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Chroniques CD du mois Interview: LITTLE MOUSE & THE HUNGRY CATS Livres & Publications
Portrait: CHARLES BROWN   Dossier: SPECIALTY RECORDS
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

NOVEMBRE 2013

Achilles Wheel
XIII hours

Genre musical: Jam band, Psychedelic blues, rock, bluegrass.
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : CD BABY

Achilles Wheel sort un premier album au bout d’environ cinq ans d’existence. A force de brûler les planches, il fallait qu’ils le fassent. Ils ont posé le matériel et se sont mis au boulot. Treize titres enregistrés en treize heures pour garder l’énergie du live. Deux guitaristes, deux batteurs et un bassiste avec un manche large comme une autoroute pour y placer ses six cordes. Pourquoi faire les choses à moitié ? Sept titres dépassent les six minutes ce qui fait qu’on a le temps de s’installer dans ceux-ci pour suivre avec intérêt les chorus qui s’enchaînent. Allez, on peut dire qu’il y a une certaine filiation avec Allman Brothers. Mais avec une p’tite touche bluegrass. Johnny ‘Mojo’ Flores, l’un des deux guitaristes amène la touche blues et l’autre Paul Kamm est un artiste modern folk et  world music de longue date avec le duo qu’il forme avec sa moitié. Belle fusion liée par le pack basse batteries Achilles Wheel est un vrai Jam band qui nous donne beaucoup de rythmes, sans jamais de violence ni lourdeurs. Un coup de chapeau à l’artiste, Criesta Jerray,  qui a dessiné la pochette sans ordinateur.                        
César

Alexis Evans Trio
I' ve been around

Genre musical: Jump, jive, etc..
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ALEXISEVANS.COM

Le band a vu le jour en 2011 alors les présentations ne sont pas superflues. Alexis Evans est à la guitare et au chant, Olivier Perez tient la basse et Eric Boréave assure à la batterie ; trois musiciens qui ont déjà roulé leur bosse sur de nombreuses scènes. Côté look ça lorgne du côté des fifties, idem côté rythme. Mais si l’aspect est vintage, la création est tout à fait originale et actuelle. C’est une musique faite pour se lâcher pas pour se prendre la tête, ça pétille, c’est joyeux et festif en diable. Pour ce premier album le trio joue dans la finesse mais sûrement pas dans la retenue, la prestation est survoltée, on a droit à un très plaisant mélange de jump, de soul avec même une pointe de funk qui ne nuit pas à l’affaire. Le résultat est vraiment super. Les tempos sont dynamiques, la voix est claire et bien posée. Alexis Evans signe les 7 titres du CD et nous sert d’agréables mélodies et de beaux solos avec un enthousiasme contagieux. Tout est bordé et la production ne prête pas le flanc à la critique. Véritable concentré d’énergie cet album élégant qui distille un soupçon de nostalgie a quand même un léger handicap, il est vraiment trop bref. En moins de 20 minutes tout est dit, on aurait aimé que ça dure plus longtemps. 
Gilles Blampain

Brad Wilson
Hands on the wheel

Genre musical: Blues tendance hard, soul, funk, FM
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Pour me présenter son 16ème album, ce californien, voix à la Mitch Ryder, me propose de monter à bord de sa belle voiture, rouge et blanc, comme sa Strato. D'entrée, le brave gars, comme s'il voulait m'impressionner, met les gaz et prend la direction de Chicago par la route 66 ; pistons à fond et rouge fusion, c'est avec le titre éponyme, que nous quittons la ville : carrément hard rock, nous atteignons les 120 miles/h ; 'I feel free' qu'il répète... et je veux bien le croire. Suivent 4 titres tous bâtis dans le heavy de sa Strato. 'Rocket', 'Nobody But You', 'All Kinds Of A Fool', 'The Road Back To You', sont autant de bons power blues. Demi-tour en direction de l'Highway 1, celle qui longe le Pacifique. Il m’envoie 'The Ballad Of John Lee', son adaptation du 'Boogie Chillen' de l'homme de Clarksdale. Slide à toute berzingue. A la vue de l'océan, la belle décapotable ralentit ; 'Cruisin' The Coast', style West Coast et un zeste de Santana, twin guitares avec Rick Brannon. A 20 miles/h, en longeant les vagues, son blues devient légèrement latino ('Blues Magic'), funky ('Hot Stuff'), sentimental (My One Desire), profond ('I'm Still Breathing'), sauf qu'au moment où il reçoit un appel de sa baby ('Last Call'), je ne sais pas ce qu'elle lui raconte, mais l'accélération ('Slide On Over') à la Robin Trower n'est pas sans risques. Fin de la balade. Il me laisse là. Thanks man. Zut ! J’ai oublié de lui demander la marque de sa caisse.
Juan Marquez Leon

The CD Woodbury Band
Monday Night !

Genre musical: Blues-rock-soul
Label : WIDE WILLIE PRODUCTIONS
Distributeur :
AMAZON, CD BABY

Du blues charpenté comme Zarak, une brouette de rock’n’roll à l’épaulé-jeté, quelques donuts nappés de crème James Brown, c’est avec ça que le CD Woodbury Band nous entraîne direct au cœur de la meule, décontracté du bulbe, sans artifices ni prétention. Né en 2009 sur une impulsion du guitariste lui ayant légué son nom, ce groupe de la banlieue de Seattle s’est forgé la réputation de « secret le mieux gardé du Nord-Ouest des Etats-Unis ». Presque inconnus en Europe, les cinq gaillards sont pourtant des fleurons du rythme incendiaire : Don Montana derrière les fûts, Mike Fish à la basse et Chris Kliemann aux claviers, rien d’autre que la colonne vertébrale des Bluescats de Tim Casey ! Le saxophone de Mike Marinig vient relever l’ensemble d’une touche veloutée ou poivrée, c’est selon. A la Telecaster blonde, CD Woodbury en personne, déjà papa de quatre disques, célèbre pour avoir illuminé plusieurs soirées privées à la Maison Blanche et dans la demeure familiale des Hendrix. Monday Night! est un concentré d’énergie brute dans le geste, de finesse dans la composition, de virtuosité dans la touche finale. Tous les morceaux sont marqués au fer du swing. Le shuffle du Texas n’est jamais loin, avec des embardées vers le rock’n’roll au son bien râpeux. Pour la variété des atmosphères, trois voix se partagent le chant. On gambille sous les cascades blues’n’soul du capitaine. On rêve en couleur lorsque le phrasé se roule dans la boue du Mississippi. On loue l’originalité et le punch du projet. Autant l’avouer très haut et très fort : le lundi, la nuit, rien de tel pour s’enivrer de la musique du Diable !
Max Mercier

Geezer
Electrically recorded handmade heavy blues

Genre musical: Blues-rock brut et graisseux
Label : BLUES BOULEVARD
Distributeur : MUSIC AVENUE

Une vieille caisse amerloque, de la sueur, du cambouis, du greasy, et vous voilà dans le décor de Geezer. Non pas de Butler, mais de trois gaillards : Pat Harrington au micro et à la gratte, Freddy Villano à la 4 cordes et Chris Turco derrière les fûts. L’opus dépote la lourdeur et le trio nous emmène à la conquête de l’Ouest. Vous connaissez les barbes de 4 jours ? Et bien eux c’est pareil, c’est rugueux à souhait. Une touche de roots est parsemée ici ou là grâce à un trait d’harmonica à bon escient. On se situe dans un registre proche de la bande à Gibbons, non pas de l’ère Eliminator mais celle des débuts au son âpre, sans artifice. Cet Electrically Recorded Handmade Heavy Blues parle de lui-même : un son brut de décoffrage sans fioriture, additionné d’un blues gras voire rock, aux intonations stoner par endroit. La slide fait bien évidemment parti du paysage rockailleux. Comment faire un album qui sonne US sans ça ? D’ailleurs, c’est bien audible sur ‘Rain On The Highway’ où une ambiance frissonnante est retranscrite ; série B ou pacte avec le diable, c’est au choix. Il n’empêche que le champ lexical de la route est bel et bien présent. Les compères ont dû pas mal barouder pour pondre un album de cette teneur. C’est truffé de testostérone, quintessence de la fleur des mâles. Voilà, à vous de jouer maintenant, un petit Bourbon ?
Alicia Fiorucci

Gene Vincent & The Blue Caps
The indispensable Gene Vincent 
Anthologie 1956-1958

Genre musical: Rockabilly
Label : FREMEAUX & ASSOCIES
Distributeur : SOCADISC

Belle compilation regroupant  les enregistrements de 1956 à 1958 de l'auteur du classique ‘Be Bop A Lula’. On peut redécouvrir la période la plus prolifique du chanteur et compositeur. Ses premiers enregistrements avec les Blue Caps et son guitariste d’exception Cliff Gallup. Gégène aura eu une carrière courte mais fidèle à son style de prédilection. Puriste rockab, hoqueteur parfait, guitare pincée et sonorité déposée. Il garde donc pour ces raisons la sympathie de nombreux amateurs tant son style nous plonge directement dans les années 50, à la croisée des chemins des musiques d'ascendance blues & country. Au menu de ce recueil de 68 titres (3 CD) enregistrés pour Capitol, le rockabilly sauvage de ‘Race With The Devil’, (lui qui faillit être amputé suite à un accident de moto) : « ...j'ai vécu une mauvaise vie qu'ils disent, mais le jour du jugement dernier, le diable ne pourra pas me rattraper, j'ai dit fonce, hot Rod, fonce ! », la superbe version envoûtante de ‘Jezebel’, où la voix de l'ange maudit du rock’n'roll nous enveloppe. Du plus sirupeux ‘You Belong To Me’ aux terriblement efficaces et sautillants ‘Right Now’ et ‘I Got A Baby’, cette anthologie Fremeaux se révèle réussie une fois de plus, et cela passe par une excellente qualité sonore et un livret bien documenté.
Nicolas Miliani

Kevin Selfe
Long walk home

Genre musical: Blues multimodal
Label : DELTA GROOVE MUSIC
Distributeur : AMAZON, I TUNES

Kevin Selfe, c’est l’Amérique à cor et à cri. Eclos tout à l’est dans l’Etat de Virginie, fils adoptif de l’Oregon, cet ex-météorologue ne cesse de ravauder la bannière étoilée pour recueillir et cuisiner les mille nuances du blues, à la manière d’un chasseur d’arcs-en-ciel qui s’amuserait toujours de la dernière diffraction à la mode. S’il a découvert Muddy, Elmore et Howlin’ sur le tard, le guitariste de Portland n’en demeure pas moins l’héritier direct des Légendes de la cadence bleue. Tradition-innovation, voici le couplé gagnant mis à l’honneur depuis 2OO6 par notre artilleur et ses fidèles Tornadoes, qui offrent avec Long Walk Home leur troisième banquet impérial. Onze compositions, du léger, de l’obsessionnel, du jazzy, de l’arrache-cœur. Côté pâtes au beurre, Selfe a gardé les cuivres rutilants, les mesures standard, la passion du solo assassin, le choix d’une rythmique implacable, quel que soit le tempo retenu ; il mélange sans gêne les sciures du Texas, de Chicago, du Delta, de la Côte Pacifique, avec les boucles abrutissantes et le son pâteux déchirés par un bottleneck pelé à vif, ou bien le timbre clair de l’ES 335 relevé des lames d’harmonica qui labourent les entrailles. Côté tagliatelle à la Guglielmacci, il y a l’incontestable élégance du chef, sa maîtrise de la note renversante, façon Duke Robillard, sa volonté perpétuelle de surprendre, ici par une giclée d’orgue, là par une ventine de sax ou un éboulis de bastringue, comme dans les saloons. Une petite faim de blues au Miror ? Alors ce menu a été concocté juste pour vous !...
Max Mercier

Les Wayfarers
607

Genre musical: Chansons françaises rockabilly
Label : AUTOPRODUCTION (WAMBAM)
Distributeur : SOCADISC

Les Wayfarers ressuscitent le rock alternatif français, qui fut l’un des bons vents des 80’s, avec toutes les caractéristiques qui singularisaient ce remords extrapolé du punk : une revendication festive désespérée, le culte de la chanson, la francisation de styles comme le rockabilly, qui restaient exotiques jusque là. Et les Wayfarers honorent parfaitement le contrat, et tiennent bien l’engagement de leur plan de carrière : « Tout péter » ! C’est donc le premier album d’un groupe nancéen à cinq têtes, en comptant celle du saxo. Edouard chante, Thibaut bat, Geoffroy contrebasse, Romain gratte et Julien souffle. Pour leurs influences, on citera les Stray Cats (remise à jour décomplexée du rockab, sans sacralisation), la Mano Negra, les Casse Pieds ou Garage Psychédélique Suburbain (et même l’ancien chanteur de GPS, Thierry Hazard : un titre comme ‘Elle Et Lui’ a l’air d’être, jusque dans la diction, un clin d’œil au ‘Jerk’). Le rockab a toujours fait bon ménage avec la chanson française. La seule reprise de cet album donne le ton de leurs références hors rock’n’roll : Gainsbourg, ‘Docteur Jekyll Et Monsieur Hyde’. Eux-mêmes mentionnent souvent Nino Ferrer et Dutronc. Bref, le meilleur des 60’s françaises et le meilleur des 80’s avec, dit-on, une pointe de ska dans leur facture scénique, les Nancéens comptant aussi Madness parmi leurs mentors. L’album part à cent à l’heure comme un feu follet, poussé par une batterie pétaradante, pilonné par une contrebasse agressive. Les charpentes se croisent, et pas une solive qui ne soit maîtresse, ni la guitare à l’urgence maîtrisée, ni le chant impérieux. Tout le monde court devant… vers le pressage vinyle, s’ils trouvent les sous pour le faire ! Encore !
Christian Casoni

Liz McComb
BrassLand

Genre musical: Soul-gospel-reggae-blues
Label : GVE / NAIVE
Distributeur : NAIVE

Elle a multiplié les studios et varié les genres pour réaliser un disque taillé comme un diamant aux facettes irisées. Pour concevoir cette performance Liz McComb a poussé les portes du mythique studio Tuff Gong à Kingston, du Music Shed à New Orleans, du Studio A à Detroit, du Pyramid à New York et du studio Davout à Paris. A l’aise en tous lieux, Liz McComb  l’est également dans tous les styles. En vraie diva elle nous offre avec cet enregistrement une palette musicale qui touchera un très large auditoire au-delà du gospel où sa suprématie est incontestable. En 21 titres elle traverse en un souffle  majestueux, soul, jazz, gospel, reggae, blues, pop. Il suffit de piocher quelques titres dans la liste pour en avoir un aperçu: ‘What A Wonderful World’, ‘Joshua Fit The Battle Of Jericho’, ‘By The River Of Babylon’, ‘Down By The Riverside’, ‘Basin Street Blues’…  On se laisse emporter, la voix est superbe, forte et rayonnante, soutenue par des musiciens de choix. Comme le laisse entendre le titre du disque, les cuivres (Brass) sont là et bien là, mais orgue ou steel drums créent bien d’autres climats. Le résultat est joyeux, exubérant, tour à tour virevoltant, tendre ou exalté. La passion et la douceur s’entrelacent au fil des chansons. De très belles orchestrations, une production sans défaut. Un seul mot : Bravo !
Gilles Blampain

Malabar Watson
M W

Genre musical: soul, hip hop, jazz
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : AMAZON

Un nom étrange pour un duo étonnant. Malabar Watson est né de la rencontre de la chanteuse Laetitia N’Diaye et du compositeur Julien Grandon. Dès le premier titre ça démarre dans un style velouté, enveloppant. On se laisse porter, mais la chaleur gagne bientôt. Elle a une voix grave et prenante qui accroche l’oreille en naviguant de la douceur à la violence avec un remarquable aisance, il est aux claviers de piano Rhodes, orgue ou synthés. Ils sont entourés par une garde rapprochée solide composée de guitare, basse, batterie et soutenue par d’un étincelant trio trompette, trombone, sax ténor. Les choristes ne sont pas mal non plus. Tout ce joli monde connait les codes de la soul, du jazz et du hip hop et ouvrent largement, mais subtilement,  les vannes pour que les courants s’entremêlent sans que l’un submerge l’autre. Est-ce le rythme qui prend le pas sur la mélodie ou l’inverse ? Peu importe, le groove est puissant et toute retenue est balayée par un souffle tonique. Julien Grandon signe 5 compositions et l’entité Malabar Watson s’amuse à redessiner l’electro des Danois de Dafuniks (‘Holding You So Closely’), le reggae de Bost and Bim (‘The Story Of A New Man’) et le rap de Dee Nasty (‘No One To Blame’). En 40 minutes chrono le disque est bouclé. C’est bref, c’est presque un teaser.
Gilles Blampain

Mike Lecuyer
L' heure bleue

Genre musical: Blues, boogie....
Label : BLUESIAC
Distributeur : SOCADISC

Détendu de la gratte, Mike Lécuyer l’ancien Montparno qui se prélasse en Dordogne, a convoqué ses potes pour cette nouvelle rondelle sonore et il nous offre un buddy record aux allures cool, façon JJ Cale. Sont venus, Mick Ravassat, Roland Tchakounté, Guillaume Petite, Gérard Chaumarel, Bernard Zuang, Lionel Raynal, plus une flopée d’autres talentueux complices arrivés avec guitares, harmos, piano, accordéon, et d’autres encore simplement présents pour pousser quelques vocalises. Et comme l’amitié se scelle et s’épanouie très souvent avec de doux breuvages, il n’est pas étonnant de trouver des titres comme, ‘Le Ciel Est Bleu (Le Vin Est Rouge)’, ‘Rock’n’Roll Mojito Party’, ‘Blonde, Brune Ou Rousse’ (attention à la loi Evin). Aucun doute, la décontraction semble bien être le fil conducteur de cet enregistrement et en disciple d’Epicure Mike Lécuyer signe 13 compositions sur des bases blues, boogie ou funk qui sont chacune une ode à la vie et au bon temps partagé. Il chante « on peut être heureux tout en chantant le blues », et de fait le plaisir est bien là, avec un côté décalé et le sourire en coin. Les textes sont comme toujours teintés d’humour et les parties instrumentales bien posées.
Gilles Blampain

Mr Bo Weavil
As a striving lonesome bull

Genre musical: Blues coloré
Label : DIXIEFROG
Distributeur :
HARMONIA MUNDI

Au début était Bo Weavil, groupe emmené par Matthieu Fromont, qui a réuni un grand nombre d’adeptes au fil de quelques disques et de nombreux concerts, il y a désormais Mr. Bo Weavil avec toujours Matthieu Fromont mais en solo à présent. Il joue de tous les instruments : guitares, harmonica, cajon, banjo, basse, batterie, flûte... et a même assuré seul l’enregistrement et la production. Il s’agit toujours d’un blues basique, rentre-dedans, très efficace. Un blues impétueux venu du Mississippi mais qui se laisse pénétrer par des sonorités nées dans le Bronx ou d’autres qui résonnent du côté de Tombouctou et même parfois des mélodies plus inattendues. Matthieu Fromont envoie chaque titre comme une fléchette au cœur de la cible, avec puissance et précision. Et ça fait mouche à chaque fois. La voix est grave et le style est fort. Les riffs de guitare sont exaltés, les traits d’harmonica ardents, les percussions envoûtantes. C’est l’alliance de l’énergie et de la  passion. Inutile de résister, on se laisse embarquer. Parfois une chambre d’écho ouvre les espaces, à d’autres moments l’intimité se réfugie dans la sobriété de cordes pincées. En moins de 40 minutes le CD déroule 10 titres originaux, superbes et sans aucun temps mort.
Gilles Blampain

Pillac
Nervous breakdown

Genre musical: Funky blues
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Attention : virage hédoniste, insouciance musclée, légèreté brillante, fun funk, anglais West Coast à tous les couplets ! Pillac le Grand revient, pas tout seul et pas vraiment comme avant. Déjà, Pillac ne désigne plus un individu mais c’est maintenant la marque d’un quartette. Le leader éponyme est entouré de ses leudes impeccables : Cédric Le Goff aux claviers, Alain Baudry à la batterie, Antoine Escalier à la basse. Il a récupéré une petite section de cuivres : Vincent Aubert au trombone, Sylvain Fétis aux saxos, Franck Bougier à la trompette. Le Poitevin assume son bonheur avec un quatrième album nickelé, pointu, magnifiquement arrangé, les galbes bien gainés. La tonalité dominante, c’est un funk à visage humain, chauffé par l’orgue et la guitare blues. Mais on y pêche aussi du jazz cool (‘You Can Stay But The Noise Must Go’), le blues-rock de naguère (‘Life Is Hard’), et deux ballades qui consacrent ses muses à parité, l’une, tendance blues-rock (‘I’ve Been Down’), l’autre, tendance funk (‘Givin’ It Up For Your Love’). Pillac chante avec une nonchalance blasée, une lassitude presque indifférente qui sonne, elle-même, diablement américain. C’est sa guitare qui fait le sentiment, et Dieu sait qu’il est un soliste fin, maniant avec la même dextérité la taloche et le plumet, l’empreinte digitale et le bottleneck. Pillac est sûr de lui, il prend son temps, il laisse l’album mûrir sa substance. Il est tellement jouasse d’avoir réussi ce coup-là, qu’il se paie le luxe de la limite en tomber de rideau, reprenant le titre de Syl Johnson : ‘Fonk You’. Fonk you too !
Christian Casoni

Ry Cooder and Corridos Famosos
Live in San Franscico

Genre musical: Tex Mex, blues
Label : NONESUCH
Distributeur :PERRO VERDE

C’est tellement rare : Un CD Live de Ry Cooder ! Il semblerait qu’il y ait plusieurs décennies que cela n’était arrivé. 35 ans, parait-il ? Ce géant de la slide guitare a fait plusieurs fois le tour de la terre en s’arrêtant sur chaque continent et a produit pas mal de disques de ‘musiques du monde’. Sur cet album, on peut trouver deux styles différents. Du blues certes, mais surtout du Tex Mex avec les cuivres de la Banda Juvenil et l’accordéon de son vieux compagnon de route, Flaco Jimenez. Le groupe joue devant un public conquis qui répond au quart de tour. Ry Cooder se sent à l’aise et prend le temps de parler avec l’auditoire entre les morceaux. Le concert ouvre avec quatre vieux succès du maître de la soirée ‘Crazy ‘bout An Automobile’, ‘Why Don’t You Try Me’ ‘Boomer’s Story’ et ‘Lord Tell Me Why’. La valse  ‘El Corrido De Jesse James’ précède la reprise de ‘Wooly Bully’ et la voix de Juliette Commagere vient chanter ‘Volver Volver’. Le tout sur des airs de fête totale. A noter une reprise du ‘Vigilante Man’ de Woody Guthrie, profonde, bien sentie avec son tempo lent et juste ce qu’il faut de slide, avant le dernier titre, ‘Good Night Irene’ de Leadbelly. Pour ceux qui préfèrent le vinyle, ce CD est également édité sous la forme de deux galettes du matériau précité (140 grammes), plus un CD glissé dans la pochette.               
César

Savarit - Messier
Alive ! 

Genre musical: Delta blues, jug band, jazz, swing, soul…
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : WWW.SAVARIT-MESSIER.COM

Le pari du premier album, en public, en une seule prise, demande une grande assurance pour un désir d'authenticité. Nous sommes en direct de la salle des fêtes de Freneuse, à 2 pas de l'A13a, devant 80 personnes. Eric Savarit (dobro), Alain Messier (chant harmonica, kazoo, percussions), se sont rencontrés une première fois en 2005. Eric déjà porteur d'une grande expérience dans le blues, le jazz, (et même le rock progressif), se voit proposer lors d'un festival, un hommage à Robert Johnson. Immédiatement il pense à Alain, rencontré auparavant, pour le rejoindre sur scène. Ce dernier, ancien batteur, plus ancré dans la musique du Diable, accepte. Le but? Revisiter des standards en y apportant leur patte, et, sûrement une
note d'humour que l'on pourra vérifier sur scène. Fait  rare : les 9 reprises de ce CD sont datées et signées ; le duo, ainsi, nous proposent une errance à travers le siècle dernier. De 1921 à 2002, nous passons de ‘Sheik Of Araby’ (Rudolph Valentino aux Beatles) à des reprises de l’harmoniciste de San Francisco, Norton Buffalo. Nous passons bien sûr par 2 titres de Robert Johnson, une version à couper le souffle de ‘Georgia On My Mind’, et puis James Cotton, John Mayall... Entre Delta blues, jug band, swing et country, de cet enregistrement, surgit un harmonica d'une expressivité rare, entre rugissement et plainte, sur canapé acier de dobro, le désir de prendre la route sans but précis (‘Long Hard Road’). Dans le Nord en Somme et à l’Eure, le 1er tir groupé de ce duo avec cible touchée : en plein cœur !
Juan Marquez Leon

The Wild Ladybugs
Electric Gallery

Genre musical: Blues-rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : ZIMBALAN (en numerique seulement)

Lionel Riss, le manche des MoOonshiners, a invité Gaëlle Buswel dans son garage et, sans trahir leurs carrières respectives, ils ont déposé cet EP cinq-titres  pour passer le temps, qui pourrait être éventuellement un jalon pour plus tard, si d’aventure ils trouvaient deux minutes pour transformer ce bel essai. Lionel : « On avance ce projet à temps perdu, on aurait dû s’appeler les Wild Snails ! ». La tonalité incline vers le blues-rock, pour quatre de ces titres, avec de gros shuffles à crampons, des power chords giflants, des riffs et double-stops cosmiques (‘Steamy Windows’), et un batteur qui cogne (Rodolphe Perroquin). Gaëlle chante comme une grande sœur, quelque chose dans ce goût-là, voix souple, imaginative, pleine de gimmicks et quelques octaves flûtantes (‘If This Is Love’). Une seule compo (signée Gaëlle Buswel) : ‘I Don’t Need Nobody’, un rock’n’roll acoustique fort bien tourné. Donc quatre reprises : Tony Joe White, Jonny Lang, etc. Le bassiste s’appelle Michel Iozzia et le pianiste, Romain Petite.
Christian Casoni

Watermelon Slim & The Workers
Bull Goose Rooster

Genre musical: Blues-rock
Label : NORTHEMBLUES
Distributeur : REDEYE DISTRIBUTION

Watermelon doit en être à plus de dix albums, depuis le temps ! Vétéran du Vietnam, militant pacifiste, ancien camionneur, le blues-rock semblait être un relais naturel pour ce bottleneck frondeur. Notre homme Pastèque pratique un blues-rock basique, vraiment bien huilé, carré et pas très sensuel (cf. la reprise d’ ‘I’m A King Bee’). Il démarre généralement sur un riff Delta, roule confortablement sur des jantes extralarges, giclant à gros bouillons dans sa course. Cet album compact et puissant le proclame. Il respire à la fois l’humilité et l’assurance. Le batteur Michael Newberry, frappe lourde et tapageuse, donne une vitalité presque joyeuse à ce genre qui ne cherche pas à être subtil. Watermelon chante d’enfer, et les deux titres a capella (‘Take My Mother Home’ et ‘Northwest Passage’), avec leurs légers tremolos à la solennité vintage, le démontrent aisément. En outre, notre homme déploie un jeu de slide remarquable (‘The Foreign Policy Blues’), et un jeu d’harmo tout aussi consistant, chaud, lourd, baveux, confiant. Bull Goose Rooster aligne seize titres plutôt longs : la moitié dépasse les quatre minutes et quelques-uns poussent au-delà des cinq, mais ils passent comme du sucre ! Cinq covers (Jr Wells, Slim Harpo ou Woody Guthrie), un blues cabaretier (‘Over The Horizon’), un titre country (‘Trucking Class’) et, pour conclure, une ballade acoustique très belle : ‘Words Are Coming To An End’, sur un picking de Gary Nicholson. Aux guitares : Ronnie McMullen, Mr Longhorn et Ike Lamb, à la basse : Cliff Belcher, et au piano : Dennis Borycki. Un disque prolo, tout simplement formidable !
Christian Casoni