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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

NOVEMBRE 2016

Abou Diarra
Koya

Genre musical: Mali / Blues
Label : MIX ET METISSE
Distributeur : L'AUTRE DISTRIBUTION

Abou Diarra est un homme de projets, échafaudés par des explorations intérieures et réalisés grâce à des collaborations efficaces. Koya, c’est le nom de sa mère (on l’entend chanter dans ‘Koya Blues’). Pour lui rendre hommage, il s‘est étonnamment adjoint les services de la modernité avec Nicolas Repac (Arthur H, Mamani Keita, …) pour les samples et de l’authenticité avec Vincent Bucher (Bill Deraime, CharlElie Couture, …) à l’harmonica. Avant la première écoute, je me réjouissais de replonger dans une version moderne de From Mali to Mississippi de Martin Scorsese où résonnaient les complaintes premières et la voix suave de Corey Harris. Il n’en a rien été et pourtant, je n’ai pas été déçu ! Que dire ? C’est du blues, certes, mais c’est moins tendu et moins sombre que ce que le genre exprime généralement. Ici, les compositions sont plutôt apaisantes et mélancoliques sans qu’aucune note ne vienne briser une harmonie omniprésente. Abou Diarra chante et joue du kamale n’goni avec maîtrise, sans toutefois tomber dans la démonstration. Des envoutants ‘Né Nana’ et ‘Djarabi’ à l’entraînant ‘Ma chérie’, on passe un agréable moment teinté de zénitude malienne.
Robert Bolaers

Bad Juice
Ding - A - Dong

Genre musical: Hillbilly, Blues
Label : UP FOR THE CRACK RECORDS
Distributeur :
HELL PROD

Duo impitoyable qui sévit du côté de Strasbourg, les frères Schmidt sortent leur premier album sous le nom de « Bad Juice ». Ça sent un peu l'alcool frelaté, le poison, les liquides pas clairs, mais qu'est-ce que c'est bon ! Une vraie boisson revitalisante, énergisante. Une guitare, c'est Tom et une batterie, c'est David qui, aussi, endosse le costume de chanteur... et roule ma poule, c'est parti pour une dizaine de titres. Après une belle intro (‘Kol Nidrei’) instrumental qui servirait merveilleusement un film de Tarantino,  on enchaîne avec ‘Pornographie’ un morceau qui va vite et bien. Le ‘Boner Blues’ qui suit, donne l'impression d'une grosse machine que rien n'arrête, guitare saturée et tempo lourd. ‘Tell Me What I've Done’ sonne rockab en diable, fin sautillant et aiguisé. Hillbilly, blues, rockabilly, rien de nouveau me direz-vous, sauf que le gros son et les trouvailles de ce band font que ce groupe est résolument moderne. Ecoutez le titre éponyme ‘Ding-A-Dong’ qui commence comme un slow de ceux que l'on entendait dans les fifties, qui enfle et s'amplifie j'jusqu’à un paroxysme punkisant et se termine dans la douceur. On pourrait aussi parler de ‘Danse Dense’ qui me rappelle le style  des ‘Rocket From The Crypt’ ou de ‘Cadillac’ qui fait penser à un Yakety Yak les doigts dans la prise. Sur certains titres, un ancien collègue est venu prêter main forte pour tenir la basse et jouer de l'orgue c'est Tristan Thil qui officiait dans The Swamp où jouaient également notre duo ravageur. Cerise sur le gâteau, ce disque est un vinyl dans la pochette duquel est glissé le même mais version CD. Ces types font les choses bien. Bon, c'est pas tout : «  Patron, c'est ma tournée, oui, oui, un Bad Juice, s'ioup'lait »
César

Beth Hart
Country boys

Genre musical: Pop, rock, blues
Label : MASCOT
Distributeur :
PROVOGUE

A vrai dire, je ne connaissais cette chanteuse américaine que de nom. Vu le buzz autour de la dame : Chute. Rédemption. Puis Jeff Beck et Joe Bonamassa. Beth Hart donc. Et cette voix. Une sacrée voix... Sans véritablement forcer, ce sont ses tripes qu'elle crache sur la table du salon. Seulement, la dame, ou ceux qui la conseillent, la dirige sur différents styles. Jazzy, pop, ballades. On vise ici le Middle Of The Road, comme on disait 'avant'! Alors? Dans l'ensemble c'est pas désagréable. De grands musiciens : Michaël Landau, Waddy Wachtel, Ivan Neville, Rick Marotta, Jim Cox, Brian Allen, Dean Parks. Mais vu l’équipement et accordage vocal de cette chanteuse, on a envie d'entendre plus de 'Fire On The Floor', 'Love Is The Lie', 'Woman You've Been Dreaming Of'. Elle y est impressionnante! Dans 'Coca Cola' sa voix vire Ricky Lee Jones, ce qui est un compliment pour moi. 'Baby Shot Me Down' un peu funky, comme si une Nancy Sinatra blues accompagnée  par Pink Floyd le faisait à la Little Feat! Le très jazzy ou trop attendu 'Jazz Man'. Quelques rock blues, un machin pop reggaeisant 'Let's Get Together' très années 80, et quelques ballades pour compléter l'album.
Allez... Je me rejoue 'Love  Is  A Lie'!
Juan Marquez Léon

Blues de Paris
Live in Clamart

Genre musical: Blues petillant
Label : LE BARON
Distributeur :
www.bluesdeparis.fr

Voilà un live qui met en joie car avec Blues de Paris le swing est de la partie. Le band fait toujours preuve d’élégance à travers sa vivacité et sa légèreté d’expression. Comme une gorgée de champagne chaque titre est un petit concentré de plaisir. Le concert a été capté sur la scène de l’Espace saint Jo à Clamart en mars 2016. Les cordes des guitares de François Fournet et Christian Ponard mènent le bal, la basse de Thibaut Chopin ronronne et les peaux de la batterie de Simon Boyer vibrent à l’unisson quand le sax ténor de Claude Braud ajoute encore un peu plus de chaleur à l’ensemble. Le set démarre sur un stomp endiablé signé François Fournet, la suite aligne une série de reprises du meilleur goût interprétées de très belle façon, ‘No More Doggin’ (Rosco Gordon), ‘You Gotta Move’ (Fred McDowell), ‘What’d I Say,’ (Ray Charles), ‘Shame, Shame, Shame’ (Jimmy Reed), ‘Last Night’ (Mar-Keys), pour ne pas toutes les citer. Il y en 10 en tout. La majeure partie du set est essentiellement instrumentale mais les quelques interventions chantées sont dues à Christian Ponard ou Gabi Schneider qui tiennent le micro avec brio. Un rythme soutenu, une énergie infaillible, la gaieté de la note, avec Blues de Paris la musique est une vraie fête.
Gilles Blampain

Doyle Bramhall II
Richman

Genre musical: Blues rock bariolé
Label : CONCORD
Distributeur :
SOCADISC

Durant ces 15 dernières années Doyle Bramhall II a collaboré avec de nombreux artistes comme musicien ou comme producteur en laissant sa propre carrière de côté. Le revoilà avec un nouvel album, le 4ème sous son nom, dans lequel il exprime différents courants musicaux qui l’habitent. Le Texan pioche avec bonheur dans le blues, le rock, la musique arabisante ou indienne, rencontrées au cours de voyages et expériences en Inde et en Afrique du Nord au cours des quatre dernières années, pour concocter un album qui reflète ses sentiments profonds : « Fondamentalement, toutes les chansons sont des étapes au cours d’un voyage personnel vers ma vérité, cela forme un cercle complet du début à la fin de cet album. C’est pour moi un disque très personnel». A travers cet enregistrement Bramhallparle de la connectivité entre les hommes et leurs cultures et l'espoir de continuer à évoluer dans le respect et la compréhension. Ce mélange de musiques et d’instruments peu courants dans la production américaine apportent un certain exotisme à cet album qui déroule des mélodies aériennes. Mais pour boucler la boucle Doyle Bramhall II semble faire un retour aux sources en reprenant ‘Hear My train Coming’ de Jimi Hendrix dans une version très personnelle. En 13 titres le voyage dure 72 minutes.
Gilles Blampain

Eric Johnson
ej

Genre musical: Acoustique
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Le Texan revient et nous la joue tout en finesse avec un album entièrement acoustique, le premier en 35 ans de carrière, humblement titré ej (les minuscules soulignant certainement une certaine modestie). Le sous-titre Song Explorations On Acoustic Guitar And Piano affiche le programme. A travers une interprétation et un jeu où la dextérité le dispute à l’élégance, Eric Johnson fait une fois encore la démonstration de son talent. Pièce hispanisante, ballade folk, rythme funky ou jazzy, Johnson entraîne l’auditeur dans des ambiances plutôt cool, glissant parfois même vers une douce mélancolie. L’ensemble donne plus dans l’épure que dans la charge. Chaque titre est d’une étonnante sobriété et c’est ce qui en fait son charme et sa distinction. En 13 titres dont un tiers d’instrumentaux, Eric Johnson reprend quelques classiques comme ‘Mrs Robinson’ et ‘Scarborough Fair’ popularisées par Paul Simon & Art Garfunkel, ‘The World Is Waiting For The Sunrise’ plus connu par Les Paul & Mary Ford ou encore ‘One Rainy Wish’ de Jimi Hendrix. Johnson a enregistré neuf des treize titres seul dans son studio Saucer Sound à Austin. Il a convié pour les autres compositions plus élaborées, le guitariste Doyle Dykes, la violoniste Molly Emerman (premier violon à l’Austin Lyric Opera), le violoncelliste John Hagen, Tommy Taylor et Wayne Salzmann à la batterie et Roscoe Beck et Chris Maresh à la basse acoustique. Un disque qui offre une beau moment de sérénité.
Gilles Blampain

Fred Atome
My mind never sleeps

Genre musical: Folk
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Spotify, iTunes

Fred Atome se la joue solo. Une guitare acoustique, un tambourin au pied et une stomp box. Rien de plus ! Le style est clair et fluide et offre une très belle sonorité. Une voix grave qui diffuse une certaine mélancolie mais sans sombrer dans la déprime et qui sait aussi s’envoler quand le rythme devient plus rock. L’exécution est simple mais non sans finesse. Avec des ambiances nostalgiques, la touche est personnelle. En français ou en anglais, l’interprétation singulière ne manque pas de souffle et ouvre sur de larges horizons. Fred Atome nous parle de rêves perdus, de dérives, d’amours illusoires mais aussi d’espoir et de jours meilleurs. Il y a un réel charme dans cet enregistrement plutôt folk qui évite l’accessoire et le superflu pour aller à l’essentiel. Le Normand sort son premier EP 5titres. Un vrai travail d'artisan exécuté avec soin et talent puisqu'il est le seul responsable des textes et des musiques. Ces 5 chansons qui affichent une belle dynamique s’écoutent vraiment avec plaisir.
Gilles Blampain

Imperial Crowns
The calling

Genre musical: Blues, rock
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Cinquième album déjà pour ces Imperial Crowns, qui sont tout sauf des plaisantins. Jimmy Wood (vocals, harmonica, guitar) et son comparse J.J. Holiday (vocals, slide guitar) ont eu l'occasion d'accompagner Springsteen et fréquentèrent Jim Belushi, et par là même le Bues Brothers Band. Le premier cité a joué avec Etta James, jammé tout jeune avec Lightnin' Hopkins, est apparu au David Letterman Show aux côtés d'un certain Bob Dylan. Quant à Billy Champagne Sullivan, batteur de son état, on l'a vu derrière Johnny Johnson, ou bien encore Mick Taylor. Ils décrivent leur mixture comme « un mélange de blues féroce, de Psyche-Delta Soul et de Pumping-Funk ». On cherche un peu le côté psyché, mais bon, on n'est pas là pour pinailler. Accessoirement, ils seraient le groupe préféré de Johnny Depp, pour autant que ça signifie quelque chose - enfin, c'est toujours plus significatif que s'il s'agissait de Christian Clavier. Bon, cet album... La mise au point est immédiate : d'entrée, Wood annonce qu'il «enfile ses rock'n'roll shoes » et qu'il va « nous botter le cul ». L'album oscille en fait entre compos musclées ('I Gotta Right', l'excellent 'The Calling', 'Love N' The Devil' - redoutable boogie, 'Third World War') et titres laid back ('Grace Under Pressure', 'Wasn't Love At First Time', 'Liberate', 'Papa Lawd'), le tout évoquant à l'occasion les Stones ou le J. Geils Band. Tout cela souffre bien d'une ou deux baisses d'intensité, mais l'album fourmille de trouvailles (giclées d'harmonica, discrètes touches de cuivres, soli jamais démonstratifs, et puis des chœurs fort à propos) propres à maintenir l'attention jusqu'à la plage ultime. La rumeur nous dit que c'est sur scène qu'ils donnent leur pleine mesure, ça tombe bien, ils entament une tournée française en novembre.
Marc Jansen

Mountain Men
Black market flowers

Genre musical: Blues-rock, folk
Label : ECHO PRODUCTIONS
Distributeur : PIAS

Passage au quartet et aussi, pour moitié, à un blues-rock bien intense pour nos deux Mountain Men. Mat, guitare et Barefoot 'harmo' Iano,  ont recrutés cette fois-ci le cogneur de feu Noir Désir, Denis Barthe ; aux grosses cordes, Olivier Mathios des Hyènes ; puis pour compléter, ici ou là, Estelle Humeau, les blanches et noires de Eiffel ;  Hervé Toukour, le Stradivarius du Very Big Small Orchestra ; et à la gratte, un autre Noir Dez', Jean Paul Roy. Voici pour les acteurs de ce disque où se côtoient blues-rock bien trempés, et ballades folk country-blues mélancoliques, souvent sous influence Tom Waits du début des années 70.  L'enchaînement de certains titres renforce le côté narratif du contenu. Superbe pont tout en arpèges dans 'Dog Eye'. 'Wish Yourself Away' devrait être joué dans tous les pubs irlandais! Un orgue se glisse comme une caresse féline dans 'Someone To Talk'. 'Flowers', avec son violon, nous lâche dans une taverne de la Sierra, avec Calexico. A noter deux titres en french qui vont bien! 'Passe Dans Cette Vallée' et 'Et Puis Le Son'.  Je ne peux affirmer ici que 'Some Of These Days' qui joue avant le clap FIN, est une reprise adaptée et modifiée de la chanson du même titre de 1926, par Sophie Tucker, mais les paroles y ressemblent étonnamment! Au final un album aux émotions bigarrées et où la complémentarité  de nos deux montagnards fait encore des merveilles.
Juan Marquez Léon

Nico Duportal & His Rhythm Dudes
Dealing with my blues

Genre musical: Rhythm'n'blues
Label : DIXIEFROG
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Elle a aujourd’hui la quarantaine, cette génération qui a décongestionné le blues français dans les années 90 (blues français qui se déduisait, comme partout ailleurs, du style de Chicago), lui donnant l’éclat plus précis des terroirs américains. Duportal a commencé par le jump texan. Depuis trois albums, il s’est rapproché de Louis Jordan avec un groupe à gifles, les Rhythm Dudes : contrebasse, batterie, claviers, deux saxos, un ténor, un baryton, meilleurs en maths que les Tympany Five, lesquels ne furent jamais cinq ! Toujours éclairé par le passé, Duportal fait partie de ces stylistes qui voient l’avenir dans le rétroviseur. C’est vrai qu’à l’heure du bitcoin, il remet en circulation d’anciennes devises n’ayant plus cours, et c’est vrai qu’il tire quelques lignes de crédit sur Jimmy McCracklin, Chuck Berry, les Champs ou, bien sûr, Louis Jordan, mais on n’a jamais l’impression qu’il récite ou pontifie. Déjà, parce que cet album est fait de compos, que ce vintage bluffant est le véhicule d’une grosse personnalité et la certitude d’une longue expérience devenue souveraine au fil des années et des kilomètres d’asphalte parcourus. Duportal chante comme un ange gominé, avec le delay qui va bien et des aigus qui s’allument par moments. Sur Guitar Player, l’album précédent, c’était un guitariste qui avait un groupe ; avec Dealing les Dudes sont un groupe qui a un guitariste. Soliste de première force, Duportal joue collectif, soudé à la chanson. C’est le genre de cambrioleur qui fracture les coffres pour y ajouter des valeurs. C’est toujours comme ça que les choses se passent d’ailleurs.
Christian Casoni

Out of NOLA 
West coast BBQ

Genre musical: Brass band, jazz, groove
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : Musicast, Amazon, iTunes

Out of Nola, c’est la réunion de huit très bons musiciens de la région Rennaise (deux saxophones, trompette, trombone, sousaphone, banjo, grosse caisse et caisse claire) menée par Jordan Philippe, saxophoniste, compositeur et arrangeur, qui dirige également La Machine Ronde, grande formation jazz dont il est le créateur. Tant dans le nom du groupe Out of Nola (Nola : abréviation de « New Orleans Louisiana »), que dans le style, ces jeunes gens revendiquent fièrement l’héritage des brass bands de la Nouvelle Orléans, tels Rebirth et autres Dirty Dozen et, de retour d’une tournée là-bas en octobre 2014, l’équipe est fin prête pour enregistrer de nouvelles compositions et nous balader dans leur univers où le funk, le hip hop ou même le reggae côtoient les harmonies jazz, colorées par moment de quelques accents latins. On devine un gros travail d’écriture et d’arrangement derrière ce disque d’excellente qualité, tant par les compositions que par la production, enregistré au Bonison Studio par l’expérimenté Albert Milauchian (Wampas, Silmaris). Et même si, à priori, un brass band s’apprécie plus volontiers ‘live’, la part belle laissée à l’impro, l’originalité du banjo, la présence du rappeur RacecaR, créent une diversité, une richesse qui rendent cet album très agréable à écouter !
Jean Charles Cremers et Sébastien Creppe

Paul Personne
Lost in Paris Blues Band

Genre musical: Blues en réunion
Label : VERYCORDS
Distributeur : WARNER

Des guitaristes de renom dont quelques dates sont annulées. Un Paul Personne qui traîne dans l'coin et qui se dit : « Des guitaristes qui ne jouent pas, ce n'est pas logique » Il les contacte et les emmène en studio pour une bonne partie de plaisir sous forme de reprises jouées avec cœur. Vous connaissez l'Paulo, y fait pas les choses à moitié, c'est un gars généreux. Et bien ses acolytes aussi ; Il s’agit de Robben Ford, Bumblefoot Ron Thal et John Jorgenson. Et puis pour ne pas faire trop macho, sur quelques titres, on demande à la sublime Beverly Jo Scott  de placer sa voix et c'est un vrai bonheur. Pour lier le tout, ce seront le batteur Francis Arnaud et le bassiste  Kevin Reveyrand qui formeront la partie rythmique et... It's Rollin' ! A la sortie, douze titres électriques plus un acoustique (‘Drifting Blues’) se retrouvent sur ce disque. Aucun copier/coller, un nouveau souffle est donné aux interprétations où les solos s'enchaînent pour notre plaisir. Pour ouvrir, c'est le ‘Downtown’ de Tom Waits, on continue avec ‘Fire Down Below’ de Bob Seger, pour suivre c'est l'indémodable ‘Little Red Rooster’ de Willie Dixon, ensuite, on reste avec les maîtres ‘I Don't Need No Doctor’ de Ray Charles. Et puis, Janis Joplin, SRV, les Stones… tous repris avec bonheur  et avec un Paul Personne qui chante en anglais, le tout ficelé en peu de temps. Sûrement aucune chance de voir la même formation sur scène, alors il vaut mieux se procurer cette galette avant qu'il n'y en ait plus dans les bacs des disquaires. A moins que m'sieur Personne fasse la vigie et récupère d'autres artistes errant dans Paris pour une suite. Hé ! Pourquoi pas ?
César

The Angry Cats
Outmonster the monster

Genre musical: Psychobilly
Label : NIDSTANG
Distributeur : SOCADISC

En 2014 le band sortait Rock Riot In Town, un brulot de 5 titres dans lequel leur énergie explosait dans une gerbe de rage sonore. Revoilà cette fois The Angry Cats avec un album choc qui déroule 11 titres originaux en 42 minutes et le constat est implacable, l’ardeur et la fureur sont intactes. Le style évolue légèrement mais est toujours aussi impétueux. Le son est tendu, fiévreux, comme une sorte de colère musicale. Le vent de la révolte libère des pulsions salutaires. Fred Alpi chante d’une superbe voix grave et tient la guitare, soutenu par la rythmique impeccable de Tom Decaestecker à la basse et Chris Gianorsi à la batterie. Tout en gardant sa personnalité, leur musique rappelle la majesté des Who, l’éclat de Led Zep, l’énergie d’Iggy Pop, le souffle de Lou Reed, la révolte des Cramps. Une sorte de kaleïdoscope sonore mêlant le trouble sensuel du rock’n’roll et le chambard du punk. A travers des textes où la réflexion le dispute à l’insoumission ils abordent des thèmes très actuels, parlant des troubles du monde, des travers de la société, des illusions médiatiques, des désordres existentiels. Militant, engagé, sorte de pamphlet psychobilly, cet album a un côté abrasif qui sied bien au trio. L’authenticité d’une révolte qui passe par un enregistrement à Paris, une masterisation à New York, pour un résultat irréprochable.
Gilles Blampain

The Marshals
Les courriers session

Genre musical: Blues-rolk !
Label : FREEMOUNT RECORDS
Distributeur :
DIFFER-ANT

Origine : Moulins dans l’Allier. Les gens : Julien Robalo au chant et à la guitare, Laurent Siguret à l’harmo, Thomas Duchézeau à la batterie, Mike Chassaing aux claps et au tambourin. Première constatation : le bassiste était malade le jour du studio ! Le style de cet album sombre et heurté, volontiers modal, l’harmo amortissant les à-coups rythmiques, paraît évident à l’oreille, mais aucune appellation ne colle vraiment tout à fait. Blues ? Un peu court et trop générique. Blues-rock, alors ? Beaucoup trop ésotérique et tordu pour du blues-rock. Rock non plus, car douloureusement introverti. Americana ou folk ? Trop typé sauf parfois, peut-être, sur des titres comme ‘Six Feet Tall’, mais un détail vient toujours fausser la définition. Blues expérimental… bah ! Leurs séquences sont convenues, les Marshals ne semblent pas avoir une pierre philosophale sur le feu. Dire « blues progressif à la Canned Heat ou Jimi Hendrix » serait vraiment tiré par les cheveux, nonobstant quelques touches occasionnelles (‘Something To Hide’). De même qu’on pourrait invoquer le blues anglais des années 60, à certains égards, pour ‘I Gave My Wallet To The Poor’. Or, le temps de le formuler et l’impression s’est dissipée. Mais cette somme des détails inhabituels finit par donner un ensemble assez original et excitant. Les Marshals, dont c’est le quatrième album (Juan ML avait déjà dithyrambé le précédent), soulèvent un blues dense et dénudé, plutôt mystérieux, fait de compos, sauf ‘Folsom Prison Blues’ qui charrie un folk flippé, en état de choc et, en bonus, ‘Rockin’ Daddy’ avec de vrais morceaux de solo. Quoi qu’il en soit, Les Courriers Session (ce titre est un suicide commercial !) est un disque excellent.
Christian Casoni

The Olympians
The Olympians

Genre musical: Soul instrumentale
Label : DAPTONE
Distributeur : DIFFER-ANT

Toby Pazner, claviériste chez Daptone, fait une tournée en Grèce. Il est visité régulièrement par un étrange messager dans ses rêves. Ce nocturne hellène lui suggère de raconter l’histoire des divinités de son pays en musique. Investi de cette mission, Toby rassemble quelques spadassins, galvanisés par l’aspect mythologique de cette épopée, et passablement attaqués par la Sangria servie au restaurant El Mio Cid, gargote voisine des studios Daptone à Brooklyn. Le temps de faire taire le sourcilleux bassiste tentant de faire remarquer que l’Espagne n’est pas la Grèce, nos joyeux compagnons règlent la DeLorean sur 1963 et confectionnent à la main 11 tracks instrumentaux de facture classique. Toby, resté perché dans son trip grec, trouve les titres en rafale : ‘Mars’, ‘Neptune’, ‘Saturne’ ! Bon, si on nettoie cette entreprise de son story telling niveau CM2, il reste un fantastique voyage non pas au Parthénon, mais dans les rues froides de Brooklyn, ses pawn shops, liquor stores, conways, et loin, très loin, presque effacée, la silhouette massive de Radio Raheem, arpentant ces mêmes rues avec son ghetto blaster dans ‘Do The Right Thing’.
Cranberry Gordy