Le contenu de cette page nécessite une version plus récente d’Adobe Flash Player.

Obtenir le lecteur Adobe Flash

11/17
Chroniques CD du mois Interview: THE NIGHT CATS Livres & Publications
Portrait: IKE TURNER Dossier: VOCALION  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

DECEMBRE 2013

ChilliDogs
Ten bad legs

Genre musical: Pub-rock.
Label : coproduction Lucky 7
Distributeur : WWW.CHILLIDOGS.FR

Dès février ou mars, l’année 2013 prenait déjà la tournure d’un fameux millésime pour le blues français et ses extensions. Cet oracle s’est vérifié au fil des mois et, l’année tirant sur sa fin, bon sang, les fruits ont largement passé la promesse des fleurs ! ChilliDogs. Les cinq du Loiret ont monté leur groupe en 2009. Pour une fois, circonscrire le style de leur premier album, ça va être du gâteau : pub-rock. Et du très bon. Le photographe du livret les a surpris dans un rade, comme le Dr Feelgood de Lee Brilleaux sur un bon tiers de ses pochettes. D’ailleurs Ben Winsworth a pile la voix de Lee Brilleaux. Phil Autran tient la guitare, Chris Doumerg, la basse, Hugo Marcus, les baguettes, et Bruno Le simple, les harmos. Un harmoniciste pure-player, comme chez Nine Below Zero. Ces épigones de Feelgood se sont aussi parés de ses trois vertus cardinales : l’énergie, l’humilité et l’épaisseur. On parle de la période Gypie Mayo (c’est ‘Milk And Alcohol’ à tous les étages), plutôt que de la période Wilko Johnson. Donc plus rond, moins tranchant, même si la guitare découpe quand même extrêmement bien. On peut toujours chinoiser, et leurs compositions sont assez richement architecturées pour permettre la glose. Ainsi, ‘Jack D’ serait un exemple de pub-rock au funk progressif. ‘Black Chat’ ou ‘Come On’ ont juste le frisson de mélodie qu’il faut pour renvoyer à Eddie & The Hot Rods, aux Buzzcocks pour la touche légèrement pop, et même aux Jams de temps en temps pour quelques réminiscences after-punk. Au-delà de ces chicanes, on a dans les mains un manifeste de rock’n’roll très convaincant, un retour limpide aux fondamentaux du genre, comme on dit, le rétroviseur éternel de notre virginité ! Le bain de jouvence passe par le son, par la façon de faire (ces pompes grasses, ces double-stops fulgurants), mais aussi par le message, avec des titres en forme de slogans impérissables : ‘Take It Or Leave It’, ‘Don’t Lose Your Mind’… The eternal sunshine of the spotless mind !
Christian Casoni

The indispensable Chuck Berry
Anthologie 1954 - 1961

Genre musical: Rock & roll.
Label : FREMEAUX & ASSOCIES
Distributeur : SOCADISC

Sans Chuck Berry, le Duck Walk d’Angus Young d'AC/DC n'aurait sans doute pas existé, tout comme de nombreux groupes, tant le natif de Saint Louis, Missouri, a inondé le monde de ses hymnes rock’n’roll : ‘Maybellene’ , ‘Thirty Days’, ‘Sweet Little Sixteen’ , ‘Johnny B Goode’, ‘Rock’n’Roll Music’... «  Il n'y a qu'un seul vrai roi du rock & roll, il s'appelle Chuck Berry », dixit Stevie Wonder. La période 1954–1961 de ce coffret est essentiellement constituée d'enregistrements Chess, on y entend donc de nombreux morceaux clairement blues tel ‘I 've Changed’. L'auteur du livret, Bruno Blum, nous explique que si les grands rockeurs blancs des 50’s comme Elvis Presley ou Eddie Cochran étaient des chanteurs de country qui chantaient noir, Chuck Berry fut le miroir inverse « il filtrait la country avec une sensibilité rhythm’n’blues ». Le plaisir est toujours le même et la puissance évocatrice de titres comme ‘Johnny B Goode’ est d'un niveau rarement atteint. Créateur majeur de l’ère rock’n’roll, Chuck Berry a été l’un des artistes les plus influents de la musique populaire du 20ème siècle et ses riffs de guitare ont marqué plusieurs générations de musiciens. La set list des 3 CDs parfaitement remasterisés (comme toujours chez Frémeaux) est un argumentaire de vente à elle seule. Ces chansons ont été sciemment pensées pour séduire, et l'on peut dire que le résultat est parfaitement réussi.
Nicolas Miliani

Cotton Blues
Summer Twist

Genre musical: Soul
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : faceboock,CD1DC, iTunes et Deezer

Mais d’où sortent-ils, ceux-là ? Cotton Blues, nom fallacieux comme peut l’être celui de Malted Milk, et pour les mêmes raisons. Deuxième album, de la grande soul avec Hammond B3, saxos, trompette et solos de guitare juteux. Cette soul, farcie d’accroches pop, se déplie dans tous les sens, un poil rock, un poil blaxploitation, un poil jazz (‘Summer Twist’), un poil ska (‘White Wine’), un poil funky, mais une crinière touffue de sophistication sans aucun dédain pour la ballade. Deux titres à part : un blues français qui sent bon la blue wave du début des 80’s (‘T’inquiète Pas’), et un rock’n’roll à shuffle gras et moires glams (‘Lover Again’), le glam étant, finalement, la blaxploitation des Blancs. Eh oui, un blues français : Cotton Blues se serait formé à Bagnols. Douze plages, douze hits potentiels, une seule reprise : ‘Don’t Fight It’, Wilson Pickett. Les arrangements sont riches, avec des cuivres placés en accents toniques ou lancés en escalators de rodéo. René Chave, Joffrey Milesi et Marc Cauquil jouent respectivement, et avec quelle classe, des anches et du piston. Le noyau dur est étourdissant (par ici le cirage) : Marc Longfils (piano, orgue), Charlie Lambert (guitare), Cyril de Fayard, le bassiste qui lève deux superbes flambées d’harmonica (‘Feeling Rubbin’), et surtout Doran Reynaud, batteur et chanteur. Le batteur est excellent et le chanteur, encore plus spectaculaire, se démultipliant, changeant de voix d’une chanson l’autre comme un illusionniste, prenant toutes sortes d’inflexions, féminines et couillues. On croit surprendre ce qu’on suppose être sa voix naturelle, comme au défaut de la cuirasse, sur les deux titres atypiques. Eh bien… c’est un type comme vous et moi, Doran, pas plus. Qu’est-ce qu’il croit ?
Christian Casoni

Joanne Shaw Taylor
CD + DVD

Songs from the road

Genre musical: Blues,rock...
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Après 3 enregistrements en studio Joanne Shaw Taylor se sentait enfin prête pour une prise de son en directe face au public. Une soirée, une seule prise. La pression du live donne une tension et une exaltation qu’on ne retrouve pas dans un enregistrement où tout peut être repris à tout moment. Joanne Shaw Taylor canalise cette énergie pour jouer comme si c’était le concert de sa vie et convoque les forces du rythme pour déchaîner un ouragan. Rock, blues, soul, pop, la set list réjouira les amateurs. La captation a été faite à Londres dans un petit club pour que la communion avec l’assistance soit forte, et le résultat est à la hauteur. J.S.T est superbement  accompagnée par Joseph Velloz à la basse, Tony Dicello à la batterie et Jools Grudgings aux claviers. Les titres interprétés ont une autre dimension et, live oblige, les solos instrumentaux sont plus longs que sur les albums précédents ; il y a dans cette production une vraie force et un dynamisme incontestable. Joanne Shaw Taylor affirme sa présence sur la scène blues britannique avec un style qui est bien à elle.  Elle atteint des sommets à la guitare et son chant va du grognement sauvage au feulement sexy. Elle signe la majorité des titres et reprend ‘Manic Depression’ de Jimi Hendrix et ‘Jealousy’ de Frankie Miller. Respectant la ligne du concept Songs From The Road, cet album est vraiment saisi comme l’instantané d’une tournée. Le CD livre 12 titres et le DVD en révèle 15.
Gilles Blampain

Kaos Karma
Deathologie

Genre musical: Psychobilly - surf.
Label : Ki-Mono Records
Distributeur : MODULE

Entend-on seulement des chansons dans ces effusions de rage impuissante et cette menace nue, à peine stylisée par une ombre de mélodie ?« ‘Psychobilly-surf’ ? Pas mal. J’aurais dit ‘blues électroïde’… » Il y a pourtant un chant, magnifique, ténébreux, gros grain tellurique, souple dans les fréquences basses, tout aussi souple dans les hautes, avec la même autorité et le même vibrato. ‘The Other Part’ : les deux registres se superposent et font chœur, spectre grand ouvert d’une voix taillée pour la mélodie. Or, c’est précisément ce dont Kaos Karma (alias Fabio Giberti) ne veut pas : « Tout devait sonner aride, minimal, modal ». On peut empiler les références jusqu’au Jugement dernier, dans cet arc-en-ciel noir, tendu à mort. Citons au moins les power chords de Link Wray en avant-plan, la fuzz mourante de Jesus Volt en arrière-plan, ou Jim Morrison pour les imprécations. Kaos Karma prend tout en charge, les guitares et les loops de batterie. Ce côté bricolé home-studio affûte encore la méchanceté des intentions… peut-être la cruauté d’un deuil, ce sentiment bizarre d’un adieu à un âge d’or. Deathology est une protestation gore de rockabilly, comme le Sweet Tea de Buddy Guy l’était pour la soul… « Je me suis attaché à adapter des textes de Kerouac pour l'essentiel. C'est le fil rouge du disque. Le concept EST Kerouac. » De même, l’élan de cette eau noire. On croit sentir l’album basculer à mi-course, passant d’une zone très sombre à une apesanteur résignée, comme un charbon qui s’éteint dans la paix des ruines. « La seconde partie ne me semble pas foncièrement différente de la première, je manque peut-être de recul ». Deathology est une ordalie par le noir mais, après tous ces bourdons morbides, au-delà de cette agonie… l’hallucination d’un paradis !
Christian Casoni

Los Lobos
Disconnected in New York city

Genre musical: Tex Mex, Chicano - Latin Rock
Label : PROPER RECORDS
Distributeur : HARMONIA MUNDI

Certains diraient : Quarante ans de boulot, j’pars à la r’traite ! Pas Eux, bien au contraire. Pour fêter leurs quarante ans de route commune, les musiciens de Los Lobos ont donné un concert à New York, en décembre 2012, qui sort maintenant sous forme de CD. Les cinq membres originaux sont toujours présents, aidés du batteur Bugs Gonzalez et de l’excellent percussionniste Camilo Quinones, détail important dans ce style de musique, souvent chaude et chaloupée comme dans ‘Chucos Cumbia’, ‘La Vengaza De Los Pelados’ ou ‘Maria Christina’. Les trois guitares sont acoustiques, ce qui augmente le côté terroir, la basse, elle, est électrique. Les titres sont un échantillonnage de ce qu’à pu réaliser le groupe pendant ces quatre dernières décennies. De ‘Gotta Let You Know’ (de 1984) à  ‘Tin Can Trust’ du dernier album (2010) en passant par l’inévitable ‘La Bamba’ traitée en medley avec ‘Good  Lovin’  qui termine l’album. Treize titres qui démontrent que Les Loups de Los Angeles ont encore du mordant et les griffes affutées, mais toujours avec la joie et le sourire. Que la fête soit !
César

O.C. Brothers
Daddy put the blues on me

Genre musical: Blues, Soul, Rock....
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
iTunes, Amazon, Deezer, WWW.OCBROTHERS.COM

Le nouveau-né des O.C Brothers est le sixième de la lignée. Ce CD est présenté comme un hommage aux grands noms du blues, de la soul et du rock qui ont inspiré le band. Et l’on peut se risquer à mentionner sans trop se tromper, Louis Jordan, T. Bone Walker, Chuck Berry, Little Richard, Otis Redding, dans ces références. Le clan Cosoleto (José : chant, guitare, Domenico : basse, Tony : batterie) et Richard Peyrichon (guitare) ont toujours une pêche d’enfer et la section de cuivres très offensive (Georges de Martino et Jean Vincent Lanzillotti aux trompettes et Fabrice Vaure au saxophone) n’est pas mal non plus. Dès la première plage du disque le band passe en overdrive et ne laisse à aucun moment retomber la pression. Ils envoient les titres avec une ferveur et un enthousiasme qui ne se démentent à aucun moment. Le jump tire la bourre au jive, et le rock lorgne vers le blues comme s’il fallait en découdre, tandis que la soul tente de mettre tout le monde d’accord. Ça pulse, ça crépite, c’est un déchainement de rythmes, un emballement de groove. Et si la rythmique est impressionnante, la finesse des solos de guitare est assez remarquable. Avec 10 compositions originales ce nouveau CD est mieux qu’un antidépresseur puisque la dose maximale peut toujours être dépassée sans aucun risque. On est submergé par un irrésistible swing excitant et dansant.
Gilles Blampain

RivherSide
Something on my mind

Genre musical: rock’n’folk deltoïde
Label : KEFFREN
Distributeur : HTTP://RIVHERSIDE.COM/ et HTTPS://WWW.FACEBOOK.COM/RIVHERSIDE

Encore un génie solitaire embusqué dans son home-studio, du côté de Clermont-Ferrand cette fois-ci. Le private joke RivherSide n’a, à ce jour, été décrypté par aucun égyptologue. Renaud Villet (dixit sa carte d’identité) slide ici son premier album, et il va encore falloir faire grande provision de cirage. Son style oscille, avec beaucoup de cohérence, entre Delta-blues, boogie, americana peut-être, pub-rock par moments, et une sorte de rage gospel dans la prédication, autant de références incomplètes car pétries les unes dans les autres comme le principe actif des chansons, jamais servies telles quelles. RivherSide chante drôlement bien, avec une belle voix flammée, longue et claire. Son jeu de guitare est remarquable. Il parvient à exprimer, d’un bottleneck grinçant sur un dobro, des vibratos mélodieux (‘I Guess I Lied’), il hache rock-dur sans sourciller (‘I Wish I Could’), met en branle des moteurs complexes aux cycles frénétiques (‘Bye Baby Bye Bye’), ou déroule des calligraphies d’enlumineur (‘I Need More Time’) sans jamais se demander où est sa place. One-man-band sur scène avec guitare et foot-drum, RivherSide se fait accompagner par un batteur sur cet album, Claude Salmieri, une frappe de caractère faussement simple, faussement lourde, dont la vitalité belliqueuse sème des crânes et des os partout. Pascal Mikaelian passe en coup de vent pour souffler quelques riffs et finir d’ébouriffer la chanson. Something On My Mind est un sujet de pâmoison, un de plus. Existe-t-il encore, en ce bas monde, un gâte-sauce qui nous ferait l’honneur de quelques pains, dont on pourrait dire du mal, histoire de varier un peu les adjectifs ?
Christian Casoni

Royal Southern Brotherwood
CD + DVD

Songs from the road

Genre musical: Blues, soul, rock
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Le qualificatif de super groupe revient souvent pour parler de cette Confrérie Royale du Sud. Et le titre n’est pas usurpé car les Sudistes font vivre à leur public une performance musicale pour ainsi dire extatique. C’est un groupe de scène dans son essence et sa musique n’a nul besoin d’artifice superfétatoire. Devon Allman chante et assure méchamment sur sa Gibson Les Paul, Cyril Neville est l’incarnation du groove aux percussions et sa voix de soulman fait toujours merveille, Mike Zito tire ce qu’il veut de sa guitare, Charlie Wooton à la basse et Yonrico Scott à la batterie sont de vrais jumeaux du rythme. Le concert a été saisi au Crossroads Festival à Bonn et l’ambiance est très chaude. Le band nous sert un véritable gumbo révélant ces saveurs du sud qui exhalent des arômes blues, soul et funk. Mais comme pour améliorer l’ordinaire, la bande des cinq ne se prive pas d’aller piocher dans les mélodies latinos ou les tempos caribéens. La prestation dure un peu plus d’une heure et se termine en apothéose par une reprise de ‘Gimmie Shelter’ de qui vous savez. Le DVD affiche 12 titres comme le CD, mais ce n’est pas une redite puisque les timings ne sont pas identiques.
Gilles Blampain

The Holmes Brothers
Brotherhood 

Genre musical: Soul, blues, funk...
Label : ALLIGATOR
Distributeur : SOCADISC

Grâce à la magie des harmonies et à leur instinct du rythme, le répertoire proposé par les frères Holmes est plutôt appétissant : soul pétillante, rhythm’n’blues réjouissant, blues bien trempé, funk énergisant et même peut-être quelques échos de country. L’alliance du chant rauque et grave de Wendell Holmes, à la guitare ou au piano, et de la tonalité de baryton de Sherman à la basse, soulignée par la voix de fausset de Popsy Dixon, le frère de scène à la batterie, donne d’étonnants résultats. Cette parfaite entente forgée au long de plus de 30 années de carrière produit une richesse vocale généreuse et authentique avec de belles harmonies aériennes et un tempo robuste. Le band a enregistré huit titres originaux et repris des chansons signées Ike Turner, William Bell, Booker T. Jones, Ted Hawkins, Curtis Salgado, Geraint Watkins pour terminer par une longue version, revue en profondeur, du classique ‘Amazing Grace’. Il y a dans cet enregistrement de la ferveur ; du brut comme du raffiné, de la simplicité comme de la sophistication. Avec la fratrie Holmes c’est toujours intense et l’émotion est au rendez-vous. Elémentaire mon cher Watson !
Gilles Blampain

They Call Me Rico
This King Of Life

Genre musical: Raw blues, country blues, americana.
Label : Voxtone records-Inouïe
Distributeur : Believe digital

Second album pour Frédéric Pellerin, alias 'They call me Rico', l'homme nous propose la bande sonore d'un road movie imaginaire. La pochette du skeud nous le présente dans une chambre d'un hôtel minable, à ses pieds, sa guitare slide, comme soumise ; un magnéto a bandes pour l'enregistrement analogique ; un enjoliveur pour la route qui l'a amené là ; et, au fond, une bouteille pour le carburant des âmes damnées et solitaires. Voilà pour l'ambiance.
Les festivités s'ouvrent sur un orgue de cathédrale pour un country blues christique ('This Kind Of Life') et se ferment par un blues onirique et déchiré à la Resophonic slide ('I May Be  Right'). Malgré quelques invités sur cette virée : Charlie Glad : orgue Hammond, claviers divers, violon - Nicolas Grimard : lap steel, banjo, guitare électrique - Dominic 'Rock' Laroche : basse - Christian Vezina : harmonica, la musique réussit l'exploit de garder le style d'un One Man Band'. La source première est le blues du Delta ; merveilleux instrumental 'Reel', reel des bayous, danse primitive ; mais aussi ce 'Winner Or Loser' complètement habité, le Montréalais chante comme un Lee Brilleaux (Feelgood) accompagné au banjo. Une reprise assez inattendue dans cette volée de blues poisseux, 'I'm On Fire' (Bruce Springsteen) comme suspendu dans le temps immobile d’un album magnifique.
Juan Marquez Léon.

Willie Nelson
To all the girls

Genre musical: Country
Label : LEGACY RECORDINGS
Distributeur : SONY

Troisième album pour Legacy Recordings, le Red Headed Stranger et sa Trigger en bois floqué (voir verso du digipack) nous propose sa rencontre avec 18 chanteuses country ou pas. Sont conviées de grandes dames : Loretta Lynn, Dolly Parton, Mavis Staples, Emmylou Harris, Norah Jones, Alison Kraus, Sheril Crow, Wynnona Judd, Sherry Lynne, Rosanne Cash. Mais aussi des noms moins connus par chez nous : Miranda Lambert, Carrie Underwood, Brandi Carlile, Melonie Cannon (la fille de Buddy Cannon), Lilly Meola, Paula Nelson, Tina Rose. L'album alterne entre nouvelles versions de classiques du vieil homme (80 ans quand même!), et quelques reprises bien senties (John Fogerty, Bruce Springsteen, Merle Haggard...). Ambiance dimanche pluvieux, bien au chaud sous la couette, comme ce ‘From Here To The Moon And Back’, qui ouvre la promenade, composé pour l'occasion par Dolly Parton, à grand renfort de steel guitar et de cordes (splendide). Quelques titres viennent quand même secouer cette langueur country : ‘Bloody Mary Morning' (avec Wyonna Judd), honky tonk ;  incroyables Bobby Terry et Mike Johnson aux guitares. 'No Mas Amor' (avec Alison Krauss), latino de la frontière, Calexico comme voisins! Mais le joyau de ce disque est 'Grandma's Hands' de Bill Withers (avec Mavis Staples) et, du coup on a envie de découvrir cette grande chanteuse.
Juan Marquez Leon