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12/17
Chroniques CD du mois Interview: AUTOMATIC CITY Livres & Publications
Portrait: SCOTT JOPLIN Dossier: ALADDIN RECORDS  
 


Dans cette rubrique, vous trouverez une sélection de CD choisis par l'équipe Blues Again.

DECEMBRE 2017

Black Stone Cherry
Black to Blues

Genre musical: Hard- rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Chris Robertson (chant, guitare), Ben Wells (guitare, chant), Jonathan Lawhon (basse, chant) et John Fred Young (batterie, harmonica, chant) reviennent aux fondamentaux : « Nous considérons Howlin’ Wolf comme la voix du blues par excellence. Cela nous paraissait logique que nous nous penchions sur quelques classiques du genre ». Reconnaissant que le blues est dans l’ADN de toutes les déclinaisons du rock, Black Stone Cherry rend donc hommage à ses inspirateurs sans se départir de sa veine hard-rock. L’enregistrement propose six classiques écrits et/ou interprétés par Willie Dixon (‘Hoochie Coochie Man’, (‘I Want To Be Loved’)), Howlin’ Wolf (‘Built For Comfort’), Muddy Waters (‘Champagne And Reefer’), Booker T. Jones (‘Born Under A Bad Sign’) et Freddy King (‘Palace Of The King’). Le band du Kentucky joue ces reprises avec une puissance énorme, des riffs fracassants et une batterie martelée soutenue par une basse lourde comme pour son propre répertoire. Chris Robertson annonce : « J'espère qu'en partageant cette musique nous avons la belle opportunité d'exposer une nouvelle génération au blues », saluons l’initiative. Le CD déroule ses 6 titres en 20 minutes.
Gilles Blampain

Bootsy Collins
World Wide Funk

 

Genre musical: Old school funk
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

« I wanna get up and do my thing » a dit James Brown le Grand. Je veux me lever et faire mon truc. Hey, n’est-ce pas un résumé de la nature humaine ? Et Bobby Byrd répondait « yeah ! », subjugué par la concision du Haïku. Le gamin derrière les hommes, qui commençait tout juste à se faire de la corne au bout des doigts, était William « Bootsy » Collins, et il avait 18 ans. Sa basse faisait plus que réussir à se faire entendre. Aujourd’hui, je suis très loin de ce matin d’automne, mais c’est comme si j’y étais. Puis Bootsy rencontra un autre visionnaire : George Clinton. Et depuis, ses yeux sont en forme d’étoiles. Le temps a passé, Bootsy légende condamnée à porter son vieux costume de clown, continue de faire du funk à la basse. Son nouvel album est une réunion de famille, saturée de vieux rappeurs. De longs morceaux avec plein de basse. Une absence totale de mélodies rend l’audition de tout ceci vite fastidieuse. Par la magie du rythme, on branle le chef, lequel en a vite marre.
Cranberry Gordy

Davide Pannozzo
Unconditional Love

 

Genre musical: Blues, rock
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : http://www.davidepannozzo.com/album
/unconditional-love/

L'Italien Davide Pannozzo suit le tracé d'une frontière entre blues et jazz en y répandant la poussière pour la rendre trouble. Le blues qu'il nous propose est extrêmement moderne, inspiré, et dans quelques années il sera sûrement un incontournable de cette musique. Pas d'acoustique, mais de l'électrique pour cet album de l'Italien qui est arrivé en demi-finale de l'International Blues Challenge. Steve Jordan et Will Lee respectivement batteur et bassiste ont assuré la production. Oli Rockberger et Ricky Peterson se partageant les claviers. Pour vous donner une idée, au niveau du toucher de cordes, on est entre Matt Schofield, Jeff Beck et Eric Clapton. Huit compositions et deux reprises, le 'Wah Wah' de George Harrison qui pourrait durer des heures et l'excellentissime 'Stratus' de Billy Cobham qui dure plus de sept minutes sur un train d'enfer. On est en plein jazz rock. Ce titre est entouré par 'The Purest Thing' et 'Lord Knows What's In My Heart' tous deux aériens, reposants et instrumentaux, toujours avec cette ambiance jazzy. Que ce soit dans des titres au tempo bien marqué 'Six Wires', 'One & Only', au son hendrixien 'Chasing Illusions' ou à la rythmique reggae 'Living, Loving & Giving' le jeu de guitare du sieur Pannozzo est précieux, précis et raffiné. En plus, on a le petit livret avec les paroles, qui se cache derrière une photo pleine de symboles. Unconditional Love !
César

Ground zero
Live

 

Genre musical: Blues acoustique
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur : bpsib@free.fr

Derrière ce Ground Zero se cache un duo formé de Georges Jacob à la batterie et aux percussions et du surnommé Sib au chant, aux guitares et à l'harmonica. Ce dernier, véritable baladin a joué en duo, trio, quintet avec des groupes qui avaient pour nom Coup d'Blues et Purple Blues. Ce Live est le son du dernier projet en date, enregistré au Lambarzique café en Dordogne, café-concert chaleureux comme il y en a par-ci, par-là dans l’Hexagone. Bien qu'étant une petite autoproduction, le son est clair, le mixage bien fait et surtout, le feeling omniprésent. Les guitares sont acoustiques, les pédales d'effets inexistantes et la voix de Sib, passée au papier de verre est reconnaissable pour qui l'a déjà entendue. Deux invités ont répondu présent. Laurent Marie et son harmonica sur quatre titres, ainsi que Marcel Tabone et sa flûte traversière sur une compo lente 'Need Somebody' ce qui lui donne une couleur vague à l'âme. C'est la seule compo parmi les treize morceaux de cet album. Une belle place est donnée à Calvin Russel dont Sib est un spécialiste, avec pas moins de quatre reprises 'I Gave My Soul To You', 'Soldier', 'The Answer' et 'Crossroad'. Quelques traditionnels bien ficelés sont aussi présents 'Catfish Blues', 'Saint James Infirmary' et 'I Want Jesus'. On découvre aussi quelques autres chansons bien ou moins bien connues 'Personal Jesus' de Dépêche Mode, 'Turn The Page' de Bob Seger, vraiment très bien rendue, 'Help Me' de Robert Johnson, avec un harmonica qui décuple la puissance de ce duo. Une bonne note à ce Ground Zero qui emprunte son nom à un club situé à Clarksdale (Mississippi) appartenant à Morgan Freeman. Pour une formation blues-folk, le duo est atypique mais ça fonctionne au quart de poil.
César

Jane Lee Hooker
Spiritus

Genre musical: Blues-rock
Label : RUF
Distributeur :
SOCADISC

Après un premier album incandescent en 2016, les cinq new-yorkaises sont de retour et ça décoiffe encore pas mal avec une rythmique irréprochable et une ardeur impressionnante. Dana ‘Danger’ Athens (chant, claviers), Tracy Hightop (guitare), Tina ‘T-Bone’ Gorin (guitare), Hail Mary Z (basse) et Melissa ‘Cool Whip’ Houston (batterie) sont présentées comme the New York’s hottest punk blues collective et le titre n’est pas usurpé. Elles portent assurément en elles, le feeling du blues, la force du rock et l’énergie du punk. Avec un son brut et une réelle puissance de feu, l’enregistrement s’est fait en prise directe sans effets sonores inutiles. « Nous voulions un album que les gens écoutent du début à la fin en trouvant quelque chose à aimer à chaque chanson ». Et de fait, du riff accrocheur avec duel de guitares soutenu par une basse ronflante et une batterie bien martelée, toute une gamme allant du boogie au rockabilly en passant par la soul ou le slow-blues s’étale au long des 10 titres de Spiritus. La force de Jane Lee Hooker tient vraiment à l’osmose que l’on sent dans le band et à l'enthousiasme que les filles apportent à chaque titre joué. Du blues-rock porteur d’un dynamisme contagieux avec un son très particulier. C’est carré, efficace, et ça prouve que ce n’est pas une question de testostérone.
Gilles Blampain

Jerry T & The Black Alligators
Unleash the Beats

Genre musical: Blues débridé
Label : AUTOPRODUCTION
Distributeur :
iTunes, Amazon...

Au début, c'était Jerry tout seul pour un premier album brut de décoffrage, puis deux Alligators sont arrivés pour un second album. Le troisième s'est fait à six et c'est, pour ce quatrième album, le même chiffre. Jerry « La machette » guitare, chant et compositions, le second guitariste étant « Rico la Fuzz ». L'harmoniciste, c'est « Sacdos », le saxophoniste « Sax sheriff ». La basse est tenue de main ferme par « Don Nicorleone » et la batterie est l'affaire de « Fab' la Percut ». Sur les onze titres proposés, cinq sont des reprises. 'I'm Going Down' à la rythmique incisive, 'I Put A Spell On You', 'Highway 49' dans une belle version acoustique, 'Blues Had A Baby' qui balance bien et un 'Voodoo Child' qui dure presque un quart d'heure en restant intéressant. Au fil des albums, on peut constater les progrès du groupe et ces forçats du Blues (référence à la photo du digipack) méritent d'être découverts. Assez surprenante au début, de par sa tessiture, on peut aisément reconnaître le groupe par la voix du chanteur qui descend parfois dans les graves en restant claire. Aucun problème avec les compos, que ce soit 'Loving In Vain' et son côté sauvage ou l'entraînant 'Unleash The Beasts' ainsi que le très calme 'I Wish I Could Freeze The Time', les types sont à l'aise dans tous les registres. Il me semble, cependant, qu'ils préfèrent « envoyer du bois » et « lâcher la vapeur ».
César

Lara and the Bluz Dawgz
Out here in the blue

Genre musical: Blues propre
Label : LOCK ALLEY MUSIC
Distributeur : CdBaby, FCC Clean

Si tous les chemins mènent à Rome, ils mènent aussi à Nashville. C'est là, en 2012, que se sont rencontrés les six musiciens de cette formation qui sort son troisième album. Gregg Germony, le bassiste, et son épouse Lara, la chanteuse, qui viennent du côté de New York tout comme le guitariste Al Rowe (influencé par Eric Clapton et Mick Taylor) sont les membres fondateurs du groupe. Ils sont rejoints par le claviériste canadien Dan Nadasni qui a accompagné Tanya Tucker et Michelle Wright, Carlos Ruiz, batteur originaire du Sud-Ouest des States influencé par les rythmes cubains et brésiliens et par le super saxophoniste néo orléanais Reggie Murray. On ajoutera une section cuivre pour enrober le tout. Travail propre d'où rien ne dépasse, ce CD vaut surtout pour les interventions de guitare, claviers et saxophone comme dans ‘Smoke Break’, instrumental entraînant et sans repos. Dans les dix autres titres, on entend la voix de Lara, claire et sophistiquée dont on pourrait souhaiter qu'elle se lâche un peu plus de temps en temps, ceci étant sûrement dû à son passé où elle a étudié la performance vocale classique, d'où l'effet de travail propre. Mais rassurez-vous, ça roule et ça tient la route.
César

Liz McComb
Merry Christmas

Genre musical: Chants de Noel
Label : GVE
Distributeur : Amazon, http://lizmccomb.com/

Quand on évoque les chants de Noël on pense souvent aux groupes enfantins anglo-saxons entonnant leurs Christmas carols devant un sapin décoré ou aux petites unités de l’Armée du Salut chantant au coin des rues enneigées. C’est donc l’incarnation d’une chorale qui s’impose. Avec cet enregistrement Liz McComb déchire l’image d’Epinal et glorifie cette élan de foi chrétienne en solo, sobrement accompagnée au piano ou à l’orgue auxquels s’ajoutent parfois une guitare, une basse ou une batterie. Elle ouvre l’album avec ‘When Was Jesus Born’ pour le clore avec ‘Il Est Né Le Divin Enfant’ puisant les 13 titres de son répertoire dans les classiques américains, autrichiens, tchèques, portoricains… hymnes connus de tous à la gloire du bambin de Bethléem, composés au 18ème siècle ou contemporains, ‘Joy To The World’, ‘Feliz Navidad’, ‘Silent Night’… Tour à tour humble ou passionnée, portée par de belles mélodies joyeuses ou pleines de douceur, la voix chaude est le vecteur d’une émotion qui transporte l’auditeur qu’il soit croyant ou non. Loin des sempiternels ‘albums de Noël’ qui fleurissent à cette époque de l’année, la finesse de l’interprétation est un vrai bonheur tout au long des 44 minutes de ce disque léger et délicat. Merry Christmas ! Joyeux Noël ! Feliz Navidad ! Frohe Weihnachten !
Gilles Blampain

The Lords of Altamont
The Wild Sounds Of...

Genre musical: Garage rock
Label : HEAVY PSYCH SOUNDS
Distributeur : DISTRIBUED RELEASES

… Et inlassablement, les Lords of Altamont entretiennent la flamme du garage punk sixties. Contrairement à bien d’autres, les Lords ne se contentent pas de calquer les Standells ou les Shadows of Knight, mais l’esprit est bien là – et le son, immédiatement identifiable. Articulés autour du charismatique leader Jake « The Preacher » Cavaliere, ils semblent avoir trouvé un semblant d’équilibre, après de multiples va et vient. Par rapport à l’opus précédent, Lords Take Altamont, un album au concept improbable (uniquement des reprises de groupes présents en cette sinistre soirée de décembre 69) mais réussi, demeurent Dani « Sin » Sindalo, guitare, et Steven « Knuckes » Van der Wuff, batterie, seul le bassiste Rob « Garbageman » Zimmerman faisant office de nouveau venu. Entre deux tournées en tant que renfort de luxe des Sonics, où il officie aux claviers, Jake mobilise son gang et propose une sixième livraison de déluge apocalyptique. Compositions incendiaires, brûlots mémorables, uppercuts imparables autant qu’instantanés abondent une fois encore : ‘Death On The Highway’, ‘Like A Bird’, ‘Take A walk’, ‘Fever Fix’, ‘I Said Yeah’, ‘Where You Sleep’ à l’intro solennelle, le stoogien ‘Going Downtown’, ou même ‘Evil’, emprunté à Willie Dixon, mais passé au hachoir LOA. Jouant avec l’imagerie biker, ils détournent cette fois la pochette d’une BO mythique, The Wild Sounds Of Satan’s Sadists, petit classique du cinéma déviant, un peu ennuyeux à vrai dire. Mais ce n’est nullement le cas de ces garçons, civilisés au demeurant, qui lors de leurs tournées dantesques (outre l’inévitable casier de bière), réclament sous contrat deux bouteilles d’excellent vin rouge. The Lords of Altamont, last gang in town ?
Marc Jansen

Lord Youth
Gray Gardens

Genre musical: Country folk blues alternatif
Label : BB*ISLAND
Distributeur : DIFFER-ANT

Chères lectrices, chers lecteurs, âmes égarées entre ces lignes, vous êtes conviées au cabaret du spleen. Lord Youth alias Micah Blaichman est un petit gars du Queens à New York et ceci est son premier album. Voix de baryton. Un Lee Hazlewood sous tranquillisants, c'est dire ! Guitares slides et twangs, orgues cradingues et rouillés, marimbas, guimbardes flottent et se fondent dans des rythmes lancinants vers cet horizon où se couche un soleil sanguin. De temps à autres cela s'agite un peu, comme dans le 'Someone Was Singing Hi Ho Silver' ou le très à propos et enlevé 'What's That Sound', tant surgit tout au long du disque de nombreux sons rustiques. Carrément punky est le court et hanté 'Moonbelly' (0,57') ! Pour le reste ce n'est qu'apathie, état comateux et voix lointaines dans l'écho de 'The Room Is On Fire', ambiance crépusculaire dans 'Cypress Grove'. 'Blue Yodel # 156' est un clin d'œil à Jimmie Rodgers, ce chanteur des années 20 qui aimait numéroter ses 'Blue Yodel'. Sons étranges et extraterrestres ornent ces bijoux de lenteurs que sont ces titres, 'Everybody's Listening To The Fire' et 'Cypress Grove'. 'Parable Blues' est la bande son d'une fête foraine du début du 20ème siècle, sourires d'enfants sur des manèges grippés. On pense aussi au très regretté Sparklehorse de feu Mark Linkous. Malgré le chagrin qui plombe tout l'album, on se surprend à aimer cette musique désespérée, toujours surpris, étonnés par ces sons surgissant d'une époque lointaine... ou contemporaine. Il va falloir compter dorénavant avec Lord Youth, son 'Gray Gardens', comme souvent les jardins, est un excellent remède à la mélancolie.
Juan Marquez Léon

Luther Allison
A légend never dies (essential recording 1976-1997)
7 CDs + 4 DVDs et 10 LPs + 4 DVDs, édition limitée

Genre musical: Blues de Luther
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC

Il y a 20 ans disparaissait Luther Allison, bluesman cher au cœur des Français. Pour rendre hommage à l’homme et célébrer la musique de cet excellent guitariste et chanteur hors pair, Ruf propose deux collections. La version CD est numérotée et limitée à 1500, et la version LP à 1000. On y trouve les albums essentiels enregistrés après ses années Motown records, quand au milieu des années 1970 il tourne en Europe et signe alors avec le label Ruf. Il s'installe en France en 1977 et quelques années plus tard fait un come-back artistique remarqué aux USA en association avec Alligator. L'album Bad Love (intitulé Soul Fixin’ Man en version US) sort en 1994, et une série de concerts est organisée aux Etats-Unis et au Canada. En 1995 un nouvel enregistrement voit le jour : Blue Streak. En 1997 paraît Reckless enregistré comme les deux précédents à Memphis. Au cours de la tournée qui suit durant l'été 1997, Luther Allison se rend à l'hôpital suite à des étourdissements et une perte de coordination. On lui découvre une tumeur au poumon qui a métastasé au cerveau. Il décède le 12 août 1997, cinq jours avant son 58ème anniversaire à Madison, Wisconsin. Le coffret renferme un livret de 88 pages signé Art Tipaldi qui relate sa vie avec les commentaires de ses amis et associés, ainsi que de nombreuses photos rares et privées. Quatre DVD : les spectacles de 1987 (à Berlin-Est - 102 mn), 1991 (en Allemagne aux côtés de son fils Bernard – 59 mn), 1997 (Live in Paradise, concert à l’île de La Réunion – 155 mn) et (au Zoo Bar à Lincoln, Nebraska + sa performance au W.C. Handy Awards à Memphis, Tennessee – 87 mn). Sept albums (dont deux sont doubles en LP): Montreux (1976), Life Is A Bitch (1984), Let’s Try It Again-Live ‘89 (1989), Hand Me Down My Moonshine (1992), Bad Love (1994), Blue Streak (1995), Reckless (1997). Un régal pour les yeux et les oreilles ! Luther Allison véritable légende du blues, superbe showman à l’énergie débordante, était un homme généreux, ouvert et chaleureux. Un Artiste inoubliable.
Gilles Blampain

Mama SpanX
State of Groove

Genre musical: R&B, soul, funk
Label :
AUTOPRODUCTION
Distributeur : CdBaby

Ça roule, ça balance, ça groove. « Mama » Nikki Armstrong chanteuse possédée, excelle en chef de bande et emmène ses Spankers pour des rythmes endiablés et des danses de feu. Avec ceux-là, en seulement neuf titres, on accroche au quart de tour à condition d’adhérer aux musiques R&B et funk. On retrouve le côté trépident d'une Tina Turner, d'un groove à la Sly and the Family Stone, et d'une pulsation à la Tower of Power. Pour ce qui est de la mesure, une batterie tenue par Uncle Ben Beckley et David Abercrombie qui tient une basse énorme fretless six cordes. Harlan Spector s'occupe des claviers et le guitariste est Steve Johnson. Bien sûr des cuivres, Julie Sax, la bien nommée au baryton et à l'alto ainsi qu'à la flûte et Steve Sadd aux ténor et au soprano. L'esprit de cet album nous ramène entre sixties et seventies, époques riches en émotions musicales et on y trouve son compte avec ces huit compos et la reprise d''Alligator Boogaloo' du saxophoniste Lou Donaldson. Un titre est plus tranquille que les autres, c'est le solennel 'Anywhere You Are' dans lequel la chaude voix de la chanteuse est mise en valeur par son accompagnement discret, piano plus basse toute en rondeur avec un final soutenu par un chœur. Le titre éponyme 'State Of Groove' est du pur funk à brûler les planches des pistes de danse, guitare incisive et impitoyable, cuivres de folie, clavier inspiré, chacun y va de son solo. Vraiment une bonne claque revigorante à se faire en boucle.
César

Rock Candy Funk Party
The Groove3

Genre musical: Funk, Jazz, Rock, etc
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Toujours à la marge, Rock Candy Funk Party mélange les genres avec une réelle maestria et nous offre un espace sonore lumineux et passionnant. Funk, jazz, dance, rock, pop s’entremêlent avec élégance dans le seul but de faire passer de bonnes vibrations. Joe Bonamassa et Ron DeJesus sont aux guitares, Mike Merritt est à la basse, Tal Bergman à la batterie et Renato Neto aux claviers. Quelques cuivres complètent la formation et pour la première fois, deux chanteurs ont été conviés : Ty Taylor de Vintage Trouble (‘Dont Even Try It’) et Mahalia Barnes (‘I Got The Feeling’). Avec ce nouvel album le band s’affranchit des codes habituels et repousse encore les frontières. Pour Tal Bergman qui est également le producteur de l’album : « ça emmènera l'auditeur dans un voyage qui explore différents styles de musique de diverses époques et qui, espérons-le, brisera certaines règles ! ». Son but est atteint, les ambiances cool et sensuelles font remonter des souvenirs dans lesquels des noms apparaissent comme en filigrane : Isaac Hayes, Prince, Stones, Weather Report, Miles Davis, Lalo Schifrin… On dit que le groupe est allé dans le studio sans aucune chanson ou idée définie et que grâce à une belle osmose entre les musiciens et une large place faite à l’improvisation The Groove Cubed a vu le jour. Un superbe disque au son festif et au groove flamboyant qui distille 14 titres en 58 minutes.
Gilles Blampain

Ronny Aagren & his Blues Gumbo
Close to you

Genre musical: Blues septentrional
Label : HUNTERS RECORDS
Distributeur : huntersrecords@gmail.com

Croyez-vous que la Norvège est un froid pays ? Eh bien non si l'on écoute la musique de ce combo... Heu, pardon gumbo. A l'image de ce plat relevé en saveurs épicées, Ronny Aagren et ses trois hommes de main dispensent chaleur et entrain comme dans ce 'Walking With The Devil' dans lequel il y a même une partie sifflée. Mais d'abord je vous présente l'équipe formée début 2016. Ronny Aagren à la guitare et au chant, depuis une trentaine d'années dans le circuit et considéré comme l'un des meilleurs bluesmen Norvégiens. Alexander André Johnsen touche au piano et à l'orgue. En ce qui concerne la partie rythmique, Roar Paulsberg tient la basse et Ole-Christian Rydland en est le batteur, et tout le monde est là pour les chœurs, on s'en rend compte quand est entonné le chant incantatoire 'Precious Lord' qui monte lentement en puissance avec une slide et un chant inspirés, bien soutenus par les voix et l'orgue. C'est à la slide, que Ronny Aagren trouve son style magnifié, 'Bring Me Home', 'I Love That Lady', 'After Midnight' en sont des exemples, ça glisse, certes, mais ça arrache aussi. Son moderne, mais inspiration rock and roll classique dans 'A Question Of Time'. Avec ce premier album le garçon s'est autorisé onze compositions à l'inspiration éclairée. Chacun à ses secrets de recette pour cuisiner un bon Gumbo. Disons que Ronny Aagren a dans sa liste d'épices, du Delta, de la New Orleans, du Texas et de l'Aurore boréale mixés avec passion et énergie. On a affaire là à un gumbo royal. Vous m'en remettez une louche, SVP, c'est tellement bon.
César

Samantha Fish
Belle of the West

Genre musical: Americana
Label : RUF
Distributeur : SOCADISC  

Après trois disques dispensant un rock sans fioritures fait de riffs cinglants puis un quatrième au style s’adoucissant en soul et rhythm’n’blues, la nouvelle production de Samantha Fish s’oriente vers l’Americana. L’artiste laisse entendre que c’est son album le plus personnel et le plus émotionnel à ce jour. Un enregistrement semi-acoustique et country conçut dans une ambiance décontractée et dans lequel s’entremêlent guitares aériennes, mandoline, violon mélancolique et fifre sautillant ainsi que contrebasse, orgue et batterie. Samantha Fish révèle un côté plus délicat et certains titres évoquent parfois des chansons d'Emmylou Harris. Belle Of The West a été enregistré dans les légendaires Zebra Ranch studios situé dans les North Hills du Mississippi avec le producteur Luther Dickinson aux manettes. L’enregistrement s’est fait avec le concours de musiciens locaux renommés comme Lightnin' Malcolm, Jimbo Mathus, Amy LaVere, Tikyra Jackson, Lillie Mae, Trina Raimey et Shardé Thomas, petite-fille du légendaire Otha Turner. Samantha Fish signe 8 titres sur les 11 affichés et reprend notamment dans un très beau duo avec Lightnin' Malcolm, ‘Poor Black Mattie’ de RL Burnside. Belle Of the West s’écoute avec un réel plaisir et confirme que l’artiste a un potentiel dont on n’a pas encore fait le tour.
Gilles Blampain  

Supersonic Blues Machine 
Californisoul

Genre musical: Rock, blues et plus encore
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

Supersonic Blues Machine ce sont Lance Lopez (guitares, chant, compositions), Fabrizio Grossi (basse, production, compositions) et Kenny Aronoff (batterie). Comme pour leur premier album et les prestations festives de leurs concerts aux USA et en Europe, la fête n’est pas totale si on n’invite pas quelques amis. Et pour ce deuxième enregistrement, ils ont convié de joyeux fêtards : Billy Gibbons, Steve Lukather, Eric Gales, Robben Ford et Walter Trout. Alors imaginez les fabuleux solos de guitare, les riffs mordants et les envolées fastueuses. Avec des pointures de cet acabit, ça ne manque pas de souffle, c’est carré, efficace, plein d’ardeur et de bonnes vibrations. Cette belle communauté de musiciens vibre avec une belle énergie et joue chaque titre avec un réel enthousiasme.Fabrizio Grossi parle de Californisoul comme d'une bande sonore qui capture l'ambiance et le feeling d’un road trip imaginaire le long de la côte californienne dans les débuts des années 70. Les chansons de l’album sont aussi excellentes que variées. Au fil des 13 plages se succèdent rock énergisant, blues lent, rythmes soul ou latinos et même une pointe de reggae, enveloppés de superbes chœurs. Diffusant un dynamisme contagieux et un son très particulier l’ensemble est assez excitant.
Gilles Blampain

Tyler Bryant & the Shakedown
Tyler Bryant & the Shakedown

Genre musical: Heavy
Label : SNAKEFARM RECORDS
Distributeur :
UNIVERSAL

Entre stoner et rock bluesy le band de Nashville envoie une musique plutôt brute, exubérante, mêlant les atmosphères aux accents soul aux envolées psychédéliques. Dans des élans mélodiques tonitruants et des riffs de guitare musclés au son distordu, Tyler Bryant assure le chant et tient la première guitare. Il est accompagné par Graham Whitford à la deuxième guitare, Caleb Crosby derrière la batterie et Noah Denney à la basse. Faisant preuve d’une belle énergie le groupe fondé en 2009 a gagné ses galons en ouvrant les concerts pour quelques poids lourds comme ZZ Top, Aerosmith ou AC/DC. Les 11 titres de ce deuxième enregistrement sont des originaux signés conjointement par les quatre musiciens. Tyler Bryant raconte : « Cet album a été inspiré par des moments où le sentiment de ne rien avoir ressenti nous submerge. Dans ces moments, la musique nous offre une évasion. Cela a donné quelque chose qui n'a rien à voir avec l'argent ou le délitement des relations, mais avec la liberté et l'expression ». Il en résulte une haute intensité et un son très particulier. La formation dont le feeling est indéniable est plutôt convaincante. La production ne souffre d’aucun reproche, mais attention aux acouphènes.
Gilles Blampain

Vanderberg's Moonkings
MK II

Genre musical: Hard rock
Label : MASCOT
Distributeur : PROVOGUE

A 63 ans, le Hollandais rockant Adrian Vandenberg, ex-White Snake, virtuose de la guitare, ne s’est pas entouré de bras cassés. Jan Hoving chante avec vigueur, Sem Christoffel à la basse et Mart Nijen Es à la batterie assurent une rythmique d’enfer. Un premier album paru en 2014 avait reçu un bon accueil, et il semble que les nombreuses tournées à travers le monde ont sans aucun doute soudé encore plus fortement la formation. Avec cette nouvelle création le quatuor qui montre un maximum d’efficacité et une grande maîtrise envoie un mélange de hard-rock vintage labélisé seventies et de de heavy-rock plus actuel. Et ça pulse ! C’est frais, dynamique et vraiment explosif. Rythmique bien appuyée, riffs surpuissants et chant énergique. Et pour donner plus d’ampleur à l’entreprise, des cordes (violons, violoncelles) viennent en renfort quand il faut s’envoler encore plus haut. Adrian Vandenberg est plutôt enthousiaste : « L’album des MoonKings est le meilleur disque que j’aie jamais produit, à mon humble avis… Je voulais construire un pont entre le grand rock des années 70 et celui d'aujourd'hui, et j'ai le sentiment que ça a très bien marché ». La production est soignée et les amateurs apprécieront d’agréables mélodies et de beaux solos. Le CD déroule 12 titres en 47 minutes.
Gilles Blampain