son compagnon le bassiste Patrick McDanel, Richard Newman est aux guitares, Carl Martin à la batterie, Noel Barnes aux saxophones. Les claviéristes Tom Worrell et Philip Woo ont ajouté piano et orgue sur trois chansons. La pochette de l'album a été inspirée, nous dit-on, par la déclaration d'amour à une Ford 46 flamboyante qui éclate au grand jour dans le titre ‘Plum Crazy’. Cet enregistrement plein d’exaltation s’est fait à Seattle, le fief du band.
Gilles Blampain

Mick Kolassa
They Call Me Uncle Mick

Genre musical: Blues acoustique
Label : Endless Blues records
Distributeur :
https://endlessblues.com/store/     

Non, non, vous ne rêvez pas, c’est le second album de Mick Kolassa cette année. Le garçon est coutumier de la chose. 2018, 20 et 21 sont trois années qui ont vues chacune sortir deux albums de l’artiste. Autant son dernier opus était éclectique et électrique, autant pour celui-ci, c’est le retour aux sources, blues acoustique. L’homme excelle quel que soit le style. Avec sa voix légèrement éraillée, tranquille et rassurante, monsieur Mick nous balade entre six compositions et cinq reprises dont une brillante interprétation du ‘Woodstock’ de Joni Mitchell, version blues, avec la participation de Watermelon Slim, sa voix et son harmonica qui donne la réplique à la slide de Brad Webb. Remarquables également, la version de ‘I’m So Lonesome I Could Cry’ de Hank William, grâce au violon d’Alice Hasan que l’on retrouve aussi dans ‘Sunny Side Of The Street’ que vous connaissez peut-être jouée par Louis Armstrong avec en plus la délicatesse du vibraphone de John Whittemore. On a droit à celle de ‘My Pencil Won’t Write No More’ de Bo Carter qui ouvre l’album en donnant le ton sur ce que sera la suite des chansons proposées. Sourires et joie de vivre. Mick Kolassa se reprend lui-même dans une nouvelle version de ‘Wasted Youth’ (sorti en 2021) avec l’aide de Bobby Rush à l’harmonica. La tendance est country sur l’hommage aux fromages ‘The Cheese Song’ où c’est Chris Gill qui apporte sa slide pour appuyer le propos. Tom Leonardo est le batteur, Carl Caspersen, le bassiste, Rick Steff le pianiste, Jeff Jensen le guitariste/percussionniste et Eric Hugues tiens l’harmonica sur cinq titres et je le répète tout est acoustique. Que du bon, avis aux amateurs. Il est à surligner que Mick Kolassa reverse les profits de ses albums à la Blues Foundation !
César

Montrose
I Got The Fire – Complete Recordings 1973-1976

Genre musical: Hard-rock. 
Label : HNE Recordings LTD
Distributeur :
Cherry Red Records    

Montrose est un vague souvenir pour les amateurs de hard-rock millésimé. Sa courte histoire se résume à ce premier album homonyme paru en 1973, et qui sera considéré comme un précurseur de Van Halen. Trois raisons à cela : le son, le producteur (Ted Templeman), et le chanteur (Sammy Hagar, second chanteur de Van Halen). Au final, tout le reste fut oublié, de son guitariste prodige à la qualité réelle du disque comme de ses successeurs. Car Montrose eut cinq petites années d’existence pour quatre albums, dont plusieurs chefs d’œuvre, notamment ce fameux premier opus. Le début de l’histoire est relativement classique. Ronnie Montrose, originaire de San Francisco, fait ses débuts dans le rock dans de petites formations locales avant d’avoir un engagement sérieux avec la formation Sawbuck. Ils sont signés sur le label Fillmore Records, détenus par le producteur David Rubinson et le promoteur Bill Graham. Ils tournent abondamment, mais faute de succès, les deux hommes trouvent des engagements parallèles pour les musiciens. Le guitariste, Ronnie Montrose, très doué, commence à faire des sessions pour Van Morrison, puis Edgar Winter et Boz Scaggs. Naturellement, Ronnie Montrose désire monter son propre groupe. Par auditions il réunit plusieurs jeunes musiciens méconnus mais déjà redoutables techniquement : Sammy Hagar au chant, Bill Church à la basse, et Denny Carmassi. Nous sommes au début de l’année 1973, et Ronnie Montrose donne sa démission à Edgar Winter. Hagar et Carmassi étaient déjà connus pour jouer dans des groupes de reprises, alors que Bill Church est un musicien de studio comme Ronnie Montrose, notamment pour des sessions avec le producteur Ted Templeman. La formation s’appelle d’abord Ronnie Montrose And Friends, mais cela sonne tellement ringard, genre big band, que le nom est raccourci en Montrose. Ted Templeman les aide à obtenir leur premier engagement : un concert live à la radio KSAN de San Francisco, la plus importante de la baie. Cet enregistrement du 21 avril 1973 figure dans ce coffret. C’est un document autant historique que musicalement palpitant. Il manque encore le mordant d’une Gibson Les Paul, mais beaucoup de compositions majeures qui figureront sur le premier album sont déjà là : ‘Rock Candy’, ‘Bad Motor Scooter’, ‘Rock The Nation’, ‘Make It Last’… L’énergie réside massivement dans la section rythmique composée de Bill Church et de Denny Carmassi dont la solidité du jeu se rapproche de John Bonham de Led Zeppelin.

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Red Beans & Pepper Sauce
7

Genre musical: Blues-rock. 
Label : CROSSROADS
Distributeur :
SOCADISC   

C’est du lourd ! Quand je dis lourd, je veux dire puissance, gros son et présence énorme. A chaque fois qu’ils sortent un album on se dit qu’ils sont au top et à la galette suivante, ils se surpassent. C’est l’effet Pepper Sauce, certes, mais c’est surtout que l’on a affaire à une brochette de musiciens qui ne lâchent rien et qui prennent plaisir à allumer un feu qui va grandissant tel l’effet produit par un Carolina reaper (les amateurs de piment comprendront). C’est chaud, c’est intense, c’est incandescent. Il y a d’abord ceux sur qui tout repose, une base solide et indestructible. Niko Sarran le batteur fou mais hyper précis et son acolyte le bassiste Pierre Cordier qui fait vibrer ses quatre cordes comme un tremblement de terre. Ce sont deux robustes mécaniques de précision sur lesquelles peuvent compter Serge Auzier, le Jon Lord de l’hexagone, claviériste inspiré et Laurent Galichon le guitariste qui a le chic pour trouver le riff qui va bien et qui peut développer l’histoire et monter la sauce juste avec ses six cordes et un médiator pour de furieux solos. Et au dessus de ses troupes, Jessyka Akè, LA VOIX. Oui, oui, en majuscules. Il faut une présence énorme et une sacrée voix (ou une voix sacrée) pour accompagner des loustics comme ceux précités et la force qu’ils dégagent. Princesse Aké, ne crie pourtant jamais, elle chante, la voix toujours bien placée, elle sait tenir la note sans baisser la puissance, féline c’est elle qui fait que cette formation ne ressemble à aucune autre. Deux CDs garnissent la pochette rouge feu. Un premier avec huit compositions enregistré en France au Rythm Design studio et un second avec trois titres, dont une reprise, enregistré au Rockfield studio au Pays de Galles où le groupe se devait d’enregistrer en cet endroit mythique qui a vu passer entre autres : Motörhead, Dr Feelgood, Peter Hamill, Rush, Queen, Iggy Pop, Robert Plant… et justement, la reprise n’est autre que ‘Rock And Roll’ de Led Zep, avec une première partie chantée et jouée calmement et une seconde, instrumentale, égale à l’originale. ‘Outlaw On The Run’ blues-rock qui va vite et ‘Sugar’ balade douce où la guitare acoustique est de mise et on se laisse emporter par la voix. Quand on connait la formation, pas de surprise avec le CD1, le contenu nous plonge tantôt dans une ambiance seventies ‘Going Blind’, ‘Gonna Dance’,’World Is Burning’, tantôt rouleau compresseur ‘Lonely’ où la guitare et le clavier ont chacun leur tour leur moment de folie. ‘What Happens In Vegas’ commence comme du Floyd et se termine comme du Black Sabbath. Tiens ?! une seconde chanson calme avec de la guitare acoustique ‘Let You Down’ et princesse Jessyka nous laisse encore et toujours sous le charme pour clôturer ce premier CD. Ce 7, je vais l’emmener chaque fois que je mettrai le sac de couchage en travers du guidon pour tailler la route, c’est un excellent compagnon de voyage. Tant pour la route que pour l’esprit.
César

Robert Hill & Joanne Lediger
Revelation

Genre musical: Gospel-blues. 
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
iTunes, Spotify, Amazon    

Dès le riff d'ouverture avec la tension d'une guitare National pour ‘John The Revelator’ on sent l'atmosphère sombre et entraînante qui va dominer tout au long de l’album. Revelation est une collection de onze titres de gospel-blues traditionnel dont quatre compositions originales signées par Robert Hill. Joanne Lediger et Paulina Hill sont au chant, Robert Hill chante également, joue de la guitare, des claviers et de l’harmonica, Steve Gelfand tient la basse, Frank Pagano est à la batterie et aux percussions, et ils sont rejoints par Ed Alstrom qui joue de l’orgue Hammond B3 sur le titre ‘Pay One Way Or Another’. Le band reprend de nombreuses chansons des pionniers guitaristes et évangélistes itinérants de blues et de gospel des années 1920 et 1930. Des compositions de Blind Willie Johnson comme ‘The Soul Of A Man’ traitée avec un rythme lourd et fantomatique avec une interaction intense entre guitare et harmonica ou ‘It's Nobody's Fault But Mine’ livrée dans une expression plutôt mélancolique. Plus près de nous dans le temps, le groupe réinvente ‘Way Down In The Hole’ de Tom Waits en une rumba-blues sautillante. Pour finir avec une version apaisée de ‘Jesus On The Mainline’ qui fut gravé la toute première fois par Fred McDowell.
Gilles Blampain

Rod Barthet
A L'Ombre des Sycomores

Genre musical: Pop inspirée. 
Label : FESTIVEST
Distributeur :
SOCADISC    

Difficile de classer Rod Barthet. Blues, pop, rock, chanson française… Le bonhomme ne peut se satisfaire d’une seule étiquette. Habile guitariste, il y a une réelle dynamique dans son jeu. Et son chant, qu’il soit tendu ou empli d’émotion, n’est jamais fade. C’est peut-être pour cette raison qu’il n’est pas incongru l’imaginer suivre les traces de prestigieux prédécesseurs comme les regrettés Bashung et Christophe ou les bien vivants Paul Personne, Hubert-Felix Thiéfaine ou encore Michel Jonasz. Son inspiration puise incontestablement dans le blues, le rock ou la soul, et ses chansons, bien ficelées, accrochent l’oreille. Pour cette nouvelle production il signe toutes les partitions. Pour les textes pleins de verve qui raviront les amateurs de version française, 4 sont de sa plume, 2 ont été écrits par Joseph D’Anvers et 4 par son vieux complice Boris Bergman. Il s’est entouré de Fred Maggi au claviers, Lianel Cramont et Manu Jeannin à la basse, Guillaume Destrac à la batterie et Thomas Nicol au violoncelle. Nous sommes entraînés dans un univers très personnel avec un beau travail sur les mélodies qui donne l’impression que tout se fait dans la facilité et que cette réalisation coule de source. Le soin apporté à la qualité du son est un atout majeur de cet enregistrement.
Gilles Blampain

Roxane Arnal feat. Baptiste Bailly
Elior

Genre musical: Folk, jazz, etc. 
Label : DIXIEFROG
Distributeur : PIAS
   

Musicienne, autrice-compositrice, chanteuse au timbre de voix fringant et très coloré, elle est également comédienne. Elle a été la moitié féminine du duo Beauty & The Beast. Cette fois s’est associée au pianiste Baptiste Bailly qui pose aussi ses doigts sur d’autres claviers, qu’elle revient. Il s’agit bien d’un disque de Roxanne Arnal puisqu’elle en est l’interprète principale, mais Baptiste Bailly cosigne 9 titres parmi les 12 présentés. Les deux artistes se sont rencontrés en 2018 et ont travaillé à l’élaboration d’un répertoire entre folk, blues, jazz et pop de belle facture pour cet album. Mais Roxane Arnal ne s’enferme pas dans un nouveau duo, voix, piano. Elle est également accompagnée par Clément Faure (guitares et basse), Antony Gatta (batterie, percussions), Julien Pinel (contrebasse), Joseph Champagnon (guitare), Manu Bertrand (dobro, weissenborn) et Jessie Lee Houllier venue faire un solo de guitare sur ‘Rush To Fly’. Les chansons sont aériennes, détendues, voluptueuses avec des éclairs sonores d’une belle luminosité. Un enregistrement qui révèle des compositions originales et singulières tissées sur un délicat canevas musical invitant à la rêverie. Le charme opère dès la première note. L’ambiance générale est marquée par une grâce indéniable.
Gilles Blampain

Starlite Campbell Band
Live! 2

Genre musical: Blues-rock 
Label : Supertone Records
Distributeur : https://starlite-campbell.com
   

Après un premier Live paru cet été voici la suite de cette série de concerts enregistrés lors d'une tournée au Royaume-Uni. On sait qu’aucune performance n’est semblable à la précédente, mais avec Starlite et Campbell il y a une constante, c’est cette énergie débordante soulignée par de puissants riffs et de superbes solos. C’est un blues-rock offensif, rageur et néanmoins joyeux avec un jeu tout en nuances qui fait des étincelles. Le style est nerveux, dynamique, enlevé, en un mot excitant. On retrouve aux côtés du couple, Suzy à la basse et Simon au chant et à la guitare, Steve Gibson à la batterie, Jonny Henderson et Christian Madden à l'orgue Hammond et au piano électrique Wurlitzer. Noyés au milieu de savoureuses compositions originales le groupe enflamme l’auditoire en reprenant de façon magistrale ‘Peter Gunn’ d'Henry Mancini le mêlant habilement au désormais classique ‘Shaking All Over’ de Johnny Kid & The Pirates. La prestation du band est incendiaire. La machine est bien huilée et les musiciens jouent avec ardeur et un superbe feeling. L’ensemble est assez bouillonnant et on sent qu’une réelle passion passe dans chaque note émise. Aucune baisse de tension ne se faufile au cours des 49 minutes que dure le disque.
Gilles Blampain

Stomu Yamashta
Seasons – The Island Albums 1972-1976

Genre musical: Jazz-rock 
Label : Esoteric Recordings
Distributeur : Cherry Red Records
   

La carrière de Stomu Yamash’ta (ou Stomu Yamashta en Europe) débute dans l’austérité. Fils du directeur de l’orchestre philharmonique de Kyoto au Japon, Yamashta suit un enseignement musical. Il s’intéresse aux percussions et les étudie à l’université de Kyoto, puis au prestigieux Berklee College Of Music de Boston. Il devient musicien concertiste, avant de développer sa propre musique. Il enregistre plusieurs albums de musique contemporaine et d’avant-garde au Japon, avant de s’installer en France puis à Londres en 1971. Le 10 janvier 1972, il donne un concert avec le groupe anglais Come To Edge au Queen Elizabeth Hall de Londres. La prestation est saluée avec enthousiasme par le Melody Maker, ce qui conduit le label Island à s’intéresser à ce curieux musicien japonais. Island est alors le label de Traffic et de Free, mais il a aussi développé un catalogue de musiciens non-occidentaux, notamment les premiers artistes reggae jamaïcains (Toots And The Maytals, Jimmy Cliff, Bob Marley And The Wailers). Stomu Yamashta signe donc chez Island, et publie l’album Floating Music en 1972, avec notamment deux improvisations issues du concert du 10 janvier. A la fin de l’année, il enregistre plusieurs prestations de son spectacle Red Buddha Theatre qui tourne durant le mois d’octobre 1972. Deux morceaux supplémentaires sont captés avec notamment le guitariste anglais Gary Boyle. Le disque connaît de bonnes critiques et un succès commercial suffisant pour que Yamashta décide de se lancer pleinement dans le jazz-rock qu’il avait pour l’heure effleuré. Ce sera chose faite avec le groupe East Wind et l’album Freedom Is Frightening en 1973. Stomu Yamashta s’est notamment entouré de Gary Boyle à la guitare, Hugh Hopper à la basse, et Brian Gascoigne aux claviers. Le disque propose quatre longs thèmes sur lesquels l’improvisation est reine. On retrouve la patte unique de Hopper à la basse et Boyle à la guitare. East Wind rejoint par de nombreux aspects la scène dite de Canterbury avec Soft Machine, Gilgamesh, Caravan et National Health. Le disque est très favorablement salué par la critique, et voit Yamashta quitter le cercle strict des musiciens contemporains pour s’ouvrir à un public plus large et rock. En l’occurrence, un morceau comme ‘Pine On The Horizon’ est une pièce de jazz-rock pur, qui n’est pas sans rappeler Mahavishnu Orchestra avec le violon de Hisako Yamashta, l’épouse de Stomu.

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Superdownhome
Blues Pyromaniacs

Genre musical: Blues-rock débridé 
Label : DIXIEFROG
Distributeur :  PIAS 

Les deux Lombards explosifs sont de retour avec un enregistrement à la hauteur de leur férocité sonore découverte il y a un an sur leur premier album. Avec des solos de guitares aiguisés soutenus par une rythmique inventive, c’est encore incandescent. Ils nous entraînent dans un univers musical bien à eux. Beppe Facchetti joue de la caisse claire et de la grosse caisse ainsi que de quelques percussions et Enrique Sauda chante et joue de la resonator cigar box, du Diddley bow, du lap Diddley et de différentes guitares. L’ensemble du disque laisse entendre un blues-rock fougueux, sauvage, avec un groove, envoûtant et puissant. Cette fois encore le duo a convié des invités de marque dans le studio. Anders Osborne qui a joué le rôle de co-producteur est à la guitare ou à la basse sur quelques titres, Mike Zito intervient à deux reprises tout comme Andy J. Forest et les amis Italiens sont aussi de la partie, Bombino à la guitare, Giorgio Peggiani et Max Maccarinelli à l’harmonica et Carlo Poddighe à l’orgue, chacun pour une chanson. Citons également The Wuthering Brass Section qui apporte une belle coloration au titre ‘Motorway Son’. La set list présente 12 compositions originales signées Sauda-Fachetti et ‘New York City’ de John Lennon ainsi que ‘Don’t Bring Me Down’ de Jeff Lynne. Rien n’est banal dans cette production, l’ensemble d’une belle intensité nous emmène dans une virée sonore assez jubilatoire.
Gilles Blampain

The Amblers
Shallow Pool Deluxe Edition

Genre musical: Rock
Label : :Lay Bare Recordings 
Distributeur :
https://laybarerecordings.com/

L’un a une barbe noire imposante, l’autre une longue chevelure rousse. Tous deux sont Sud-Africains. Justin Swart (guitare/chant) et Jason Hinch (batterie) font dans le rock minimaliste avec des éclairs de folk. Ça frappe fort et ça explose les tympans de belle manière. Un son qui ne laisse pas indifférent. Ils ne sont que deux mais ils déploient une énergie fantastique. Ce qui sort de la guitare est un festival de fuzz avec réverbération, la batterie tape fort sans oublier le swing qui emporte tout. Et à côté de cela les voix se font caverneuses ou s'envolent avec une délicatesse éthérée, créant un délicieux éventail de sonorités qui s’entrechoquent pour créer différents univers. Les deux gars ne veulent pas faire d’afféterie, juste tisser un patchwork émotionnel. Ils déroulent 11 titres sans aucun temps mort. Justin Swart dit : « Nous voulons que le plus de gens possible entendent notre musique. Pas pour la popularité, les récompenses, la renommée, etc. mais dans l'espoir que notre musique fera partie de la vie et des souvenirs des gens comme tant de nos héros musicaux l'ont fait pour nous ». Ainsi que le disent certains : « C'est un groupe qui semble être né dans le passé et qui a un œil sur l'avenir ». Pour les amateurs Shallow Pools Deluxe Edition est la première sortie du groupe sur vinyle.
Gilles Blampain


The Mighty Soul Drivers
I'll Carry You Home

Genre musical: Soul music 
Label : Hog Heaven Records
Distributeur :
iTunes, Amazon

A la lecture du nom du groupe il n’y a aucune équivoque, c’est bien de la soul music qu’on nous livre. De la soul comme on en faisait dans les années soixante dans les studios Stax à Memphis, FAME à Muscle Shoals ou Motown à Detroit. Avec cette deuxième production le band continue sur sa lancée. Ces gars-là ne sont pas des perdreaux de l’année, ils ont déjà traîné leurs instruments sur pas mal de scènes avant de fonder cette formation basée dans le Connecticut, en 2012. Il y a Bob Orsi au chant et à la guitare rythmique, Peter Rost alias River City Slim à la batterie, Larry Willey à la guitare, Tony Delisio à la basse, Steve Donovan aux claviers, John Smayda aux saxophones alto, ténor et baryton et Neil Tint à la trompette et au bugle. Et quelques choristes pour faire bonne mesure. L’album débute par une reprise des Temptations ‘I Can’t Get Next To You’, il y a aussi ‘Cry To Me’ popularisée par Solomon Burke, ‘I Wouldn’t Treat A Dog’ de Bobby Blue Bland, ‘Tell Daddy’ souvent associée à Etta James. Sinon Orsi et Rost signent 7 chansons sur les 11 que compte le disque. Avec des riffs de guitare mordants, une section de cuivres dynamique, un orgue chaleureux, le style est pétillant et puissant, avec des voix mélodieuses. Tout est joué avec une grande ferveur et un superbe groove.
Gilles Blampain

The Rock House All Stars
Let It Bleed Revisited: An Ovation From Nashville

Genre musical: Hommage  
Label : Qualified Records
Distributeur : iTunes, Spotify, Amazon

A la fin de l’année 1969 paraissait Let It Bleed un album qui entra d’emblée dans les meilleurs classements et qui a laissé une trace impressionnante dans la discographie des Rolling Stones. C’est le dernier album sur lequel jouait Brian Jones disparu en juillet de la même année et le premier où l’on découvrait Mick Taylor. S’attaquer à un tel monument, il fallait oser. Un disque qui ne contenait que des titres exceptionnels. Le projet était ambitieux et risqué. Ils s’y sont collés et ont réussi haut la main. Ils, se sont The Rock House All Stars : Rob McNelley : guitare acoustique et électrique, John Heithaus : basse, Kevin McKendree : claviers, guitares, percussions, chœurs, Yates McKendree : batterie. Et ils ont convié quelques invités: James Pennebaker: mandoline, steel guitar (‘Love In Vain’, ‘You Got The Silver’), Jimmy Hall: harmonica (‘Gimme Shelter’), Andrew Carney: French horn (‘You Can’t Always Get What You Want’), Stephen Hanner: harmonica (‘Midnight Rambler’), Luke Bulla: fiddle (‘Wild Horses’, ‘Country Honk’), Sarah et Rachel Hambridge: chœurs (‘You Can’t Always Get What You Want’). Le résultat est superbe. Une réinterpretation dans l’esprit des créateurs qui se termine avec en bonus track une belle reprise en duo par Lilly Hiatt et Luke Bulla de ‘Wild Horses’ extrait de l’album Sticky Fingers paru en 1971. Les producteurs, John Heithaus et Kevin McKendree ont choisi avec soin les chanteurs pour chacun des 10 titres, les encourageant à exprimer leur propre version sans pour autant trahir l’originale. Des interprétations pleines d’énergie et de caractère. Une très belle production.
Gilles Blampain    


The Ron Kraemer Trio with The Nashville Cats
Sarasota Swing

Genre musical: Swing instrumental  
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : iTunes, Spotify, Amazon

Le trio est composé de Ron Kraemer à la guitare, Gregg Germony à la contrebasse et Michael Finley à la batterie qui joue essentiellement aux balais, et les Nashville Cats… se résument en fait à seulement Reggie Murray au sax ténor ou à l’orgue Hammond B3. Tous les quatre sont les auteurs des 11 compositions instrumentales que présente cet album. Le quatrième nom sur la pochette, Jim Schacher, est celui qui a mixé et masterisé l’enregistrement à Nashville. Le band accroche l’oreille dès le titre d’ouverture en offrant un mélange de swing classique avec du be-bop bluesy, une pointe de soul et des touches de latin jazz. On pense à Wes Montgomery, Jimmy Smith et Kenny Burrel, avec des solos de guitare jazz comme Charlie Christian. C’est à la fois léger et tendu. La note est claire et le swing s’impose en virevoltant. Le band fait preuve d’élégance à travers sa vivacité et sa légèreté d’expression. Grâce à un tempo enlevé, une finesse d’exécution, et de joyeuses sonorités, ça pétille et c’est excitant !  Les musiciens nous entraînent dans un univers aérien avec un rythme soutenu, une énergie infaillible où la gaieté explose à chaque instant. Le son est vraiment superbe et il se dégage de cette production une dynamique fabuleuse. L’ensemble coule avec brio et une aisance évidente.  
Gilles Blampain




Thomas Kahn
This Is Real

Genre musical: Soul
Label : Musique Sauvage
Distributeur : Caramba

Il aurait pu naître à Macon en Georgie, passer sa jeunesse à Atlanta puis vivre à Memphis mais son destin est tout autre. Né à Saint-Mandé aux portes de Paris, enfance et adolescence à Tours, Thomas Kahn s’est installé plus tard à Clermont-Ferrand. Il s’inscrit cependant sans conteste parmi les grandes voix de la soul music. Il reconnaît volontiers que toutes ses influences vocales sont essentiellement noires américaines et nous dit : « J’essaie d’écrire en français en parallèle de l’anglais, mais pour l’instant ça ne sonne pas comme je veux. Je suis assez exigeant, je trouve que l’anglais sonne comme je le souhaite pour le moment et du coup cela reste ma langue de prédilection ». Ce deuxième album qui a pris deux ans de travail a été enregistré et mixé à Croydon au Royaume-Uni ainsi qu’à New York. Le résultat est superbe. De la soul high class, robuste et élégante avec un orchestre incontestablement à la hauteur pour bien mettre en valeur le chant. Avec ce timbre de voix si spécial, rugueux et chargé d’émotion, Thomas Kahn possède cette puissance dramatique, mélange d’énergie sauvage et de tendresse retenue propre aux soulmen. L’album présente 12 compositions originales dont la première chansons ‘More Than Sunshine’ est reprise en fin d’album en bonus track.
Gilles Blampain

Turbinos
Turbinos

Genre musical: Blues, country, folk-blues, rhythm’n'blues        
Label : Humble House Records
Distributeur : Playground Music

Ce combo au style singulier nous vient tout droit de Finlande. Premier album pour ces Turbinos. Juha Kartano, harmonica dominant et chant. Tema Lampinen, tuba, basse. Ykä Putkinen, guitares et mandoline. Jassi Takanen, batterie. Avec ces quatre on peut citer les chœurs féminins, Tiina Isohanni et Mari Hatakka, très présentes également. Tout ceci nous rappelle ces groupes des 60's et 70's qui aimaient puiser dans le répertoire des années passées. Il y a deux reprises ; ‘My Girl Joséphine’ de Dave Bartholomew/Taj Mahal et 'She Caught The Katy And Left Me A Mule To Ride’ de James A. Rachel/Taj Mahal. On peut penser au style texan des Fabulous Thunderbird avec 'A Bike, Cold Beer And Gas'. Quant à 'Make Me Feel Like A Man’, les Turbinos nous emmènent avec joie du côté de chez Bo Diddley. La slide du dernier titre 'Day By Day' nous fait penser au regretté Lowell George, ce très grand slideur qui officiait aux belles heures de Little Feat. Au final, le genre de disque qui rendra heureux toute personne de bon goût. 
Juan Marquez-Léon